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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 04:00

  Tout-sur-ma-mere---Affiche.gif

 

Réalisé par Pedro Almodóvar


Avec Cecilia Roth, Marisa Paredes, Candela Peña,

Antonia San Juan, Penélope Cruz, Rosa María Sardà,

Fernando Fernán Gómez, Fernando Guillén, Toni Cantó

Eloy Azorín


Genre Drame


Titre original Todo sobre mi madre


Coproduction Espagnole Française


Date de sortie 19 mai 1999 

 

 

Tout sur ma mère -Premier film de Pedro Almodóvar présenté, en compétition,

dans la sélection officielle de Cannes en 1999,

Tout sur ma mère a été récompensé par le Prix de la mise en scène.

 

Tout sur ma mère a reçu l'Oscar en 2000 du meilleur film étranger.

 

7 Goyas en 2000 dont

- Meilleur film,

- Meilleur réalisateur  

Pedro Almodóvar 

- Meilleure actrice  Cecilia Roth

 

Synopsis

 

Coordinatrice à l'Organisation nationale des transplantations, Manuela (Cécile Roth)  vit seule avec son fils de dix-sept ans, Esteban (Eloy Azorín). Celui-ci veut devenir écrivain. Un soir, alors qu'ils regardent ensemble à la télévision All about Eve de Joseph L. Mankiewicz, il a l'idée d'un roman qui s'intitulerait Tout sur ma mère.

 

Tout-sur-ma-mere---Eloy-Azorin.jpg Eloy Azorín

 

Le soir du dix-huitième anniversaire d'Esteban, celui-ci va avec sa mère au théâtre voir Un tramway nommé Désir où une actrice qu'ils adorent, Huma Rojo (Marisa Paredes), tient le rôle de Blanche DuBois. À la sortie, alors qu'ils attendent sous la pluie pour demander un autographe, Huma monte dans un taxi : Esteban se précipite mais est renversé par une voiture. Il meurt peu après à l'hôpital.

 

Cecilia Roth et Eloy Azorín Tout-sur-ma-mere-----Cecilia-Roth-et-Eloy-Azorin.jpg

 

Manuela, effondrée, décide de quitter Madrid pour Barcelone dont elle est partie dix-sept ans plus tôt, enceinte, et d'y retrouver la trace du père du garçon. Elle y retrouve Agrado (Antonia San Juan), une de ses anciennes amies, prostituée transsexuelle au grand cœur. Pour lui procurer un emploi, Agrado lui fait rencontrer Sœur Rosa (Pénélope Cruz), une jeune religieuse qui s'occupe des prostituées et des travestis.

 

Tout-sur-ma-mere----Cecilia-Roth--Penelope-Cruz.jpg

 

 Cecilia Roth, Penélope Cruz 

 

Une affiche lui signalant que Un tramway nommé Désir est en tournée à Barcelone, Manuela décide de s'y rendre. À l'issue de la représentation, elle se rend alors dans la loge de Huma. Celle-ci est désespérée de la fuite de sa maîtresse et partenaire, Nina (Candela Peña), et les deux femmes se mettent à sa recherche : elles la retrouvent en compagnie d'un dealer. Manuela la convainc de rejoindre Huma. Le lendemain, celle-ci demande à Manuela de devenir son assistante pour l'aider et surveiller Nina.

 

Tout-sur-ma-mere---Cecilia-Roth.jpg

 

Autre changement dans sa vie : Sœur Rosa vient lui demander de l'héberger car elle est enceinte et le père de son futur bébé est un travesti, Lola (Toni Cantó). Cette nouvelle bouleverse Manuela. Lola est en effet le père d'Esteban. Lorsqu'elle accompagne Rosa à un examen prénatal, celle-ci se révèle séropositive.

 

Tout-sur-ma-mere---Penelope-Cruz.jpg Penélope Cruz 

 

Et puis, un soir, Manuela doit remplacer au pied levé Nina, droguée et incapable de jouer, dans le rôle de Stella qu'elle connaît par cœur. Elle triomphe, puis raconte sa vie à Nina et Huma : celle d'une jeune femme mariée à un homme parti deux ans à Paris et revenu avec des seins...

 

Pénélope Cruz et Cecilia Roth Tout-sur-ma-mere---Penelope-Cruz-zt-Cecilia-Roth.jpg

 

Rosa meurt lors de l'accouchement en faisant promettre à Manuela de tout dire à son fils, qu'elle a baptisé Esteban.

Lors de l'enterrement, Lola apprend à Manuela qu'il est malade et qu'il va mourir. Il veut voir son fils. Manuela accepte et lui révèle qu'il avait un autre fils, Esteban qui vient de mourir. Puis, sans un adieu, Manuela quitte Barcelone emmenant pour un nouveau départ le nouvel Esteban.

 

Tout-sur-ma-mere---Toni-Canto.jpg

 

Toni Cantó

 

La toute première scène du film, celle de l'accident, devait, dans un premier temps, adopter une focalisation externe et faire appel aux services d'un cascadeur. Or, le caractère mécanique du travail de ce dernier a agacé le réalisateur, qui eut par la suite l'idée d'installer la caméra sur deux tonneaux afin que la scène soit perçue à travers les yeux du jeune accidenté. Cette idée de mise en scène a représenté un véritable défi pour l'équipe technique, qui dut s'assurer qu'aucun éclairage ou élément de machinerie ne soit visible sur le plan final.   

 

Tout sur ma mère marque la troisième collaboration d'Alberto Iglesias, avec Pedro Almodóvar.

 

Tout-sur-ma-mere---Penelope-Cruz-et-Cecilia-Roth.png

 
Pedro Almodovar, les femmes et le cinéma :


"Elles sont non seulement le sujet de Tout sur ma mère, mais plus encore le film leur est dédié. En particulier les actrices qui, à un moment donné, ont joué des actrices. Les films qui reflètent le monde du cinéma m'ont toujours intéressé. Je pense plus précisément à ceux qui racontent des histoires d'acteurs, de réalisateurs, d'écrivains, de figurants, d'imitateurs de stars. Les films dont le sujet est le cinéma en soi et les personnes qui le font. Dans ce genre, les films qui m'attirent le plus sont ceux dont les rôles principaux sont tenus par des femmes. Dans la dédicace finale, je cite trois de celles qui m'ont produit les émotions les plus fortes : la Gena Rowlands de Opening Night, la Bette Davis de All about Eve et la Romy Schneider de L'important c'est d'aimer. L'esprit de toutes les trois imprègne de fumée, alcool, désespoir, folie, désir, abandon, frustration, solitude, vitalité et compréhension les personnages de Tout sur ma mère."
 
"Le titre Tout sur ma mère vient de All about Eve de Joseph Mankiewicz, un film qui, entre autres thèmes, aborde celui des femmes et des actrices. Des femmes qui se confessent et se mentent les unes aux autres dans la loge d'un théâtre convertie en sanctuaire de l'univers féminin. La loge me renvoie au patio de mon enfance. L'image d'un groupe de femme symbolise pour moi l'origine de la vie, mais aussi l'origine de la fiction et de la narration."

 

Tout-sur-ma-mere--.jpg

 

La mise en scène de Pedro Almodóvar  va puiser dans les situations les plus dramatiques l'énergie vitale qui permet aux personnages de continuer leur vie. Il ne craint pas de creuser sous la surface des choses et des êtres pour y vérifier et exalter la puissance de vie de Manuela. Au-delà de la construction dramatique en poupées gigognes, il convoque aussi deux autres figures d'une réalité cachée sous une autre : Le palimpseste, l'œuvre cachée sous une autre, et le flash-back, le temps caché sous un autre. 
Par ces figures, qui sont moins celles du dévoilement que celles d'une réappropriation du passé, Pedro Almodóvar réunit ce qui étaient séparés : les amours déchirés, les générations, les sexes, le réel et l'artifice. 

 

Pedro Almodóvar ne se prive pas de rejouer pour ses spectateurs l'émotion contenue dans d'autres films. Le film présent en recouvre d'autres dont la connaissance renforce l'émotion vis-à-vis de celui-ci. Manuela reprend ainsi le personnage de l'amie d'Amanda dans La fleur de mon secret qui enseignait à ses collègues médecins à simuler, pour s'y préparer, les scènes où ils seront confrontés au parent d'un mort qui doit accepter le don d'organe d'un proche tout juste décédé.

 

Tout-sur-ma-mere---Cecilia-Roth-copie-1.jpg

 

Il film retravaille aussi All about Eve de Joseph Mankiewicz. C'est la référence la plus avouée. Certes L'Eve de Mankiewicz est une femme machiavélique qui cherche à usurper la place de l'actrice qu'elle fait semblant de servir. Cet arrivisme, cet égoïsme, ce sont les défauts monstrueux dont Huma et Nina accusent Manuela dans la loge de l'actrice avec ses miroirs qui rappellent le film de Mankiewicz. Nul flash-back mensonger ici et c'est bien tout sur elle-même qui leur révélera Manuela; tout sur sa monstrueuse douleur.

 

Manuela, après avoir triomphé dans le rôle de Stella du Tramway, est sommée par Huma, alertée par son amie, de s'expliquer sur ses possibles menées d'arriviste. Dans sa loge où les glaces et les lampes rappellent la loge de Margot Shaning entr'aperçue dans la première séquence de Eve vue à la télévision au début du film, Manuela demande à Huma si elle se souvient de ce soir fatal où un admirateur lui demanda un autographe à la portière de sa voiture sous la pluie. Le visage de Huma se fige alors que, off, se fait entendre le bruit de la pluie. Un unique plan de flash-back suffit alors pour confirmer la remémoration : celui d'Esteban sous la pluie regardé du point de vue de Huma. Le plan suivant reprend son visage en gros plan avec, off toujours, le bruit de la pluie qui s'interrompt lorsqu'elle confirme son souvenir à Manuela. L'incommensurable océan de douleur, violent et triste comme la pluie, a balayé le soupçon d'arrivisme.

 

Tout sur ma mère - Marisa Paredes et Cecilia Roth

 

Marisa Paredes et Cecilia Roth

 

Cette douleur est au cœur d'un autre film que retravaille plus secrètement Pedro Almodóvar Quand Esteban est fauché par une voiture, au moment même où il attendait sous la pluie la sortie de la star pour lui faire signer un autographe. On reconnaît là le début de Opening night de John Cassavetes réalisé en 1978  dont Pedro Almodóvar disait en 1993, six ans avant de faire le film :

"Hier j'ai vu Opening night et j'ai reçu ce film comme la confidence de quelqu'un, et à laquelle je participe pleinement, c'est une émotion active. C'était le moment le plus intense de ma vie depuis des mois. Je serais tellement fier si je pouvais faire un film comme celui là. Il y a tous les éléments que j'aime dans les histoires et au cinéma : une actrice, une pièce de théâtre, le rapport avec le metteur en scène, l'amant qui est un acteur et un incommensurable océan de douleur !"

Les points communs entre les deux séquences de l'accident sous la pluie sont renforcés par le fait que Nancy, la jeune fan de Myrtle et le fils de Manuela ont tous les deux dix-sept ans et attendaient le lendemain comme un des plus beaux jours de leur vie : la rencontre avec la star pour l'une, l'histoire de son père pour l'autre.

 


 
 

 

Sources :

http://www.allocine.fr

http://www.cineclubdecaen.com

http://www.imdb.fr

http://www.cinemovies.fr

http://tayshathefilmgeek.tumblr.com

http://www.toutlecine.com

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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