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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 00:00

Un-apres-midi-de-chien---Affiche.jpg

 
Réalisé par Sidney Lumet


Avec Al Pacino, John Cazale, James Broderick,

Penelope Allen, Charles Durning, Chris Sarandon,

Sandra Kazan, Beulah Garrick, Carol Kane, Sully Boyar


Titre original Dog Day Afternoon


Genre Policier, Thriller


Production Américaine


Date de sortie 30 janvier 1976


Frank Pierson reçut l'Oscar du Meilleur scénario en 1976 inspiré d'un article de P.F. Kluge et Thomas Moore paru dans le magazine Life. Frank Pierson a cherché à être très fidèle à l'histoire se déroulant le 22 août 1972 à Brooklyn et qui se termina mal pour ses principaux auteurs, John Wojtowicz et Salvatore Naturile qui ont braqué une banque en retenant neuf employés en otage durant près de quatorze heures.

 

Dog-Day-Afternoon.jpg

 

Trois ans après ce tragique incident, Sidney Lumet convainc Al Pacino d’interpréter ce drôle de gangster dans un chef-d’œuvre d’irrévérence, sorte de comédie tragique et naturaliste.   

 

Alors qu'il était emprisonné dans un pénitencier fédéral, John Wojtowicz, le malfrat amateur dont s'inspira Al Pacino pour son personnage, reçut une somme de 7 500 dollars ainsi qu'un pourcentage sur les bénéfices générés par le film. Une partie de ce montant permit au compagnon de John Wojtowicz d'effectuer une opération de changement de sexe.

 

Un après-midi de chien n’a peut-être pas été récompensé comme il le méritait. Il est toujours temps de se rattraper.

 

Dog-Day-Afternoon---John-Cazale-et-Al-Pacino.jpg


John Cazale et Al Pacino

Synopsis

 

Aux États-Unis, "dog day afternoon" est une expression consacrée, désignant les jours de canicule du mois d’août.

 

Il fait très chaud, en effet, en cette journée comme les autres. Ouverture en quelques plans sur New York : Manhattan, Brooklyn, les ghettos et les résidences pavillonnaires, pour montrer la façon dont chacun appréhende la chaleur étouffante...

 

Un-apres-midi-de-chien---Al-Pacino.jpg Al Pacino

 

Puis la caméra s’arrête, presque par hasard, sur une voiture stationnant devant une banque. Les occupants de cette voiture, ce sont Sonny Wortzik (Al Pacino) et Sal (John Cazale), qui s’apprêtent à commettre un hold-up. Il s’agit de leur tout premier méfait.

 

John Cazale Un-apres-midi-de-chien---John-Cazale.jpg

 

Tout a été prévu pour que ce soit fini en un quart d’heure mais Sonny et Sal sont de pitoyables gangsters, qui ont à peine préparé leur plan. Sonny ne parvient pas à retirer sa mitraillette du paquet cadeau dans lequel il l’avait dissimulée. Puis s’aperçoit qu’il a été mal renseigné, car les coffres de la banque sont vides... Une employée de banque leur apprend qu’un transfert de fonds a été effectué le jour même. Il reste à peine plus de mille dollars et dans le coffre.

 

Tandis que les deux hommes s’apprêtent à partir avec leur maigre butin, Sonny reçoit un coup de fil de l’inspecteur Moretti (Charles Durning), qui lui signale que la police les attend dehors et le somme de se rendre.

 

Un-apres-midi-d-chien---Charles-Durning.png


Charles Durning

 

Les deux malfaiteurs s'avèrent particulièrement maladroits. Leur braquage dégénère. Ils prennent en otage les employés de la banque.

 

Une lente descente aux enfers commence pour les deux hommes, bloqués dans la banque avec leurs otages...

 

Débute alors un cauchemar qui va durer des heures.


Un après-midi de chien - Al Pacino-copie-1 Al Pacino


Sonny est quasiment de tous les plans. La caméra reste collée à ses pas et à ses brusques mouvements, puis fond sur lui en de rapides zooms et gros plans. Sonny est un mystère pour tous : qu’est-ce qui a pu pousser cet homme sans histoires à commettre l’irréparable ? Ses maladresses dans sa façon de mener le braquage, puis son évident désir d’éviter les problèmes et d’être aimé de tous, comme saisis par le syndrome de Stockholm, les otages vont peu à peu prendre son parti, le rendent éminemment sympathique.


Les policiers, bientôt rejoints par le FBI, tentent de négocier avec Sonny et Sal.

 

Personne n’a réellement peur de Sonny : les yeux écarquillés, les policiers regardent évoluer leur drôle d’adversaire, crâneur, grande gueule mais au fond, si peu sûr de lui qu’il fait presque pitié. "I’m dying", répète plusieurs fois Sonny.

 

Al Pacino Un-apres-midi-de-chien---Al-Pacino-copie-2.jpg


Sal, quasi illettré, il ne sait pas où est le Wyoming, est incapable de prendre une décision. À la frontière de la mort, il redoute d'attraper le cancer. Il est affiché à la fin comme le plus potentiellement dangereux.

 

Embarqué dans une histoire qu’il ne maîtrise plus, Sonny révèle ses failles : de ses parents à sa femme, en passant par son ami transsexuel, tous se plaignent de lui, mais personne ne l’écoute. Il s'avère bientôt que Sonny espérait, avec le butin du braquage, payer l'opération de changement de sexe de son ami Leon Shermer (Chris Sarandon).

 

A-Dog-Day-Afternoon----Chris-Sarandon.png


Chris Sarandon


Les policiers, bientôt rejoints par le FBI, tentent de négocier avec Sonny et Sal. Le siège de la banque par la police fait bientôt l'objet de l'attention des médias.


Sonny reproduit le même schéma avec les policiers ou les médias : là où chacun voudrait du sensationnel, de l’extraordinaire, Sonny ne répond que par ses fêlures et son désespoir. La réussite du personnage tient beaucoup de l’interprétation proprement hallucinante d’Al Pacino. Habité par son rôle, transcendé par une force intérieure qui le fait aller et venir entre agressivité rageuse et émotion pure, Al Pacino explose l’écran, livrant l’une des meilleures compositions de l’histoire du cinéma.

 

Un après-midi de chien - Al Pacino-copie-4


Al Pacino


Au fond, si le braquage d’Un après-midi de chien, et l’histoire dont le scénario est tiré sont devenus des événements extraordinaires, ce n’est pas dans leur nature même qu’il faut en chercher les raisons, mais dans la façon dont elles ont été transformées, malaxées par les médias et l’opinion publique.

 

La gravité de l’acte commis par Sonny et Sal est progressivement montée en épingle, d’abord par les "spectateurs", qui font de Sonny un héros, l’encourageant et l’excitant contre la police, ainsi la célébrissime scène où Al Pacino hurle "Attica !" à l’adresse des policiers et les force à rengainer leur arme.

 

Puis, par les médias, qui prennent le total contre-pied du public et stigmatisent les "déviances" de Sonny et son amoralité.

 

En dénonçant la starification et l’exposition médiatique de l’ordinaire, Sidney Lumet pensait-il être aussi visionnaire ?

 

Un-apres-midi-de-chien---Al-Pacino-copie-3.jpgUn après-midi de chien se veut aussi, à différents niveaux, le reflet de son époque. Pour la première fois au cinéma, une grande star acceptait de jouer un personnage ouvertement homosexuel. Le film ne se réduit pas pour autant à une thématique "gay-friendly", ce n’est absolument pas son sujet , mais il est à noter que Sidney Lumet parvient à la fois à éviter le recours aux sous-entendus et la basse caricature. La relation entre Sonny et Leon est avant tout une histoire d’amour, et le fait que les protagonistes en soient deux hommes ne change rien.

 

Jamais l’idée que Sonny ait pu braquer la banque pour payer l’opération de changement de sexe de Leon n’est présentée comme ridicule. C’est en montrant l’homosexualité de Sonny comme la chose la plus ordinaire du monde que Sidney Lumet parvient le mieux à couper l’herbe sous le pied du puritanisme.


Peu de musique, ni de fond musical pour laisser le spectateur dans la pesanteur de cette ambiance lourde et angoissante.

 

La plus grande réussite de Sidney Lumet est de ne jamais franchir la frontière de l’ordinaire. Les personnages secondaires ne sont pas différents du commun des mortels, et aucun n’est "typé" . L’action se passe quasiment en temps réel, deux heures au lieu de quatre, et la mise en scène se calque sur l’esprit du documentaire : tournage en extérieurs, utilisation du public comme figurants, absence de lumières artificielles, montage rapide et nerveux. Réalisé en 1975, Un après-midi de chien est un film à la fois ancré dans son époque et étonnamment moderne.

 

Un-apres-midi-de-chien---James-Broderick.jpg


James Broderick

 
À propos d'Un après-midi de chien, Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier déclarent, dans leur ouvrage 50 ans de cinéma américain : "Si le film repose en grande partie sur l'interprétation d'Al Pacino, qui devient vite un solo virtuose, il dépasse de beaucoup le simple numéro d'acteur comme le suspense ordinaire pour accéder à une véritable réflexion sur les rapports des médias et du public, le pouvoir de la télévision de créer des "héros" instantanés et de transformer tout événement en spectacle, la tendance qu'elle encourage au voyeurisme blasé ou cynique. Tout cela est montré sans la moindre complaisance didactique ou moralisatrice (...) Comme dans un très grand nombre de ses films, Sidney Lumet s'enferme, pour la plus grande partie du métrage, dans un décor unique, la banque, mais il n'a jamais aussi bien utilisé les possibilités de ce renfermement. Ses mouvements d'appareil, par exemple, n'ont plus rien de la maladresse hésitante ou apprêtée qui gênait dans certains de ses anciens films."


Un après-midi de chien est enfin une diatribe contre l’imbécilité crasse du système policier. Le contraste frappant entre les occupants de la banque, deux petits voyous armés d’un fusil et une poignée d’otages, pour la plupart des femmes, et les moyens utilisés contre eux. Police, FBI, forces spéciales armées jusqu’aux dents, hélicoptères, confinent parfois à l’absurde.

 

Un-apres-midi-de-chien---Al-Pacino-copie-5.jpgSonny sort de la banque, seul, et se retrouve encerclé par une centaine d’hommes, la main sur le revolver, au cas où aucun d’entre eux ne serait capable de maîtriser cet homme désarmé...

 

L’incapacité de la police, d’abord à comprendre l’angoisse de Sonny et le danger infime qu’il représente, puis à mener à bien leur opération autrement que par le meurtre de Sal, est une démonstration parfaite de l’échec du tout répressif.

 

En ces temps troublés où le mot "insécurité" est sur toutes les lèvres, le chef-d’œuvre de Sidney Lumet a forcément quelque chose de salutaire.


Le réalisateur Sidney Lumet et Al Pacino ont travaillé à deux reprises ensemble : sur les films Serpico réalisé en 1973 et Un après-midi de chien.


Grands amis à la ville, Al Pacino et John Cazale se donnèrent à trois reprises la réplique à l'écran. Frères dans les deux premiers volets du Parrain, ils braquent ensemble une banque dans le présent Un après-midi de chien.

Dans Un après-midi de chien, Murphy, le policier qui abat froidement Sal, est incarné par Lance Henriksen, un comédien alors débutant qui connaîtra son heure de gloire avec la série Millennium et la saga Alien vs. Predator en 2004.

 

 

 

Sources :

http://movieretrospect.blogspot.fr

http://www.critikat.com - Ophélie Wiel

http://fr.wikipedia.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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commentaires

Jacques 10/11/2012 21:06


Bonsoir Alain, je suis rentré depuis deux jours. Un bonheur d'en avoir terminé avec cet improbable projet sur lequel tu n'auras pas grand chose à dire, car je ne vois pas une distribution
possible. Ceci étant dt, je suis heureux de voir que tu as reçu mes fiches et qu'elles t'aident dans tes pages concernant nos belles découvertes. Et cet excellent film en fait parti. Je t'envoie
les photos sur ton mail. Je t'embrasse. Jacques.

 

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