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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 16:15

En avant-première au Le-Régent à Saint Gaudens

le 24 octobre 2013

 

 

Date de sortie nationale  30 octobre 2013

 

Un-Chateau-en-Italie---Affiche.gif


Réalisé par Valeria Bruni Tedeschi


Avec Valeria Bruni Tedeschi, Louis Garrel, Filippo Timi,

Xavier Beauvois, Céline Sallette, André Wilms, Marisa Borini,

Gérard Falce, Silvio Orlando, Pippo Delbono

et la participation d'Omar Sharif

 
Genre Comédie dramatique


Production Française

 

Un Château en Italie est une production presque exclusivement féminine.

 

En effet, qu'il s'agisse de la réalisatrice, Valeria Bruni Tedeschi, des scénaristes, Noémie Lvovsky et Agnès de Sacy qui avaient déjà collaboré avec la réalisatrice sur ses deux précédents films : Il est plus facile pour un chameau... et Actrices, de la directrice de la photo, Jeanne Lapoirie, de la chef décoratrice, Emmanuelle Duplay, de la chef costumière, Caroline de Vivaise ou des monteuses, Laure Gardette et  Francesca Calvelli toutes sont des femmes !

 


La réalisatrice de Un Château en Italie raconte que le tournage s'est déroulé en deux fois. "J’ai eu la chance que mon producteur, Saïd Ben Saïd, le comprenne (...). C’était à la fois un luxe et une nécessité", révèle Valeria Bruni Tedeschi.

 

Pour respecter les saisons, d'une part, et pour que la maladie dont souffre le personnage de Filippo Timi évolue à l'écran de manière visible, d'autre part. "Les saisons étaient essentielles parce qu’elles racontaient deux choses: le temps de la maladie, (...) son évolution, et l’évolution de l’histoire d’amour, le temps de l’amour. Je ne voulais pas tricher avec les saisons", commente-t-elle. "Je souhaitais aussi que l’acteur qui joue mon frère (...) maigrisse beaucoup entre l’hiver et le printemps, ce qui était évidemment impossible en tournant en une seule fois."

 
La façon d'aborder le Sida, et notamment le moment de l'annonce de la maladie, était un enjeu primordial pour Valeria Bruni Tedeschi. Elle revient sur ce moment de l'écriture scénaristique : "'J’ai le sida' est une réplique qui a mis du temps à apparaître dans le scénario. (...) La maladie n’était pas nommée, puis, avec Noémie et Agnès, on a senti que le mot devait être prononcé. Il fallait que cela arrive au bon moment, de façon naturelle, mais aussi comme un choc. Il était aussi très important pour moi qu’il soit ajouté à cet aveu : 'mais ce n’est pas grave, c’est une maladie comme une autre'. À l’époque où mon frère est mort du Sida, avouer qu’on avait le Sida était avouer qu’on allait mourir de façon presque sûre et certaine. Je voulais qu’on se souvienne de cela. En même temps, ajouter 'c’est une maladie comme une autre' était aussi une façon de dire comment cette maladie a évolué aujourd’hui."

 

Un Château en Italie - Valeria Bruni Tedeschi

 

Valeria Bruni Tedeschi

 

Synopsis

 

Louise (Valeria Bruni Tedeschi) rencontre Nathan (Louis Garrel), ses rêves ressurgissent.

 

C’est aussi l’histoire de son frère, Ludovic, (Filippo Timi) malade et de leur mère (Marisa Borini), d’un destin : celui d’une grande famille de la bourgeoisie industrielle italienne.

 

L’histoire d’une famille qui se désagrège, d’un monde qui se termine et d’un amour qui commence.

 


 

 

Dans Un Château en Italie, Valeria Bruni Tedeschi est à la fois coscénariste, réalisatrice et interprète de l'héroïne du film, Louise. Elle explique que pour construire ce personnage, qui affronte la mort de son frère, elle a énormément travaillé sur la "notion de survie" : "Louise a l’impression qu’elle va devoir survivre (…). Pour elle, avoir un enfant, c’est une façon de survivre, de ne pas se laisser engloutir par la douleur, la solitude, la souffrance et la mort. (…) Avoir un enfant est pour Louise la preuve que la vie peut encore, malgré tout, être gaie."


Le scénario a subi quelques chamboulements au moment où l'acteur Louis Garrel a rejoint le projet. Il s'agissait alors de donner plus d'ampleur et de consistance à l'histoire d'amour entre le personnage de Valeria Bruni Tedeschi et celui de Louis Garrel.  

 

"Il a lu le scénario, que nous pensions définitif et avec lequel nous avions déjà obtenu presque toutes les aides à la production, et nous a fait part de ses réserves. Il trouvait, à raison, que l’histoire d’amour était jolie mais fade à côté de l’histoire de famille. Avec Noémie et Agnès on a décidé alors de tout remettre à plat. (...) On a trouvé le personnage de Nathan, je crois, le jour où on a compris que c’était un acteur qui voulait arrêter de faire ce métier. Je pensais à Je rentre à la maison de Manoel de Oliveira, mais chez un acteur jeune. Déjà dans Actrices je parlais de ça. C’est, je crois, un thème qui m’obsède…", relate la réalisatrice.


Beaucoup d'éléments du film ont une consonance autobiographique. En effet, Valeria Bruni Tedeschi a, comme Louise, son personnage, perdu son frère en 2006, décédé des suites du sida. C'est sa propre mère, Marisa Borini, qui interprète le rôle de la mère dans le film. De plus, elle a effectivement vécu une relation de cinq ans avec le comédien Louis Garrel, qui joue Nathan, son compagnon dans le long métrage. Valeria Bruni Tedeschi évoque l'une des séquences du film, celle du mariage à l'hôpital, qui n'était pas destinée au départ à faire partie du montage final : "Sur le tournage, Filippo a eu une idée, il m’a suggéré de tourner un plan où il danserait avec ma mère, il était sûr que ça lui ferait plaisir. Ce n’était donc pas une scène prévue, et on l’a tournée, au départ, pour égayer ma mère. Il y plusieurs choses dans le film qui ont été faites juste pour faire plaisir à ma mère !"

 


 

Marisa Borini, s'est énormément investie dans tout le processus de création de cette histoire qui est un peu la sienne. "J’avais l’impression que beaucoup de travail lui permettrait de moins souffrir en racontant cette histoire", observe la réalisatrice. "Elle s’est occupée d’aider à remeubler le château (...). Elle a assisté à toutes les étapes du montage, qui a duré huit mois". Le tournage n'a pas toujours été facile, mais elle n'envisageait pas de ne pas y participer : "Quand elle a lu le scénario, elle a dit : 'ça va être très dur, mais je ne veux pas que quelqu’un d’autre le fasse, je ne veux pas que quelqu’un d’autre aille au cimetière de famille (...)".

 

Par rapport à la mort de son fils, quelqu’un de la famille lui demandait : 'mais comment tu vas faire pour jouer ce rôle ? Elle a répondu tout simplement que lorsqu’une mère perd son fils, la douleur est si profonde, si constante et omniprésente, que le fait de faire un film ne change absolument rien. Mais jouer dans ce film a été plus douloureux que ce qu’elle aurait pensé. Parfois elle a surestimé sa propre force. Mais elle a préféré cette difficulté là à ne pas le faire."


La foi occupe une place importante dans Un Château en Italie. Le personnage de Valeria Bruni Tedeschi et celui de sa mère Marisa Borini illustrent deux rapports à la foi bien distincts. Louise est "en quête de foi" et sa mère, elle, vit la foi de façon familière et querelleuse. "Elle a des discussions animées avec la Sainte Vierge, elle s’engueule avec elle, se réconcilie. Il fallait qu’on ne confonde pas ces deux différents rapports à la foi", précise l'actrice réalisatrice au sujet du rôle qu'interprète sa mère. "À travers la mère, on voit quelqu’un qui a des 'moments de foi', comme des fulgurances qui lui donnent confiance et lui permettent de respirer. Mon personnage est, lui, quelqu’un qui (...) pratique la religion comme on va faire ses courses : 'si je fais ça tu me donnes ça'. Ce rapport de commerce avec la foi et avec Dieu m’intéresse beaucoup", souligne-t-elle.

 

Un-chateau-en-Italie---Valeria-Bruni-Tedeschi--Louis-Garrel.gif

 

Valeria Bruni Tedeschi et Louis Garrel

 

Toutefois, la réalisatrice ne considère pas ce film comme une auto-fiction : "Il s’inspire de choses qui me sont arrivées, bien sûr, mais aussi de choses que j’ai observées, et de choses qui sont arrivées aux personnes avec qui j’écris. De ce qu’on a lu, vu, entendu, rêvé. Lorsque la réalité n’est pas assez forte ou pas assez spectaculaire, on la pousse un peu, on y applique une licence poétique qui la transforme, l’extrapole et la fait glisser vers le tragique, le comique, le grotesque, ou le romanesque. La réalité que je connais ou que j’observe est le matériel de départ."


Un Château en Italie est nourri par les deux identités de sa réalisatrice, qui porte la double nationalité franco-italienne. "Ça fait partie de moi, je me sens double. Ma langue maternelle est l’italien, mon enfance s’est déroulée en Italie, puis, à mon arrivée en France, je suis allée à l’école italienne de Paris. (...) Le français est plutôt ma langue d’adulte. Il me serait difficile d’écrire quelque chose de personnel sans passer d’une langue à l’autre, parce que les deux musiques font partie de moi. Deux voix, dans le vrai sens du mot : en italien ma voix est en effet plus grave et plus rauque qu’en français. Mon personnage a, lui aussi, ces deux voix", révèle Valeria Bruni Tedeschi à ce propos.

 

Le film a été tourné en Italie, dans l'ancien château de famille de la réalisatrice. Une envie très tôt ressentie. "J’imaginais tourner le film dans ce château qui a été, à une époque, notre vraie maison de famille. J’en avais conservé des images fortes, très précises, très détaillées", révèle Valeria Bruni Tedeschi.

 

 

Omar Sharif fait une apparition dans Un Château en Italie. L'acteur du Docteur Jivago doit en fait sa présence à Marisa Borini.

 

Valeria Bruni Tedeschi relate : "Ma mère m’a appelée un jour et m’a dit : 'tu sais, j’étais au restaurant et il y avait Omar Sharif ! Il est magnifique, c’est mon idole, je trouve que c’est le plus bel homme du monde'. Moi j’ai pensé : on va appeler Omar Sharif, on va lui proposer une participation et qui sait, peut-être qu’entre ma mère et lui il y aura un coup de foudre ? C’est pourquoi Omar Sharif est dans le film. (...) L’idée me plaisait parce que cela racontait quelque chose d’essentiel du personnage de la mère : malgré le traumatisme qu’elle vit, malgré son fils malade, malgré la désolation, la peur, et la perte, la mère 'voit' Omar Sharif, et elle vit sa présence comme la promesse d’un flirt charmant et éphémère. (...) Omar Sharif a accepté très gentiment de faire cette participation. Ma mère et lui ne sont pas tombés amoureux", conclut-elle.


L'acteur et réalisateur Xavier Beauvois interprète dans Un Château en Italie un personnage un peu cruel, pour qui la vérité est primordiale : "Par sa passion de la vérité, les personnages sont comme secoués, réveillés, ils prennent conscience des choses, comprennent ce qu’ils doivent faire, et agissent. Grâce à lui et à sa violence le récit avance. C’est un bouffon odieux et merveilleux qui ne peut s’empêcher de dire tout ce que l’on n’a pas envie d’entendre, d’être incorrect et dérangeant. Mais il est aussi plein d’humour, et d’amour. Il est à la fois victime et héros. Dieu et diable. C’est un personnage très important pour moi. Il introduit de l’oxygène, du chaos et de l’insolence dans le film", déclare la cinéaste, pour qui la présence de ce "bouffon" est en fin de compte nécessaire.

Valeria Bruni Tedeschi a travaillé avec la costumière Caroline de Vivaise pour élaborer le style vestimentaire des personnages. "Pour mon personnage, nous pensions (...) à Anouk Aimée dans Le saut dans le vide. On a pensé aussi à Faye Dunaway dans (...) Portrait d’une enfant déchue. J’avais envie qu’elle soit soignée et féminine, mais qu’elle s’habille de façon négligée", indique la réalisatrice.

 

Elle ajoute que, pour elle, l'aspect très soigné du personnage de Céline Sallette entre en résonnance avec la maladie de son compagnon : elle se fait belle pour lui montrer à quel point elle l'aime, et pour tenir la mort à distance. Avec la directrice de la photo Jeanne Lapoirie, Valeria Bruni Tedeschi a opté pour une palette de couleurs vives. "On ne s’est pas dit 'on va faire un film avec des couleurs vives', mais les couleurs vives nous ont plu", confie-t-elle.

 

 

 

Mon opinion

 

La réalisatrice, scénariste et actrice, Valeria Bruni-Tedeschi dédie son troisième long-métrage, "Un château en Italie", à son frère Virginio décédé du sida en 2006.

 

Le scénario s'inspire, en partie,  de son histoire familiale dans laquelle elle s'approprie le rôle principal. Elle y excelle. Celui de la mère, étant tenu par sa propre mère, l'excellente, Marisa Borini à la fois fière et bouleversante. Et quelle belle pianiste !

 

Si le film m'a paru quelque peu désordonné dans un montage qui nous mène du Nord de l'Italie à Paris, de Naples à Londres, dans des allers et retours rapides et incessants il traduit parfaitement le mal de vivre de cette femme, qui cherche désespérément sa place dans une vie qui lui échappe. Un grand désordre dans une profonde souffrance au milieu desquels chacun cherche une bouée de sauvetage. Un dernier sursaut, aussi,  pour trouver l'envie de continuer de vivre.

 

Il est question ici, du temps qui passe au travers des saisons, du désir d'être mère pour une femme de quarante ans. De la rencontre avec un homme de vingt ans son cadet. De la maladie qui touche le fils adoré pour l'une, le grand frère pour l'autre.

 

Filippo Timi est magnifique, entre émotions et colères, refus et abandon, son jeu traduit parfaitement la rage de ceux qui se savent condamner.

 

Valeria Bruni-Tedeschi enchaîne avec subtilité les situations tragiques avec d'autres qui frisent le grand délire. La scène qui se déroule à Naples. Le déjeuner chez la mère de son jeune amoureux, ou encore celle de l'insémination artificielle qui restera dans les annales. On sent dans l'écriture du scénario la plume bien présente des fidèles Noémie Lvovsky et Agnès de Sacy. D'autres passages ne m'ont pas paru indispensables, comme celui du début dans le couvent, l'accident du scooter ou l'arrivée du curé pour l'enterrement. Un détail.

 

Xavier Beauvois dans le rôle, d'un alcoolique  totalement paumé, ancien ami de la famille, celui par qui la vérité a éclaté, est remarquable. Il en va de même pour la truculente Marie Rivière.

Certains pourraient être gênés par le côté grande bourgeoisie, et quelque peu décadent du sujet. En cela Valeria Bruni-Tedeschi  ne renie pas ses origines et le confort de vie qui va de pair. Elle souligne dans des interviews le livre de Giorgio Bassani "Le Jardin des Finzi Contini", comme une référence au déracinement mais aussi, au déclin de cette classe de la société.

 

"Un château en Italie" m'a souvent bouleversé, fait rire aussi.

 

Pour ma part, ce troisième long-métrage est une belle réussite.

 

 


Sources

http://www.unifrance.org

http://www.canalplus.fr

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2013
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commentaires

Marcozeblog 06/11/2013 13:52


Hello Alain, de mon côté, le film m'a déprimé et surtout agressé. Il a sûrement des qualités, mais j'étais incapable de les apprécier ce soir-là.  @+

Johanne 26/10/2013 18:12


Bonsoir Alain, très envie de le voir. J'ai entendu beaucoup d'interviews et j'apprécie les propos de la réalisatrice. Je reviendrai te donner mon opinion.

Chris 26/10/2013 14:28


Salut Alain, nous l'avons également vu en AP. Pour toi, comme pour moi, le sujet nous parle. J'ai vraiment beaucoup apprécié. Le côté "brouillon" du montage traduit bien l'état de Louise. C'est
bien vu et particulièrement sincère, je trouve.  @ plus !

 

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