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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 00:00

 

Date de sortie 31 octobre 2012

 

Une-famille-respectable.jpg

 
Réalisé par Massoud Bakhshi


Avec Babak Hamidian, Mehrdad Sedighian, Ahou Kheradmand,

Mehran Ahmadi, Parivash Nazarieh, Behnaz Jafari,

Mehrdad Ziai, Yazdan Jamshidi, Matin Khatibi, Niki Nasirian,

Davood Fathalibeigi, Sima Mobarakshahi, Parvin Meikadeh,

 

Titre original Yek Khanévadéh-e Mohtaram


Genre Drame


Production Iranienne, Française

 

 

Massoud-Bakhshi.jpg

 

 

Né à Téhéran, Massoud Bakhshi a travaillé en Iran comme critique de cinéma, scénariste et producteur de 1990 à 98. Ensuite il a réalisé 10 documentaires et un court métrage qui ont reçu des prix nationaux et internationaux dont trois Prix du Meilleur Réalisateur, deux Prix du Meilleur film pour Tehran Has No More Pomegranates !

 

Son court-métrage réalisé en 2009 Bag Dad Bar Ber a reçu le Léopard de demain au Festival du Film de Locarno en 2008.

 

 

Une famille respectable, tourné en Iran, est son premier long métrage.

 

Site officiel de Massoud Bakhshi ... Cliquez ICI ! 

 

Lors de la présentation du film, Massoud Bakhshi, désireux de montrer qu'il ne s'agit guère de broder autour d'une féminité archétypale, c'est aux femmes de son pays que Massoud Bakhshi dédie son film Une famille respectable. Les femmes sont les personnages forts du film. Mais cette discrétion fondamentale fait sens : il faut puiser l'espoir en celles et ceux qui restent en retrait dans leurs mots et leurs gestes, mais tendent un bras pour prévenir la chute de ceux qui marchent devant, et parlent fort.


Une famille respectable-copie-3

 

Elles restent les seules qui connaissent encore la signification de la morale et de la dignité malgré le mépris avec lequel elles sont traitées.  

 

Synopsis

 

Arash (Babak Hamidian), un universitaire de renom vivant depuis vingt deux ans en Occident, est de retour en Iran, son pays natal, depuis quelques mois.

 

Il est revenu donner des cours à Chiraz où vit sa mère (Ahoo Kheradmand), loin de Téhéran.


Il revient aussi à son père mourant, à son demi-frère Jafar (Mehran ahmadi), craint et haï dans l'enfance et au fils de ce dernier, Hamed (Mehrdad Sedighian), ce neveu trop sympathique dont la dévotion familiale bien mimée cache une ambition sans morale.


Dans cette famille respectable, le père semble être la clé du drame, mais c'est Hamed, qui mène le jeu. Hamed est de la troisième génération, il mène une autre vie et il est différent. Il est charmant mais surtout il est extrêmement intelligent.

 

Au moment de quitter à nouveau l’Iran, des événements malheureux se succèdent. On reproche à Arash de donner des cours subversifs à ses étudiants. Des conflits autour de l’héritage de son père défunt révèlent la nature profonde de quelques membres de sa famille. Arash croit à la gentillesse d'Hamed et s'attache à lui, alors que l'unique motivation du jeune homme est de l'empêcher de toucher l'héritage de son père.

 

L'ultime refuge, le dernier repère d'Arash qui vaille, ce sont les femmes qui l'entourent. Bien avant qu'il puisse voir le piège, elles le devinent. Elles se battent encore pour ce que les hommes semblent avoir renoncé à défendre : l'intégrité, le respect de l'autre, la famille.

 

Entraîné dans un tourbillon d’intrigues familiales et financières, il replonge dans un pays dont il ne possède plus les codes.

 

 

 

La corruption est au coeur du drame. Le pouvoir qu'incarnent Jafar et Hamed étend son réseau dans toute la société : la corruption est aussi un système de "connexions". Ce qu'ils font, disent et complotent est le signe d'une corruption matérielle qui est aussi, fondamentalement, une corruption morale. Elle est peut-être pire que la corruption matérielle. La morale pourrait être en train de disparaître.

 

Hamed n'a pas hérité de la dignité morale qu'incarnent les personnages féminins, il en est l'adversaire. Arash, lui, est l'héritier de la rigueur morale résistante de sa mère et de sa tante (Parivash Nazarieh).


Des problèmes de papiers, enfin, semblent compromettre son départ d’Iran. Plongé dans une aventure inquiétante où la trahison s’impose comme une norme, Arash, de surcroît, est assailli par de douloureux souvenirs de son enfance, à l’époque où la guerre Iran Irak envoyait toute une jeunesse au casse-pipe.

 

L’abjection d’un régime. Les ravages d’une idéologie borgne. La corruption qui règne en maître incontestable.

 

La désolante condition des femmes…

 
Après la mort de son père, et découvrant ce qu’est devenue sa "famille respectable", Arash est contraint de faire des choix.  

 

Une-famille-respectable-copie-2.jpg

 


Massoud Bakhshi se dit très influencé par les films noirs français, c'est pourquoi le cinéaste a voulu  ordonnancer son film comme un polar : "Une Famille Respectable est structuré comme un polar, un thriller. Je suis très attaché aux films noirs français et américains. J'ai été influencé et inspiré par les films de Jean-Pierre Melville ou par ceux de la Nouvelle Vague. L'intrigue qui guide le trajet d'Arash, mon personnage principal, est un dévoilement progressif de secrets et de complots. Une autre ligne de récit me vient du cinéma de "drame familial", et surtout des néoréalistes italiens. La famille est le lieu du drame. Ces lignes se mêlent, se complètent, se croisent. S'y ajoutent, quand il s'agit d'évoquer le passé vécu par Arash, les archives filmées de la guerre. Elles me passionnent d'autant plus que je viens du documentaire.", confie le metteur en scène iranien.

 


Arash, le prénom du personnage principal d'Une famille respectable, n'a pas été choisi par hasard. En effet, celui-ci, comme l'a révélé le réalisateur, provient d'une légende issue de la tradition orale iranienne. Dans cette légende, un archer nommé Arash, dit qu'il se sacrifia pour sauver le pays.

 
Une famille respectable-copie-1Dans Une famille respectable Arash n'est pas un exilé. Il est parti adolescent étudier à l'étranger, il est revenu en Iran pour enseigner quelques mois à l'université de Chiraz. Dans le film, ses vicissitudes entre Chiraz et Téhéran se déroulent en moins d'une semaine de temps réel et la quasi-totalité du film est racontée de son point de vue, y compris ses souvenirs d'enfance, en flash-back, qui amènent une autre dimension temporelle. Massoud Bakhshi a conçu cette double temporalité pour donner plus d'intensité au scénario et pour rendre plus décisive la question à laquelle Arash doit répondre à la fin : rester ou ne pas rester.

 

Où qu'il porte le regard, Arash remarque des scènes de violence, dans les rues de Téhéran, sur une autoroute, partout dans la ville... ces scènes d'altercations ou de brutalité paraissent constamment le cerner. Arash regarde ces traces de violence dans la vie quotidienne sans rien faire.

 

Il demande à ses étudiants : "Que puis-je faire ?"

Les étudiants répondent : "Nous aider."

 

Et c'est seulement à la fin du film que nous verrons le premier et seul gros plan du visage d'Arash : il marche aux côtés des étudiants, dans le soleil, vers le Monument de la Liberté de Téhéran. Il a pris conscience de son identité, rejeté ses doutes et sa méfiance, il est sûr de lui. Comme les jeunes qui choisissent de construire l'avenir du pays au lieu de choisir une "vie meilleure" à l'étranger. Cette question de l'identité iranienne, ce que signifie aujourd'hui "être iranien", c'est la question centrale de la jeunesse iranienne aujourd'hui. C'est donc aussi celle du personnage principal.


Arash cite le grand poète Ferdowsi qui a raconté le patriarcat. Si le mythe de l'occident est Oedipe, celui que conte Ferdowsi est le contraire : Rostam le père se bat contre son fils Sohrab et le tue.

 

Une famille respectable-copie-5Voilà qui fonde peut-être certaines différences de regard. On pourrait aussi dire qu'entre Arash et Jafar, son demi-frère, c'est le combat d'Abel et Caïn... mais dans Une famille respectable, c'est Abel qui gagne. Quand le père d'Arash veut racheter ses péchés en faisant un don d'argent à Arash, Hamed et Jafar détournent tous les deux la "respectabilité".


La mère d'Arash est un personnage pivot du film. Elle refuse l'énorme somme d'argent que son mari veut lui léguer. Pour elle, il s'agit d'un argent sali par la spéculation sur la mort de son fils Amir, c'est le sang du martyr détourné. Sa fermeté morale semble d'ailleurs être parvenue à changer le père. On apprend qu'il a tenté plusieurs fois de lui donner de l'argent, et à la fin de sa vie, il a voulu racheter ses péchés par ce don à Arash qui échapperait ainsi à l'héritage de Jafar.

 
Massoud Bakhshi a fait croire à ses techniciens et aux acteurs qu'ils allaient tourner un documentaire. Interloqués, ceux-ci ont cru à une mauvaise blague et ont rétorqué à Massoud Bakhshi qu'ils ne travaillaient que sur des fictions. Le réalisateur leur a cependant expliqué sa vision : "Je ne vois pas le cinéma autrement. Faire un documentaire signifie que je dois croire à l'histoire. À l'écriture du scénario, j'ai constamment cherché, pour chaque personnage, chaque détail, chaque anecdote, un lien avec le réel. Dans ma vie, parmi mes amis, dans ma famille... J'ai relié chaque personnage et chaque événement à quelqu'un de réel. Je devais être le premier à y croire." Une famille respectable est donc fortement basé sur l'expérience du cinéaste en tant que documentariste.

Avec Une famille respectable, Massoud Bakhshi explique avoir voulu subvertir les clichés occidentaux sur la société iranienne : "L'importance des femmes dans notre société est déterminante. Dans mon film, je tenais à le montrer sans dissimuler l'existence de ces femmes ni céder aux clichés qui peuvent circuler en Occident. Mon équipe a été frappée par le fait que toutes les femmes de mon film sont du côté du Bien et m'a dit que j'étais excessivement féministe. Mais c'est ainsi que je vois les Iraniennes. Dans la famille traditionnelle, c'est l'homme qui commande. Mais l'Iran d'aujourd'hui est en transition : 50 millions de jeunes, plus d'étudiantes que d'étudiants... ce système patriarcal va changer. Le rôle des femmes a toujours été déterminant dans la famille, elles ont défendu leur place même quand elles étaient confinées au foyer." explique le cinéaste.

 

Une-famille-respectable-copie-6.jpg


Une famille respectable est fortement marqué par le conflit Iran-Irak, guerre qui a bouleversé le pays du cinéaste durant huit années de combat, comme celui-ci nous le confie : "J'avais 8 ans quand l'Irak de Saddam Hussein a attaqué l'Iran, et 16 ans à la fin de la guerre. J'ai écrit avec ces images de guerre omniprésentes en tête et j'ai décidé de les montrer dans le film parce qu'en écrivant mon scénario, j'ai compris que ces mêmes images hantaient le personnage d'Arash. Sans images du passé, sans les archives, un peuple ne se connaît pas. Il faut des repères dans le passé pour mieux regarder le présent et penser l'avenir. Ces archives filmées, comme les photographies, sont la conscience du pays, notre conscience. Nous avons donc fait un énorme travail de recherche pour trouver des archives, dont beaucoup sont inédites. ".


La génération du réalisateur représente aujourd'hui les trois quarts du pays. L'Iran est l'un des pays les plus jeunes du monde. Une jeunesse curieuse, éduquée, qui aspire à vivre, une jeunesse qui veut un Iran tolérant ouvert sur le monde. Cette guerre a changé le destin d'une génération d'Irakiens. Pour Massoud Bakhshi, l'Iran est impossible à saisir si l'on ne revient pas sur les traces des 30 dernières années. Il n'a pas inventé l'histoire d'Une Famille Respectable, elle est sa vraie vie, celle de son enfance après la révolution de 1979, de son adolescence pendant la guerre et de son expérience d'aujourd'hui à Téhéran.

 

En utilisant des images d'archives de la guerre dans son long métrage, Massoud Bakhshi ancre son film dans le réel, qu'il chérit tant de par son expérience dans le documentaire.

Une famille respectable a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2012.

 

Le cinéma iranien, suite et certainement pas fin…Malgré la persistance obscurantiste d’un régime qui ne favorise pas exactement la liberté d’expression, les metteurs en scène locaux n’en finissent pas de révéler leur talent nerveux en filmant le désolant état de leur pays. Avec Une famille respectable, son premier film, Massoud Bakhshi, signe une fiction qui a toutes les chances de déplaire aux autorités iraniennes. Sorte de cousin, au moins par les thèmes qu’il aborde, de Jafar Panahi et de Mohammad Rasoulof, il impose d’emblée se griffe acérée et, malgré quelques maladresses formelles, prouve qu’il a des choses à dire et à filmer.

 

 

 

Sources :

http://medias.unifrance.org

http://www.euromedaudiovisuel.net

http://www.lemonde.fr

http://www.evene.fr

http://www.quinzaine-realisateurs.com

http://www.laterna-magica.fr - Grégory Audermatte

http://www.cinemovies.fr

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Cinéma Iranien
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commentaires

mitchmovies 02/11/2012 17:22


Hello Alain, très envie de voir ce film, j'étais certain que je lirai une page sur ton blog à son sujet

Hélène Etchegarray 01/11/2012 20:43


Encore un film que tu nous donnes envie de voir et qui ne sortira pas ici. Je dois monter sur Paris la semaine prochaine pour valider les stages, j'espère avoir le temps d'aller le voir. Je te
dirai. je t'embrasse.

Jacques 30/10/2012 19:38


C'est un beau et touchant premier long métrage. Très émouvant dans ce qu'il montre et dans ses maladresses aussi. J'ai été touché par le récit, par la mise en scène et les images. J'espère que tu
pourras le voir. Dans la négative j'espère qu'il sera encore à l'affiche à Paris quand tu viendras. Je ne connaissais pas l'interview de Massoud Bakhshi que tu as mis en ligne. Très intéressant.
J'espère que ce jeune réalisateur ira loin. Je salue son courage comme tous les autres réalisateurs iraniens. Tu as raison d'en parler. Merci de m'avoir envoyé le lien. A bientôt. Je t'embrasse.
Jacques


 



 

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