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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 16:00

 

Date de sortie 1er avril 2015

 

The Second Best Exotic Marigold Hotel


Réalisé par John Madden


Avec Judi Dench, Maggie Smith, Bill Nighy, Dev Patel,

Ronald Pickup, Celia Imrie, Penelope Wilton, Diana Hardcastle, Lillete Dubey

Richard Gere, David Strathairn et Tamsin Greig.

 

Titre original The Second Best Exotic Marigold Hotel

 

Genre Comédie Dramatique


Production Britannique, Américaine

 

Si John Madden s'est lancé dans la réalisation d'un second volet des aventures du groupe de retraités britanniques, c'est tout d'abord grâce à l'immense succès remporté par le premier film Indian Palace.

 

L’avantage d’une suite c’est, qu’en règle générale, elle est prévue par les studios. Ce n’est cependant pas le cas d’Indian Palace - Suite Royale puisque c’est le succès surprise du premier opus qui a donné une suite. Mais en gardant les mêmes réalisateur, scénariste et distribution, la Twentieth Century Fox a parfaitement négocié le retour de nos sémillants retraités britanniques.
 

Certains expliquent cette réussite en raison d'un sujet peu traité au cinéma, à savoir, celui de la retraite. Quels sont les désirs, les envies des personnes passant la soixantaine ? Une petite poignée de films ont déjà abordé le sujet dont Quartet réalisé par Dustin Hoffman en 2012, film dans lequel nous retrouvons Maggie Smith. Dans ce cas, il s'agit de musiciens et chanteurs d'opéra à la retraite qui vivent ensemble dans une pension.

 

Puis, en 2010, nous découvrons les aventures d'un groupe d'ex-agents de la CIA qui ne supportent pas la retraite, dans la comédie de Robert Schwentke, Red avec pour têtes d'affiche des pointures du cinéma hollywoodien, Bruce Willis, Morgan Freeman, Helen Mirren et John Malkovich.

 

Les thèmes d'Indian Palace - Suite royale ont évolué, car si au départ il s'agissait d'effectuer un portrait d'un groupe de retraités, aujourd'hui, le film fait un parallèle entre la jeunesse et la vieillesse et ce que chacun peut apporter à l'autre en fonction des différentes générations.

 

Indian Palace - Suite royale

 

Synopsis

 

Maintenant que l’hôtel Marigold affiche complet, ses directeurs, Muriel Donnelly (Maggie Smith) et Sonny Kapoor (Dev Patel) songent à l’agrandir.

 

Ils ont justement trouvé l’endroit idéal pour ouvrir un deuxième établissement. Tandis que le projet avance, Evelyn (Judi Dench) et Douglas (Bill Nighy) qui travaillent désormais à Jaipur, se demandent où leurs rendez-vous réguliers autour des délices de la cuisine indienne vont les mener.

 

Norman (Ronald Pickup) et Carol (Diana Hardcastle) essaient de maîtriser les difficultés d’une relation exclusive, et Madge (Celia Imrie) hésite entre deux prétendants aussi intéressants l’un que l’autre.

 

Récemment arrivé, Guy Chambers (Richard Gere) trouve sa muse en la personne de Mme Kapoor (Lillete Dubey) la mère de Sonny, pour écrire son nouveau roman.

 

Sonny doit très bientôt épouser Sunaina (Tina Desae), l’amour de sa vie mais il est de plus en plus absorbé par le nouveau projet d’hôtel, qui exige tout son temps…

 

Seule Muriel pourrait peut-être avoir des réponses : personne n’a de secret pour elle. Alors que le grand jour approche, l’ivresse de la préparation d’un mariage traditionnel indien s’empare de tout le monde…

 

The Second Best Exotic Marigold Hotel

 

Lillete Dubey et Richard Gere

 

Si le casting original est de retour aux côtés du réalisateur John Madden, tout ce beau monde accueille des petits nouveaux tels que Richard Gere, David Strathairn et Tamsin Greig.

 

En ce qui concerne Richard Gere, le metteur en scène indique : "Richard pouvait apporter ce petit frisson romantique qui gagnerait tous les autres. Les motivations de son personnage ont aussi pas mal de répercussions sur l’histoire."

 

Richard Gere n’a pas résisté à l’attrait du rôle. "Dès qu’un film se tourne en Inde, confie-t-il, je suis partant. J’ai toujours rêvé de travailler avec John Madden. Impossible en outre de passer à côté d’un tel casting. Judi et Maggie sont sans conteste les grandes dames de l’industrie cinématographique. Il y avait à la fois des acteurs haut de gamme et des personnalités à l’humour bien trempé !"

 

Richard Gere a été impressionné par l’énergie déployée par la troupe. Il confie : "Vous ne pouvez pas être comédien sans être jeune d’esprit. C’est incontournable. Dès mon arrivée, je me suis mis à répéter les scènes de danse et tout de suite, j’ai été plongé dans une atmosphère ludique. John en est le premier instigateur : il adore les gens, les performances, la culture indienne, et il a donné tout cela à son film."

 

Le côté sophistiqué de cette comédie a également séduit l’acteur : "On se serait cru dans une comédie de mœurs shakespearienne avec son lot de personnages faillibles. Ceux du film semblent guidés par un seul objectif : réparer les ravages causés par Sonny !"

 

Filmographie de Richard Gere ... Cliquez ICI

Indian Palace - Suite royale présente beaucoup de séquences festives comportant de nombreux figurants.

 

Indian Palace - Suite Royale

 

Ben Smithard, directeur de la photographie, explique : Indian Palace - Suite royale possède une énergie propre qui lui vient du personnage de Sonny […] Le film est ponctué de festivités et d’un mariage grandiose : il a fallu assurer la réalisation d’une multitude de scènes de grande ampleur. Il nous est arrivé d’avoir jusqu’à 900 personnes sur le plateau, sans compter le numéro musical final typique de Bollywood. Un vrai défi technique et logistique !

 

Cette partie du tournage était très attendue, car les mariages en Inde sont des évènements particulièrement importants.

 

Indian Palace - Suite royale

 

Alors qu'il ne s'agit pas d'un film de Bollywood, le réalisateur a tenu à intégrer une séquence de danse au moment de la scène du mariage. Celle-ci a été chorégraphiée par Longinus Fernandes sur le titre "JBJ" du long-métrage à succès Jhoom Barabar Jhoom réalisé en 2007 par Shaad Ali.

 

 

 

Maggie Smith parle de son personnage:  "Muriel est devenue pour Sonny une sorte de grand-mère. Elle a vu son potentiel et le regarde s’épanouir avec tendresse. Même si ces deux-là sont très différents." Pour Maggie Smith, reprendre le rôle de Muriel signifiait adopter son nouveau rythme de vie. "Muriel déborde d’énergie, ce qui est loin d’être mon cas dans la vie !", plaisante-t-elle du haut de ses 80 ans.

 

Judie Dench s’est amusée à explorer la subtilité des rapports entre Evelyn (son personnage) et Douglas interprété par Bill Nighy, preuve que l’amour est compliqué à tout âge.  "Bill et moi avons beaucoup travaillé ensemble pour faire avancer ce duo. Nous y avons pris beaucoup de plaisir, notamment lors de la scène où nous nous retrouvons à moto. J’étais crispée mais j’avoue que Bill s’est montré très doué."

 

Pour la scène du maraige, tous les acteurs ne devaient pas y participer et pourtant l'ambiance était tellement festive et joyeuse, que tout le monde s'est finalement prêté au jeu. Judi Dench précise même qu'elle a appris certains pas de danse appelés "Shampooing the dog", "Air Guitar" et "Airplane".

 

Indian Palace - Suite Royale

 

Alors qu'il s'est déjà essayé à la danse dans Slumdog Millionnaire pour la séquence de fin, le jeune comédien Dev Patel renouvelle l'expérience avec Indian Palace - Suite royale, alors qu'il avoue ne pas aimer danser. Il précise : "La danse est inscrite dans le rituel du mariage indien : les futurs mariés en exécutent même une très impressionnante pour leurs familles. Je crains aussi que cette scène n’ait été imaginée par Ol Parker après lui avoir avoué à quel point je détestais danser !"

 

"Travailler avec Judi Dench et Maggie Smith a été une expérience marquante. Elles vous renvoient la balle, et ça continue, et ça n’arrête pas. Elles ont cette aura incroyable… Quoi qu’elles jouent, elles sont en permanence au top." a déclaré Dev Patel. 

 

Dev Patel n’a pas résisté à l’appel de Sonny, un personnage pour lequel il a beaucoup d’affection et qui sait surfer sur l’air du temps. Il confie : "Ol Parker (scénariste) a écrit un rôle qui est dans mes cordes. J’ai de la chance car je m’identifie complètement à Sonny : il en fait des tonnes pour cacher son sentiment d’insécurité. Au point où il en est, sa vie peut totalement lui échapper : il va se marier, avec le poids que cela implique en Inde ; il doit faire prospérer son hôtel et voilà qu’un Don Juan comme Kush vient menacer sa relation avec Sunaina et son entreprise."

 

Par ailleurs, afin d'obtenir une séquence digne des vrais évènements indiens, le chef décorateur Martin Childs a engagé un véritable organisateur de mariage local.

 

Judi DenchLe chef décorateur a repéré par hasard une usine de textile alors qu'il cherchait désespérément le bon décor pour l'usine dont s'occupe le personnage de Judi Dench. Il ajoute : "Un soir, au cours de repérages, nous avons aperçu dans le lointain des morceaux de tissus multicolores qui ondulaient dans le vent. C’est là que nous avons trouvé l’usine de nos rêves, où l’on fabriquait le tissu imprimé qui a fait la renommée de la région."

 

Pour composer la bande originale du nouveau volet d'Indian Palace, le compositeur Thomas Newman a fait un mélange des thèmes musicaux du premier film, puis a ajouté de nouvelles mélodies : "On a dépoussiéré tout ce qui avait trait au premier film, ajouté des instruments et trouvé de nouveaux axes mélodiques. À travers le rythme et les accélérations, on a insufflé davantage de vie à ces personnages auxquels je m’identifie tellement."

Indian Palace - Suite royale "The Second Best Exotic Marigold Hotel"

Entre le premier volet d'Indian Palace et le second, l'hôtel Marigold où se déroule l'action a subi de nombreux changements physiques, notamment au niveau des chambres des clients. La décoration devait évoluer entre les deux films, car la psychologie des personnages a changé. En effet, le groupe de retraités se sent désormais chez lui à Jaipur : chaque membre du groupe a pris ses aises et il était nécessaire que le décor reflète ce nouvel état d'esprit.

 

John Madden a pu, pour son nouveau film, se faire plaisir en filmant des lieux qu'il n'avait pas pu enregistrer dans le précédent Indian Palace comme le Fort de Jaigarh et le Cénotaphe des Rois, qui est un lieu de crémation royale.

Sources :

http://www.cheque-cinema-universel.fr

http://www.allocine.fr

Mon opinion

 

Un film sympathique avec un seul, but, celui de distraire.  

 

Dans le magnifique décor de Jaipur, John Madden réussit avec brio ce deuxième opus.

 

Ces joyeux, et privilégiés retraités, s'en donnent à cœur joie pour notre plus grand plaisir. Entre doutes, amour naissant mais aussi la plus grande solitude, chacun des principaux protagonistes trouve sa juste place.

 

Le film réserve quelques rares mais savoureux dialogues entre Maggie Smith et Judi Dench. Dev Patel en fait des tonnes, mais il reste aisé de se laisser prendre par tous ses excès.

 

De la musique, de la danse et des costumes magnifiques pour un mariage façon "Bollywood". Une jolie façon de nous transporter dans un monde joyeux et renvoyer la morosité loin derrière nous, le temps du film, en tout cas.

 

Les dernières minutes sont entièrement réservées à Judi Dench. Cette immense comédienne apporte au travers de ses mélancoliques réflexions, une très belle leçon sur la vie.

Indian Palace - Suite royale "The Second Best Exotic Marigold Hotel"
Published by Ciné Alain - dans Des films en 2015
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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 13:20


Date de sortie 1er avril 2015

 

Journal d’une femme de chambre - Affiche

 

Réalisé par Benoît Jacquot


Avec Léa Seydoux, Vincent Lindon,

Clotilde Mollet, Hervé Pierre, Patrick d'Assumçao, Vincent Lacoste,

Joséphine Derenne, Dominique Reymond, 

Adriana Asti, Aurélia Petit, Mélodie Valemberg


Genre Drame


Production Française, Belge

 

Décors réalisés par Katia Wyszkop
Costumes d'Anaïs Romand
Musique originale de Bruno Coulais

 

 

Synopsis

 

Début du XXème siècle, en province.

 

Très courtisée pour sa beauté, Célestine (Léa Seydoux) est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlairel. Repoussant les avances de Monsieu (Hervé Pierre), Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire (Clotilde Mollet) qui régit la maison d’une main de fer.

 

Elle y fait la rencontre de Joseph (Vincent Lindon), l’énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

 

Léa Seydoux - Journal d'une femme de chambre

 

Léa Seydoux

Entretien avec Benoît Jacquot relevé sur unifrance.org

 

Pourquoi avoir voulu réaliser une adaptation du "Journal d’une femme de chambre" ?


Ce film, je l’ai écrit et tourné dans une sorte de besoin : j’y trouvais un écho direct avec le climat sociopolitique actuel. Par détour, le roman de Mirbeau, qui se situe au début du XXème siècle, me donnait l’opportunité d’évoquer des questions que notre société ne traite plus que de manière masquée : l’esclavage salarié, l’antisémitisme, la discrimination sexuelle.


Il me donnait aussi l’occasion de suivre à nouveau un personnage féminin du premier au dernier plan comme je l’ai fait souvent.

 

On pense forcément aux films qu’en avaient tirés Jean Renoir en 1946 et Luis Buñuel en 1964.


Leur point commun est d’être tiré du livre de Mirbeau. À part ça, ils sont si différents qu’il est difficile de les comparer. Ce n’était donc pas insensé d’en proposer un troisième. C’est du moins l’argument que je me suis donné.


Votre adaptation est très fidèle au roman.


Mais j’ai fait des choix, sorti un certain nombre de scènes qu’il m’intéressait de juxtaposer dans un ordre précis, jusqu’à constituer la matière de ce "Journal"» : une chronique ponctuée de réminiscences.


Le film débute sur un entretien d’embauche. Le bureau de placement et les échanges de Célestine avec la responsable des lieux jouent un rôle capital dans le récit.


Cet entretien et ceux qui suivent m’ont immédiatement semblé devoir en constituer la charpente. Ce qui s’y dit renvoie à des situations qui nous concernent tous, nous rappelant que l’esclavage salarié, comme on disait autrefois, existe toujours et que sa violence n’a pas varié. Dramaturgiquement, il était important d’en faire le fil conducteur de la narration. C’était aussi une manière de dénoncer le discours actuel qui n’a que trop tendance à maquiller et atténuer la brutalité toujours plus vive du monde du travail.


"Il n’y a que de mauvais maîtres", dit Célestine à Dominique Reymond, la recruteuse. "Non, il n’y a que de mauvais domestiques", lui répond celle-ci. En une scène, tout est dit ou presque sur la condition de l’héroïne.


Journal d’une femme de chambre - Léa SeydouxOui, sa situation l’accule à un cynisme aussi constant que possible. Célestine est intelligente. Elle est différente des autres, c’est une battante, elle peut se montrer insolente, refuser les places qu’on lui propose, et, pour autant, elle n’échappe à sa condition que pour aller vers un destin encore plus sombre.

 

 

Elle va du pire au pire. À partir du moment où elle décide de ne plus avoir de maître, sa seule alternative est d’être recrutée dans un bordel ou de suivre Joseph, ce type qui représente le pire mais qui est aussi la seule issue qu’elle se trouve.

Elle est tout de suite attirée par le palefrenier des Lanlaire, ces bourgeois de province chez lesquels elle s’est placée, tout en manifestant, dès leur première rencontre, une certaine répugnance à son égard.


Vincent Lindon - Journal d'une femme de chambreC’est comme un phénomène climatique : il y a immédiatement entre eux un lien d’attraction / répulsion irrésistible, érotique. Tout en tenant au côté chronique au film, j’avais besoin d’un autre fil pour le conduire dramatiquement. Interprété par Vincent Lindon, le personnage de Joseph me servait, en quelque sorte, d’inducteur.

 


Un mélange de magnétisme et de calcul, un personnage dont l’ignominie est attirante.


Une sorte de monstre.


Oui, comme souvent les monstres exercent un charme violent sur ceux qui osent les approcher.


Dès la scène du repas, à l’office, Célestine et Joseph échangent des regards qui tranchent avec l’attitude qu’elle adopte avec les autres hommes.


Dans le monde où vit Célestine, les hommes, à l’exception de Joseph et du jeune Georges, ne peuvent être que les instruments d’un calcul ou, éventuellement, l’occasion d’assouvir un besoin de se faire sauter à toute vitesse. Un type passe et la regarde et, immédiatement, elle se fait prendre dans une chambre assez brutalement. Célestine n’a affaire qu’à la brutalité masculine, y compris quand elle finit par faire l’amour avec Joseph.
Il y a les chiens, qui sont très importants, parce qu’il sont annonciateurs du danger – ces chiens qui sont constamment sur les talons de Joseph, qui n’obéissent qu’à lui et à ceux à qui il leur dit d’obéir, avec lesquels il a un lien quasi animal et qu’il tue froidement à la fin.


Joseph est calculateur, voleur, peut-être est-il même un violeur, et il est violemment antisémite.


Je n’ai pas attendu de lire Mirbeau pour savoir de façon précise – grâce, notamment, aux travaux de Zeev Sternhell –, que l’antisémitisme moderne, celui du XXème siècle, est largement une invention française. Son roman me donnait l’occasion de remonter aux sources de cet antisémitisme. Le discours franco-français le fait passer pour un épiphénomène et l’attribue volontiers à nos voisins allemands.

 

Il remonte tout autant à l’époque de Georges Boulanger, Edouard Drumont et Maurice Barrès et s’est cristallisé au moment de l’affaire Dreyfus qui est à peu près celle où se déroule le film.


Les historiens le savent : ce qui s’est passé à ce moment-là a déterminé ce que nous vivons aujourd’hui – la ségrégation de classe, de race, de sexe.


En cédant à Joseph, Célestine cède en quelque sorte aux sirènes de l’extrémisme.


Même si on prend soin d’avertir que Célestine n’est pas a priori sensible aux propos antisémites – "Si je réfléchis, dit-elle, je ne vois pas pourquoi je serai contre les juifs. J’ai servi chez eux autrefois (…) ils ne sont pas pires que les autres" –, elle succombe"à Joseph pour les mêmes raisons que celles qui poussent actuellement un certain,nombre de personnes dans les bras de l’extrême droite ou du fondamentalisme. Le désespoir et la misère peuvent facilement conduire à trouver du charme aux discours du pire.

 

Célestine travaille très dur chez les Lanlaire ; elle est constamment en train d’accomplir des tâches ingrates. Vous accordez beaucoup de place à ces scènes.


Je voulais qu’elles soient plastiquement belles – c’est d’ailleurs un désir qui court dans toute la mise en scène du film ; une beauté qui fasse d’autant mieux apparaître l’ingratitude de la situation. Le filmage devait ne pas renchérir sur la misère. Je tiens particulièrement à cette scène qui montre sa patronne envoyer Célestine chercher du fil, puis l’oblige à remonter à l’étage pour ramener une aiguille, puis à remonter encore chercher des ciseaux. C’est un exercice de dressage. Madame Lanlaire esclavagise Célestine avec un plaisir assez pervers ; elle guette ses réactions.

 

Clotilde Mollet - Journal d'une femme de chambre

 

Clotilde Mollet

 

Célestine s’exécute en maugréant. Elle marmonne et bouillonne intérieurement mais ne se défait jamais, sauf en de très rares occasions, de sa cuirasse.


Ces moments où elle se laisse déborder par l’émotion – lorsqu’elle apprend la mort de sa mère ou lorsqu’on lui propose de se prostituer dans une maison de passe – sont très importants : ils mettent l’accent sur le bloc émotif qu’elle retient, nous la rendent accessible, vulnérable avant d’être insolente.


On la sent capable d’une grande douceur. "Il suffit qu’on me parle doucement, qu’on ne me considère pas comme entre un perroquet et un chien, pour que je sois tout de suite émue", dit-elle en rentrant au service de la vieille madame Mendelson et de son petit-fils. Mais, même dans ces moments heureux, elle est incapable de sortir de son statut de domestique et refuse, par exemple, d’appeler le jeune homme autrement que Monsieur Georges. "Je ne pourrais pas !", s’exclame-telle.


Comme les esclaves, elle a intériorisé sa servitude. C’est ce qu’on nomme "servitude volontaire" et il me semble qu’on ne s’en inquiète jamais assez.


Célestine ne se départit finalement jamais de ce sentiment. Elle pense échapper à sa condition en suivant Joseph mais ne fait, en réalité, que passer d’un maître à un autre. "Il me tient", dit-elle à son propos en quittant la maison des Lanlaire.


Oui, elle a l’illusion très fugitive, qu’en le choisissant, lui, elle en fera autre chose mais, évidemment, elle se trompe. C’est toujours ce cheminement du pire au pire.


La plupart des scènes du film fonctionnent comme de petites fables…


Le film est construit comme ça. Certaines, qui peuvent sembler anodines, sont très parlantes. Je pense à cette séquence où Madame Lanlaire envoie Célestine acheter de la viande pour les chiens. La viande est découpée, bien belle, bien rouge ; elle la donne aux chiens et dit à Joseph en passant : "Les chiens des riches, c’est pas des pauvres". C’est bref, c’est du français vif, et on va immédiatement à l’essentiel.


Parlez-nous du capitaine Mauger, ce voisin des Lanlaire, qui mange des fleurs et partage officiellement sa couche avec Rose, sa bonne.


Lui, Rose, les femmes du village, et même Lanlaire, font partie d’une galerie de personnages saugrenus et farfelus – parfois grimaçants –, qui participent au ton un peu ricaneur et sarcastique du film. J’ai pris beaucoup de plaisir à les croquer. C’était assez inhabituel pour moi qui suis plutôt porté à la litote.

 

Les acteurs qui les interprètent sont pour la plupart peu connus.


La difficulté de ce genre de rôle, qui vaut aussi pour le couple des Lanlaire, est de jouer constamment avec les limites : ne surtout pas être dans la réserve mais ne pas dépasser non plus la ligne au-delà de laquelle plus rien n’est crédible.

 

Hervé Pierre - Journal d'une femme de chambre

 

Les acteurs formés au théâtre maîtrisent très bien ces techniques. Pour le personnage de Lanlaire, je tenais beaucoup à la présence d’Hervé Pierre, cet extraordinaire comédien du Français qui tenait déjà un rôle dans deux de mes films.

 

 

 

 

Sa femme, Clotilde Mollet, est également une comédienne brillante, et je trouvais séduisant d’engager un couple pour former celui du film.

 

J’avais remarqué Patrick d’Assumçao dans L’Inconnu du lac. Lui aussi vient de la scène, tout comme Mélodie Valemberg, qui interprète Marianne.

Vous retrouvez Léa Seydoux avec qui vous avez tourné Les Adieux à la Reine.


Je lui ai vraiment confié le film.


Ainsi que Vincent Lindon, avec lequel vous avez déjà travaillé trois fois.


Nous n’avions pas tourné ensemble depuis longtemps – nous avons d’ailleurs un autre film en préparation. Vincent est doué d’une immédiateté, d’une animalité, paradoxalement assez raffinée, qui convenaient parfaitement à l’attraction qu’exerce Joseph sur Célestine.


Parlez-nous d’Hélène Zimmer avec laquelle vous cosignez le scénario.


C’est elle qui m’a fait découvrir le roman de Mirbeau. Je connaissais les films, pas le livre dont ils sont tirés. Hélène, qui m’avait donné à lire le scénario de son premier long métrage, À 14 ans, venait de découvrir Le journal d'une femme de chambre et m’a dit avec autorité que je devais à mon tour en faire un film. Son ton m’a suffisamment frappé pour que je me lance dans sa lecture et comprenne pourquoi elle m’y poussait. Je lui ai proposé de s’associer à l’écriture.


Comme toujours, lorsque vous tournez des films d’époque, Journal d'une femme de chambre est d’une très grande modernité.


C’est quasiment un principe chez moi : j’essaie de naturaliser une langue qui n’est plus tout à fait la nôtre, la rendre contemporaine ; respecter les tournures de l’époque du film et donner l’impression qu’elles sont d’aujourd’hui. Je travaille de la même façon sur les costumes qui correspondent précisément à la période représentée, mais sont portés et manipulés comme des vêtements actuels.


La mise en scène est particulièrement belle et confère au film une grande singularité.


Cette singularité, si elle existe, est peut-être liée au fait que le film s’inscrit à l’origine de la période qui n’en finit pas de finir aujourd’hui. Pour moi, comme pour beaucoup d’entre nous, le XXème siècle a touché le fond de l’horreur. Il a, en quelque sorte, atteint le coeur des ténèbres. Cinématographiquement – et je ne suis ni le seul à le penser ni le seul à tenter de le faire –, il est nécessaire d’en rendre compte.
J’ai voulu m’y exercer en confrontant, par le filmage, le jeu des acteurs, ce que le film évoque d’effroyable, à un charme, une élégance. Il était important que la lumière, les mouvements d’appareils, la construction des plans obéissent à une rigueur esthétique, pour que s’y expose, de façon d’autant plus violente, la réalité pernicieuse qui continue de nous envelopper.

 

 

Journal d’une femme de chambre

Mon opinion

 

La réalisation est d'une grande sobriété. Le scénario s'appuie avec fidélité sur l'œuvre d'Octave Mirbeau, "une chronique ponctuée de réminiscences" déclare le réalisateur. Il nous renvoie habilement à quelques points de notre triste actualité, tout en survolant trop rapidement quelques passages. Le crime dans la forêt, l'entretien avec la tenancière du bordel, par exemple. Quant aux dialogues ils offrent quelques répliquent savoureuses.

 

Les décors et les costumes sont somptueux et raffinés à la fois.

 

La peinture de la bourgeoisie de l'époque correspond parfaitement à l'image que l'on peut en retenir au travers des différents écrits la définissant.

 

Clotilde Mollet, grande comédienne, excellait il y a peu sur les planches, dans le "Square" de Marguerite Duras. Un beau souvenir de théâtre. Elle est ici une savoureuse Madame Lanlaire, aux côtés de l'excellent, Hervé Pierre. Judicieuse idée d'avoir reformé dans ce film le couple qu'ils forment dans la vie.

 

Un autre grand nom de la scène, du grand et du petit écran, Dominique Reymond, déjà présente, elle aussi, dans les Adieux à La Reine. Grâce à son talent, sa présence et son élocution, son personnage prend un relief tout particulier dans ce film. Les face-à-face avec la toute jeune Célestine sont assez jubilatoires.

 

À noter également la belle prestation de Patrick d’Assumçao, irrésistible dans ce rôle de capitaine, drôle et monstrueux à la fois.

 

Vincent Lindon maugréant sans cesse, inquiétant à souhait offre une composition inhabituelle et parfaitement réussie. Quant à Léa Seydoux, le réalisateur a déclaré lui avoir confié le film. Elle est étonnante et convaincante.

 

Un seul bémol, en voulant rester au plus près du roman, cette nouvelle adaptation du roman de Mirbeau donne une impression de lenteur et de situations souvent trop attendues.

 

 

Léa Seydoux - Journal d'une femme de chambre

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2015
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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 20:15

 

Date de sortie 25 mars 2015

 

Voyage en Chine - Affiche


Réalisé par Zoltán Mayer


Avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing, Ling Dong Fu,

André Wilms, Genevieve Casile, Liu Ling Zi, Dong Qing, Yilin Yang


Genre Drame


Production Française

 

Synopsis

 

Liliane (Yolande Moreau) part en Chine pour la première fois de sa vie afin de rapatrier le corps de son fils, mort dans un accident. Plongée dans cette culture si lointaine, ce voyage marqué par le deuil devient un véritable voyage initiatique.

Voyage en Chine


Zoltán Mayer est le scénariste et monteur du documentaire Le Sens de l’âge, sorti en salles en 2012. Zoltán Mayer est également photographe. Ses photographies sont publiées dans le New York Times et ont été vendues aux enchères à Drouot.

 

Pour en savoir un peu plus sur Zoltán Mayer, cliquez ICI !

 

Voyage en Chine est son premier long métrage.

 

 

Entretien  avec Zoltán Mayer


D’où est venu ce désir de tourner en Chine?


Je suis né dans une famille très métissée où se mêlent les origines hongroise, sénégalaise, chilienne, grecque ou italienne. Je me suis senti dès l’enfance attiré par les cultures extrême-orientales et plus particulièrement par la culture chinoise, le peuple chinois, son écriture et sa littérature. Il y a dix ans, j’ai commencé à apprendre le chinois et six mois plus tard j’ai fait mon premier voyage en Chine. Je suis particulièrement sensible au charme de cette langue monosyllabique, si différente des langues européennes.


Le choix de la Chine est donc apparu comme une évidence dans mon désir de réaliser un film un peu animiste : je voulais faire le récit d’un apprentissage où une femme française, Liliane (interprétée par Yolande Moreau), extraite de son univers athée et rationnel, rencontre au cours
d’un voyage a priori tragique, une forme de spiritualité et d’apaisement.

 

Pourquoi avoir tourné dans la région du Sichuan ?


Voyage en Chine

La région du Sichuan s’est imposée parce que le taoïsme y est prégnant. Par ailleurs son fort syncrétisme religieux m’intéressait. Au village, le temple où se déroule la cérémonie taoïste est en réalité un temple bouddhiste chargé de représentations taoïstes.

 

 

 

Cet entremêlement des religions va de soi, il nous suggère une autre façon de voir le monde et d’appréhender la mort.


La végétation si particulière du Sichuan, notamment sa luxuriance, était aussi une manière de suggérer l’omniprésence du fils de Liliane dans la nature. C’est par certains détails végétaux et animaux (par exemple un gecko dans le cadre d’une fenêtre) que le film raconte le cheminement de Liliane. Comme si, après la perte de son fils, elle était conduite par une force qui la dépasse et va peu à peu l’entraîner dans la vie.

 

Comment s’est fait le choix de votre actrice principale ?


Voyage en Chine - Yolande MoreauYolande Moreau était, avec la Chine, la seconde évidence de mon film. J’étais depuis longtemps touché par son travail. Je l’ai rencontrée par un ami commun et cette rencontre m’a donné l’impulsion du scénario. L’idée du film m’était venue à l’occasion d’un voyage en Chine avec ma mère, mais c’est avec Yolande que tout s’est mis en place.

 

Sa présence m’a accompagné tout au long de l’écriture, avant même d’avoir son accord. Et le film ne se serait pas fait si elle avait dit non.

 

Et pour les acteurs chinois ?


Le choix des acteurs chinois a été assez évident. Qu Jing Jing (Danjie, l’amie du fils) est solaire,
magnétique. Son jeu est précis, subtil. Elle ne surjoue pas le drame et est capable d’exprimer des
sensations opposées, passant aisément du rire aux larmes.
Liu Ling Zi, (la logeuse de Liliane), vient du théâtre, j’ai été immédiatement touché par son côté mutin, l’évidence de son jeu dénué d’artifice. Par sa force de caractère, son humour, une trace de l’enfance toujours présente en elle, et qui caractérise aussi la personnalité de Yolande.


J’ai tenu à ce que le film se prépare en amont avec tous les acteurs, à la table, comme je peux le faire dans ma pratique de coach. Nous avons travaillé sur les sensations, les appuis, pour ouvrir le jeu, en faire un matériau ou une pâte avec laquelle nous pourrions travailler ensuite au tournage.

La composition des plans est frappante dans Voyage en Chine. Vient-elle de votre formation de photographe ?


Ce serait plutôt l’inverse. Je crois que je suis devenu photographe parce que, pendant des années, je ne m’autorisais pas à devenir cinéaste, mais en réalité le désir du cinéma avait toujours été là. J’accorde, bien sûr, une attention à la composition des plans, à l’appréhension de la lumière mais surtout au découpage.


Voyage en ChineComme les Chinois le disent : "il faut faire beaucoup avec peu" et pas l’inverse. Donc peu de plans, peu de mouvements de caméra et éviter les changements de points. Avec George Lechaptois, mon chef opérateur, nous partagions totalement cette vision des choses.

 

 

Nous étions également d’accord pour privilégier les lumières indirectes et les faibles éclairages. Pour revenir au découpage, je réfléchis autant à ce qu’il est important de filmer qu’à ce qu’il est important de ne pas filmer. Les personnages ne sont pas toujours dans le plan, ils le traversent, on devine parfois leur présence en hors champ.

Dans la première partie du film, qui se passe en France, nous avons travaillé sur les reflets pour évoquer la dualité du personnage de Liliane, étrangère à elle-même.
L’enjeu profond d’une scène, c’est moins l’évidence de la situation que ce qu’elle laisse deviner des arcanes du récit, comme un fil rouge de l’invisible et des liens entre les personnages.

 

La musique est peu présente dans le film mais elle intervient à des moments-clés.


Oui, le minimalisme de la mise en scène se retrouve dans la musique. Celle du percussionniste Steve Shehan m’a plu parce qu’elle faisait écho à la sensibilité du film. Par ailleurs, l’essentiel de la musique est "in". C’est grâce à Vesoul de Jacques Brel que Liliane rencontre les amis de son fils. J’aimais l’idée d’entendre tout à coup cette musique européenne dans cette atmosphère très chinoise.


Le travail sur le son est lui aussi épuré, narratif et non illustratif.

 

Il agit comme un sous-texte où chaque son est un personnage, pas un figurant. Nous avons construit des "familles de sons" : des sons liquides (pluie, rivière), des sons cristallins (cloches, verres, grelots), des cris d’enfants, des chants d’oiseau qui scandent l’arrière-plan du film. Les chants d’oiseau sont comme une manifestation de Christophe. C’est toute une dramaturgie sonore mais très discrète qui contribue à l’élan vital du film et à son paradoxal goût d’optimisme.

 

Parce que dans Voyage en Chine, l’épreuve du deuil conduit aussi à aller vers ses rêves et à aller vers la vie.

 

Voyage en Chine

Mon opinion

 

L'histoire de cette femme aurait de quoi bouleverser. Dès les premières images il est aisé de ressentir la banalité d'une vie sans relief. Une vie d'une grande morosité dans laquelle l'amour n'a plus de place. Cette mère, confrontée au plus horrible des deuils, celui d'un enfant mort dans un accident en Chine, va entreprendre avec l'administration française, quantités de démarches afin de pouvoir récupérer son corps et le rapatrier dans son pays.

 

Le chemin sera long, difficile, douloureux. Quasi impossible. C'est donc en Chine qu'elle se rendra, un pays dont elle ignore tout, de la géographie, aux us et coutumes, en passant par le taoïsme et bien entendu le langage.

 

"Cet entremêlement des religions va de soi, il nous suggère une autre façon de voir le monde et d’appréhender la mort." déclare le réalisateur. Effectivement c'est là qu'elle trouvera une aide salutaire et indispensable, une écoute attentive, une compréhension totale.

 

Le scénario manque de consistance et l'ensemble m'a davantage fait penser à un beau documentaire, qu'à un film qui aurait pu laisser l'émotion déborder. Il n'en est rien.

 

La photographie est magnifique de bout en bout. Les visages tout d'abord, l'ensemble des paysages de cette région de la Chine tout autant.

 

Pour son premier long-métrage, Zoltán Mayer favorise une mise en scène qui ne manque pas d'élégance, d'un esthétisme certain, au détriment d'une histoire qui reste trop satinée, sans toutefois tomber dans une banalité excessive.

 

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2015
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 15:55

 

Date de sortie 25 mars 2015

 

Dans le cadre du Festival 2015 du Cinéma Latino Américain !

 

 à Saint Gaudens !

 

 

O Homem das Multidões


Réalisé par Marcelo Gomes, Cao Guimarães


Avec Paulo André, Sílvia Lourenço, Jean-Claude Bernardet

 

Titre original O Homem das Multidões


Genre Drame


Production Brésilienne

 

Adaptation libre d'une nouvelle d'Edgar Allan Poe, L'Homme des foules.

 

Dans ce texte, complexe et malgré sa brièveté et sa naïveté apparente, Edgar Allan Poe s'interroge sur nos capacités de percevoir et de connaître le monde et les êtres humains, et soumet la modernité à l'épreuve de ses paradoxes. La place accordée à la psychologie y est considérable, et les réflexions que l'auteur soulève à cet égard ne seront explorées expérimentalement que plus d'un siècle après sa mort. Ses conclusions, en revanche, sont plus pessimistes que ce qu'aucun psychologue ou neuroscientifique ne serait prêt à admettre.

 

Edgar Allan Poe né à Boston le 19/01/1809, décédé à Baltimore le 07/10/1849

 

Edgar Allan PoeIl passe une enfance tumultueuse marquée par la disparition de ses parents. Il est adopté par un négociant de Richmond puis reçoit une éducation britannique dès 1815. Après une brève tentative pour rejoindre l'armée, il décide de se consacrer à l'écriture. Ses premiers poèmes ne remportant pas de succès particulier, il s'installe chez une tante, à Baltimore, dont il épouse la fille. Il occupe alors un poste de critique littéraire et commence à boire. Il publie en 1838 les Aventures d'Arthur Gordon Pym et les Histoires extraordinaires en 1839, considérées comme le succès de son oeuvre. Il rencontre de grandes difficultés pour s'intégrer en tant qu'écrivain à New York. Il publie toutefois le Corbeau (1845), poème le plus marquant de sa carrière.

 

 

La mort de sa femme, en 1847, le plonge encore davantage dans l'alcoolisme, qui finira par le tuer en 1849. Ses oeuvres, traduites en France par Baudelaire, remportent un succès retentissant dans le pays et en influencent grandement la littérature.

 

Pour cette libre adaptation trois prix ont été décernés au film L'Homme des foules.

 

Festival du Film Mexicain de Guadalajara 2014,

- Meilleur directeur de la photographie Ivo Lopes Araújo

- Prix spécial du jury pour les deux réalisateurs,  Marcelo Gomes et Cao Guimarães

 

Festival du Film de Rio de Janeiro 2014,

- Prix pour la mise en scène des deux cinéastes.

 

Synopsis

 

Juvenal (Paulo André) est conducteur de métro à Belo Horizonte. Un homme sans famille ni ami, mais il n’est jamais seul. Bercé par les remous des passants comme un enfant dans les bras de sa mère, c’est au sein de la foule qu’il se sent bien.

 

Margô (Sílvia Lourenço) assure le trafic du réseau ferroviaire.

 

Dans la ville anonyme, ils se regardent, se parlent, devinant l'un chez l'autre l'éblouissement d'une rencontre entre deux solitudes. Un jour, Margô demande à Juvenal d'être le témoin de son mariage, conclu avec un homme inconnu, mystérieux, perdu lui aussi dans la foule silencieuse.

 

O Homem das Multidões

Les deux réalisateurs et scénaristes Cao Guimarães et Marcelo Gomes ont fait beaucoup de recherches avant de se lancer dans la rédaction de l'histoire qu'ils projetaient de réaliser. Le film traitant de la solitude, les créateurs se sont penchés sur les écrits de Walter Benjamin (célèbre historien de l'art et philosophe) et Charles Baudelaire pour y puiser des idées.

 

De ces recherches, des débats philosophiques sont nés entre Cao Guimarães et Marcelo Gomes. Ainsi, la première version du scénario a été écrite en deux mois, mais elle a continué d'évoluer au fil du temps et même lors du tournage.

 

L'Homme des foules est la conclusion d'une "trilogie de la solitude", que le réalisateur Cao Guimarães a débuté avec deux films, en 2004,  A Alma do Osso et en 2006, Drifter.

 

Les metteurs en scène Marcelo Gomes et Cao Guimarães ont deux approches spécifiques du tournage. Le premier s'occupe plutôt de la partie technique et est en contact avec les techniciens dont le directeur de la photographie, alors que le second travaille davantage avec les acteurs. Par ailleurs, avant le début du tournage, les comédiens se sont réunis de nombreuses fois dans le but de répéter les scènes qu'ils avaient à jouer, même s'ils ont par la suite de temps en temps improvisé au moment des prises de vue.

 

L'Homme des foules

Le tournage a eu lieu directement dans les rues de la ville de Belo Horizonte, à l'Est du Brésil, c'est pourquoi, les directeurs de casting n'ont pas pu choisir un acteur principal célèbre, afin d'éviter de provoquer des émeutes.

 

À la place, ils ont choisi un comédien relativement connu au théâtre, avec une carrière longue de plus de 30 ans, mais qui n'avait encore jamais participé à un tournage pour le cinéma.

 

 

Mon opinion

 

Enserrée dans le format restreint et étouffant de l'image, la photographie de Ivo Lopes Araújo est magnifique, et très justement récompensée au festival du film Mexicain de Guadalajara. Celle-ci favorise des flous dans lesquels les tons "pastels délavés" sont loin de faire penser aux éclatantes couleurs d'un Brésil que tout le monde connaît. Il en va de même pour la musique,

 

Pas ou de rares dialogues cantonnés à quelques phrases marmonnées à voix basse.  D'autres, comme autant de bruitages, quand, par exemple, le principal protagoniste lave le sol de son triste appartement pour se croire ailleurs, et pris dans des rêves de grandeur, conduire un TGV.

 

Cet homme solitaire, étouffé dans un enfermement sur soi total, et qui semble irrémédiable, traîne sa silhouette dans des rues bondées ou enfermé dans une cabine de pilotage. Celle d'un train, son seul véritable "ami".

 

Une rencontre avec une femme, elle aussi emprisonnée dans un autre monde, celui d'internet et ses nombreuses connaissances virtuelles. Faute de vrais amis, elle proposera à cet homme solitaire, qu'elle connaît à peine grâce à leur milieu professionnel identique, d'être le témoin de son mariage. Un évènement qui semble hasardeux, avec un homme rencontré via un site de rencontres. Ce qui devrait être une fête arrachera un sourire à cet homme, ce témoin impromptu interprété par un acteur de théâtre reconnu au Brésil et qui tient ici son premier rôle au cinéma.

 

Paulo André. Une prestation incroyable de finesse et de précision dans chaque instant du film. Que ce soit un repas, quelques mouvements de gymnastique sur son balcon, ou sa démarche lasse et pourtant alerte entre les rails d'une voie de chemin de fer. Avec toujours ce même regard vide de toute émotion.

 

Un film très librement adapté d'une nouvelle d'Edgar Poe qu'il est difficile de commenter. Encore plus difficile de conseiller. En sortant de la salle j'étais heureux de respirer un grand coup, de marcher dans la rue et de rencontrer des connaissances. Une sacrée "expérience" comme le définissait l'une des collaboratrices du cinéma dans lequel je me trouvais.

 

Mais quel talent pour les deux réalisateurs de captiver notre attention pendant la durée de ce long-métrage qui reste plombant de bout en bout mais fascinant à la fois.

L'Homme des foules "O Homem das Multidões"
L'Homme des foules "O Homem das Multidões"
L'Homme des foules "O Homem das Multidões"
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 11:07

 

Date de sortie 25 mars 2015

 


Réalisé par Jérôme Bonnell


Avec Anaïs Demoustier, Félix Moati, Sophie Verbeeck,

Patrick d'Assumçao, Olivier Broche, Laure Calamy


Genre Comédie dramatique


Production Française

 

Synopsis

 

Charlotte (Sophie Verbeeck) et Micha (Félix Moati) sont jeunes et amoureux. Ils viennent de s’acheter une maison près de Lille pour y filer le parfait amour. Mais depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie (Anaïs Demoustier)

 

Sans rien soupçonner, se sentant toutefois un peu délaissé, Micha trompe Charlotte à son tour… mais avec Mélodie aussi !

 

Pour Mélodie, c’est le vertige.

 

Complice du secret de chacun. Amoureuse des deux en même temps…

 

À trois on y va.

 

Sophie Verbeeck, Anaïs Demoustier et Félix Moati

Entretien avec Jérôme Bonnell


Comment est née cette histoire ?


L’idée de ce film sommeillait dans ma tête depuis une dizaine d’années. Un couple qui se tromperait avec la même personne, sans le savoir. Et c’est l’enthousiasme tenace de mon producteur Edouard Weil qui a déclenché l’écriture du scénario, à partir d’une histoire que je lui ai exposée en quelques mots. C’est alors en route et par surprise que le coeur du film m’a rattrapé. Cela se passe souvent ainsi : la profondeur du récit reste toujours en planque longtemps avant d’émerger petit à petit au fil de l’écriture, à travers des alibis, alors qu’elle est là depuis toujours, en nous, enfouie.
Ici, ce qui me touchait le plus en construisant le scénario, était l’idée que deux personnes (Mélodie et Micha) en aiment tellement une troisième (Charlotte), qu’elles finiraient par tomber amoureuses l’une de l’autre, téléguidées par leur inconscient, parce qu’il y aurait un dépit partagé si fort, une empathie si réciproque, que cette identification à l’autre se transformerait en amour pur et simple. Cette histoire serait comme un fantasme, puisqu’on y éprouverait la liberté de dépasser tous les maux qui altèrent l’amour : mensonge, trahison, tristesse, jalousie…

Faire naître de la paix là où d’ordinaire surgit le conflit. Une sorte de rêve d’amour humaniste.
Mais je ne voulais pas réduire cette idée à sa simple psychologie, et l’envie de la traiter à travers des situations de comédie fut tout de suite naturelle. Filmer l’action seule. Ne suivre que le mouvement des coeurs.


À trois on y va lorgne du côté de la comédie. Le genre est-il assumé ?


C’est probablement la pudeur qui donne des envies de comédie, de péripéties, de tous ces codes tellement plaisants et ludiques derrière lesquels on se cache volontiers. Mais si on est un peu honnête, on se laisse naturellement rattraper par une mélancolie qui ponctue le récit. Filmer quelqu’un qui ment crée toujours une tension. Ou une drôlerie. Ou les deux. Mais mentir à quelqu’un qu’on aime est une telle souffrance, que l’équilibre du film était précisément là.
Ça a été d’ailleurs un des aspects les plus épineux du montage : comment accepter ces moments de gravité qui jaillissaient ? Comment assumer cette sentimentalité sans être lourd ? Le film allait-il accepter les variations de sa propre tonalité ? J’ai voulu conserver comme un repère l’idée que l’amour est peut-être la seule conviction précise qu’il nous reste dans ce monde de plus en plus contradictoire, dans lequel on est en quête incessante d’engagement. Ne plus croire qu’en l’amour. Justement aujourd’hui. D’autant plus.

 

Ce qui existait très peu dans votre film précédent Le Temps de l’aventure semble être cette fois précisément ce qui vous préoccupe : la souffrance et la culpabilité qui découlent de l’infidélité…


C’est en grande partie le sujet du film. Mais avoir un point de vue moral sur l’histoire ne m’intéresse pas. Je me fiche du bien et du mal. Surtout dans un film sur le mensonge amoureux. L’essentiel pour moi est d’accepter des personnages tels qu’ils se comportent. De les aimer tout le temps et malgré tout, de ne jamais les abandonner, ni les juger. Le film emprunte autant au vaudeville d’un côté – les quiproquos et les portes qui claquent – qu’à Marivaux de l’autre, où règne l’ambiguïté de la vérité des sentiments. D’ailleurs, le premier plan du film est une porte qui
s’ouvre. Puis le mensonge est là, tout de suite. J’adore les personnages qui mentent au cinéma, c’est comme si je filmais un acteur qui joue un acteur – comme Emmanuelle Devos dans Le Temps de l’aventure. Cette petite mise en abîme, je la vis comme un hommage aux comédiens et à notre travail ensemble. Avec mon chef opérateur Pascal Lagriffoul, cet aspect théâtral des choses nous a d’autant plus donné envie, en contrepoint, d’emmener la caméra près des personnages, de faire un film physique, de corps et de visages, de « mentir » avec eux.

Faire une avocate du personnage de Mélodie est loin d’être anodin…


Avocat, c’est défendre sans toujours justifier, c’est parfois mentir quand on y est obligé, mais c’est aussi obéir aux valeurs morales de la justice et de la société.

 

À trois on y va - Anaïs Demoustier

 

Des contradictions violentes qui sont à l’image de celles du monde. Un métier qui peut ressembler à celui d’acteur. Un métier où l’on s’exprime avec son corps, avec un texte – su ou improvisé – où l’on détourne sans cesse l’attention de certaines choses pour en souligner d’autres. Comme un geste d’artiste.

 

 

Dans ma position de réalisateur, c’est à elle que je m’identifie de façon la plus immédiate, je me sens très complice de son "trac" d’avocate, écho même de l’émotivité qu’elle surmonte constamment dans son histoire secrète avec Charlotte ou Micha.
Et puis un tribunal ressemble toujours à un théâtre. Du moins, il m’a paru intéressant de le filmer comme cela, un théâtre qui serait parfois même plus théâtral qu’un vrai théâtre, mais où la réalité rattrape tout. Et la justice, c’est aussi l’enjeu de la liberté, c’est la position d’être "jugé". Elle est là comme le miroir immédiat du trio. Car pour Mélodie, Charlotte et Micha, le monde extérieur semble très peu exister. Quand il est évoqué, c’est pour sa violence qui, par contraste, accentue leur innocence.

 

Était-il important pour vous que les personnages de cette histoire soient jeunes ? Vouliez-vous donner au film une résonnance générationnelle ?


Je voulais qu’on sente ces trois personnages à un point de bascule, au bord d’une vie future beaucoup plus mûre, plus dure, plus concrète. L’infidélité et le mensonge, avec des personnages plus âgés, auraient pris un relief bien moins innocent. Mélodie (Anaïs Demoustier) ment tout le temps, mais elle est constamment victime de ce mensonge. Elle est submergée. Elle n’est jamais perverse, seule la situation l’est. C’est elle qui ment le plus puisqu’elle sait le mensonge des autres. En parfaite alter ego du metteur en scène, elle tire les ficelles…

J’espère avant tout cette histoire aussi universelle qu’intemporelle. L’idée était en moi depuis si longtemps que je n’ai pas pensé à l’air du temps. Mais si ce film a des allures générationnelles, c’est une coïncidence qui me plait. Par exemple, l’identité sexuelle est aujourd’hui un sujet très fort, qui porte des enjeux de société importants, mais ça n’est pas du tout mon propos. Mes personnages s’aiment sans se poser d’autres questions. Sans être désignés hétéro, homo ou bi. Les étiquettes viennent souvent des autres. Mais rien que cela, sans aucun doute, représente un sujet en soi.

 

Parlez-nous du choix de vos comédiens…


À trois on y va - Anaïs Demoustier

 

Anaïs Demoustier m’a semblé idéale pour incarner ce vertige amoureux, cette chose si subtile qui marque la frontière entre mensonge et fourberie, sans jamais quitter la profondeur du sentiment, et elle a emmené le personnage bien au-delà de ce que j’espérais. Nous avons, elle et moi, ce point commun d’avoir commencé notre métier très jeune.

 

 

Et l’un comme l’autre, nous en avons parfois marre qu’on nous ramène à notre jeunesse ! Cette connivence – dont nous n’avons d’ailleurs jamais parlé – me touchait beaucoup. C’est comme si Anaïs racontait un bout de moi, malgré elle, et moi, un bout d’elle. Il y a chez elle cette extrême jeunesse du visage et cette maturité inouïe dans le jeu.

 

Or il y a aussi une grande ambivalence chez son personnage : quelque chose d’encore très enfantin, très déstructuré, très paumé dans sa vie sentimentale, et en même temps rempli d’aplomb et de rigueur dans sa vie professionnelle. Le lien avec l’enfance reste mon sujet préféré et il me poursuit film après film.

Et ce film-là doit beaucoup à la hardiesse d’Anaïs.


Félix Moati - À trois on y va

 

Félix Moati aussi s’est imposé d’emblée. Il était très habité par les oscillations de son rôle. Et j’aimais beaucoup l’idée que le garçon de l’histoire soit au fond le plus romantique des trois. Cette totale empathie de Félix pour Micha a été fondamentale pour moi et nous nous sommes beaucoup inspirés l’un l’autre, je crois.

 

 

 

Je n’aime pas beaucoup les castings. Je souffre toujours un peu d’être dans une situation de pouvoir face aux acteurs – je n’aime pas non plus que le rapport s’inverse, d’ailleurs– j’aime quand les choses se passent d’égal à égal. Pour Micha, je n’ai rencontré aucun comédien à part Félix, et globalement très peu de gens pour le reste des
rôles. Le choix des comédiens, c’est tout simplement l’envie de filmer quelqu’un au point de ne plus pouvoir lutter contre. J’aime quand tout à coup, il y a une connexion qui se fait entre nous trois : l’acteur, son personnage et moi.


À trois on y va - Sophie VerbeeckC’est la même chose avec Sophie Verbeeck, dont la présence m’avait frappé dans un court-métrage. Je n’ai pas eu besoin de lui expliquer son personnage, elle le ressentait, le vivait, le connaissait presque mieux que moi. Ça m’est rarement arrivé à ce point. Elle avait quelque chose de si fort de Charlotte, quelque chose de si beau et insondable…

 

 

Sous ses airs, ce personnage est crucial. Sans elle, il n’y aurait pas d’histoire. C’est son opacité qui la déclenche et la nourrit. Elle est le moteur calme de l’inconstance des deux autres. Micha et Mélodie se regardent et se voient parce que leurs regards convergent vers elle, vers son incertitude, parce qu’elle intrigue, parce qu’elle est floue, insaisissable. On ne sait pas si Charlotte est libre parce que sans attache, ou prisonnière d’une mélancolie qui l’empêche de s’attacher.

Le film n’explique d’ailleurs jamais cette tristesse et moi-même, je n’ai pas de réponse. Je m’en fiche un peu. La difficulté d’aimer ne se justifie pas. Mais j’aime l’idée qu’à la fin de l’histoire, Charlotte en sorte modifiée à sa façon. Et que dans la logique du récit, elle soit aussi le moteur du dénouement. L’évidence s’est surtout confirmée quand je les ai vus tous les trois. Félix et Anaïs se connaissaient bien mais n’avaient jamais joué ensemble. La complicité était là, immédiate, avec beaucoup de solidarité, de confiance et de générosité entre tous trois. Et un grand courage aussi, parce qu’il en fallait ! C’était très beau à voir, et vital pour le film.

 

Sources :

http://www.unifrance.org

Mon opinion

 

Après le soporifique "Temps de l'aventure", le réalisateur Jérôme Bonnell continue son exploration des sentiments avec cette fois ci, comme principaux protagonistes, trois jeunes gens, beaux, insouciants et légèrement immatures. Il sera uniquement question d'eux et de leur course aux sentiments.

 

Le début du film offre quelques moments de joyeuse fantaisie. Quand la délicieuse Anaïs Demoustier, par exemple, s'échappe par une fenêtre pour continuer sa fuite sur le haut des murs. Arrivée au bas de la maison ses deux "amoureux", chacun à un étage, lui font signe de la main de partir au plus vite. Un sourire, rien de plus.

 

Le scénario ne prend pas la peine d'approfondir la véritable identité de chacun. L'ensemble du film survole quantité de situations souvent improbables. C'est un peu le point noir du film.

 

Les points forts. La magnifique lumière du Nord de la France. Une bande son agréable. Le charme et la jeunesse des trois principaux acteurs. Sophie Verbeeck et son magnifique regard que je découvre dans ce film. Anaïs Demoustier, parfaite, confirme son beau talent de comédienne. Félix Moati, enfin, crédible et touchant.

 

Félix Moati, Sophie Verbeeck et Anaïs Demoustier

 

Félix Moati, Sophie Verbeeck et Anaïs Demoustier

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