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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 21:30

 

Date de sortie 10 décembre 2014

 

Qu-Allah-benisse-la-France-----Affiche.gif


Réalisé par Abd Al Malik


Avec Marc Zinga, Sabrina Ouazani, Larouci Didi,

Mickaël Nagenraft, Matteo Falkone, Stéphane Fayette-Mikano,

Mireille Perrier

 
Genre Comédie dramatique


Production Française

 

Synopsis

 

Adapté du livre autobiographique de Abd Al Malik, Qu’Allah bénisse la France raconte le parcours de Régis, enfant d'immigrés, noir, surdoué, élevé par sa mère catholique avec ses deux frères, dans une cité de Strasbourg.

 

Entre délinquance, rap et islam, il va découvrir l'amour et trouver sa voie.

 

Qu-Allah-benisse-la-France-.gif

 

Marc Zinga


 

Entretien avec Abd Al Malik. Propos recueillis par Claire Vassé.

 

D’où est venu le désir de porter à l’écran votre livre autobiographique Qu’Allah bénisse la France ! ?

 
Je n’ai pas écrit ce livre pour en faire un film mais en l’écrivant, j’avais conscience de poser un jalon que je pourrais approfondir par la suite, grâce au cinéma. Cet art a une grande capacité d’humanisation, il permet d’aller voir derrière les apparences, de montrer que tous les êtres fonctionnent de la même manière. On fantasme énormément sur le rap, les cultures urbaines, la banlieue, la délinquance, l’islam, et j’ai voulu aller à l’encontre du discours sociologique ou médiatique, qui donne des statistiques mais parle très peu d’humain.


Beaucoup de films sont faits sur les cités mais trop souvent d’un point de vue extérieur. Ils peuvent être beaux mais ils ne nous rendent pas justice à ce que l’on est. Par exemple, ils vont traiter de la thématique de l’islam par le canal de l’intégrisme religieux. L’intégrisme existe mais ne concerne qu’une minorité.

 

Aucun film ne vous a rendu justice ?


Si, La Haine. Pour moi, c’était la première fois qu’un cinéaste voulait vraiment montrer la cité, avec amour mais aussi avec une démarche artistique. Découvrir ce film gamin a été fort pour moi, presque fondateur. Et puis après, j’ai rencontré Mathieu Kassovitz, je suis devenu son ami, on a eu de grandes discussions. Qu-Allah-benisse-la-France---.gifC’est lui qui m’a poussé à être réalisateur. Mais aussi vrai et sincère que je puisse trouver La Haine, ce n’est quand même pas un regard de l’intérieur. Ce phénomène n’est pas propre à la France. Quand on regarde le néo-réalisme italien, c’est pareil. Moi, j’ai voulu casser ce cycle. Sans être revanchard mais avec l’ambition de nous raconter. Quand les italo américains ont découvert Le Parrain ou Mean streets, enfin ils se sont vus. Enfin ils faisaient partie de l’Amérique. Moi aussi, j’ai envie qu’on parle de nous et de nos problématiques sans que ce soit exotique. Mon ambition est de donner à voir, de sortir d’un fantasme malsain sur nous. Qu’on voit en Régis, Mike, ou Samir, la France, avec toutes ses ramifications communautaires. Mes racines sont africaines, certes, mais mes fruits sont français, et européens.

 

J’ai grandi à Strasbourg, la notion d’Europe existe peut-être plus pour moi que pour un Parisien !

 

À quelle époque se passe le film ?


D’une certaine manière, je reprends là où La Haine s’est arrêté. Kassovitz n’abordait pas la problématique religieuse car elle n’était pas encore d’actualité à l’époque. En revanche, elle est très prégnante depuis deux décennies. Mon histoire n’est pas datée précisément. Elle pourrait se passer aussi bien aujourd’hui qu’à la fin des années 90.


Dans votre film, la violence reste essentiellement hors-champ…


J’aurais pu, de manière légitime, faire le film le plus violent qui soit. Mais moi je voulais raconter ce qu’il y a avant cette violence, qui n’est qu’une conséquence. Samir, peut-être qu’il va finir en Syrie, et y mourir. Mais ce qui m’intéresse, c’est ce qui fait qu’il va devenir le type qui va partir en Syrie.

 

Qu-Allah-benisse-la-France--.gif

 

Vous prenez vos distances avec la mythologie de la violence, notamment la fascination véhiculée par Scarface.


Il faut se rendre compte de l’impact qu’a eu Scarface sur nous. J’ai vraiment vu des gens qui se prenaient pour Tony Montana et qui en sont morts. Quand on me demande combien de temps j’ai mis pour faire ce film, je réponds : trente-huit ans ! En trente-huit ans, j’ai eu le temps de me débarrasser de ce genre de mythologies, de ce qui aurait pu empêcher une compréhension directe de la réalité de la cité. C’est comme si j’avais fait une thérapie qui me permet aujourd’hui d’aller au coeur des choses, et d’être dans une démarche artistique. Je ne veux plaire à personne, je ne veux choquer personne, je veux juste être le plus fidèle à moi-même et aux gens que j’aime et avec lesquels j’ai grandi : ma mère, mes frères, mes soeurs, les gens de cité.

 

Le film pose la question de savoir jusqu’où on peut aller dans l’illégalité sans se brûler les ailes…

 
Qu-Allah-benisse-la-France---Abd-Al-Malik.gifMoi j’étais bon élève le jour et délinquant la nuit. Non parce que je souffrais de schizophrénie mais parce que lorsqu’on est dans un groupe, on ne veut pas être ostracisé. Mon personnage se construit avec ce qu’il a autour de lui. Il est élevé seul par sa mère, dans une précarité réelle, un milieu criminogène où la délinquance est un moyen d’exister. En même temps, il a des passions : la littérature, l’écriture, le rap... Et il a l’ambition d’en faire quelque chose. Il a en puissance ce qui va lui permettre de s’en sortir mais ce n’est pas encore effectif,


Quand son copain leur apprend qu’il est rattrapé par sa faute, qu’il va sans doute prendre dix ans de prison, on se dit cette peine aurait pu tomber sur lui…


Oui, j’avais cette envie de filmer quelque chose d’impalpable : la chance. Comment untel va s’en sortir et pas l’autre ? Lui aussi aurait pu prendre cette peine de prison, ou être abattu à la place de Rachid. Il était important de me remettre dans ma peau de l’époque, que le Abd Al Malik d’aujourd’hui disparaisse pour ne pas étouffer le jeune Régis.

 

Lors de la scène d’enterrement de Rachid, vous devancez par écrit l’avenir de beaucoup de jeunes de la cité, essentiellement une mort prématurée.


Je voulais que l’on comprenne que très vite, on a été confronté à la mort. Elle était pour nous une réalité à la fois violente et normale. Violente car ne touchant pas seulement des personnages âgées. Et banale parce que tellement de gens sont morts autour de nous. Des amis, pas des vagues connaissances. Je voulais que cette liste soit comme un monument aux morts, un hommage à ceux qui sont décédés, que ce soit un moment d’arrêt dans le film qui explique en partie pourquoi le personnage est ainsi, pourquoi il a cette sagesse en lui, pourquoi il lit De la brièveté de la vie de Sénèque. D’autres cinéastes fantasment quand ils abordent cette violence. Pour moi, c’est une réalité.


La force de votre livre passait par l’expression d’un cheminement moral et intime… Comment conserver cette intériorité au cinéma ?

 
Grâce aux acteurs. On avait très peu de temps pour le tournage : vingt-huit jours. Mais on a travaillé plus de six mois en amont. On a fait beaucoup de répétitions, de lectures. On allait aussi sur les lieux de tournage pour discuter, se mettre dans l’ambiance. Il fallait qu’ils assimilent le texte, qu’on ne soit plus dans le cinéma mais dans la vraie vie, qu’ils soient totalement dans leurs personnages, qu’ils oublient la caméra. Il n’y avait que le temps et le travail qui pouvait permettre d’atteindre cela. Et évidemment leur talent. Car ils ont un talent incroyable. Et puis il fallait trouver la pierre angulaire sur laquelle je puisse construire cette justesse humaine : celui qui allait jouer mon rôle…

 

 

Comment avez-vous trouvé Marc Zinga ?


Je désespérais de trouver celui qui allait jouer mon rôle quand je suis tombé sur un unitaire pour Canal + sur Bob DenardMarc jouait Mobutu. Il était phénoménal. J’ai voulu en savoir davantage sur lui, je l’ai ensuite vu au théâtre dans Une saison au Congo de Césaire et c’était juste fou : il était mon gars. Marc et moi, ça a été une belle rencontre, on s’est reconnus et entendus tout de suite.


Je voulais créer une tension entre lui qui allait jouer le leader et le reste du groupe. Il n’est donc pas venu tout de suite aux répétitions et je disais aux autres acteurs : "Attention, Marc va arriver, il ne rigole pas, il vient du théâtre, il a une formation classique, c’est un comédien exceptionnel…" Ils étaient impressionnés mais comme ils ont l’esprit de compétition, cela les stimulait aussi.


C’est Marc Zinga lui-même qui chante…

 
Qu'Allah bénisse la France ! - Marc ZingaL’un de mes critères quand je cherchais mon acteur était qu’il fasse de la musique – Marc a un big band. Rien qu’en termes de tempo, au niveau du jeu, c’était important. Quand je filme, parfois je ne regarde même pas : je ferme les yeux et j’écoute la musique de la scène pour savoir si ça fonctionne. La plupart des acteurs du film font de la musique d’ailleurs. Quand on rappe, on doit être "dans le beat", avoir une musicalité.

 

Non seulement il chante bien mais son timbre de voix est extrêmement proche du vôtre…

 
Je ne savais pas que j’allais tomber sur quelqu’un du calibre de Marc ! Il me fait penser aux acteurs de la "Méthode", à Robert De Niro ou Denzel Washington. Sa manière de s’imprégner du rôle, de rentrer dans mon personnage, de me prendre des trucs a été bluffante – il m’a avoué plus tard qu’il avait été sur You Tube pour m’écouter… Le jour où je les ai fait se rencontrer, lui et les gamins, il est arrivé avec son texte, il s’est assis, ils ont commencé à jouer… Comme ils se connaissaient bien, les autres acteurs avaient leur langage. La prise d’après, Marc avait changé ses mots pour utiliser les leurs et il avait intégré leurs tics !


Et l’actrice qui joue votre mère ?


Elle aussi est non professionnelle. J’ai vu un nombre incalculable de femmes et l’ai trouvée in extremis. Ses essais étaient incroyables. Ce personnage a été le plus dur à caster car il est hyper important dans le film. Non seulement il incarne ma mère mais il synthétise mon rapport au féminin. J’ai été élevé par des femmes et du coup, j’ai quelque chose de très féminin en moi.


Et Sabrina Ouazani ?


C’est elle aussi une actrice exceptionnelle. Elle joue avec une facilité déconcertante mais reste humble et totalement à l’écoute. De mon point de vue, elle aussi est une très grande. C’est la vraie Naouale, mon épouse qui a eu l’idée de sa présence dans le film : "C’est elle que je veux pour jouer mon rôle." Je ne connaissais pas Sabrina mais elles deux se connaissaient, Sabrina est fan des chansons de ma femme depuis qu’elle est gamine.

 

Qu-Allah-benisse-la-France---Sabrina-Ouazani.gif

 

Des plans montrant la beauté géométrique de la cité ponctuent le film…

 
La cité, j’en suis sorti mentalement par les livres mais physiquement, c’était mon univers. Et quand on est gamin, on magnifie les choses. Je voulais retrouver cette beauté, filmer les blocs tels que je les voyais à l’époque. Ces plans sont des mini ruptures dans le récit, ils montrent les gens tels qu’ils vivent dans la cité : ils vont faire des courses, se baladent…


Où avez-vous tourné ?

 
Dans ma cité au Neuhof, le quartier de Strasbourg réputé le plus difficile, là où les choses se sont réellement passées, où j’ai vécu vingt-huit ans, de six ans à trente-trois ans et où j’ai encore une partie de ma famille. Et les acteurs, à part Marc Zinga, Sabrina Ouazani et Mireille Perrier, sont pour la plupart des comédiens amateurs de ma cité, c’est-à-dire des gamins que je connais, que j’ai vu grandir. Même les gens qui travaillaient à la cantine ou à la sécurité étaient de la cité. En ayant toujours en tête cette volonté de se réapproprier notre réalité, de parler de nous–mêmes…

 

Et le désir du noir et blanc ? Un hommage à La Haine ?


Qu’Allah bénisse la FranceIl y a de ça, et aussi un hommage au cinéma de Visconti, Rocco et ses frères notamment qui est une grande source d’inspiration. Mais ce n’était pas la raison première. Quand j’écrivais, je voyais déjà le film en noir et blanc.

 

Avec Fabien Coste, qui est aussi mon manager, on a fait La guerre des banlieues n’aura pas lieu et Le Dernier Français, des livres illustrés par des photos, en noir et blanc. On a créé une esthétique que j’avais envie de poursuivre dans ce film. Pendant les six mois de préparation, on prenait des photos sur les lieux, j’avais précisément le film en images dans ma tête.

 

Et le choix de Pierre Aïm le chef opérateur de La Haine justement ?

 
Quand je parlais avec les producteurs, je leur montrais donc ces photos et c’est eux qui ont proposé Pierre Aïm. Ils avaient envie de retravailler avec lui depuis longtemps. C’est donc un concours de circonstances assumé ! Pierrot a tout de suite vu où je voulais en venir. Je lui ai montré les photos, je lui ai parlé aussi de Rocco et ses frères, de La Haine et d’Un monde sans pitié. J’aime l’esprit générationnel du film d’Eric Rochant, l’histoire d’amour compliquée. Le film m’a vraiment touché à sa sortie et je voulais retrouver cette émotion.

 

Et la musique du film ?


Elle est signée par mon frère ainé Bilal – qui fait aussi toutes mes musiques–, par Laurent Garnier et Wallen. Toutes les musiques ont été composées avant que le film soit fait et je tournais certaines scènes en les ayant en tête. Et la monteuse a directement monté sur elles. Les harmoniques ont évolué, voire changé, mais les rythmiques n’ont jamais bougé.


Et le choix des quelques chansons non inédites ?

 
Elles sont là pour symboliser la réussite du personnage, les textes en disent beaucoup sur son cheminement. Que ce soit Soldat de plomb ou Gibraltar, qui nous raconte son voyage vers l’orient pour retrouver sa boussole intérieure.

 

Il y a aussi beaucoup d’humour dans le film…

 
Je ne me suis pas dit que j’allais écrire des scènes pour faire rire, c’est juste que c’est comme ça dans la cité : on raconte une blague, on rigole, et une heure après, le pote avec lequel on rigolait est mort, c’est la vie.


Comment avez-vous vécu le tournage de ce premier film ?


C’était mon premier film mais j’avais déjà réalisé des clips et j’ai l’habitude de travailler en équipe depuis vingt ans. Même si les egos des musiciens sont encore plus particuliers que ceux des acteurs ! On était vraiment contents de travailler ensemble, c’était une aventure merveilleuse.


Ce film est une histoire d’amour dans tous les domaines : avec ma mère, avec Naouale, avec la musique, avec mes frères, avec mes potes, avec l’école, avec la cité et avec la France.

 

Qu-Allah-benisse-la-France--copie-1.gif

 


 

Mon opinion

 

"Ce film est une histoire d’amour dans tous les domaines : avec ma mère, avec Naouale, avec la musique, avec mes frères, avec mes potes, avec l’école, avec la cité et avec la France",  a déclaré le réalisateur.

 

Le très lettré, Abd Al Malik réalise ce premier long-métrage avec une certaine audace. Un coup de pied à l'intolérance qui se repend aujourd'hui.

 

Pour mettre en images son roman éponyme, le réalisateur a misé sur une remarquable photographie en noir et blanc, signée par Pierre Aïm.

 

Toutefois, les dialogues n'arrivent pas à traduire à l'écran la force des mots du roman. La réalisation, souvent incertaine fait penser à celles de certains clips vidéos.

 

L'éclatant sourire de Sabrina Ouazani et quelques passages musicaux réussis ne suffisent pas à captiver de bout en bout.

 

Sans être un chef d'œuvre, je reconnais volontiers le courage et l'humanisme de l'entreprise. L'espoir qui devrait poindre, aussi.

 


 

Sources :

http://medias.unifrance.org

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 20:30

 

Date de sortie 10 décembre 2014

 

Timbuktu---Affiche-1.gif


Réalisé par Abderrahmane Sissako

 

Avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri,

Fatoumata Diawara, Hichem Yacoubi, Kettly Noël

Layla Walet Mohamed, Mehdi AG Mohamed, Salem Dendou

 
Genre Drame


Production Française, Mauritanienne

 

Seul film africain en compétition officielle à Cannes, Timbuktu avait enchanté la critique.

 

À la 5ème édition du festival Voyage(s) Festival International du Film du Film de Pau

Timbuktu a reçu le Prix du public.

 

Césars 2015: Timbuktu, grand vainqueur de la cérémonie.

 

- Meilleur film 

- Meilleure réalisation

- Meilleur scénario original 

- Meilleure musique 

- Meilleure photo 

- Meilleur montage 

- Meilleur son

 

 

Pour l'auteur de ce brûlot contre les jihadistes qui ont sévi au Mali,  

 

"ce qui est choquant, c'est l'indifférence".

 

Timbuktu est d'une actualité brûlante, notamment avec l'enlèvement de ces 276 jeunes Nigérianes par la "secte" "Boka Haram" qui ne croit sans doute pas plus à leur thèse que les envahisseurs de "Timbuktu". Depuis, il y a toutes ces décapitations d'occidentaux, journalistes et autres membres d'ONG. Film d'une très grande force visuelle, dans le récit et l'interprétation, il confirme, au-delà de son message, la continuité d'un cinéma en provenance du continent africain, rare car confronté à de très grandes difficultés financières (supplées en partie par la France), mais d'une inventivité constante, comme le sublime Un Homme qui crie du Tchadien Mahamat Saleh Haroun en 2010.

Propos relevé sur http://culturebox.francetvinfo.fr

 

Synopsis

 

Le film s’ouvre sur sa séquence rêvée : une gazelle terrifiée décampe, enserrée dans un plan minuscule qui la suit comme le ferait le viseur d’un fusil; derrière elle surgit un pick-up garni de miliciens idiots, joyeux, bruyants, brandissant leurs kalachnikovs pour jouer à tuer.

 

Au départ, une gazelle terrifiée décampe, enserrée dans un plan minuscule qui la suit comme le ferait le viseur d’un fusil.  

 

"Ne la tuez pas, fatiguez-la !"

 

Derrière l'animal surgit un pick-up garni de miliciens idiots, joyeux, bruyants, brandissant leurs kalachnikovs pour jouer à tuer.

 

C'est ce qu'ils font aussi avec les hommes et les femmes. Cela passe par le mépris et la destruction des marques culturelles : masques et statuettes servent de cible aux exercices de tir. Cela passe par des interdits en tous sens : ni cigarettes ni jeux ni musique ni même le loisir de s'asseoir devant chez soi; voile, chaussettes et gants noirs pour les femmes, même pour les vendeuses de poisson au marché…


Les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur qui circule le jour et la nuit, propageant des menaces à l’aide d’un mégaphone, et rappelant les "règles" à respecter dans la ville.

 

Face à ces lois autoritaires qui désavouent les libertés de chacun, les habitants de Tombouctou vivent dans la terreur, privés de tout accès à la culture, au savoir...

 

Venus de Lybie, les Djihadistes ne parlent que l'arabe dans ce pays où tamashek et bambara se mêlent avec pour dernier recours le français.

 

Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques. Les femmes sont mariées de force, contre la volonté de leurs parents. Seule, la folle Zabou (Kettly Noël) leur échappe, fière et inatteignable. (les Djihadistes n'ont pas prise sur la folie).


Loin du chaos, de Tombouctou, sur les dunes, Kidane (Ibrahim Ahmed dit Pino) mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima (Toulou Kiki), sa fille Toya (Layla Walet Mohamed) et de Issan (Mehdi AG Mohamed), son petit berger âgé de 12 ans.

 

Timbuktu-.gif


Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos. Cette quiétude sera de courte durée

 

En tuant accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée, Kidane doit faire face à la loi des occupants qui prennent en otage un islam ouvert et tolérant.


Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

 

 

 

 

Note du réalisateur. Abderrahmane Sissako

 

Aguelhok---Mali.gif

 

Le 29 juillet 2012 à Aguelhok, une petite ville au nord du Mali, alors que plus de la moitié du pays est occupée par des hommes dont la plupart sont venus d’ailleurs s’est produit dans l’indifférence quasi totale des médias et du monde un crime innommable.

 

 

Un couple d’une trentaine d’années qui a eu le bonheur de faire deux enfants a été lapidé jusqu’à la mort.


Leur crime : ils n’étaient pas mariés. La scène de leur mise à mort diffusée sur internet par les commanditaires est horrible.


La femme meurt au premier coup de pierre reçu, et l’homme émet un cri rauque, puis un silence. Peu de temps après, ils seront déterrés pour être enterrés plus loin.


Aguelhok n’est ni Damas ni Téhéran. Alors on ne dit rien.

 

Ce que j’écris est insupportable, je le sais. Je ne cherche aucunement à émouvoir pour promettre un film. Et, puisque maintenant je le sais, je dois raconter dans l’espoir qu’aucun enfant ne puisse apprendre plus tard que leurs parents peuvent mourir parce qu’ils s’aiment.

 

Timbuktu.gif

 


Cadreur et Directeur de la photo tunisien,  Sofian El Fani signe pour ce film la photographie.

 

Face à l’humiliation et aux sévices perpétrés par ces extrémistes aux multiples facettes, Timbuktu raconte le combat silencieux et digne de femmes et d’hommes, l’avenir incertain des enfants et la course pour la vie…

 

 

Michel Galy est politologue et sociologue. Chercheur au Centre d’Etudes sur les Conflits, liberté et sécurité (CCLS), il est professeur de géopolitique à l'Institut des relations internationales de Paris (Ileri) et membre du comité de rédaction de la revue "Cultures et Conflits". Coordinateur de l'ouvrage La Guerre au Mali aux éditions La Découverte en 2013, il a accepté de répondre aux questions de

 

Zérodeconduite.net, à propos du film d’Abderrahmane Sissako, Timbuktu.

Propos recuillis par Magali Bourrel surzerodeconduite.net

 

 Dans une interview, Abderrahmane Sissako compare le djihad à une auberge espagnole. Qui sont ces combattants ? D’où viennent-ils et pourquoi ?

Comme le montre le film, c’est en effet une internationale de djihadistes combattants qui a occupé Tombouctou en 2012. Ils venaient aussi bien d’Algérie (les plus nombreux) que d’Afghanistan, du Pakistan ou du Nord du Nigéria. Ce qui les fédère, c’est le désespoir. Tout comme ceux qui s'engagent pour le Hamas à Gaza ou auprès des Frères musulmans en Égypte, ces hommes sont des déshérités, des laissés pour compte. N’ayant plus espoir ni dans l’État ou un quelconque système électif, ni dans le développement à l’occidentale, ils se tournent vers une sorte d’islam mythique et rétrograde, qui offre une compensation symbolique à leur situation. Au passage, il est intéressant de s’arrêter sur le nom du mouvement religieux du Nigéria Boko Haram (groupe sunnite pour la prédication et le djihad) : en arabe, le terme "Boko" signifie livre et "haram" signifie interdit. En somme, "l’éducation occidentale est mauvaise". C’est la raison pour laquelle ils interdisent l’instruction, la lecture, la musique...

Il y a une problématique spécifique au Mali.

Les islamistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui étaient à Tombouctou, ceux du Mouvement pour l’Unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) à Gao ou d’Ansar Dine, ont des positions très différentes par rapport à l’État malien. Mais ils font leur lit de la faillite du développement et du système occidantal qui l'a porté. A Tombouctou comme à Gao, malgré les milliards de francs CFA déversés ces trente dernières années, depuis les "pseudo-indépendances" de 1960, il n’existe toujours pas d’école, de puits, ni même de système de santé. Les insurgés sont dans une situation doublement périphérique : périphérie politique par rapport à Bamako et périphérie sociale puisque ce sont des nomades, souvent Touaregs, qui nourrissent une rancœur contre les négro-africains du sud dans le cas du Mali. Bien au-delà du Mali, dans toute cette zone saharo-sahélienne, ces touaregs ont l’impression d’être les dupes des temps des indépendances. Celles-ci ont transformé les dominants d'hier en subalternes. Les indépendances les ont dépossédés et placés en situation de subalterne par rapport à l’État central. L’occupation de Tombouctou en 2012, et la tentative jusqu’en janvier 2013 de prendre le pouvoir dans la capitale malienne Bamako, constituent une forme de revanche. Leur tentative a échoué à cause de l’opération Serval menée par les militaires Français en janvier 2013.

Dans quelle situation se trouve le Mali aujourd’hui ?

Carte-du-mali.gifLes mouvements indépendantistes proches du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) ne tiennent qu’une ville, Kidal, une petite cité-État touareg où ils sont dominants. Les Touaregs ne possèdent que 10 à 20% du Nord du territoire malien. L’avant-garde militante veut un État, comme les kurdes au Proche-Orient. C’est un peuple sans état. Leurs aspirations vont bien au-delà de Kidal et du Nord-Mali. Ce qu’ils appellent l’Azawad est un territoire presque entièrement désertique situé dans le Nord du Mali, recouvrant des zones saharienne et sahélienne, dont des groupes séparatistes Touaregs qui réclament l'indépendance, qu'ils ont proclamée en 2012, avant d'y renoncer le 14 février 2013. Aucun État n'a reconnu cette revendication et le territoire est encore le plus souvent appelé "Nord du Mali". Les Touaregs veulent un foyer national touareg dans cinq pays, dont la Mauritanie (où le film a été tourné), le Nord du Niger, une partie de la Lybie. C’est leur projet national.

Comment distinguer les indépendantistes Touaregs des djihadistes tels que montrés dans le film ?

Dans le cas de Tombouctou, les djihadistes sont plutôt d’origine étrangère mais dans d’autres zones comme celle de Gao, avec le Mujao et Ansar Dine, des villages entiers sont islamistes. Il ne faut pas voir les islamistes comme un groupe extérieur à la société. À Bamako, on estime qu'ils comptent entre 15 et 20% de sympathisants parmi la population. Ce n’est pas par la seule option militaire que le problème sera résolu. Des réformes en profondeur sont nécessaires. Depuis six mois, des négociations se déroulent d’ailleurs à Alger entre le gouvernement central du président malien Ibrahim Boubacar Keïta et les représentants des groupes touaregs, dont quelques-uns qui sont proches des djihadistes combattants.

Sur quoi portent ces négociations ?

Du côté étatique, il est question d’un désarmement en échange d'une décentralisation poussée. Les indépendantistes touaregs réclament eux une large autonomie, puisque le mot indépendance est tabou pour l’État central, ainsi que pour une myriade d’organisations internationales qui soutiennent ces négociations. Les djihadistes ne se reconnaissent pas dans ces revendications, même si à titre individuel, ils peuvent se retrouver dans certaines factions indépendantistes. Il n’existe pas de bons Touaregs d’un côté et de méchants djihadistes de l’autre. Il y a une interpénétration entre les groupes, des passerelles notamment par les réseaux familiaux.

Quelles sont les conséquences de l’opération militaire française sur le terrain ?

On peut parler d'un demi-succès, ou d'un demi-échec. Il y avait environ 3000 djihadistes combattants. Un tiers peut-être d’entre eux ont été tués. Une autre partie a été emprisonnée. Ceux de la base, la piétaille, ont été rendus à la vie civile, certains se sont peut-être inscrits au MNLA. Le reste des combattants, peut-être un millier, a reflué vers les pays extérieurs. C’est pourquoi la France a été forcée de former une contre-guérilla, l’opération Barkhane, menée au Sahel depuis le mois d’août 2014. Elle s’étend sur les cinq pays de la zone sahélo-saharienne : Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad. Le plus grave dans ce processus est le fait que les accords de défense signés avec les pays de la zone permettent aux forces françaises de nomadiser, comme les islamistes ou les Touaregs, et donc de franchir les frontières sans en demander l’autorisation. La réponse est pertinente d'un point de vue militaire, mais les conséquences politiques sont graves car ce faisant, on affaiblit les États que l’on prétend défendre. Le problème n’est pas traité en profondeur. Dans notre ouvrage La Guerre au Mali, le politologue Bertrand Badie appelle à un traitement social du djihadisme qui s’attaquerait à ses causes.

Qu’en est-il de la population civile au Mali ?

Elle pense exactement l’inverse de ce qu’on pense à Paris. Les Français sont contre les méchants djihadistes que le cinéaste met en scène de manière un peu manichéenne. En France, on soutient les Touaregs, ces hommes en bleu filmés de façon très romantique par Abderrahmane Sissako, qui sont également les alliés habituels de l’armée française… Tandis qu’à Bamako, on diabolise les Touaregs : ce sont les anciens seigneurs, les ennemis traditionnels. Les revendications islamiques semblent certes un peu exagérées, mais cela ne les choque pas autant que nous. Ce contraste entre notre vision et celle de la population malienne se focalise sur la ville de Kidal, qui cristallise le nationalisme malien. À Bamako, l'opinion estime qu'il est anormal que Kidal soit en dehors de la République malienne et soupçonne les Français d'être du côté des Touaregs.

En plus des forces françaises, la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) est également présente au Mali.

L’Union européenne (qui agit un peu comme le cache-nez de la France) a déversé depuis un an un pactole de trois milliards d’euros, destiné à relancer le développement du Mali : cet argent est sensé servir à reconstruire les mausolées détruits de Tombouctou, à faire sortir de terre des routes, des écoles, des dispensaires. Le risque est que cet argent se perde une nouvelle fois dans les sables de la corruption. Le Nord pourrait devenir inaccessible à cause des problèmes de sécurité et les routes, les dispensaires et les écoles ne seront toujours pas construits.

Le conflit au Nord Mali a aussi entraîné un exode massif de la population, des réfugiés qui se retrouvent aujourd’hui par milliers dans des camps, au sein des pays limitrophes.

Nombreux Maliens, au moment de la conquête touareg et ensuite djihadiste, ont été obligés de quitter le pays et se réfugier en Mauritanie. Médecins sans frontière a rédigé un rapport terrible nommé Perdus dans le désert à propos de ces camps qui se trouvent au milieu de nulle part, dans une zone saharienne très dure. Les réfugiés y survivent dans des conditions précaires. Près de 80% de réfugiés sont des Touaregs. Les tenants d’un islam fondamentaliste qui essayaient au Mali, non sans résistance, d’empêcher la danse, la musique, d’instaurer un couvre-feu et d’interdire les relations hors mariage, le font aujourd’hui dans les camps de réfugiés hors du Mali.

Pourquoi les djihadistes qui sont issus eux-mêmes de la misère font vivre la terreur à des populations vivant dans le même dénuement ?

Radio France Internationale a publié sur son site un reportage intéressant sur le sujet. Quand l’armée française, entre janvier et avril 2013, a poursuivi les djihadistes depuis Mopti, Gao, Tombouctou, des documents internes du mouvement islamiste ont été retrouvés. Un des leaders qui passait pour un des plus violents, Abou Zaïd, y écrivait qu'il fallait d'abord obtenir la sympathie de la population, conquérir "les cœurs et les esprits", comme le disaient les Américains en Afghanistan, pour pouvoir ensuite imposer progressivement la charia. Pour obtenir la sympathie de la population, les djihadistes ont par exemple fait baisser le prix des aliments de base (tout simplement parce qu’il y avait plus de douane), ils ont salarié les jeunes au chômage… Mais d’autres leaders n’étaient pas d’accord, ils voulaient imposer une charia très violente.

Les djihadistes cherchaient à ébranler l’opinion internationale en détruisant le patrimoine culturel de Tombouctou.

Les saints, les tombeaux, il y en a un peu partout, au Maroc, au Sénégal, mais la ville de Tombouctou est un symbole : c’est une capitale culturelle, elle a constitué pendant des siècles un carrefour entre le Maghreb et l'Afrique noire. Dans le contexte culturel occidental la destruction des mausolées et des manuscrits est un geste très choquant, qui rappelle la destruction des Bouddhas de Bâmiyân par les talibans afghans en mars 2001. Mais pour comprendre, il faut se resituer dans un contexte musulman, et faire un parallèle avec l'iconoclasme chrétien, byzantin ou protestant. Les idoles ou les saints sont des faux symboles, il faut les détruire pour revenir à une relation directe entre Dieu et les fidèles. La destruction des mausolées, est un peu comme, toute proportion gardée, la lutte contre le paganisme en occident. Pour les islamistes, il s’agit de rétablir un islam orthodoxe contre le culte des saints. Chacun sait qu’en Occident, l'Église a lutté contre le culte des saints, ressenti comme une résurgence du paganisme gréco-romain. Autant pour nous et pour un certain nombre de Maliens (attachés à leurs saints, qui servent d’intermédiaires entre Dieu et les hommes), c’est choquant, autant pour ceux qui ont une vision plus fondamentaliste de l’islam, c’est une démarche qui est vue avec bienveillance. C'est très différent des lapidations, comme celle à laquelle on assiste dans le film et le retour à une charia sanglante.

La lapidation à mort de ce couple ayant eu des enfants hors mariage à Aguelhok en 2012 a été le déclencheur de l’écriture du film Timbuktu. Leurs bourreaux avaient filmé la scène et l’avait diffusé sur internet. La propagande et les mises en scène des djihadistes sont stupéfiantes.

Elles sont moins accentuées que pour l’État islamique DAESH en ce moment, qui en fait une utilisation sidérante. Ils possèdent même une unité axée sur la propagande, sur les réseaux sociaux où ils montent des films ultra violents de décapitations.

 

 

Timbuktu-copie-1

 

 

Mon opinion

 

Ce dernier long-métrage d'Abderrahmane Sissako est à la fois surprenant, envoûtant, intéressant sur bien des points, aussi.

 

Le scénario ne s'attarde pas lourdement sur le côté monstrueux et douloureux de la situation, mais offre aux spectateurs, un voyage entre l'horreur vécue par les populations civiles maliennes et les beautés de la Mauritanie où le film a été tourné. De la première à la dernière image la photographie de Sofian El Fani est remarquable.

 

La triste réalité de cette population prise en otage par des islamistes, est filmée avec subtilité et pudeur. Y compris dans les scènes les plus atroces. Les femmes font preuve d'un courage sans faille et restent d'une incroyable dignité et d'une clairvoyance éclairée. Les jeunes, quant à eux, tentent de vivre malgré les interdits. Une partie de football sans ballon. Cette séquence est à la fois d'une pure beauté, d'une grande tristesse, aussi.

 

Les extrémistes religieux virent vite au ridicule.  Les premières images, d'une prétendue "chasse" sont en cela très fortes. Sans se comprendre entre eux, ils prononcent leurs odieuses sentences via des traducteurs tout en multipliant les interdits.

 

Si les dernières images du film laissent un peu perplexe, il n'en reste pas mois que ce film courageux devrait marquer les mémoires.

 

 

Sources :

http://www.lesinrocks.com

http://www.africultures.com

http://www.unifrance.org

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 20:00

 

Un clic sur l'affiche pour lire l'article de chacun des films ci-dessous !

 

Le Maître absolu du Mélo flamboyant !

 

  Douglas Sirk.

 

Taza, Son of Cochise - Affiche.Le secret magnifique - Affiche.Tout ce que le ciel permet - Affiche.Written on the wind - Affiche

.Les Amants de Salzbourg - Affiche 3.La Ronde de l'aube - Affiche-copie-1.Le temps d'aimer et le temps de mourir - Affiche-copie-2.mirage-de-la-vie-affiche 145402 10449

 

 

 

 

Entre 1930 et 1950

 

 

Grand-Hotel.gif.Quai-des-brumes---Affiche.jpg.Gone with the Wind-copie-1.Mr. Smith au sénat - Affiche.La Valse dans l'ombre - Affiche-copie-1.Casablanca - Affiche-copie-1.le-ciel-peut-attendre-affiche 7748 8706.Le roman de Mildred Pierce - Affiche 1.Ambre-.jpg.1279629845_19466890_jpg-r_160_214-b_1_cfd7e1-.jpg.In-a-Lonely-Place-Poster.jpg.C'étaient des hommes - Affiche.Une place au soleil - Affiche 1Casque d'or - Affiche.

 

 

 

Entre 1951 et 1960

 

 

Spécial Bette Davis entre 1951 et 1962

 

.Eve - Affiche.Milliardaire-pour-un-jour---Affiche.jpg.Qu'est-il arrivé à Baby Jane - Affiche.

 

 

 

Tant-qu-il-y-aura-des-hommes---Affiche.jpg.Un si doux visage - Affiche.La Colline de l'adieu - Affiche 1.Stella - Affiche 2.La nuit du chasseur-copie-1.Le grand chantage - Affiche.1é hommes en colère - Affiche.Comme un torrent - Affiche.Tirez sur le pianiste-copie-5.Les désaxés - Affiche.

 

Entre 1961 et 1970

 

 

Breakfast at Tiffany's.Le Procès - Affiche.Du silence et des ombres - Affiche.1301846406_affiche_5.jpg.Le Mépris 0.Le Docteur Jivago - Affiche.Affiche.The-Cincinatti-Kid.jpg.The Swimmer - Affiche 2.

 

..Who's Afraid of Virginia Woolf - Affiche ............. Deux grands films de Mike Nichols............Le Lauréat - Affiche.

 

.Reflets-dans-un-oeil-d-or---Affiche-2.jpg.Macadam Cowboy - Affiche 2.Love - Affiche.Le Clan des irréductibles - Affiche 1.

 

Entre 1971 et 1980

 

 

 .Délivrance - Affiche.Affiche 1.La nuit américaine - Affiche.Gatsby le Magnifique - Affiche.Parfum de femme - Affiche.The Way we were - Affiche 1.Taxi Driver - Affiche.Vol au-dessus d'un nid de coucou Affiche 2. Le dernier métro - Affiche 1

 

Entre 1981 et 1990

 

 

Hotel des Amériques - Affiche.Affiche.Le bon plaisir - Affiche.Affiche La valse des pantins.Le sixième jour - Affiche.Le festin de Babette - Affiche.L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux - Affche 2

 

Entre 1991 et 2000

 

 

L-egendes-d-Automne-Affiche-.jpg.Indochine - Affiche.Les Evadés - Affiches.La haine - Affiche.Il faut sauver le Soldat ryan - Affiche.L'éternité est un jour - Affiche.Les Enfants du marais - Affiche

 

  Entre 2001 et 2009

 

 

.Monster's Ball.Loin du Paradis.Son frère - Affiche.L'équipier - Affiche.21-Grammes---Affiche-1.jpg.Mar Adentro - Affiche.Tu marcheras sur l'eau - Affiche .Une femme Coréenne - Affiche.Volver - Affiche.Danse avec lui - Affiche.Après lui - Affiche.19020071.jpg.The Reader - Affiche 1.Welcome - Affiche   

 

. .

7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 21:00


Date de sortie 3 décembre 2014

 

La-French---Affiche.gif


Réalisé par Cédric Jimenez


Avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche,

Céline Sallette, Mélanie Doutey, Benoît Magimel, Bruno Todeschini,

Guillaume Gouix, Cyril Lecomte, Gérard Meylan, Moussa Maaskri


Genre Drame


Poduction Française

 

La French relate la confrontation entre le juge Michel et Gaëtan Zampa, figure majeure du banditisme à la marseillaise, à l’origine de trafics en tout genre. Également connu sous les pseudonymes "Tany" et "Don Gaetano", Zampa bâtit un véritable empire du crime dans le sud de la France.

 

Proxénétisme, racket, braquages, trafic de drogues à l’échelle internationale... le Parrain sévissait sur tous les fronts.

 

Un jeune magistrat répondant au nom de Pierre Michel fut donc dépêché dans la cité phocéenne en 1975, afin de mettre un frein à ses actes criminels.

 

Quelques années et de nombreuses interpellations plus tard, ce dernier fut brutalement assassiné le 21 octobre 1981 en pleine rue et à bout portant. Le drame fait scandale, c'est la première fois que la mafia s'attaque aussi ouvertement à la justice française.

 

Tany Zappa fut quant à lui écroué en 1983, et mourut le 16 Août 1984 après une tentative de suicide.

 

Cédric Jimenez a grandi à Marseille où son père tenait un restaurant à côté du bar du frère de Gaétan Zampa. Le réalisateur se trouvait dans cette ville lorsque la nouvelle de l’assassinat du Juge Michel fut annoncée. Marqué par cette histoire, il a toujours gardé en lui l’envie de la raconter.

 

C’est le deuxième long-métrage de fiction du réalisateur Cédric Jimenez, après Aux yeux de tous. Il a également réalisé un documentaire : Who's the Boss : Boss of Scandalz Strategyz.

 

Le réalisateur a cosigné le scénario avec, la journaliste et scénariste Audrey Diwan

 

 

 

"Le juge est un héros, un homme exceptionnel qui a fait passer l’intérêt collectif avant son intérêt personnel, ce qui est rare dans le monde dans lequel on vit." déclare le réalisateur.

 

Le film est librement inspiré de faits réels. La petite phrase sonne comme un avertissement : La French est une fiction. Fiction qui puise sa force vénéneuse dans le passé de Marseille alors pièce maîtresse du grand puzzle mondial du trafic de drogue. Pour symboliser deux mondes, celui qui lutte contre "ce fléau qui sème la mort" , ce que dit Gaston Defferre dans le film, et celui qui a bâti son empire sur les stupéfiants, la nuit.

 

Cédric Jimenez s'est donc librement inspiré de leur vie réelle. Il a combiné la part de vérité et une bonne dose de fiction dans une belle histoire qui raconte une ville tenue par la pègre, la fin sanglante d'un homme déterminé et la folie meurtrière d'un clan qui ne veut pas voir un monde lui échapper.

 

Jean-Dujardin---La-French-copie-1.gif.Gilles-Lellouche---La-French.gif.

 

Synopsis

 

Marseille. 1975.

 

Pierre Michel (Jean Dujardin), jeune magistrat, venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme.

 

Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel part seul en croisade contre Gaëtan Zampa (Gilles Lellouche), figure emblématique du milieu et parrain intouchable.

 

Mais il va rapidement comprendre que, pour obtenir des résultats, il doit changer ses méthodes.

 

La-French---Cedric-Jimenez-et-Jean-Dujardin.gif

 

 Cédric Jimenez et Jean Dujardin

 


 

Extraits d'interview de Thierry Chèze pour lexpress.fr

 

Pourquoi avoir voulu raconter aujourd'hui cette histoire qui remonte aux années 70 ?


D'abord parce que, depuis l'enfance, je suis fasciné par la figure du juge Michel. Un homme de courage et de convictions que rien ne pouvait arrêter dès lors qu'il pensait qu'une cause était juste. Ensuite, parce qu'en tant que Marseillais, j'avais envie de rendre hommage à cette ville...

 

De quelle façon ?

 
La-French---Cedric-Jimenez.gif

 

Marseille fait partie de moi , de la même façon qu'elle constitue Robert Guédiguian.

Dans ses films, il n'explique pas ce qu'est L'Estaque : il est L'Estaque ! Quand il pose sa caméra, il voit d'emblée ce qui ressemble à ce qu'il connaît.

 


Et j'ai fonctionné ainsi : à l'instinct. En cherchant à montrer une ville cosmopolite aussi ensoleillée et chaleureuse que rugueuse et impénétrable habitée par des personnages hauts en couleur qui manient un verbe singulier. 

 

Et en réunissant beaucoup de seconds rôles du cru...

 
J'ai écrit La French en pensant notamment à Cyril Lecomte et à Gérard Meylan. Il était impossible pour moi de réaliser ce film sans ces deux acteurs marseillais chez qui je voulais voir ce qu'on leur demande bien souvent de gommer : leur authenticité, à commencer par leur accent. Ça permet de créer des reliefs et de dynamiser les échanges avec Gilles Lellouche et Jean Dujardin, qui en bénéficient par ricochet.

 

 

Est-ce leur complicité amicale dans la vie qui vous a poussé à choisir Jean Dujardin et Gilles Lellouche ?

 
Au contraire, elle a plutôt constitué un frein car je craignais qu'on assimile ce choix à un simple "coup" de ma part. Mais pour incarner deux personnalités aussi charismatiques, aux physiques avenants, il fallait des comédiens dégageant spontanément une telle aura, possédant cette capacité à faire rire et pleurer et paraître à la fois légers et tourmentés. Or je ne vois pas qui, à part Jean et Gilles, rentre dans cette catégorie des Ventura ou Belmondo d'aujourd'hui.

Avez-vous revu des films de cette époque avant le tournage ?


Ce cinéma des années 70 -Friedkin, Scorsese, Verneuil, Lautner, Coppola...- est le premier que j'ai aimé à l'âge de 12 ans. Ces films vivent en moi de manière inconsciente. Ceux que j'ai regardés n'ont rien à voir avec La French sur le papier : 21 grammes, The Wrestler ou Démineurs. J'ai voulu m'inspirer de la manière dont ces cinéastes ont su créer une intimité puissante à l'écran en utilisant une caméra à l'épaule. L'image est brute et inscrite dans le réel. Je voulais que La French soit un film organique.

 

Un film en équilibre aussi, dont la réussite tient dans cette capacité à créer la même empathie pour Zampa que pour Michel. Comment l'avez-vous créée ?


J'avais envie d'une tragédie plus que d'un polar. Or la tragédie naît de l'antagonisme. Avec Zampa et Michel, j'avais la base : deux personnages forts et opposés. Le travail a consisté à créer de l'ambivalence autour d'eux. À dépasser leurs fonctions respectives de juge et de voyou pour raconter leur intimité. Montrer, chez Michel, les tourments tumultueux qui le dévorent. Et, chez Zampa, le père de famille à l'hygiène de vie incroyable qui met sa femme sur un piédestal.

 

Mélanie Doutey Melanie-Doutey---La-French.jpg

 

La French n'est donc pas qu'un "film de garçons" à vos yeux...

 
Absolument pas. Il était essentiel pour moi de montrer la place centrale que leurs épouses occupaient dans leurs vies à tous les deux. Elles ne participent pas directement à l'action du film, mais à ce que sont intimement Gaëtan Zampa et le juge Michel. Leur influence indirecte est donc immense. Elles permettent de ne pas résumer ces deux hommes à une seule couleur: noir ou blanc.

 

Celine-Sallette---La-French.jpg Céline Sallette
 

Quitte à prendre allègrement des libertés avec la réalité...


Dans une fiction, on adapte forcément la réalité. Michel et Zampa ne se sont jamais rencontrés, par exemple. Mais l'absence de cette scène aurait été, à mes yeux, décevante pour le spectateur. Elle aurait même gêné la construction de cette empathie que je recherchais. Donc, oui, j'ai pris des libertés et je les revendique. Mais sans jamais trahir les intentions de ces deux personnages.

 

 

Un grand coup de gueule de Gérard Chargé, directeur de Ciné Zoom.

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Si nombre de cinéphiles semblent l'avoir apprécié, la veuve et les deux filles du juge Pierre Michel ont, elles, bien peu goûté ce film.

Dans un communiqué de presse, elles expliquent qu'elles n'ont "jamais validé le scénario après trois petites corrections sur la vie privée", contrairement aux affirmations du producteur du long-métrage, Ilan Goldman.

"De nombreuses observations sur ce scénario ont été faites à la production de ce film, mais seules quelques-unes ont été prises en compte. La référence à un lourd passé de joueur du juge Michel, totalement inventée, et qui devient l'un des ressorts explicatifs de son acharnement professionnel dans ce film, était absent du scénario présenté à la famille", donnent-elles notamment comme exemple. La famille Michel, enfin, souligne qu'elle "ne considère pas ce film comme un hommage" au juge. C'est dit.

 

Extrait d'un article de Romain Capdepon relevés sur.laprovence.com

 

Jean-Dujardin---La-French.gif

 

Jean Dujardin

 


 

Mon opinion

 

 

La réalisation efficace et nerveuse, le scénario parfaitement construit et librement inspiré de faits réels, sont les deux premiers points forts du film.

 

Des images télévisées, et des discours politiques de l'époque, trouvent un étrange écho dans les mêmes promesses qui restent d'actualité aujourd'hui.

 

Dès le début de l'écriture Cédric Jimenez  pensait à Cyril Lecomte et Gérard Meylan, pour "leur authenticité, à commencer par leur accent". L'idée est excellente et permet de saluer ces deux grands acteurs. Le réalisateur affirme aussi avoir voulu montrer la place importante et l'influence qu'occupaient les épouses des deux principaux protagonistes. Céline Sallette, est toujours juste et parfaite. Le scénario ne gâte pas autant la belle Mélanie Doutey. Dommage. Benoît Magimel, Bruno Todeschini, Guillaume Gouix également au casting ne déméritent pas.

 

Gilles Lellouche, dans le rôle de ce mafieux monstrueux, à la fois avide au gain et amoureux fou, s'en tire bien sans toutefois donner de relief particulier à son personnage. Jean Dujardin, dans le rôle de ce juge, visiblement non dénué d'humour, peine à rendre son personnage attachant, à l'exception de quelques scènes plus intimes.


Sources :

http://www.lexpress.fr

http://www.laprovence.com

http://www.canalplus.fr

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 21:00

 

 

   
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Trillers, Policiers, Guerre, Espionnage ...

 

 

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 Assurance sur la mort - Affiche.Laura - Affiche 1.Crime Passionnel - Affiche 1.Whirlpool - Affiche-copie-1.

 

 

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Serpico Affiche.Marathon Man - Affiche-copie-1.Les Hommes du Président - Affiche.A cause d'un assassinat -Affiche 1.L'Asassin - Affiche 

 

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 %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

 

Comédies et Romances ...

 

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Comédies avec Marilyn Monroe

 

Sept ans de réflexion - Affiche 1. Affiche

 


Des souvenirs avec Katharine Hepburn !

 

.Sylvia Scarlett - Affiche 2.Holiday - Affiche 2.L'impossible Mr Bébé - Affiche 2.The Philadelphia Story - Affiche 2.

 
Katharine Hepburn et Spencer Tracy, un couple de légende !
 

69198484_af.jpg 19704314-r 160 214-b 1 CFD7E1-f jpg-q x-20110329 031213.L'enjeu - Affiche 1.

   

  Fantastiques et Science fiction ...

 

Affiche.18964540.jpg.La Mouche - Affiche.Ghost - Affiche.L'Agence Affiche.Sixième Sens - Affiche.Les Autres "The Others".Le ciel peut attendre - Warren Beatty.La ligne verte - Affiche.La vie est belle - Affiche.

<Aventures et Westerns ...
 

Affiche 1.The Mosquito Coast Affiche.La ville abandonnée - Affiche.Nevada Smith.tn-les-chemins-de-la-liberte-18387-42256218.Horizons West - Affiche.Le-pont-de-la-riviere-Kwai---Affiche-1.jpg.Lawrence d'Arabie - Affiche.Le-Train - Affiche 2.Rivière sans retour - Affiche 1.La-poursuite-infernale---Affiche-copie-1.jpg.La Massacre de Fort Apache - Affiche 1.La charge héroïque - Affiche.Rio Grande - Affiche 1.L'étoile du destin - Affiche 1.Le train sifflera trois fois - Affiche 1.Easy-Rider---Affiche-1.gif.La Chevauchée des bannis - Affiche.Jeremiah Johnson - Affiche-copie-1.

 

 

 

Films d'animation
 

 

Persepolis - Affiche-copie-1.Valse avec Bachir - Affiche 1.

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