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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 22:59

 

Pour découvrir les articles concernant les films

 

des réalisateurs iraniens mentionnés ci-dessous ...

 

Cliquez sur l'affiche correspondante !

Asghar Farhadi

 

Les Enfants de Belle Ville - Affiche1309431654_la-fete-du-feu.jpg19769041.jpg19723476.jpg

 

 

 

Le PasséLe Client - Réalisé par Asghar Farhadi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Master class d’Asghar Farhadi par Forumdesimages

 

Mohammad Rasoulof

 

.Mohammad Rasoulof.

Jafar Panahi

 

..Ceci n'est pas un film.Le Miroir.Taxi Téhéran

Rafi Pitts

 

..19631082.jpg.

Shirin Neshat

 

...Women without men

Reza Serkanian

 

Noces Éphémères

Ali Samadi Ahadi

 

Le Printemps de Téhéran - Affiche

Maryam Keshavarz

 

En secret - Affiche

Massoud Bakhshi

 

Une Famille Respectable "Yek Khanévadéh-e Mohtaram"

 

 

Negar Azarbayjani

 

 

Une femme iranienne

Ida Panahandeh

 

 

 

Nahid

Published by Alain - dans Cinéma Iranien
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 16:32


Date de sortie 13 mai 2015

 

Une femme iranienne


Réalisé par Negar Azarbayjani


Avec Ghazal Shakeri, Shayesteh Irani, Homayoun Ershadi,

Nima Shahrokh Shahi, Saber Abbar

 

Titre original Aynehaye Rooberoo

Facing Mirrors pour les pays Anglos-Saxons.


Genre Drame


Production Iranienne

 

Il faudrait un jour se demander le pourquoi de l'étroite relation entre les cinéastes iraniens et les véhicules automobiles !

 

Après Abbas Kiarostami avec Le Goût de la cerise, ou encore Ten, Morteza Farshbaf et Querelles réalisé en 2011, et plus récemment Jafar Panahi avec Taxi Téhéran… la réalisatrice Negar Azarbayjani utilise encore une fois l'habitacle d'une voiture comme endroit de confidences, de liberté de parole, de confessions…

 

Le postulat de départ du film est d'évoquer la condition féminine en Iran à travers la relation d'amitié entre Rana et Adineh. Comme le déclare la réalisatrice Negar Azarbayjani,

 

"Une Femme Iranienne raconte l'histoire de deux femmes différentes : la première, issue d'une famille très moderne, est transgenre et souhaite devenir un homme, la seconde est chauffeur de taxi. L'essence même du film est centré sur cette relation d'amitié que développent ces deux personnes aux parcours peu communs."

 

Une Femme Iranienne - Ghazal Shakeri Ghazal Shakeri

 

Synopsis

 

Téhéran aujourd'hui.

 

Rana (Ghazal Shakeri), épouse et mère d'un enfant en bas-âge, conduit donc un taxi mais clandestin, pour faire bouillir la marmite, et ce n'est pas facile tous les jours. Son mari, Sadegh (Saber Abbar) est en effet incarcéré pour malversation financière, associé malencontreux d'hommes d'affaires véreux, et Rana est obligée de travailler doublement, en plus de son métier de couturière, pour payer les dettes de son époux et le sortir de prison.

 

Mais la femme, dans le société iranienne contemporaine, est assignée à certains métiers, ses gestes sont constamment surveillés, ses libertés restreintes. La famille, les voisins et la police veillent, constituant autant de carcans dont il est impossible de s'extraire, et rappellent constamment au respect des traditions et des bonnes mœurs. À travers sa belle-mère pleurnicharde  qui commente et juge ses moindres faits et gestes, son voisin un peu trop curieux qui a vite fait de propager ragots et rumeurs, et la police qui vient sans cesse lui rappeler qu'une femme au volant ce n'est pas si "normal", c'est tout le poids d'une société patriarcale et conservatrice que Rana porte sur ses épaules.

 

C'est donc au cours d'une de ses courses que déboule comme une trombe dans son taxi Adineh Tolooyi (Shayesteh Irani), bonnet enfoncé jusqu'aux oreilles, belle et mystérieuse, et visiblement poursuivie.

 

Elle fuit quelque chose ou quelqu'un, on apprendra par la suite que son père (Homayoun Ershadi) veut la marier de force à un cousin pour en faire une fille honorable… Elle reste en attente d’un passeport pour quitter le pays et ainsi échapper à un mariage forcé.

 

Alors que son frère Emad (Nima Shahrokh Shahi) semble plus compréhensif, son père, très dur, est sans pitié. Adineh épousera demain l'homme qu'il a choisi, un point c'est tout.

 

Adineh propose à Rana 1 million de tomans pour que celle-ci l'emmène à Kojoor, au nord de l'Iran.

 

Les deux femmes vont s’aider mutuellement, mais Rana ignore qu’Adineh cache un lourd secret…

 

Shayesteh Irani Une Femme Iranienne - Shayesteh Irani

Sources

www.cinemas-utopia.org

Malgré le fait que le pays soit sous le coup d'un régime totalitaire, l'Iran autorise paradoxalement le droit aux personnes désireuses de changer d'identité sexuelle à se faire opérer. L'État va même jusqu'à financer la moitié de l'opération au nom de la fatwa proclamée par l'Ayatollah Komeiny, favorable à cette idée de changement de sexe, qui fut mise en place au lendemain de la révolution islamique de 1979. Bien qu'il s'agisse donc d'une pratique passée depuis longtemps dans les moeurs, Une Femme Iranienne est le premier film fait en Iran abordant frontalement le parcours d'une personne transgenre.

 

Une femme iranienne

 

Ghazal Shakeri et Shayesteh Irani

Enretien entre la réalisatrice Negar Azarbayjani et la productrice Fereshteh Taerpoor, qui ont co-écrit le scénario.

Publié par Maëlle Le Corre pour yagg.com. Mai 2015

 

Comment avez-vous eu l’idée d’écrire cette histoire, celle de la rencontre entre Rana, une femme contrainte de faire le taxi pour rembourser la dette de son mari emprisonné, et d’Eddie, un jeune homme trans’ qui cherche à fuir sa famille pour partir à l’étranger ?


Fereshteh Taerpoor : Parfois, on part du sujet pour aller vers l’histoire, mais parfois c’est l’histoire qui nous amène au sujet. Au départ, ce n’était pas notre but de faire un film sur les personnes trans’. Negar était venue me voir pour un autre projet et pendant une de nos discussions, elle m’a raconté cette histoire de quand elle était jeune adulte: elle avait vu une femme trans’ dans son quartier et avait découvert à quel point c’était difficile d’être trans’, que ce soit avant ou après son opération. De mon côté, j’avais depuis quelques années en tête cette histoire d’une femme dont le mari est en prison et qui prend des passagers dans une vieille voiture, qui fait le taxi de façon informelle. Elle rencontre différentes sortes de passagers, et l’un d’eux la fait se remettre en question. Quand Negar m’a parlé de son histoire et de ce souvenir, je lui ai dit que nous pouvions mixer ces deux histoires ensemble et l’idée du passager a surgi.

 

Comment avez-vous choisi Ghazal Shakeri et Shayesteh Irani, les deux actrices, pour incarner Rana et Eddie ?


Negar Azarbayjani : Nous sommes passées par des chemins différents pour trouver l’une et l’autre. Ce n’était pas facile au départ, car nous étions très sensibles à ces deux personnages, nous voulions absolument la meilleure actrice pour jouer un homme "trans", mais nous ne voulions pas quelqu’un qui avait un visage connu, ce qui rendait les choses plus difficiles. Pour Eddie, nous venions de commencer à écrire et j’ai parlé de ce projet de film à mon frère qui est aussi réalisateur. Il m’a dit qu’il connaissait une très bonne actrice pour ce rôle, qui faisait en l’occurrence plutôt du théâtre, mais qui avait quelques expériences devant la caméra.

 

Une Femme Iranienne - Shayesteh IraniC’était Shayesteh Irani. J’ai mis l’idée de côté et au moment du casting, cela m’est revenue et j’ai voulu voir des photos d’elle. Elle ne ressemblait pas à la façon dont on la voit dans le film et je ne voyais vraiment pas Eddie sur son visage. Nous avons vu d’autres actrices, mais aucune ne collait alors finalement, nous l’avons rencontrée et nous avons vu qu’elle pouvait être Adineh, qu’elle pouvait être Eddie.

 

 

Elle avait le physique qui correspondait, le bon corps, la bonne voix, et c’est une actrice très talentueuse.

 

 

Une femme iranienne - Ghazal ShakeriPour le personnage de Rana, Ghazal Shakeri a rejoint l’équipe en tant que costumière, car c’est son métier, même si elle a déjà joué au cinéma. Elle m’aidait à trouver des lieux de tournage. Nous étions à la prison et on nous a demandé de porter le tchador. Elle l’a mis et là, j’ai vu Rana. À ce moment-là, j’ai su que c’était elle, c’était exactement comme ça que j’avais imaginé Rana. Je lui ai dit que je la voyais dans ce rôle.

 

Au départ, elle n’était pas sûre car faire les costumes allaient lui prendre beaucoup de temps. Finalement elle a accepté, et elle a fait un excellent travail des deux côtés.

Est-ce difficile d’aborder le thème de la transidentité en Iran ?


Fereshteh Taerpoor : Beaucoup de personnes trans’ viennent des pays arabes pour avoir accès à une opération en Iran, qui leur permet aussi d’obtenir des papiers d’identité, un passeport. C’est quelque chose que l’on ne voit pas ailleurs. Je suis sûre que c’est très surprenant pour des pays comme la France, de voir que l’Iran autorise cela. Pourtant, c’était un risque de faire ce film. C’était la première fois que l’on faisait un film sur une personne trans’ en Iran. Alors nous avons travaillé sur le scénario et nous avons essayé de penser à toutes les observations, les questions et les réponses que pourrait générer le film, plus particulièrement venant du gouvernement qui donne l’autorisation de faire le film. On ne peut pas faire de film sans avoir l’autorisation du ministère de la Culture, c’est possible pour les films underground, mais pour les grosses productions, il faut l’autorisation. C’est indispensable pour filmer dans la rue, dans les lieux publics. Quand nous avons envoyé le scénario au ministère, je n’y croyais pas trop, alors je leur ai donné une garantie pour nous laisser faire le film: si une fois fait, ils pensaient qu’il était dangereux de le diffuser, alors il ne le serait pas. Avec cette garantie, j’ai eu l’autorisation. Mais le personnage de Rana nous a aussi beaucoup aidé.

 

Pourquoi cela ?


Fereshteh Taerpoor : Grâce à son personnage plus religieux, on pouvait imaginer les questions et les objections, et donc les inclure aux dialogues de son personnage. Normalement, quand on met un personnage positif et un négatif, ça rend les choses plus faciles. Mais nous ne voulions pas faire de Rana un personne positif et Eddie un personnage négatif, ni le contraire. Nous ne voulions pas faire de propagande sur les trans’ et nous ne voulions pas propager de propos haineux. Voilà pourquoi le scénario a mis tant de temps à se faire: nous avons deux personnages normaux et réalistes, que le film ne juge pas.

Quelles conséquences a eu la diffusion du film ?


Fereshteh Taerpoor : Avant de faire ce film, j’étais loin d’imaginer à quel point c’est difficile d’être trans’. Plein de belles choses sont arrivées quand nous l’avons montré, nous avons eu de très bons retours du public. Beaucoup de jeunes trans’ sont venu(e)s nous voir pour nous dire que c’était la première fois qu’ils/elles pouvaient dire ouvertement qu’ils/elles étaient trans’. Ils/elles ont demandé à leurs ami(e)s de venir voir le film pour mieux les comprendre. Des gens ont changé d’avis en voyant le film. Dans beaucoup de pays, en particulier des pays islamiques, cela peut être utile de montrer ce film. En Iran, il y a eu quelques projections, mais aussi des débats et de très bonnes critiques du film. Même dans la très religieuse ville de Qom, il y a eu des projections.

 

La fin du film est assez surprenante car positive d’une certaine manière. Pourquoi ce choix, alors que l’histoire aurait pu se terminer de façon très tragique?


Fereshteh Taerpoor : Je n’aime pas les fins tristes.


Negar Azarbayjani : En écrivant le scénario, nous pensions que ce serait bien qu’on ne sache pas comment ça se termine. Nous voulions de l’espoir. Nous aurions pu laisser les personnages malheureux, mais ce n’était pas notre but. Nous voulions que le public comprenne que si on cherche à comprendre, à aider, à se battre pour quelqu’un d’autre, ça se termine forcément bien. C’est un souhait, pas forcément la réalité. Mais on espère qu’un jour, ça arrivera.


Fereshteh Taerpoor : Au delà des différences, il y a la possibilité de devenir ami(e)s quand on regarde dans son coeur. Pour moi, quand il y a une amitié pure, il n’y a pas de fin triste.

 

Une Femme Iranienne : Photo Shayesteh Irani

 

Ghazal Shakeri

Mon opinion

 

Un coup de cœur.

 

Cette "Femme iranienne" réalisé en 2011 sort cette année sur nos écrans.

 

La productrice, Fereshteh Taerpoor confie "Beaucoup de personnes trans’ viennent des pays arabes pour avoir accès à une opération en Iran, qui leur permet aussi d’obtenir des papiers d’identité, un passeport. C’est quelque chose que l’on ne voit pas ailleurs. Je suis sûre que c’est très surprenant pour des pays comme la France, de voir que l’Iran autorise cela."

 

La réalisatrice Negar Azarbayjani met face à face deux femmes que tout oppose. L'acceptation des différences ne se fera pas sans mal et l'ensemble offre de magnifiques moments de cinéma. Des moments forts quand, à tour de rôle, elles parviendront à établir un climat de confiance pour se révéler en toute liberté et procurer une profonde émotion qui vous tient longtemps.

 

Dans un pays où l'homosexualité est passible de peine de mort, nous suivons le parcours d'une femme prête à tout pour s'assumer en tant qu'homme. Certaines scènes pourront paraître un rien malhabiles, peut-être aussi trop démonstratives. La richesse du propos, la justesse des dialogues, la sincérité et le courage  de l'équipe du film suffisent à balayer toutes les réticences.

 

L'ensemble des acteurs qui incarnent, soit des membres du voisinage, de la famille de l'une, ou encore le frère et le père de l'autre sont d'une belle justesse. Avec, entre autres, un moment fort quand le frère, des larmes plein les yeux, passe outre l'interdiction du père et donne à sa sœur le passeport tant attendu.

 

Les deux principales actrices sont tout simplement  remarquables. Deux femmes incarnées par Ghazal Shakeri et Shayesteh Irani qui auront l'intelligence de s'accepter mutuellement. Telles qu'elles sont. En dépit de tout, avec ces grands points commun, la richesse et l'intelligence du cœur.

 

Une femme iranienne - Ghazal Shakeri

17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 13:00

 

Date de sortie en salles 17 mai 2013

 

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Réalisé par Asghar Farhadi


Avec Bérénice Bejo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa,

Pauline Burlet, Sabrina Ouazani, Jeanne Jestin

 
Genre Drame


Production Française 


Le Passé en sélection officielle au Festival de Cannes 2013.

 

Pour la première fois qu'Asghar Farhadi, le réalisateur auréolé de prix pour Une Séparation et À propos d'Elly, foulera le sol de la Croisette.

 

Le Passé de Asghar Farhadi est le lauréat 2013 du prix du Jury oecuménique qui récompense chaque année un film de la sélection officielle du Festival de Cannes "pour promouvoir les oeuvres au service d'un message".

Dans son communiqué de presse, le jury présente le film du lauréat en ces termes : "Comment assumer sa responsabilité pour les erreurs du passé ? Sous forme de thriller, le réalisateur montre la vie d'une famille recomposée, où les secrets de chacun et la complexité des relations se dénouent peu à peu. Un film dense, profond et attachant qui illustre bien ce verset : "La vérité vous rendra libres" (Jean 8:32)."


Bérénice Bejo reçoit le Prix d'interprétation féminine.

 

Asghar Farhadi sera le premier Lauréat du Prix Media de l’Union européenne au 65ème Festival de Cannes. Prix partagé avec son producteur, Alexandre Mallet-Guy, de Memento Films Production, qui accompagne son travail depuis des années.

 

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Bérénice Bejo

 

Synopsis

 

Ahmad (Ali Mosaffa) est un Iranien qui a quitté depuis 4 ans sa femme de nationalité Française, Marie (Bérénice Bejo) et ses enfants, pour retourner vivre en Iran. Il revient à la demande Marie , pour procéder aux formalités de leur divorce.

 

Le-Passe---Berenice-Bejo-et.gif Bérénice Bejo et Ali Mosaffa

 

Marie veut reconstruire sa vie avec un autre homme (Tahar Rahim) mais l'aînée de ses filles ne semble pas voir cette nouvelle relation d'un bon œil.

 

Tahar Rahim Le-Passe---Tahar-Rahim.gif

 

Ahmad est prêt à conclure ce divorce mais découvre que la situation est tendue, notamment entre son ex femme et l'aînée de ses filles, Lucie (Pauline Burlet)

 

Les efforts d'Ahmad pour tenter d'améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé.

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Pauline Burlet

 
Le précédent film d'Asghar Farhadi, Une Séparation a connu un succès international, raflant le César et l'Oscar du Meilleur film étranger et bien d'autres prix. Mais le film a été interdit de célébration en Iran, pays natal du réalisateur et où l'action du long métrage a lieu.
 
En Iran, la censure fait rage. En 2010, le tournage d'Une Séparation avait été interrompu, non en raison de son sujet mais car Asghar Farhadi avait soutenu les cinéastes iraniens exilés lors d'une cérémonie officielle.

 

Le-Passe---Berenice-Bejo-et-copie-1.gif.Le-Passe---Tahar-Rahim--Berenice-Bejo-et-Ali-Mosaffa.gif

 

Le Passé commence par un divorce mais l’intrigue repose davantage ici sur les liens entre une mère et sa fille. Asghar Farhadi reste dans ses thématiques de prédilection : la déchirure entre les hommes, le divorce et les conflits familiaux. Le cinéaste avec son souci du réalisme, de logique passe au crible les comportements des individus face à eux-mêmes et face à la société qui les entoure.  

 

Interview de Bérénice Béjo et Tahar Rahim

 

 

 

Et c'est avec Bérénice Bejo et Tahar Rahim qu'il exploite cette thématique.

 

C'est également la première fois que le réalisateur iranien tourne en France avec des acteurs français.

 

Le-Passe---Berenice-Bejo.gif

 

C'est Berenice Bejo qui incarne le personnage féminin central du film face à Ali Mosaffa, le mari dans la vie de Leila Hatami, l'héroïne d'Une Séparation,  et Tahar Rahim dans les rôles de son ex et son nouveau petit ami.

 

Le-Passe---Ali-Mosaffa--Tahar-Rahim-et-Berenice-Bejo.gif

 

Ali Mosaffa, Tahar Rahim et Berenice Bejo

 

On retrouve dans le casting la jeune comédienne belge Pauline Burlet, qui jouait dans La môme, le rôle d'Édith à 10 ans, réalisé par Olivier Dahan et qu'on a remarqué voilà peu dans Dead man talking de Patrick Ridremont.

 

 

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.canalplus.fr

http://memento-films.com

http://www.lexpress.fr

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Cinéma Iranien
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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 00:00

 

Date de sortie 31 octobre 2012

 

Une-famille-respectable.jpg

 
Réalisé par Massoud Bakhshi


Avec Babak Hamidian, Mehrdad Sedighian, Ahou Kheradmand,

Mehran Ahmadi, Parivash Nazarieh, Behnaz Jafari,

Mehrdad Ziai, Yazdan Jamshidi, Matin Khatibi, Niki Nasirian,

Davood Fathalibeigi, Sima Mobarakshahi, Parvin Meikadeh,

 

Titre original Yek Khanévadéh-e Mohtaram


Genre Drame


Production Iranienne, Française

 

 

Massoud-Bakhshi.jpg

 

 

Né à Téhéran, Massoud Bakhshi a travaillé en Iran comme critique de cinéma, scénariste et producteur de 1990 à 98. Ensuite il a réalisé 10 documentaires et un court métrage qui ont reçu des prix nationaux et internationaux dont trois Prix du Meilleur Réalisateur, deux Prix du Meilleur film pour Tehran Has No More Pomegranates !

 

Son court-métrage réalisé en 2009 Bag Dad Bar Ber a reçu le Léopard de demain au Festival du Film de Locarno en 2008.

 

 

Une famille respectable, tourné en Iran, est son premier long métrage.

 

Site officiel de Massoud Bakhshi ... Cliquez ICI ! 

 

Lors de la présentation du film, Massoud Bakhshi, désireux de montrer qu'il ne s'agit guère de broder autour d'une féminité archétypale, c'est aux femmes de son pays que Massoud Bakhshi dédie son film Une famille respectable. Les femmes sont les personnages forts du film. Mais cette discrétion fondamentale fait sens : il faut puiser l'espoir en celles et ceux qui restent en retrait dans leurs mots et leurs gestes, mais tendent un bras pour prévenir la chute de ceux qui marchent devant, et parlent fort.


Une famille respectable-copie-3

 

Elles restent les seules qui connaissent encore la signification de la morale et de la dignité malgré le mépris avec lequel elles sont traitées.  

 

Synopsis

 

Arash (Babak Hamidian), un universitaire de renom vivant depuis vingt deux ans en Occident, est de retour en Iran, son pays natal, depuis quelques mois.

 

Il est revenu donner des cours à Chiraz où vit sa mère (Ahoo Kheradmand), loin de Téhéran.


Il revient aussi à son père mourant, à son demi-frère Jafar (Mehran ahmadi), craint et haï dans l'enfance et au fils de ce dernier, Hamed (Mehrdad Sedighian), ce neveu trop sympathique dont la dévotion familiale bien mimée cache une ambition sans morale.


Dans cette famille respectable, le père semble être la clé du drame, mais c'est Hamed, qui mène le jeu. Hamed est de la troisième génération, il mène une autre vie et il est différent. Il est charmant mais surtout il est extrêmement intelligent.

 

Au moment de quitter à nouveau l’Iran, des événements malheureux se succèdent. On reproche à Arash de donner des cours subversifs à ses étudiants. Des conflits autour de l’héritage de son père défunt révèlent la nature profonde de quelques membres de sa famille. Arash croit à la gentillesse d'Hamed et s'attache à lui, alors que l'unique motivation du jeune homme est de l'empêcher de toucher l'héritage de son père.

 

L'ultime refuge, le dernier repère d'Arash qui vaille, ce sont les femmes qui l'entourent. Bien avant qu'il puisse voir le piège, elles le devinent. Elles se battent encore pour ce que les hommes semblent avoir renoncé à défendre : l'intégrité, le respect de l'autre, la famille.

 

Entraîné dans un tourbillon d’intrigues familiales et financières, il replonge dans un pays dont il ne possède plus les codes.

 

 

 

La corruption est au coeur du drame. Le pouvoir qu'incarnent Jafar et Hamed étend son réseau dans toute la société : la corruption est aussi un système de "connexions". Ce qu'ils font, disent et complotent est le signe d'une corruption matérielle qui est aussi, fondamentalement, une corruption morale. Elle est peut-être pire que la corruption matérielle. La morale pourrait être en train de disparaître.

 

Hamed n'a pas hérité de la dignité morale qu'incarnent les personnages féminins, il en est l'adversaire. Arash, lui, est l'héritier de la rigueur morale résistante de sa mère et de sa tante (Parivash Nazarieh).


Des problèmes de papiers, enfin, semblent compromettre son départ d’Iran. Plongé dans une aventure inquiétante où la trahison s’impose comme une norme, Arash, de surcroît, est assailli par de douloureux souvenirs de son enfance, à l’époque où la guerre Iran Irak envoyait toute une jeunesse au casse-pipe.

 

L’abjection d’un régime. Les ravages d’une idéologie borgne. La corruption qui règne en maître incontestable.

 

La désolante condition des femmes…

 
Après la mort de son père, et découvrant ce qu’est devenue sa "famille respectable", Arash est contraint de faire des choix.  

 

Une-famille-respectable-copie-2.jpg

 


Massoud Bakhshi se dit très influencé par les films noirs français, c'est pourquoi le cinéaste a voulu  ordonnancer son film comme un polar : "Une Famille Respectable est structuré comme un polar, un thriller. Je suis très attaché aux films noirs français et américains. J'ai été influencé et inspiré par les films de Jean-Pierre Melville ou par ceux de la Nouvelle Vague. L'intrigue qui guide le trajet d'Arash, mon personnage principal, est un dévoilement progressif de secrets et de complots. Une autre ligne de récit me vient du cinéma de "drame familial", et surtout des néoréalistes italiens. La famille est le lieu du drame. Ces lignes se mêlent, se complètent, se croisent. S'y ajoutent, quand il s'agit d'évoquer le passé vécu par Arash, les archives filmées de la guerre. Elles me passionnent d'autant plus que je viens du documentaire.", confie le metteur en scène iranien.

 


Arash, le prénom du personnage principal d'Une famille respectable, n'a pas été choisi par hasard. En effet, celui-ci, comme l'a révélé le réalisateur, provient d'une légende issue de la tradition orale iranienne. Dans cette légende, un archer nommé Arash, dit qu'il se sacrifia pour sauver le pays.

 
Une famille respectable-copie-1Dans Une famille respectable Arash n'est pas un exilé. Il est parti adolescent étudier à l'étranger, il est revenu en Iran pour enseigner quelques mois à l'université de Chiraz. Dans le film, ses vicissitudes entre Chiraz et Téhéran se déroulent en moins d'une semaine de temps réel et la quasi-totalité du film est racontée de son point de vue, y compris ses souvenirs d'enfance, en flash-back, qui amènent une autre dimension temporelle. Massoud Bakhshi a conçu cette double temporalité pour donner plus d'intensité au scénario et pour rendre plus décisive la question à laquelle Arash doit répondre à la fin : rester ou ne pas rester.

 

Où qu'il porte le regard, Arash remarque des scènes de violence, dans les rues de Téhéran, sur une autoroute, partout dans la ville... ces scènes d'altercations ou de brutalité paraissent constamment le cerner. Arash regarde ces traces de violence dans la vie quotidienne sans rien faire.

 

Il demande à ses étudiants : "Que puis-je faire ?"

Les étudiants répondent : "Nous aider."

 

Et c'est seulement à la fin du film que nous verrons le premier et seul gros plan du visage d'Arash : il marche aux côtés des étudiants, dans le soleil, vers le Monument de la Liberté de Téhéran. Il a pris conscience de son identité, rejeté ses doutes et sa méfiance, il est sûr de lui. Comme les jeunes qui choisissent de construire l'avenir du pays au lieu de choisir une "vie meilleure" à l'étranger. Cette question de l'identité iranienne, ce que signifie aujourd'hui "être iranien", c'est la question centrale de la jeunesse iranienne aujourd'hui. C'est donc aussi celle du personnage principal.


Arash cite le grand poète Ferdowsi qui a raconté le patriarcat. Si le mythe de l'occident est Oedipe, celui que conte Ferdowsi est le contraire : Rostam le père se bat contre son fils Sohrab et le tue.

 

Une famille respectable-copie-5Voilà qui fonde peut-être certaines différences de regard. On pourrait aussi dire qu'entre Arash et Jafar, son demi-frère, c'est le combat d'Abel et Caïn... mais dans Une famille respectable, c'est Abel qui gagne. Quand le père d'Arash veut racheter ses péchés en faisant un don d'argent à Arash, Hamed et Jafar détournent tous les deux la "respectabilité".


La mère d'Arash est un personnage pivot du film. Elle refuse l'énorme somme d'argent que son mari veut lui léguer. Pour elle, il s'agit d'un argent sali par la spéculation sur la mort de son fils Amir, c'est le sang du martyr détourné. Sa fermeté morale semble d'ailleurs être parvenue à changer le père. On apprend qu'il a tenté plusieurs fois de lui donner de l'argent, et à la fin de sa vie, il a voulu racheter ses péchés par ce don à Arash qui échapperait ainsi à l'héritage de Jafar.

 
Massoud Bakhshi a fait croire à ses techniciens et aux acteurs qu'ils allaient tourner un documentaire. Interloqués, ceux-ci ont cru à une mauvaise blague et ont rétorqué à Massoud Bakhshi qu'ils ne travaillaient que sur des fictions. Le réalisateur leur a cependant expliqué sa vision : "Je ne vois pas le cinéma autrement. Faire un documentaire signifie que je dois croire à l'histoire. À l'écriture du scénario, j'ai constamment cherché, pour chaque personnage, chaque détail, chaque anecdote, un lien avec le réel. Dans ma vie, parmi mes amis, dans ma famille... J'ai relié chaque personnage et chaque événement à quelqu'un de réel. Je devais être le premier à y croire." Une famille respectable est donc fortement basé sur l'expérience du cinéaste en tant que documentariste.

Avec Une famille respectable, Massoud Bakhshi explique avoir voulu subvertir les clichés occidentaux sur la société iranienne : "L'importance des femmes dans notre société est déterminante. Dans mon film, je tenais à le montrer sans dissimuler l'existence de ces femmes ni céder aux clichés qui peuvent circuler en Occident. Mon équipe a été frappée par le fait que toutes les femmes de mon film sont du côté du Bien et m'a dit que j'étais excessivement féministe. Mais c'est ainsi que je vois les Iraniennes. Dans la famille traditionnelle, c'est l'homme qui commande. Mais l'Iran d'aujourd'hui est en transition : 50 millions de jeunes, plus d'étudiantes que d'étudiants... ce système patriarcal va changer. Le rôle des femmes a toujours été déterminant dans la famille, elles ont défendu leur place même quand elles étaient confinées au foyer." explique le cinéaste.

 

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Une famille respectable est fortement marqué par le conflit Iran-Irak, guerre qui a bouleversé le pays du cinéaste durant huit années de combat, comme celui-ci nous le confie : "J'avais 8 ans quand l'Irak de Saddam Hussein a attaqué l'Iran, et 16 ans à la fin de la guerre. J'ai écrit avec ces images de guerre omniprésentes en tête et j'ai décidé de les montrer dans le film parce qu'en écrivant mon scénario, j'ai compris que ces mêmes images hantaient le personnage d'Arash. Sans images du passé, sans les archives, un peuple ne se connaît pas. Il faut des repères dans le passé pour mieux regarder le présent et penser l'avenir. Ces archives filmées, comme les photographies, sont la conscience du pays, notre conscience. Nous avons donc fait un énorme travail de recherche pour trouver des archives, dont beaucoup sont inédites. ".


La génération du réalisateur représente aujourd'hui les trois quarts du pays. L'Iran est l'un des pays les plus jeunes du monde. Une jeunesse curieuse, éduquée, qui aspire à vivre, une jeunesse qui veut un Iran tolérant ouvert sur le monde. Cette guerre a changé le destin d'une génération d'Irakiens. Pour Massoud Bakhshi, l'Iran est impossible à saisir si l'on ne revient pas sur les traces des 30 dernières années. Il n'a pas inventé l'histoire d'Une Famille Respectable, elle est sa vraie vie, celle de son enfance après la révolution de 1979, de son adolescence pendant la guerre et de son expérience d'aujourd'hui à Téhéran.

 

En utilisant des images d'archives de la guerre dans son long métrage, Massoud Bakhshi ancre son film dans le réel, qu'il chérit tant de par son expérience dans le documentaire.

Une famille respectable a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2012.

 

Le cinéma iranien, suite et certainement pas fin…Malgré la persistance obscurantiste d’un régime qui ne favorise pas exactement la liberté d’expression, les metteurs en scène locaux n’en finissent pas de révéler leur talent nerveux en filmant le désolant état de leur pays. Avec Une famille respectable, son premier film, Massoud Bakhshi, signe une fiction qui a toutes les chances de déplaire aux autorités iraniennes. Sorte de cousin, au moins par les thèmes qu’il aborde, de Jafar Panahi et de Mohammad Rasoulof, il impose d’emblée se griffe acérée et, malgré quelques maladresses formelles, prouve qu’il a des choses à dire et à filmer.

 

 

 

Sources :

http://medias.unifrance.org

http://www.euromedaudiovisuel.net

http://www.lemonde.fr

http://www.evene.fr

http://www.quinzaine-realisateurs.com

http://www.laterna-magica.fr - Grégory Audermatte

http://www.cinemovies.fr

http://www.allocine.fr

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 23:00

 

Date de sortie 11 juillet 2012

 

Les Enfants de Belle Ville - Affiche

 

Réalisé par Asghar Farhadi


Avec Taraneh Alidoosti, Babak Ansari, Faramarz Gharibian,

Hossein Farzi-Zadeh, Ahoo Kheradmand,

Farhad Ghaiemian, Hooshang Heyhavand

 
Genre Drame


Titre original Shah-re ziba, Beautiful City

Production Iranienne

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville-.jpg

 

Synopsis


Belle Ville, c’est le nom pour le moins paradoxal du quartier de Téhéran où se trouve un centre de détention pour mineurs. Akbar (Hossein Farzi-Zadeh) y fête son dix-huitième anniversaire, organisé par son ami Ala (Babak Ansari).

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville---Babak-Ansari.jpg Babak Ansari

 

L’ambiance devrait être à la joie mais pourtant, après les quelques effusions entre jeunes pensionnaires, Akbar s’effondre, terrassé de désespoir. Car il sait que cet anniversaire signifie pour lui le transfert dans une prison pour adultes et au bout du chemin l’exécution capitale. Akbar a été condamné à mort pour avoir tué, deux ans plus tôt, sa bien aimée : ce devait être un suicide romantique à deux, pour fuir l'oppression et les tabous de la société, mais il a survécu…

 

Seule solution pour éviter l’inéluctable : obtenir du père  de la victime  (Faramarz Gharibian) le pardon qui signifierait la grâce, puisque la loi du Talion prévaut dans la justice iranienne… Ala, son meilleur ami, va alors se débrouiller pour être libéré, il va demander de l'aide à Firoozeh (Taraneh Alidoosti), la sœur aînée d'Akbar, et essayer par tous les moyens d'obtenir la mansuétude du père éploré… 

 

Taraneh Alidoosti Les-Enfants-de-Belle-Ville---Taraneh-Alidoosti.jpg 

 
Après avoir connu la consécration internationale grâce à son film Une Séparation réalisé en 2011, Asghar Farhadi a profité de l'occasion pour faire connaître ses anciens films, tels que La Fête du feu et À propos d'Elly. Les Enfants de Belle Ville a été son deuxième long métrage réalisé en 2004. Il sortira sur les écrans franças  huit ans plus tard.

 

Extrait de l'entretien d'Asghar Farhadi  

pour le dossier de presse des Enfants de Belle Ville

 

Le film raconte la confrontation de deux familles à propos d'un meurtre sans que personne ne puisse jamais se prononcer en faveur de l’une ou de l’autre de ces familles. Mon idée était ainsi de montrer que la frontière entre le bien et le mal n'existe pas, que nous ne possédons pas forcément assez d’éléments pour pouvoir dessiner cette frontière. C’est en ce sens qu’il est question de ce que j’appelle "la guerre du bien contre le bien".

 

- Le film parle aussi du prix à payer pour gagner sa liberté, en l’occurrence le prix du sang...


Le prix du sang est un principe très complexe du système juridique iranien. Concrètement, et de manière assez simpliste, il s’agit d’une sorte de dédommagement que l'auteur d’un crime peut payer à la famille de sa victime afin de se libérer de sa peine. Mais le prix du sang n’a jamais été le sujet principal Des Enfants de Belle Ville. Il ne s’agissait pas pour moi de condamner cette pratique, mais de m’interroger à son propos. C’est d’ailleurs cette méthode du questionnement – poser des questions plutôt que donner des réponses - que j'ai gardée dans mes films suivants. Je pense que c’est la meilleure façon d’aborder des sujets qui peuvent s’avérer complexes.

 

- Vous esquissez une histoire d’amour entre le héros et la sœur de son meilleur ami qui apparaît d’ailleurs comme une jeune femme plutôt émancipée : elle fume, elle boit, elle assume d'avoir été mariée, d'avoir des relations amicales avec un autre homme...


Quand je compare Les Enfants de Belle Ville à mes autres films, et même à ce que j’ai écrit pour le théâtre et la télévision, j’ai le sentiment que l’amour n’a jamais été aussi présent. C'est pourtant une histoire très étrange, en ce sens que l’amour est impossible entre les deux personnages, mais eux-mêmes poussent à y croire et à penser que tout est possible. Et même s’ils se séparent à la fin, je suis persuadé que cette histoire restera gravée dans leurs cœurs.

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville---Babak-Ansari-et-Taraneh-Alidoo.jpg

 

Babak Ansari et Taraneh Alidoosti

   
Les Enfants de Belle Ville marque la première collaboration de Taraneh Alidoosti  avec Asghar Farhadi. À partir de ce film, Taraneh deviendra l'actrice fétiche du réalisateur iranien puisqu'elle rejouera dans plusieurs de ses autres films, dont La Fête du feu ou À propos d'Elly
 
Le réalisateur a choisi Faramarz Gharibian, un acteur qu'il a déjà dirigé dans Dancing in the dust, pour interpréter le rôle de Rahmati Abolqasem dans Les Enfants de Belle Ville.

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville----Faramarz-Gharibian.jpg

 

Ashgar Farhadi suit pas à pas ce formidable combat pour la vie et livre une analyse intelligente et subtile de la société iranienne, incroyablement complexe et contradictoire. Contradictions d'un système judiciaire où tout est affaire de compensation financière : la famille du meurtrier peut tenter d'obtenir grâce à un dédommagement la clémence du père de la victime, celui-ci devant lui-même verser une compensation s’il souhaite l’exécution d’Ala, puisque la victime est une fille et le condamné un garçon, et que le sexisme est une composante de la loi !

 

Contradictions des attitudes religieuses : le mollah du quartier tente d’inciter le père, par le rappel du Coran, à plus de tolérance et de résilience, mais le père rétorque que le Talion fait aussi partie du Coran ! Contradictions des hypocrisies sociales : la jeune Firoozeh, mariée trop jeune à un homme qui s’avère être un toxicomane complètement à sa charge, doit sauver les apparences et renoncer à l’amour qui naît entre elle et Ala…

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville---Taraneh-Alidoosti-copie-1.jpg

 

Taraneh Alidoosti

 

Les Enfants de Belle Ville reflète la situation de la société iranienne et la remet en question. Après les problèmes des couples en crise, l'adultère, le divorce et la vieillesse, Asghar Farhadi aborde dans ce film la peine de mort qui est encore un châtiment très pratiqué en Iran.

 

Asghar Farhadi met en lumière les travers de son pays, sans manichéisme mais sans précaution ni prudence complaisantes (cela dit, il faut souligner que le film a été réalisé avant l’accession au pouvoir d’Ahmadinejad, qui a alourdi le poids de la censure). Il n'en aime pas moins chacun de ses personnages, sans prendre partie pour l’un ou l’autre, car chacun, plus ou moins enfermé dans son carcan social, culturel, religieux, a ses raisons tout à fait légitimes : ce père brisé qui ne parvient pas à faire son deuil, sa nouvelle épouse et sa fille handicapée dont l'existence quotidienne est écrasée par l'omniprésence du souvenir de la jeune morte, ce jeune voleur dont le combat pour son ami est une sorte de rédemption, cette jeune mère qui tente d’échapper à sa vie trop vite brisée par un mari incapable et violent… Tous ces personnages sont magnifiques, leur grandeur ordinaire, leur force de caractère, leur obstination – même si elle les amène parfois à se mentir à eux-mêmes – entraînent adhésion et empathie et donnent au film une dimension, un souffle qui captivent. Autant de qualités qu'on retrouvera à leur zénith dans Une séparation

 


 

 

 

Sources :

http://www.memento-films.com - Dossier de Presse

http://www.cinemas-utopia.org/toulouse

http://www.allocine.fr

 

 

 

Mon opinion : Les succès des précédents films d’Asghar Farhadi permettent aujourd’hui de découvrir un film réalisé en 2004. Le réalisateur démontre, avec sa virtuosité que nous connaissons maintenant les absurdités et les contradictions d’une société iranienne figée, entre autres, par le poids des traditions. La caméra caresse les visages pour en capter toutes les émotions. Des acteurs formidables dont Taraneh Alidoosti et Babak Ansari touchants, justes et magnifiques. Faramarz Gharibian et Ahoo Kheradmand sont aussi excellents tout en retenue et émotion. La mise en scène associe tous les genres de cinéma et annonce le génie, aujourd’hui reconnu, d’Asghar Farhadi.             

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