Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 23:00

Date de sortie 24 avril 2013

 

La-Cage-doree---Affiche.gif


Réalisé par Ruben Alves

 
Avec Rita Blanco, Joaquim de Almeida, Roland Giraud,

Chantal Lauby, Barbara Cabrita, Lannick Gautry,

Nicole Croisille, Maria Vieira, Jacqueline Corado


Genre Comédie


Production Portugaise, Française

 

Festival International du Film de Comédie de l'Alpe d'Huez 2013

- Prix d'Interprétation Féminine pour  Chantal Lauby

- Prix du public pour Ruben Alves

 

Synopsis

 

Dans les beaux quartiers de Paris, Maria (Rita Blanco) et José Ribeiro (Joaquim de Almeida) vivent depuis bientôt trente ans au rez-de-chaussée d’un bel immeuble haussmannien, dans leur chère petite loge.

 

La-Cage-doree---Rita-Blanco.gif Rita Blanco

 

Ce couple d’immigrés portugais fait l’unanimité dans le quartier : Maria, excellente concierge, et José, chef de chantier hors pair, sont devenus au fil du temps indispensables à la vie quotidienne de tous ceux qui les entourent.

 

Tant appréciés et si bien intégrés que, le jour où on leur offre leur rêve, rentrer au Portugal dans les meilleures conditions, personne ne veut laisser partir les Ribeiro, si dévoués et si discrets.

 

Joaquim de Almeida La-Cage-doree---Joaquim-de-Almeida-copie-1.gif

 

Jusqu’où seront capables d’aller leur famille, les voisins, et leurs patrons pour les retenir ? Et après tout, Maria et José ont-ils vraiment envie de quitter la France et d’abandonner leur si précieuse cage dorée ?

 


La Cage Dorée est le premier long métrage de  Ruben Alves. Si le réalisateur dément toute part autobiographique dans son film, il s'est tout de même inspiré d'événements réels pour l'écriture; par exemple, ses propres parents ont exercé les mêmes professions que les personnages principaux. Il avoue cependant : "J’ai toujours joué et écrit. Il y a douze ans, à l’âge de vingt ans, j’avais déjà réalisé un court métrage. L’envie de raconter ne m’a jamais quitté. J’ai ensuite écrit un scénario sur des Français expatriés à Lisbonne – on n’était pas très loin du sujet ! Hugo Gélin, mon ami d’enfance avec qui j’ai déjà travaillé, et Laëtitia Galitzine, mes deux producteurs, m’ont poussé à ne pas tourner autour du pot et à parler de ce qui me touchait le plus... Plus tard, j’ai vu un reportage sur une concierge portugaise à Paris, dans les beaux quartiers. Elle expliquait sa vie, ce qu’elle faisait. Pour sa dernière question, le journaliste lui demandait si elle comptait un jour retourner au Portugal, trente-cinq ans après. Elle répondait qu’en effet, elle pensait retourner dans son pays natal, mais qu’elle se sentait aussi si bien dans sa petite cage dorée... Sa réponse a cristallisé tout ce que je voulais dire. Il n’était pas question pour moi de faire un film autobiographique, mais de parler de quelque chose que je connais de près puisque je suis né en France de parents portugais. Mes parents sont venus en France à l’âge de dix-huit ans, ils ont quitté la pauvreté et le fascisme portugais. Mon père a fait des petits boulots, toujours sur des chantiers, et ma mère était concierge."

 

 


À trente-deux ans, Ruben Alves sent assez de recul sur sa famille. Il pouvait raconter cette histoire et reste très attaché au Portugal. En écrivant, sans forcément emprunter des anecdotes à ses proches, il s'est appuyé sur beaucoup de choses vécues, observées et ressenties. Sans vouloir toutefois tomber dans la caricature, "mais il y avait quand même des traits, que ce soit chez les Portugais ou chez les Français, qui valaient la peine d’être soulignés pour s’en amuser avec tendresse," confie Ruben Alves. Au début, Ruben Alves écrit seul, puis Jean-André Yerlès l’a rejoint et Hugo Gélin est venu compléter ce trio de scénaristes. Ce dernier le connaît assez pour savoir ce qu'il pouvait donner même quand il n’osait pas toujours.

 

La-Cage-doree---Chantal-Lauby--Roland-Giraud--Joaquin-de-A.gif

 

Chantal Lauby, Roland Giraud, Joaquin de Almeida et Rita Blanco

 

Ruben Alves a insisté pour que les Portugais soient joués par des Portugais. C’était une question d’honnêteté et d’authenticité pour ses producteurs et lui-même. "Nous avons eu la chance que nos partenaires, Pathé et TF1, nous aient suivi dans cette idée, ce qui est rare de nos jours. Je suis donc allé chercher les meilleurs au Portugal, mais pour les Français, ça ne veut évidemment pas dire grand-chose, puisqu’on ne les connaît pas !" avoue le réalisateur.

 

La Cage dorée - Joaquim de AlmeidaGrâce à une amie commune, c’est Joaquim de Almeida qu'il a rencontré en premier. Cet acteur mène maintenant une carrière internationale, habite aux États-Unis et a su s’imposer dans des rôles où son charisme fait merveille. Le réalisateur l'a rencontré à Cannes, alors qu'il était en train d’écrire le script. "Il m’a d’abord dit qu’il trouvait qu’il n’y avait rien à manger ! J’ai trouvé sa remarque typiquement portugaise et elle m’a beaucoup fait rire. Tout à coup, je me suis dit que j’avais peut-être trouvé l’interprète de José. Je lui ai aussitôt parlé de ce que j’écrivais. Il m’a dit de lui envoyer le script quand il serait terminé. Ça s’est fait comme ça. J’ai fini le scénario, je le lui ai envoyé, ça lui a beaucoup plu, et il a dit oui." rajoute Ruben Alves.

 

Rita Blanco, récemment vue dans Amour. "Rita a quelque chose d’assez unique. Les gens l’adorent, parce qu’elle n’a pas d’étiquette. J’ai essayé de l’approcher par tous les moyens possibles, par son agent, par ses proches, et elle a fini par me recevoir chez elle à Lisbonne. Elle m’a confié qu’elle avait bien voulu me rencontrer parce que quatre personnes différentes lui avaient parlé de moi ! Elle m’a aussi dit que j’avais eu raison d’insister, parce qu’elle avait plein de projets, et qu’elle n’aurait peut-être pas lu le mien... Elle a tout de suite compris le sentiment que je voulais y mettre. Elle le trouvait très authentique. Elle m’a dit que les détails étaient très importants pour elle. J’ai la même approche. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus." confie le réalisateur. 

 

Pour Rita Blanco, comme pour Joaquim de Almeida, ce sont de véritables rôles de composition, parce qu’ils jouent des personnages qui correspondent à l’image que nous nous faisons chez nous, mais qui ne reflète pas la façon dont ils sont perçus chez eux.

 

Maria Vieira est un peu la Jacqueline Maillan portugaise. Elle a commencé par des émissions de sketches, de vaudeville. Elle est extrêmement populaire au Portugal. À noter que l'actrice ne parlait pas français avant le tournage de La Cage Dorée.

 

La-Cage-doree---Maria-Vieira-et-Chantal-Lauby.gif

 

Maria Vieira et Chantal Lauby

.

Le personnage de Rosa interprété par Maria Vieira est un hommage à tous ces gens qui partagent le quotidien de ces familles où ils sont employés, qui en font quasiment partie mais qui gardent pourtant cette distance. Ils nourrissent, ils lavent, ils écoutent. Dans le film, le fils des patrons de Rosa est un peu le sien. C’est aussi cette intimité qui lui permet de passer à l’action et de dire les choses franchement quand tout le monde est paumé.


Barbara Cabrita joue le rôle de Paula. Ruben Alves avait déjà travaillé avec Barbara Cabrita lors du tournage d'une série de M6 et avait retenu qu’elle était d’origine portugaise. Son ascendance n’était pas suffisante pour qu’elle soit adaptée au rôle, mais Barbara Cabrita avait vraiment l’allure et la personnalité idéale pour le personnage. Pour leur première rencontre, elle est arrivée sur une grosse moto ! "Quand elle a retiré son casque, ses cheveux étaient lâchés et c’était une jeune femme séduisante, avec du caractère, comme Paula. Barbara dégage une fraîcheur, un sourire, qui sont très communicatifs. Elle m’a confié que ce rôle trouvait un écho très fort en elle, vis-à-vis de ses propres racines." commente le réalisateur. 

 

La-Cage-doree---Barbara-Cabrita.gif

 

Barbara Cabrita

 

Dans le film, Paula va effectivement aider tout le monde à se remettre en cause, parce qu’elle ose dire ses quatre vérités à ses parents et parce qu’elle aime quelqu’un qui n’est pas de sa "condition". Elle va obliger chacun à se regarder vraiment, et pas uniquement dans sa propre famille. Elle fait en sorte que tout aille bien. Dans le film, le rôle de Paula, jeune avocate très assurée dans son travail, n’est pas aussi à l’aise avec sa condition de fille d’immigrés. Son parcours dans l’histoire de La Cage dorée est d’autant plus touchant. "J’espère qu’il parlera à beaucoup de monde." conclue Ruben Alves.

 

La-cage-doree---Maria-Vieira--Jacqueline-Corado--Chantal-L.gifJacqueline Corado, qui joue Lourdes, la jeune sœur de Maria, est une comédienne que Le réalisateur adore. Elle fait aussi du théâtre. Elle est portugaise et s’investit énormément dans la communauté. Elle a même eu une émission de radio portugaise. Plusieurs personnes avaient parlé d’elle au réalisateur pour jouer ce rôle. "Je l’ai appelée alors qu’elle était en vacances, et, après avoir lu le scénario, elle a pris le premier avion. Ça s’est fait du jour au lendemain. À travers son personnage, je voulais retrouver ces femmes que l’on voit au Portugal, qui en font des tonnes, qui sont des "poissonnières" comme on dit là-bas. Elles ouvrent la fenêtre, hurlent et tout le monde est au courant de tout. Ce sont des tragédiennes ! C’est le côté vraiment latin qui s’exprime chez ces personnages hauts en couleur. Jacqueline l’incarne très bien. Elle tenait vraiment à jouer dans ce film." ajoute Ruben Alves.

 

Nicole Croisille est surprenante dans le rôle d’une des propriétaires de l’immeuble. Ruben Alves cherchait quelqu’un qui en impose tout de suite, qui ait une vraie prestance. "Quand j’ai rencontré Nicole, elle m’a demandé si, en gros, Mme Reichert était une garce ! J’ai ri et lui ai répondu que oui, mais qu’elle n’était pas que cela ! Parce qu’elle a quand même beaucoup de tendresse pour Maria. Elles ont une vraie relation, qui réserve d’ailleurs quelques surprises. Lors de notre première rencontre, elle est arrivée avec ses lunettes fumées, avec ce côté aristocratique que je voulais pour le personnage. Mme Reichert n’est pas une mauvaise femme. Elle est plus victime de sa condition que de sa mentalité. Pour moi, Mme Reichert est d’abord une femme seule. Sans Maria, elle n’a plus personne. Je me suis bien amusé avec Nicole, car elle est très drôle dans la vie. Elle est tout de suite rentrée dans le projet." se souvient le réalisateur.


Chantal Lauby après Le Thanato et Roland Giraud avec Beur sur la ville n'avaient pas fait d'apparition physique sur grand écran depuis 2010.

 

La-Cage-Doree---Chantal-Lauby.gifÀ peine le scénario fini, Chantal Lauby a très vite été une évidence. Pour Ruben Alves, elle incarne exactement ce qu'il voulait pour ce personnage, c’est-à-dire une femme complètement détachée du monde, pour qui rien n’est grave, et en même temps très attachante. Chantal Lauby joue cela parfaitement. Elle peut dire des énormités qui font sourire. "Elle a ce don. Je me suis dit qu’elle ferait une Solange extraordinaire, et j’adore ce qu’elle fait dans le film car elle apporte ce petit grain de folie que je voulais pour Solange. Elle improvisait beaucoup et nous avions du mal à garder notre sérieux sur le plateau. C’est une personne extrêmement sensible, nous nous ressemblons beaucoup humainement. À la lecture du scénario, elle a pleuré car elle a été très touchée par l’humanité du couple Ribeiro." rajoute Ruben Alves.


La-Cage-doree---Roland-Giraud.gifRoland Giraud est assez rare au cinéma. Il fait beaucoup de théâtre. Le réalisateur avait envie de casser cette image un peu stricte, assez propre qu’il porte souvent. Il souhaitait le rendre un peu farfelu. Son personnage s’habille parfois étrangement. Le capital sympathie dont bénéficie Roland Giraud lui permettait aussi de faire passer des aspects difficiles du personnage sans qu’on le condamne. En toute innocence, son personnage se montre parfois arrogant, désinvolte ou condescendant. C’est quelque chose dont  Ruben Alves se souvient d'avoir souvent été témoin dans la vraie vie. "Il fallait quelqu’un de ce talent-là pour assumer ça tout en laissant sa chance au personnage." rajoute le réalisateur.


Le réalisateur jugeait essentiel d'inclure une scène de fado, un genre musical portugais qui s'illustre sous la forme d'un chant mélancolique, dans son film; la scène présente dans La Cage Dorée devait à l'origine se trouver dans le court métrage qu'a réalisé Ruben Alves douze ans auparavant. Comme un clin d’œil, c'est son amie de longue date, l'actrice Catarina Wallenstein, qui a joué cette scène comme elle aurait dû la jouer elle-même à l'époque.

 

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.canalplus.fr

http://www.allocine.fr

23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 23:00

 

Date de sortie 24 avril 2013

 

Hannah-Arendt---Affiche.gif

 
Réalisé par Margarethe Von Trotta


Avec Barbara Sukowa, Axel Milberg, Janet McTeer,

Julia Jentsch, Michael Degen, Victoria Trauttmansdorff,

Klaus Pohl, Ulrich Noethen, Nicholas Woodeson, Harvey Friedman

 
Genre Biopic, Drame

 
Production Allemande, Française

 

"C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal" - Hannah Arendt

 

Hannah-Arendt-.gifNée le 14 Octobre 1906 à Hanovre, Hannah Arendt grandit dans une famille juive laïque. Elle étudia la philosophie et eut notamment pour professeurs Karl Jaspers, Edmund Husserl et Martin Heidegger. Sa rencontre avec ce dernier sera un événement majeur de sa vie, tant sur le plan intellectuel que sentimental. Elle est très jeune et voue une grande admiration à son maître, de dix-sept ans son aîné. Celui-ci, pourtant habitué à conquérir ses étudiantes, tombe sous le charme. C'est le début d'une relation secrète, passionnée et irraisonnée, qui laissera des traces chez Hannah Arendt toute sa vie.

 

"Heidegger était le premier amour d’Hannah et elle est restée en contact avec lui malgré son adhésion au parti Nazi", raconte Margarethe Von Trotta. La cinéaste a décidé de faire allusion à cette histoire d'amour par le biais de flashbacks.


En 1933, après avoir été brièvement emprisonnée par la Gestapo, elle fuit à Paris où elle participe à l’accueil des réfugiés fuyant le nazisme. En 1937, elle rencontre Heinrich Blücher à Paris, un ancien communiste et philosophe autodidacte avec qui elle se maria en secondes noces en 1940. Après avoir été internée puis s’être échappée du camp de Gurs dans les Basses- Pyrennées, elle parvient à s'enfuir à Montauban, puis à gagner Marseille où elle obtient, grâce au Centre américain d'Urgence de Varian Fry, un visa pour le Portugal qu'elle rejoint en train. Elle vit alors quelque temps à Lisbonne dans l'espoir d'embarquer pour l'Amérique, ce qui sera rendu possible en mai 1941, par l'intervention d'un diplomate américain, qui lui délivre illégalement un visa d'entrée aux États-Unis, en même temps qu'à environ 2 500 autres réfugiés juifs.

 

Lors de sa fuite, elle ne pouvait chasser le souvenir amer de nombreux amis qui avaient décidé de rester pour soutenir les Nazis.

 

Pendant de nombreuses années, elle gagne sa vie en écrivant des articles et en travaillant dans la publication, jusqu’à ce qu’elle trouve finalement un travail comme secrétaire de direction de l’organisation de la Reconstruction Culturelle Juive.

 

Hannah-Arendt--copie-1.gifL’œuvre d’Hannah Arendt rayonne encore aujourd’hui. À une époque où la plupart des gens se sentaient obligés d’adhérer à une idéologie spécifique, Hannah Arendt est un brillant exemple de quelqu’un qui a toujours su rester fidèle à sa propre conception du monde. On commence seulement à s’intéresser et à comprendre l’étendue de sa sagesse. Lorsqu’elle a évoqué pour la première fois le concept de "banalité du mal",  concept qu’elle a créé dans son rapport sur le procès Eichmann, elle a essuyé de sévères critiques notamment en Israël. Aujourd’hui, ce concept est un élément essentiel de tout débat sur les crimes perpétrés par les Nazis. La réalisatrice du film voulait également essayer de découvrir la femme qui se cachait derrière cette grande philosophe indépendante. 

 

En 1960, elle était prête à affronter l’un des chapitres les plus tragiques du XXème siècle. Elle allait voir de ses propres yeux l’homme dont le nom était associé au meurtre de millions de Juifs : Adolf Eichmann.

 

Le procès, qui s'est déroulé en 1961, est par ailleurs le moment sur lequel se focalise le film : "Le film se concentre sur les quatre années tumultueuses pendant lesquelles les vies d’Hannah Arendt et d’Adolf Eichmann se sont croisées, l’impact historique et les répercussions émotionnelles de cette expérience. La confrontation de la philosophe inflexible et non conformiste au bureaucrate obéissant et soumis a changé Hannah Arendt et le discours sur la Shoah. Elle a vu en Eichmann un homme ordinaire qui a organisé le transport de millions de personnes jusqu’aux chambres à gaz, par obéissance aveugle et incapable de penser par lui-même."  précise la réalisatrice Margarethe Von Trotta.

 

Le film Hannah Arendt a été présenté parmi la sélection officielle du Festival International du Film de Toronto. De plus, le long métrage a remporté trois prix au Festival du Film d'Histoire de Pessac 2012, dans le sud-ouest de la France.

 

- Prix du jury officiel

- Prix du jury étudiant

- Prix du public

 

Hannah-Arendt---Barbara-Sukowa.gif

 

Barbara Sukowa

 

Synopsis

 

1961.


La philosophe juive allemande Hannah Arendt est envoyée à Jérusalem par le New Yorker pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann, responsable de la déportation de millions de juifs.


Les articles qu’elle publie et sa théorie de “La banalité du mal” déclenchent une controverse sans précédent.


Son obstination et l’exigence de sa pensée se heurtent à l’incompréhension de ses proches et provoquent son isolement.

 

Hannah-Arendt---Barbara-Sukowa-copie-1.gif

 

Barbara Sukowa


Hannah Arendt publia L'Humaine Condition en 1958 et se rendit à Jérusalem en 1961 afin d’assister au procès d’Eichmann en tant qu’envoyée spéciale pour le magazine The New Yorker. Ses cinq articles sur le sujet sont publiés jusqu’en 1963, donnant lieu à une grande polémique médiatique. Mais finalement le livre tiré de ses articles, intitulé Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la Banalité du Mal, lui valut un grand respect, et bien que toujours controversé, il est l’un des livres de référence sur la Shoah. Aujourd’hui, ce livre est considéré comme l’un de ses plus importants.

 

La "banalité du mal" est un concept inventé et développé par Hannah Arendt dans le rapport qu'elle a réalisé à partir du procès Eichmann, auquel elle a assisté en 1961 à Jérusalem. Cette notion, à l'époque, a créé la polémique, certains analystes l'ayant interprétée comme une justification des atrocités commises par l'officier nazi. Or, ce que la philosophe a voulu exprimer par cette idée, c'est que Eichmann était un homme terriblement banal, qui a commis toutes ces atrocités par devoir et obéissance envers le régime nazi, sans se poser de questions. En rien, cette approche ne cherche à excuser l'abomination de ces actes : "chercher à comprendre ne signifie par pardonner"

 

 

L'un des enjeux notables du film Hannah Arendt tient du fait que sa protagoniste, la célèbre philosophe, se caractérise par quelque chose d'insaisissable à l'image : la pensée. "Je voulais me confronter aux problématiques liées à la réalisation d’un film sur une philosophe. Comment regarder, filmer une femme dont l’activité principale est la pensée ?", indique Margarethe Von Trotta.
 
Hannah-Arendt---Barbara-Sukowa-copie-2.gifAvec son film, Margarethe Von Trotta a cherché à s'intéresser à la personnalité d'Hannah Arendt en tant que philosophe en accord permanent avec ses opinions, mais pas seulement. Elle explique : "Je voulais également essayer de découvrir la femme qui se cachait derrière cette grande philosophe indépendante. En tant que juive, elle a dû quitter l’Allemagne, et c’est ainsi que son histoire rejoint un thème récurrent dans mes films: comment une personne réagit-elle face à des évènements historiques et sociaux sur lesquels elle n’a aucune influence ou maîtrise ?"
 
La réalisatrice, afin de s'immerger au mieux dans l'univers de la philosophe, a lu ses ouvrages et ses correspondances. Elle a également rencontré de nombreuses personnes l'ayant côtoyée, et recueilli leurs témoignages respectifs.

 

De l'avis de la réalisatrice, "on ne peut montrer la vraie "banalité du mal" qu’en observant le vrai Eichmann. Un acteur ne peut que déformer l’image". Aussi, cette dernière a-t-elle décidé d'utiliser les images d'archives, en noir et blanc, lorsqu'il s'agit de le représenter. Ces images proviennent du procès qui s'est déroulé à Jérusalem en 1961. A noter qu'après Nuremberg, en 1945-46, le procès d'Adolf Eichmann est le second grand procès au cours duquel la présence de caméras a été autorisée. Pour intégrer les images d'archives au récit, Margarethe Von Trotta a choisi de filmer les scènes de la salle d'audience depuis la salle de presse où elles étaient retransmises, et où il semblait crédible que se trouve Hannah Arendt, qui était une grande fumeuse. Pour l'unique séquence qui se déroule dans la salle d’audience, l'acteur qui incarne Eichmann n'est montré que de dos.

 

Hannah-Arendt---Barbara-Sukowa-copie-4.gif

 

Barbara Sukowa et Axel Milberg

 
Il n’y a que quelques flashbacks qui nous ramènent aux années 20 puis aux années 50, montrant la romance passionnée qu’elle a entretenue avec Martin Heidegger ainsi que leur rencontre, des années après la fin de la guerre. Elle n’est jamais parvenue à couper les ponts avec cet homme, même après son adhésion au parti National Socialiste en 1933. Ces flashbacks sont capitaux pour la compréhension du passé d’Hannah Arendt, mais le film porte principalement sur sa vie à New York, avec son mari Heinrich Blücher, rencontré pendant son exil à Paris, et avec ses amis Allemands et Nord-Américains, l’auteur Mary McCarthy et son plus vieil ami, le philosophe Juif-Allemand Hans Jonas.
 
Alors qu'elle était attaquée pour son rapport sur le procès Eichmann, Hannah Arendt a reçu un soutien très appuyé de la féministe et écrivaine américaine Mary McCarthy, interprétée par Janet McTeer.

 

Hannah-Arendt---Janet-McTeer.gif

 

Janet McTeer

 

Cette dernière était elle-même l'objet de beaucoup de jugements négatifs à propos de sa nouvelle Le Groupe paru en 1963. La correspondance entre les deux femmes a par ailleurs été publiée. A la mort d'Hannah Arendt, en 1975, c'est son amie qui a terminé son dernier ouvrage inachevé La vie de l’Esprit.


"Son postulat "Je veux comprendre" est la phrase qui la caractérise le mieux. Et c’est précisément sa quête de compréhension d’autrui et du monde qui m’a irrésistiblement attirée vers elle. Comme Hannah Arendt, je ne veux jamais juger, je cherche juste à comprendre. Dans ce film, par exemple, je veux comprendre ce que pensait Hannah Arendt du totalitarisme et du chaos moral du siècle dernier; de l’auto-détermination et du libre-arbitre ; et finalement ce qu’elle a réussi à révéler sur le mal et l’amour. Et j’espère que le public saura se souvenir de cette grande philosophe. Le souhait d’Hannah Arendt d’entretenir ce qu’elle appelait amor mundi, "l’amour du monde", est l’élément clé pour comprendre sa vie. Hannah Arendt - Barbara Sukowa-copie-3Son exil forcé l’a mise dans une situation de vulnérabilité et de terrible isolement, elle n’a pourtant pas cessé de croire au pouvoir de résistance de l’individu face à la cruauté de l’Histoire. Son refus de se laisser aller au désespoir et à l’anéantissement la rend, à mes yeux, extraordinaire en tant que femme dont l’aura demeure intacte. Une femme qui sait donner et recevoir de l’amour. Et une femme qui, comme elle le disait, peut "penser sans béquilles". C’est-à-dire être une philosophe indépendante." déclare la réalisatrice Margarethe Von Trotta.

 

Égérie du Nouveau cinéma allemand, Barbara Sukowa a également travaillé avec Rainer Werner Fassbinder et Volker Schlöndorff, deux chefs de file du courant.

 

Barbara Sukowa incarne aujourd’hui l’essence de l’histoire du cinéma allemand.

 

Née à Brême, elle commence sa carrière dans la célèbre école Max-Reinhardt de Vienne et fera ensuite de nombreuses interprétations sur la scène théâtrale. Elle a travaillé avec R.W. Fassbinder sur la mini-série Berlin Alexanderplatz et le film Lola réalisé en 1981. Hannah Arendt marque sa cinquième collaboration au cinéma avec la réalisatrice Margarethe Von Trotta.  Auparavant elle a joué dans Les Années de plomb en 1981, Rosa Luxemburg en 1986, film dans lequel où elle endosse le rôle de la militante socialiste assassinée en 1919. Cette performance lui vaut le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes 1986. Elle tourne encore L’Africana et  Vision – Aus dem Leben der Hildegard von Bingen en 2009.

 

Au début des années 90, Barbara Sukowa s’installe à New York et poursuit sa carrière en tant que chanteuse, en travaillant avec des orchestres mondialement reconnus.

 

Hannah-Arendt---Barbara-Sukowa-copie-5.gif

 

Sans être pour autant féministe, l'équipe du film est en majeure partie composée de femmes : la réalisatrice Margarethe Von Trotta, d'une part, mais aussi sa co-scénariste Pamela Katz, ainsi que la directrice de la photographie Caroline Champetier, la chef-monteuse Bettina Böhler et la productrice Bettina Brokemper.
   

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.arte.tv

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 23:00

Date de sortie 17 avril 2013

 

The-Grandmaster---Affiche.gif


Réalisé par Wong Kar-Wai


Avec Tony Leung Chiu Wai, Zhang Ziyi, Chang Chen,

Qingxiang Wang, Tielong Shang, Jin Zhang

 

Titre original Yut doi jung si

 

Genre Biopic, Arts Martiaux, Action


Production  Hong-Kongaise, Chinoise

 

The Grandmaster a fait partie de la sélection officielle hors compétition

du Festival du film de Berlin 2013 et en était le film d’ouverture.

 

 

 

The Grandmaster est inspiré de la vie de Ip Man (ou Yip Man), maître chinois de l'art martial, Wing Chun. Ip Man, né en 1893 et mort en 1972, est notamment connu pour avoir été le maître de Bruce Lee.

 

L'histoire du Wing Chun :

Le Wing Chun a été créé par une femme Yim Wing Chun, elle-même élève d'une nonne de Shaolin Ng Mui vers les années 1650.  Experte dans les techniques de Kung Fu, Yim Wing Chun se rendit compte qu'elle était physiquement défavorisée par rapport aux hommes, et plus particulièrement dans les coups et les blocages puissants.  À partir de cette constatation, elle mit au point une méthode originale de blocage basée sur des déviations et où la force physique intervenait très peu. Le principe consiste à dévier les coups tout en ripostant très rapidement et tout en maintenant le coude le plus près possible du centre afin de laisser le moins d'ouverture possible à une attaque.

 

Son enseignement du Wing Chun a été très populaire à l'époque et reste toujours un des arts martiaux les plus pratiqués dans le monde. L'histoire du maître chinois a connu plusieurs adaptations cinématographiques avant que  Wong Kar-Wai ne livre la sienne.

 

Wilson Yip a dirigé Ip Man et Ip Man 2 avec Donnie Yen dans la peau du célèbre maître et Herman Yau a réalisé Ip Man : la légende est née avec Dennis To dans le rôle principal.

 

Wong Kar Wai ne s’intéresse pas dans ce film à la seule vie de Ip Man. Il montre avec une certaine précision le fonctionnement des écoles de Wing Chun pour la période allant de 1936 à 1951, tout en respectant les spécificités de chaque école. Parallèlement le réalisateur s'arrête sur une partie de l'histoire de la Chine durant cette époque.

 

Ip Man a forgé sa légende de par sa lutte contre l'invasion japonaise dans la Chine des années 50 via l'enseignement de son art contre l'adversité et la brutalité de l'envahisseur.

 

 

The Grandmaster - Zhang Ziyi.The Grandmaster -

 

Synopsis

 

Chine, 1936.

 

Ip Man (Tony Leung Chiu Wai), maître légendaire de Wing Chun (un des divers styles de kung-fu) et futur mentor de Bruce Lee, mène une vie prospère à Foshan où il partage son temps entre sa famille et les arts-martiaux.

 

C’est à ce moment que le Grand maître Baosen (Qingxiang Wang), à la tête de l’Ordre des Arts Martiaux Chinois, cherche son successeur. Pour sa cérémonie d’adieux, il se rend à Foshan, avec sa fille Gong Er (Zhang Ziyi), elle-même maître du style Ba Gua et la seule à connaître la figure mortelle des 64 mains.

 

The-Grandmaster---Zhang-Ziyi-copie-1.gif

 

Lors de cette cérémonie, Ip Man affronte les grand maîtres du Sud et fait alors la connaissance de Gong Er en qui il trouve son égal.

 

Très vite l’admiration laisse place au désir et dévoile une histoire d’amour impossible. Peu de temps après, le Grand maître Baosen est assassiné par l’un de ses disciples, puis, entre 1937 et 1945, l’occupation japonaise plonge le pays dans le chaos.

 

Divisions et complots naissent alors au sein des différentes écoles d’arts martiaux, poussant Ip Man et Gong Er à prendre des décisions qui changeront leur vie à jamais…

 

The-Grandmaster.gif


Wong Kar-Wai a mis de longues années pour concrétiser ce grand projet qu'est The Grandmaster. Le réalisateur a parcouru la Chine afin de rencontrer des maîtres de Kung-Fu et d'arts martiaux pour peaufiner sa vision sur le sujet, s'inspirer de leur parcours, leur vécu et leur façon de vivre et de voir la vie. À noter que le cinéaste n'a lui-même jamais pratiqué le Kung-Fu. Par ailleurs, le tournage a connu de nombreux retards et contretemps, notamment à cause des blessures de Tony Leung qui s'est fracturé le bras deux fois consécutivement.

 

À la manière d'Akira Kurosawa, le sang, les corps blessés n'intéressent pas Wong Kar-Wai dans les combats; le réalisateur préfère se focaliser sur les gestes et la façon de bouger. Pour ce faire, le metteur en scène dessinait les scènes de combat et travaillait en étroite collaboration avec le chorégraphe Woo-Ping Yuen afin de préparer de façon très détaillée ces séquences.


Pour chorégraphier les combats d'un des plus grands maîtres d'arts martiaux chinois, il fallait le meilleur dans le domaine. Wong Kar-Wai a fait appel à Yuen Woo-ping .

 

The-Grandmaster-copie-1.gif.The-Grandmaster-Tony-Leung.gif


Le chef-opérateur de The Grandmaster n'est autre que le Français Philippe Le Sourd. L'artiste de la lumière a du métier, il a notamment travaillé sur Une grande année de Ridley Scott ou Sept vies de Gabriele Muccino. Philippe Le Sourd revient sur son expérience chez Wong Kar-Wai : "360 jours de tournage proprement dit, répartis sur trois ans. Avec des périodes de pause, bien sûr, qui servent à réfléchir à l'histoire, chercher des financements, trouver des décors ou achever leur construction. Au départ, il n'y avait pas de scénario. Je crois que Wong Kar-Wai a toujours travaillé ainsi : il écrit des histoires en fonction des personnages et des décors."


Wong Kar-Wai ne cache pas une de ses plus grandes inspirations, Sergio Leone. Comme une sorte d'hommage, le cinéaste utilise dans The Grandmaster le célèbre "thème de Deborah" composé par Ennio Morricone pour Il était une fois en Amérique.


Pour composer la musique de The Grandmaster, Wong Kar-Wai a de nouveau fait appel à un des plus grands compositeurs de musique de films, le Japonais Shigeru Umebayashi. Il s'agit de leur troisième collaboration après In the Mood for Love et 2046. Le musicien a également écrit la musique de Trishna, La Cité interdite ou Le Secret des poignards volants.

 

The-Grandmasters---Zhang-Ziyi.gif Zhang Ziyi


L'équipe de décorateurs menée par William Chang a mis 6 mois pour construire le décor du bordel, le Pavillon d'or. Une gare des années 30 a même été reconstituée en studio, un travail de titan.  Le seul tournage de la scène d'ouverture du film, le combat sous la pluie, a duré un mois, sept jours sur sept à raison de 15 heures par jour. 

 

The-Grandmaster---Tony-Leung.gif

 

Le tournage de la scène de combat entre Tony Leung et Zhang Ziyi s'est étalé sur un mois. Elle a ensuite nécessité deux années de travail au montage.  Celui-ci a également été tout aussi compliqué et plusieurs versions circulent déjà? Celle montrée en Europe est amputée de quinze minutes par rapport à celle diffusée en Chine. 

 

 Tony Leung The-Grandmaster---Tony-Leung-copie-1.gif

 

Le cinéaste Wong Kar-Wai et l'acteur Tony Leung collaborent pour la septième fois avec The Grandmaster. Tony Leung s'est entraîné de manière drastique pendant un an à raison de quatre heures par jour pour incarner le mieux possible le grand maître Ip Man. De plus, le comédien a déjà une solide formation de Kung-Fu.

 

Auparavant, les deux artistes ont tourné ensemble dans :

 


  
La très glamour Zhang Ziyi et le toujours très classe Tony Leung tournent pour la troisième fois ensemble avec The Grandmaster. Ils s'étaient déjà donnés la réplique dans le sulfureux 2046, déjà chez Wong Kar-Wai, et dans Hero, la fresque historique de Zhang Yimou

 

"La plume et l'image" vous propose un excellent article sur The Grandmaster

dont vous pouvez prendre connaissance en cliquant ICI.

 

 

Sources :

http://videos.arte.tv

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 23:00

 

Date de sortie 17 avril 2013


Desordres---Affiche.gif


Réalisé par Etienne Faure


Avec Isaach de Bankolé, Sonia Rolland, Niels Schneider,

Lucien Guignard, Jean-Christophe Bouvet, Dominique Frot,

Yannick Debain, Noé Nijenhuis, Delphine Montaigne

 
Genre Thriller


Production Française

 

 

Synopsis

 

Vincent (Isaach de Bankolé), professeur d’histoire-géo vient d’emménager avec sa femme Marie (Sonia Rolland) et leur fils dans une vieille demeure du sud-ouest de la France.


Nommé dans le lycée d’une petite ville, il aspire à une vie plus proche de la nature.


Marie, pianiste de renommée internationale, a décidé de le suivre à contrecœur dans cette nouvelle vie…

 

Desordres.gif


Très vite, Thibault (Niels Schneider), élève de Vincent commence à s’immiscer dans la vie du couple…

 

Etienne Faure est à la fois scénariste, producteur et réalisateur de Désordres. Membre de l'ARP (Société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs), il fait du cinéma depuis le début des années 1990.

 

Désordres est son troisième long métrage de fiction, après In Extremis en 2000 et Des illusions réalisé en 2009.

 
Le réalisateur, Etienne Faure, a choisi un genre spécifique pour son film, celui du thriller : "Le point de départ, c’était la manipulation, la complexité du rapport humain dans la possession et la dépossession d’une personne. Le thriller psychologique correspond bien à la façon de traiter ce sujet.
J’aimais l’idée de réunir plusieurs personnes dans un lieu relativement isolé, confiné, un peu comme un laboratoire des relations humaines.",
explique-t-il.


La maison tient une place essentielle dans le film, comme si elle était un personnage à part entière. Il y a dans cette décision un véritable choix artistique sur ce que représente cette maison. Elle est adossée à une falaise, imbriquée dans de la roche. Elle symbolise un enracinement total à l’endroit où elle se trouve.

 

Le film traite des racines au sens large, il fallait que cette maison soit à l’image des personnages qui défendent leur passé, leurs origines.

 

Desordres---Isaach-de-Bankole-et-Niels-Schneider.gif

 

Isaach de Bankolé et Niels Schneider

 

La forme relativement simple de la construction du scénario n’est qu’une façade. Ce qui intéresse Etienne Faure c’est la complexité de la nature humaine et notamment les thématiques que sont les secrets du passé, la dualité de notre personnalité et notamment l’ambiguïté sexuelle.

 

Et aussi, bien sûr, le fait d’être étranger quelque part, de vouloir s’approprier le bien d’autrui en sachant qu’il y aura toujours, à un moment donné, des personnes qui vont vouloir vous faire partir.


Le tournage s'est effectué en Dordogne. Il fallait une région qui soit très authentique puisque les personnages ont soif de nature en opposition à la vie parisienne. La Dordogne correspondait visuellement parfaitement à ce que souhaitait Etienne Faure. "Un paysage verdoyant et vallonné avec une architecture de maisons faites de vieilles pierres, très enracinées et rocailleuses. Après de longs repérages, il s’est avéré que cette région était idéale, surtout pour Un tournage en automne."


Le couple incarné par des acteurs de couleur n'a pas été décidé aumoemnt de l'écriture. Ce qui m’intéressait Etienne Faure, c’était de montrer un couple étranger à la région. Mais il aimait l’idée d’emmener le spectateur sur des fausses pistes, ainsi donc, c’était encoreintéressant que les acteurs soient de couleur d’autant que ce n’est pas le propos du film. "J’aime le métissage, j’avais envie de travailler avec des gens de toutes origines sans que ce soit le sujet du film. Ce qui serait formidable, ce serait qu’un jour on ne pose plus cette question." avoue le réalisateur.

Desordres---Niels-Schneider-et-Sonia-Rolland.gif

 

Niels Schneider et Sonia Rolland

 

À partir du moment où il a été décidé de confronter un couple métissé avec un jeune blanc, Etienne Faure a tout de suite été interpellé par certains comédiens. Il aime la filmographie d’Isaach de Bankolé. Il est allé le rencontrer à New York où il vit désormais. Ce qu’il dégageait, et aussi son envie et son talent que le metteur en scène entrevoyait en parlant avec lui, l’ont convaincu qu’il était le personnage.


Pour Sonia Rolland, comme tout le monde,
Etienne Faure a été séduit par sa beauté. Il a fait des essais avec elle et a vu qu’elle était extrêmement bonne comédienne et qu’elle serait parfaite pour interpréter ce personnage à la fois sensible et fort.

 

Desordres---Sonia-Rolland.gif


Sonia Rolland

 

Quant à  Niels Schneider il aurait pu le rencontrer il y a plusieurs années, au moment où il tournait Les Amours Imaginaires, qui lui a valu de recevoir, en 2011, le Trophée Chopard de la révélation internationale au Festival de Cannes. Etienne Faure connaissait Xavier Dolan avant qu’il ne soit metteur en scène, et lui avait parlé de ce jeune comédien. Mais la rencontre ne s’est pas faite à ce moment-là. C'est au moment du casting à Paris, que l’agent de Niels Schneider l’a contacté en lui disant qu’il souhaitait développer sa carrière en France. Une évidence pour Etienne Faure.

 

Desordres---Niels-Schneider.gif


Niels Schneider

 
"De manière générale, j’essaie toujours d’allier le talent des comédiens avec ce qu’ils dégagent en tant que personne. Il fallait que je sente qu’une complicité allait s’établir entre eux." reconnait le réalisateur. Il déclare également que
sa volonté de tourner son film avec une caméra numérique, moins encombrante, plus adaptée à ses décisions de mise en scèner avec une équipe relativement légère lui permet d’être très proches des comédiens. Les plans sont de plus en plus serrés sur les acteurs au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire. Une camera légère permet ce genre de mise en scène.

 

Le film est entièrement illustré par une musique originale. Il y a trois compositeurs. Etienne Faure souhaitai trois ambiances musicales différentes.

 

Desordres---Isaach-de-Bankole-et-Sonia-Rolland.gif.Desordres---Niels-Schneider-copie-1.gif


Une ambiance classique avec la partition de Laurent Pérez qui correspond plus au personnage de Sonia qui est une pianiste de Renommée internationale.

 

Une ambiance plus hip hop et un peu rap à la façon de Mister Modo et Ugly Mac Beer, qui est plutôt celle qu’écoute les jeunes protagonistes du film.

 

Et enfin une ambiance plus électro avec Aube L, qui apporte la couleur, la sensibilité et l’atmosphère du film.

 

Ce choix musical vient en opposition à la teneur très classique du genre thriller psychologique.

 
Désordres a été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux, parmi lesquels on peut citer :

 

- Festival Cinequest Film Festival (USA, San Jose, 2013)

- Festival Pula Film Festival (Croatian and European films, 2012)

- Festival du Cinéma du Monde de Montréal (Canada, 2012)

- Festival International du Film de Busan (Corée du Sud, 2012)

- Black Nights Film Festival de Tallinn (Estonie, 2012)

- Les rencontres professionnelles de L’ARP à Dijon (2012)

- Festival du Film de Sarlat (2012)

- Festival de Cinéma du Monde du Cap (Afrique du Sud, 2013)

 


 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.allocine.fr

16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 23:00


Date de sortie 17 avril 2013

 

Les Lendemains

 


Réalisé par Bénédicte Pagnot


Avec Pauline Parigot, Pauline Acquart, Louise Szpindel,

Victor Guillemot, Paul-Antoine Veillon, Martin Drouet,

Charlène Bourgeois, Martin Legros, Bertille Bodineau,

Marc Brunet,  Hélène Vauquois

 
Genre Drame


Production Française

Les film Les Lendemains a reçu le Prix du Public

au Festival Premiers Plans d'Angers en 2013.

 

Les-Lendemains---Pauline-Parigot.gif

 

Pauline Parigot

 

Synopsis

 

Bac en poche, Audrey (Pauline Parigot) décide de poursuivre ses études à la fac de Rennes.

 

Elle quitte le cocon familial. Son père (Marc Brunet), sa mère (Hélène Vauquois), son amie d’enfance, Nanou (Pauline Acquart),  son copain...

 

Au contact de sa nouvelle co-locataire, Julia (Fanny Sintès), elle découvre le militantisme politique. De désillusions en difficultés, Audrey croise le chemin des jeunes du GRAL, un groupe de squatters qui lui propose de vivre autrement et lui offre une nouvelle vision du monde.

 

Audrey choisit de partager leur expérience, de plus en plus radicale.

 

 
Pauline Parigot suit dès ses 13 ans des ateliers de théâtre, et continuera d’affirmer son goût pour l’interprétation tout au long de ses études à Rennes, puis en 2012 au Conservatoire d’Art Dramatique du 18è arrondissement de Paris. Le personnage d'Audrey dans Les Lendemains constitue son premier rôle au cinéma.

 

Pauline Acquart, dès son premier rôle en 2007 dans Naissance des pieuvres, réalisé par Céline Sciamma, marque les esprits par son interprétation d'une jeune fille en découverte de la sensualité. Confirmant ensuite à la télévision avec des rôles divers, on la retrouve au cinéma dans La Lisière, de Géraldine Bajard, puis Jeanne Captive, de Philippe Ramos.

 

Les Lendemains-copie-2

 

Les Lendemains n’est pas le premier film où Louise Szpindel incarne une jeune fille à la tension aussi palpable. Son rôle dans le film de Magaly Richard Serrano Dans les Cordes lui vaut le Prix d’Interprétation Féminine au Festival Premiers Plans d’Angers en 2006. Elle avait joué, en 2001 déjà, dans Fleurs de sang de Myriam Mézières et Alain Tanner. Régulièrement à l’affiche de courts-métrages, on l’a surtout vue dans une quinzaine de productions pour la télévision, notamment en 2008 dans Rien dans les poches de Marion Vernoux, Mafiosa 2 d’Eric Rochant, et en 2002 Des épaules solides d’Ursula Meier pour lequel elle remportait deux Prix d’Interprétation, à Genève et Séville.

 

Bénédicte Pagnot.a fai t ses études à l’ESAV. (École Supérieure d’Audiovisuel à l'université Toulouse le Mirail). Elle a été assistante de réalisation, régisseuse et chargée de casting sur des tournages en Bretagne où elle a choisi de s’installer après ses études.
C’est en 2001 qu’elle réalise son premier court-métrage, La petite cérémonie, primé par huit festivals. Puis elle écrit et réalise deux autres fictions courtes, La pluie et le beau temps en 2008, et Mauvaise graine réalisé en 2010. Également trois documentaires Derrière les arbres en 2004, Avril 50 réalisé en 2006 et Mathilde ou ce qui nous lie en 2010. En parallèle de son activité de réalisatrice, elle intervient dans des ateliers en milieu scolaire, universitaire et pénitentiaire.  

 

Les lendemains est son premier long-métrage de fiction. 

 

Les-Lendemains-copie-1.gifUn des points de départ n’était pas un fait divers, mais une idée de scène. Bénédicte Pagnot était dans un supermarché dans une petite ville et a imaginé deux filles, deux copines d’enfance qui n’auraient pas pris le même chemin. Elles fument toutes les deux dehors, devant la vitrine. L’une travaille au supermarché et l’autre voit sur le badge de sa copine que c’est son vrai prénom qui est écrit, alors qu’elle ne l’appelle que par son surnom.

 

S’ensuit une discussion sur le fait qu’on ne peut pas mettre son diminutif sur un badge de caissière. La scène a été longtemps dans le scénario mais Bénédicte Pagnot l'a retirée avant le tournage et l’a transposée dans un dialogue. À cette scène fondatrice s'est ajoutée son envie de raconter un parcours politique d'une jeune fille d'aujourd'hui.

 

Le film raconte l'histoire de celle qui est partie faire des études, celle qui n'a pas été obligée de devenir caissière.

 

Le film est très écrit et Bénédicte Pagnot avait un peu peur de l’illustration pure du scénario. Du coup, elle voulait aussi un peu de liberté, que l’on ressente ça. Elle demandait aux acteurs si les scènes sonnaient juste, et  cherchait avec eux, même dans les scènes les plus anodines – comme lorsque le petit ami d’Audrey visite son appartement, par exemple. Dans les scènes au squat, tout a été retravaillé sur place, réinventé avec les comédiens, réadapté au décor trouvé, improvisé à partir de situations réelles. Les-Lendemains-copie-4.gifDans la scène de discussion après la manifestation, Bénédicte Pagnot a donné des amorces de dialogues aux acteurs et ils disaient ce qu’ils voulaient. Elle a aussi modifié les personnages en fonction de ses rencontres : par exemple, Audrey devait initialement découvrir les squatteurs quand ils collent des affiches, mais en rencontrant Victor Guillemot, elle a changé le personnage de Gwen et le contexte de leur rencontre : Gwen ferait du jonglage et Audrey le regarderait ; ça allait dans le sens de l’idée d’Audrey spectatrice. Les regards des comédiens sont très importants pour la réalisatrice. Elle ne voulait pas de caméra qui bouge tout le temps. Souhaitait qu’on se pose, qu’il y ait des longs regards, des silences.

 

Bénédicte Pagnot avoue que l'intérêt dans le parcours de cette  jeune fille, était le basculement, la confrontation avec un autre monde. Souvent les personnages des films doivent quitter leur petite ville, ils arrivent dans une grande ville, posent leurs affaires et voilà ! comme si c'était toujours simple. Quitter son cocon, changer d'univers, faire des rencontres, c'est évidemment une ouverture, mais ce n'est pas toujours facile et les petits décalages peuvent devenir d'immenses fossés.

 

Dans Les Lendemains,  l'écart se creuse entre Audrey et sa co-locataire, Julia, qui ne jure que par les produits bio, alors qu'elle est obligée d'acheter des produits très bon marché. Ça n'a l'air de rien, mais c'est énorme.

 

Les-Lendemains-copie-3.gifBénédicte Pagnot a participé activement au Mouvement des chômeurs en 1998. Elle'était donc immergée dans plein de questions politiques. La question du chômage est toujours d'actualité, plus que jamais même, mais toutes ses interrogations de l'époque aussi : com- ment agit-on ensemble pour peser sur le monde ? Quand on se réunit, on croit qu'on est tous d'accord pour réinventer le monde, mais c'est forcément plus compliqué, parce que le politique c'est aussi une addition d'individualités. Avec le parcours d'Audrey, la réalisatrice avait envie de mettre en scène des questions qui l'intéressent toujours : les clivages sociaux, le collectif, l'utopie.

 

Bénédicte Pagnot voulait un passage de spectatrice à actrice, de la découverte à la décision. Elle avoue être très sensible aux personnages spectateurs du monde comme ceux de Juillet de Didier Nion. Un documentaire réalisé en 1998 dans lequel le réalisateur prend comme références "Au camping: la plage et la pêche aux crevettes, le crachin normand, le Tour de France... Les jours qui passent et suscitent les confidences, les souvenirs qui reviennent, et l'été qui s'en va." La réaliatrice a également pensé à Beppie, la petite fille du documentaire éponyme de Johan van der Keuken.

 

Longtemps le projet de Bénédicte Pagnot s'est appelé Une fille sans histoires, parce que c'est comme ça qu'on pourrait décrire Audrey au début du film - ou comme ça que les journaux pourraient titrer au moment de son procès.


Les-Lendemains-copie-6.gifLe film a mis près de neuf ans à voir le jour. Dont quatre ans consacrés à l'écriture. Bénéficiant de l'Avance sur Recettes du CNC et du soutien de la région Bretagne, il a en partie été financé grâce aux nombreux soutiens en provenance de chaînes de télévision et sociétés de production locales.

 

La première partie du film est volontairement claire et explicative. La deuxième est plus elliptique parce que tous les repères d'Audrey partent en fumée, d'où le fait que les parents d'Audrey et Nanou, sa copine d'enfance, y sont presque toujours hors-champ. Pour la réalisatrice, le basculement d'Audrey se produit juste après la réunion familiale de Noël où elle regarde son père, devenu chômeur, fumer une cigarette seul dehors. Elle ne supporte pas la souffrance silencieuse de son père.

 

Pauline Parigot est idéale dans le rôle d'Audrey, entre insouciance et dureté. Elle correspondait parfaitement au personnage. Elle est originaire de Rennes, ville où le producteur Gilles Padovani et  Bénédicte Pagnot vivent et travaillent. Elle avait eu son bac un an plus tôt et, après quelques mois dans un IUT de logistique à Saint-Nazaire, elle a décidé d'aller à Paris avec l'envie d'être comédienne, puis elle a passé le casting dirigé par Christel Baras. La jeune comédienne avait gardé l'insouciance, le côté "j'ai mon bac, c'est énorme !" mais apportait une grande force au personnage et un pétillement grâce à son regard et son sourire.

 

Les-Lendemains---Pauline-Parigot-copie-1.gif

 

Les comédiennes âgées de quelques années de plus que Pauline disaient comprendre très bien la seconde partie du film, mais être moins intéressées par la première. Pauline avoue exactement le contraire ! Elle a demandé : "pourquoi Audrey fait ça dans la seconde partie?". C'est pour cela que le film a été tourné dans la chronologie, pour coller à ce basculement, à ce sourire des débuts qui disparaît, à ce regard qui s'assombrit.


La maison de production a encouragé les particuliers à investir et produire le film s'ils le souhaitaient via un site professionnel, nommé Touscoprod - un appel à l'offre relayé par la page Facebook officielle du film. La somme espérée a finalement été atteinte.
 
Les Lendemains fait partie des rares longs métrages français initiés hors de Paris. Il a été produit, réalisé, et tourné en Bretagne, puis monté et finalisé par une société basée à Rennes. Le tournage de fiction le plus discret de l’Ouest a commencé, à Rennes, à l’Université, à la Maison des Associations, ou dans un supermarché. L’équipe technique du film est très légère : une douzaine de techniciens , sans aucune machinerie et avec très peu de lumière. Un choix dicté par les contraintes économiques ? Gilles Padovani, le producteur, s’en défend : "Si on avait eu plus d’argent, on aurait pu mieux payer les gens, mais on n’aurait pas changé ce parti pris. Bénédicte préfère travailler dans une approche proche de celle du documentaire, sans être trop encombrée par la technique." La contrepartie de cette économie de moyen est un luxe en matière de temps : 8 semaines de tournage. Pour un film à petit budget, c’est exceptionnel. Le choix de tourner en numérique, avec une Sony F3 qui fait des miracles dans les faibles expositions, et celui du chef opérateur, Matthieu Chatellier, qui a réalisé plusieurs documentaires, vont dans le même sens. "Je n’aime pas les grosses équipes, ajoute Bénédicte Pagnot, avec 10-12 techniciens, je peux rester proche des uns et des autres, ça me donne davantage de souplesse et de temps pour travailler avec les comédiens, répéter et même improviser. Ça me permet aussi de tourner dans un milieu "réel " avec de "vrais" gens :  une manif, un piquet de grève." Cela amène aussi une ambiance étonnamment détendue sur le plateau. Bénédicte fait peu de prises, pas plus de 6 ou 7, mais souvent longues. Les biceps du perchman se souviennent d’une scène improvisée qui a duré 17 minutes.

Pour les besoins d'une scène, l'équipe de tournage a investi les locaux de "Niji", une entreprise de convergence numérique qu'ils ont entièrement transformée en salle de rédaction d'un journal. Les décorateurs ont usé d'artifices pour mettre l'open space à sac, taguer et brûler les murs. Le lendemain, c'était comme s'il ne s'était rien passé. L'entreprise a souhaité d'elle-même soutenir ce projet revendicatif à l'essence purement bretonne, mais aussi souligner le côté fédérateur d'une telle expérience pour ses employés, qui ont pu assister au tournage.

 

Les scènes dans le squat sont le nœud du film... "Pour le squat j'avais besoin d'être ailleurs, de ne pas rentrer chez moi le soir, de vivre avec l'équipe une expérience collective, de re- trouver une forme de liberté dont je m'étais moi-même privée dans la première partie du film. Le décor qu'on a trouvé m'a beaucoup inspirée et la taille réduite de l'équipe m'a permis d'avoir une grande proximité avec le groupe d'acteurs." avoue Bénédicte Pagnot.

 

Les-Lendemains-copie-5.gif

 

Ce squat incarne l'idée du politique, qui est d’en pointer les nuances et les contradictions...
C’est la force du cinéma de pouvoir raconter des histoires complexes, de mêler un parcours individuel et une réflexion politique.
Bénédicte Pagnot veut croire en la politique mais il y a un problème de temporalité : "je sais que c’est long de changer les choses, comme répartir le travail ou investir dans l’éducation, mais dans le même temps, le monde va très vite. D’où ces confrontations entre plusieurs attitudes et générations dans le film : l’attentisme des parents, les étudiants, le syndicalisme à l’ancienne, l'autogestion... Quand on est désespéré ou qu'on a du mal à trouver sa place, oui, on peut choisir la radicalité." selon la réalisatrice.


Dans la note d’intention du film la réalisatrice cite,  Anne-Marie Schwarzenbach : "la caractéristique de la jeunesse n’a-t-elle pas toujours été de vouloir l’incroyable, d’essayer d’atteindre l’inaccessible, de juger possible l’impossible ?"

 

Comment lire la dernière scène du film à l’aune de cette citation ? Il faut la voir comme de l’espoir, pour Audrey et la jeunesse en général.

 

Même si c'est dur, tout n’est pas bouché. Au tournage, Bénédicte Pagnot a demandé à Pauline d’avoir le regard frondeur.

 

À la fin du film, elle a forcément changé, mais elle n'est pas soumise et nous oblige à nous interroger.

 



Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.animenbretagne.com

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

 

Welcome

 

"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

en travaux forcés !"

 
François Truffaut

 

 

 

Recherche

Quelques coups de cœur 

 

 

Pour lire l'article consacré au film,

un clic sur l'affiche.

Bonne visite !

En 2016.

 

Lrs InnocentesEl Clan

 

 

 

 

 

 

TempêteLes Délices de Tokyo (An)

 

....

 

 

 

Rosalie BlumNo land's song

 

 

 

 

 

 

La saison des femmes (Parched)Julieta

 

 

 

 

 

Chala, une enfance cubaine (Conducta)Red Amnesia

 

 

 

 

 

 

Toni ErdmannTruman

 

 

 

 

 

 

Le fils de Jean

Divines

.....

 

 

 

 

 

 

Frantz

 

 

 

 

 

 

Juste la fin du mondeAquarius

 

 

 

 

 

 

 

Une vie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2015.

 

..Mon Fils - Eran Riklis..Gente de Bien.La Maison au toit rouge.La Tête Haute.Une Femme Iranienne "Aynehaye Rooberoo". Facing Mirrors.Une seconde mère "Que Horas Ela Volta ?".Mustang.La Belle saison.Aferim !.La dernière leçon.Ni le ciel ni la terre.Les chansons que mes frères m'ont apprises.Fatima...Mia Madre

 

 

 Mes dernières critiques ... Cliquez ICI !

Depuis 2010. Films vus et commentés.

- En 2010 - Cliquez ICI

- En 2011 - Cliquez ICI

- En 2012 - Cliquez ICI

- En 2013 - Cliquez ICI

- En 2014 - Cliquez ICI

- En 2015 - Cliquez ICI

- En 2016 - Cliquez ICI

 

 

Voir et revoir..........................................Voir et revoir.........................................Voir et revoir....................

 

Pandora "Pandora and the Flying Dutchman".Umberto D.La chevauchée des Bannis.Loin du Paradis.Une journée particulière.Le procès de Viviane Amsalem "Gett".Tout ce que le ciel permet.

 

 

Luchon. Reine des Pyrénées. Cliqez ICI.