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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 20:30

 

Date de sortie 18 décembre 2013

 

Suzanne---Affiche.gif


Réalisé par Katell Quillévéré


Avec  Sara Forestier, François Damiens, Adèle Haenel, Paul Hamy,

Corinne Masiero, Anne Le Ny, Karim Leklou


Genre  Drame


Production Française

 

César 2014

 

Meilleur second rôle féminin : Adèle Haenel 

 

Après Un poison violent, Suzanne

est le deuxième long métrage de Katell Quillévéré.

 

L’idée de mettre en scène Suzanne est née dans les lectures de Katell Quillévéré.

 

"Quand mon compagnon lisait beaucoup de livres sur les ennemis publics français comme Mesrine, Besse, Vaujour, il m’a offert les autobiographies de leurs compagnes. J’étais fascinée par l’attitude de ces femmes à la fois extrêmement courageuses mais aussi dans une soumission presque suicidaire à leurs hommes. Dans leur livre, elles consacrent toujours le premier chapitre à leur enfance et leur adolescence pour y chercher, sans vraiment les trouver, des événements qui donneraient du sens à leur parcours, expliqueraient cette rencontre amoureuse déterminante. Pourquoi tombent-elles tout d’un coup sur cet homme-là, s’y enchaînent et se révèlent capables d’introduire des explosifs dans une prison ou d’apprendre à conduire un hélicoptère pour le faire évader ? Leur trajectoire pose la question du destin et du hasard. Parallèlement, j’ai toujours beaucoup aimé la forme américaine des biopics comme Bird, Bound for Glory, Coal Miner's Daughter ... Dans ma tête a alors commencé à germer l’idée de construire le biopic d’une inconnue qui s’enchaîne à un amour, au point de tout abandonner pour lui.", confesse la réalisatrice.

 

 

Synopsis

 

Fille-mère à l'adolescence, Suzanne (Sara Forestier) vit avec son père routier (François Damiens) et sa sœur, Maria (Adèle Haenel) dont elle est inséparable.

 

Sara Forestier et Adèle Haenel Sara-Forestier-et-Adele-Haenel.gif

 

 

Sa vie bascule lorsqu'elle tombe amoureuse de Julien (Paul Hamy), petit malfrat qui l'entraine dans sa dérive.

 

Suzanne----Sara-Forestier-et-Paul-Hamy.gif Sara Forestier et Paul Hamy

 

S'ensuit la cavale, la prison, l'amour fou qu'elle poursuit jusqu'à tout abandonner derrière elle...

 

Le film est construit sur des ellipses qui renforcent l'implication du public dans l’histoire car elles nous poussent à imaginer ce qu’a traversé Suzanne pendant ce temps-là, notamment quand on la retrouve avec son enfant qui a déjà trois ans...

 

Suzanne - Sara Forestier et Paul Hamy


Katell Quillévéré reconnait : "Oui, la construction d’un récit fondé sur l’ellipse était un des paris de ce film. Avec Mariette Désert, ma co-scénariste, puis Thomas Marchand, mon monteur, nous avons voulu créer un hors-champ très puissant qui rende le spectateur actif et lui permette de nourrir les trous de l’histoire avec sa propre expérience. On a en effet choisi de faire apparaître le petit Charlie, le fils de Suzanne, à trois ans plutôt que de filmer sa naissance. Je trouvais plus cinématographique de montrer cette adolescente devenue mère en une coupe. La brutalité d’une ellipse peut exprimer, mieux que tout, le bouleversement provoqué par un événement. Le film parle aussi de choses universelles, qui touchent profondément au vécu de chacun. Tout le monde peut se représenter ce que cela implique d’avoir un enfant à dix-sept ans. Assez vite, on s’est dit aussi qu’on ne filmerait pas la cavale des amoureux, c’était trop attendu, déjà beaucoup vu au cinéma. À ce moment-là de l’histoire, il est plus intéressant d’être du côté de ceux qui restent, de travailler le personnage de Suzanne par le négatif."

 

On pressent d’emblée que la rencontre avec Julien va avoir des conséquences dramatiques sur Suzanne. Mais elle doit vivre cette histoire. Il y a vraiment de l’amour entre eux...


On retrouve la question du destin, avoue la réalisatrice. "Parfois, de manière irrépressible, on a quelque chose à vivre, avec tout ce que cela comporte de violent, de chaotique...

 

Rétrospectivement, je me dis qu’il y a un tel manque d’amour en Suzanne qu’il faut qu’elle le remplisse avec cet homme-là.

 

Elle n’a pas le choix, elle doit en passer par là, même si cela implique ce geste extrême et tabou d’abandonner son enfant. L’enjeu était de réussir à être au-delà du jugement et de la morale, de construire un récit affectif, de faire circuler en permanence de l’amour entre les personnages, que le spectateur le ressente et que cela provoque suffisamment d’empathie en lui pour qu’il ait envie d’accompagner Suzanne, telle qu’elle est, dans toute son ambivalence."

 

Suzanne---Sara-Forestier.gifOn a l’habitude de voir Sara Forestier dans un registre plus expansif. Ici, elle est presque à contre-emploi...
"Le personnage de Suzanne exigeait une pudeur dans l’interprétation, Sara Forestier en était la première convaincue. À partir de là, notre collaboration fut évidente et passionnante. C’est une actrice incroyable, d’une intensité rare, capable d’endosser des situations de jeu très violentes. Et en même temps, elle est très lumineuse, ce qui était un atout énorme pour le personnage, car je savais que le film était potentiellement très sombre. Je savais que sa lumière et son énergie, une fois canalisées, apporteraient le souffle de vie nécessaire au film. Pendant le tournage j’étais fascinée par la maturité émotionnelle de cette jeune femme de 25 ans. Elle pouvait tout exprimer, la violence de la passion amoureuse, la douleur du deuil, les joies de la maternité, comme si elle avait déjà eu cent vies." déclare Katell Quillévéré.

 

Concernant Adèle Haenel, la réalisatrice l’avait vue petite dans Les Diables de Christophe Ruggia, puis dans La naissance des pieuvres de Céline Sciamma et L’Apollonide de Bertrand Bonello. Elle avait envie de travailler avec elle depuis longtemps. "C’est une actrice et une personne hors du commun. Elle a tellement de profondeur, que c’était passionnant de l’emmener du côté de la légèreté. Je savais que cette frivolité Suzanne - Adèle Haenelque je cherchais pour Maria ne serait jamais creuse, qu’elle saurait faire émerger la mélancolie, le drame derrière ses rires. J’avais aussi envie de mettre en valeur sa fantaisie, car c’est une fille très drôle. Je l’ai surtout invitée à se lâcher. J’ai gardé beaucoup de ses propositions pendant le tournage." avoue la réalisatrice.

 

Pour le choix de François Damiens, Katell Quillévéré déclare l'avoir beaucoup aimé dans La Famille Wolberg  et ensuite, a découvert sa veine comique, avec les caméras cachées qui l‘ont rendu célèbre en Belgique. "Il me fait tellement rire, il a du génie, c’est un acteur hallucinant. Je trouve qu’il a l’envergure des comédiens comme Jean Yanne dans Nous ne vieillirons pas ensemble , Guy Marchand, ou Pialat lui-même. Il renouvelle quelque chose dans son physique, dans son rapport au jeu, dans son émotivité, très sincère, brute. Il me touche profondément, je ne voyais personne d’autre que lui pour jouer Nicolas."

 

Paul Hamy n’est pas du tout comédien à la base, mais était déjà présent à l'affiche du film d'Emmanuelle Bercot, Elle s'en va, aux côtés de Catherine Deneuve. Katell Quillévéré souhaitait que Julien soit un inconnu, que ce personnage fasse la jonction esthétique entre la fiction et la part plus documentaire du film. C’est donc par le biais d’un casting sauvage qu'elle l’a découvert. Prendre un non professionnel pour un rôle aussi important était un pari très dangereux.  

 

"Si l’histoire d’amour entre Suzanne et lui ne marchait pas, si on se demandait ce qu’elle faisait avec lui, le film tombait. Ce fut un long chemin pour le trouver et me dire que c’était lui, on beaucoup travaillé, préparé... Paul a une présence magnétique à l’écran et une intuition de jeu extraordinaire. Il a tout pour devenir un grand comédien. " reconnait la réalisatrice.

 

Suzanne---Paul-Hamy.gif

 

Paul Hamy


Le temps passe subtilement sur les décors...

Anna Falguères, la chef décoratrice, et la réalisatrice ont décidé de ne pas être dans la représentation d’une époque mais dans son ressenti, son évocation. Un objet, une matière, le choix d’un papier peint suffit à la suggérer. "On pensait que ce serait réussi si on ne se posait aucune question. Je voulais que les choses coulent, qu’on enregistre presque inconsciemment les petits indices du temps."

 

Suzanne, c’est aussi l’héroïne d’À nos amours ...  un film culte pour la réalisatrice, et pour son producteur Bruno Levy. "Avant chaque tournage, je revois plusieurs Pialat, c’est un repère. Quelque chose de très profond me relie à son cinéma. Avec le recul, c’est la relation d’amour presque incestueuse entre Suzanne et son père qui m’a marquée dans  À nos amours. De manière très souterraine, mon film est aussi l’histoire d’une jeune fille qui essaye d’échapper à l’amour trop fort de son père." avoue Katell Quillévéré.

 

Mon opinion

 

 

Avec Katell Quillévéré, toute jeune réalisatrice, une chose  est certaine. Le  cinéma français se porte bien ! Après le succès de, Poison violent, son premier long-métrage, cette deuxième réalisation est une parfaite réussite.

 

Un scénario judicieux et accompli. Une réalisation sans faille. L'histoire, renversante d'une jeune femme issue d'un milieu modeste. Quelques écrans noirs font basculer les époques et, par des ellipses parfaitement réussies, la trame avance sur les vingt années de la vie de Suzanne. L'amour et ses dangers. Aveuglement et passion totale. Abandon de soi. L'espoir, plus fort que tout. À la fois tendre et cruel, doux et violent. Ténébreux et lumineux. La noirceur du sujet reste en retrait face à la force des sentiments chez des gens comme tout un chacun, et finalement extraordinaires. Ce n'est pas si courant !

 

Pas d'effets spéciaux. Peu de bruit. Les dialogues sont justes et laissent souvent la place à des regards qui en disent long. Magnifique portraits de ces acteurs qui incarnent les personnages de ce drame intense et qui touche au cœur.

 

La grande réussite vient aussi de la prestation de l'ensemble des comédiens. Tous indispensables, de l'apparition d'Anne le Ny à Corinne Masiero, impeccable dans le rôle d'une simple avocate. Une nouvelle "gueule" dans le cinéma français avec Paul Hamy. Pour un non professionnel il a tout pour devenir un grand. François Damiens m'a ému aux larmes. Sarah Forestier et Adèle Haenel toutes deux justes et touchantes, trouvent ici des rôles à la hauteur de leur talent respectif.

 

Un très grand moment de cinéma.

 

 


 

Sources :

http://www.unifrance.org - Propos recueillis par Claire Vasse

http://www.allocine.fr

18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 18:00


Date de sortie  18 décembre 2013

 

Angelique---Affiche.gif


Réalisé par  Ariel Zeitoun


Avec Nora Arnezeder, Gérard Lanvin, Tomer Sisley,

David Kross, Simon Abkarian, Matthieu Boujena,

Florence Coste, Michel Carliez, Mathieu Kassovitz

 
Genre Historique, Aventure


Production Française

 

Angelique---Nora-Arnezeder.gif

 

Nora Arnezeder

 

Entretien avec Anne Golon

Extrait du dossier de presse.

 

 

Quelle a été votre réaction lorsque Ariel Zeitoun vous a fait part de son désir d’adapter Angélique ?

"Je le connaissais de réputation. Je savais qu’il était apprécié dans le milieu - j’avais d’ailleurs vu certains de ses longs métrages et aimé ses choix : c’est un producteur et un metteur en scène qui ne se complaît pas dans la facilité. Je sentais qu’il avait aimé mes livres et qu’il avait son idée sur le film qu’il voulait en tirer. J’ai eu assez vite envie de lui faire confiance."

 

Comment se déroulaient vos entrevues ?
"Ariel venait me voir à Versailles. Il arrivait en moto. Entre lui et moi, cela a souvent été de longs silences. C’est quelqu’un de secret et, de toute façon, personne n’est jamais bavard dans ce genre d’histoire : l’auteur veut tester l’envie du metteur en scène, sa sincérité. Le metteur en scène a ses propres idées à défendre. Il faut réussir à s’entendre sur l’opportunité de faire ou non le projet. Chacun se dit : "Pourvu qu’il (ou elle) me comprenne !" - bien qu’on sache très bien que c’est seulement le temps qui donnera la réponse. Au fond, le passage entre écriture et adaptation cinématographique reste mystérieux."


Vous ne vous êtes jamais cachée de ne pas avoir aimé les adaptations que Bernard Borderie avait tiré de vos films dans les années soixante. Vous sentiez-vous échaudée ?

"Pas échaudée, non, mais circonspecte. De façon générale, le cinéma éprouve une très grande méfiance envers les auteurs. C’est dommage mais c’est ainsi. Donc, a priori, on est un peu sur ses gardes. Cela dit, il est vrai que Bernard Borderie et moi, ou plutôt ses scénaristes et moi, ne nous sommes pas entendus. J’entends encore Daniel Boulanger me parler d’Angélique : "C’est une petite putain qui veut se farcir tous les hommes"... À ces mots, je me suis levée et j’ai quitté la pièce. Il y a vraiment eu rupture entre nous et j’ai compris, dès ce moment, que le film ne serait pas fidèle aux livres. Je n’ai évidemment pas assisté à la première, je n’y étais d’ailleurs pas conviée mais j’ai quand même été relativement satisfaite par la suite de voir que Bernard Borderie avait modifié son point de vue – Michelle Mercier est finalement assez innocente. Le public avait été content et en gardait de bons souvenirs. D’une certaine manière, et même si je n’approuvais pas, Angélique poursuivait sa vie."

 

Angelique---Gerard-Lanvin.gif


Gérard Lanvin


Les aventures d’Angélique ont été vendues à plus de 150 millions d’exemplaires dans le monde...  

"C’est, en effet, le chiffre qui circule. Et sans doute est-il encore en dessous de la réalité. Ce qui ne signifie pas pour autant que je sois devenue riche. Durant des années, j’ai été victime d’éditeurs peu scrupuleux. Quand je réclamais des comptes, on me traitait de folle. Ce n’est qu’au terme de douze longues années de procédure que j’ai pu récupérer mes droits. Mais pas l’argent qui m’était dû. Quelque chose me disait que le projet d’Ariel ne me trahirait pas et qu’avant mes 100 ans, j’en ai 91 aujourd’hui, j’aurais la chance de voir une version cinématographique d’Angélique correspondant enfin à mes attentes. Voilà qui est fait : grâce au film, j’ai le sentiment d’une nouvelle vie qui commence."


Ariel Zeitoun a modifié l’âge de Joffrey de Peyrac. Il a la quarantaine dans votre livre. Lui en a fait un presque sexagénaire. Aviez-vous discuté de cela ensemble ?

"Je me moque de cette histoire d’âge ! Pas un seul moment je n’y ai pensé. Je vois un homme en pleine force de l’âge, qui réussit son duel, qui réussit son histoire amour... Je vois un acteur qui remplit le rôle de façon remarquable, un type qui est très jeune, à mes yeux, étant donné tout ce qu’il peut faire... C’est sa voix ! C’est son rire ! Je me dis : Voilà Peyrac ! C’est mon Joffrey de Peyrac, et j’en suis contente comme ça."

 

Angelique----Nora-Arnezeder--Gerard-Lanvin.gif


Nora Arnezeder et Gérard Lanvin


Comment avez-vous réagi en découvrant Nora Arnezeder, l’interprète d’Angélique ? 

"J’ai éprouvé le même plaisir : ces deux acteurs sont une espèce de miracle qui me fait dire qu’Ariel Zeitoun est le roi du casting. Nora Arnezeder a le tonus d’Angélique. Elle a sa jeunesse et son courage. Elle semble droit sortie du 17ème siècle et, en même temps, elle a le coté contemporain de mon héroïne."


Une contemporanéité sur laquelle la saga insiste d’ailleurs beaucoup.
"Oui, mon ambition à l’époque était de faire à la fois le portrait d’une femme du 17ème siècle, dans le cadre d’un roman historique, et celui d’une femme de notre temps. C’était valable dans les années cinquante lorsque je l’ai écrit. Et ça l’est curieusement toujours. Angélique devait affronter des problèmes de son siècle et ceux du nôtre. Rappelons-nous que, dans ces années-là, la littérature ne s’intéressait guère aux femmes : les héros étaient masculins ou n’étaient pas."

 

Angélique serait donc née en réaction à la misogynie de l’époque ?
"Je ne m’en rendais pas compte. J’avais déjà écrit quelques livres et signé quelques scénarios (sous le pseudonyme de Joëlle Danterne). Puis j’ai lu Autant en emporte le vent et j’ai été intéressée par cette héroïne et la façon de raconter la guerre de Sécession. Je me suis dit que la période de la moitié du XVIIème siècle avait été peu exploitée, et même qu’elle semblait ennuyeuse. J’ai décidé de l’explorer tout en posant des problématiques modernes. Épisode après épisode, je n’ai jamais lâché les guides : je suivais parallèlement mon époque."


En France, Angélique a souvent été crédité de votre nom et de celui de votre mari, Serge Golon. Quelle a été sa part dans ces ouvrages ?

"Il faisait de la documentation; un très gros travail, indispensable pour comprendre comment les gens vivaient à cette époque. Il traversait une période de chômage et m’a beaucoup aidée à m’initier à ce siècle. Mais si son nom a été crédité dans l’édition française (le premier livre d’Angélique avait été publié un an auparavant en Allemagne sous le nom d’Anne Golon), c’est parce que notre agence et l’éditeur l’ont imposé, prétendant qu’un nom d’homme ferait « plus sérieux ». Personne paraît-il, n’aurait pu croire qu’une femme seule ait pu écrire tout ça."

 

Dans un certain sens, on pourrait dire que l’Angélique, que filme Ariel Zeitoun est votre porte-parole : elle prend son destin en mains, ce n’est plus du tout la femme objet de chez Bernard Borderie.

"Oui. Elle est beaucoup plus intéressante. Beaucoup plus fidèle au modèle original. Dès nos premières rencontres, j’avais senti qu’Ariel n’éprouvait aucune misogynie à son égard. Et cela m’avait plu."

 

Angelique---Mathieu-Kassovitz.gif Mathieu Kassovitz

 

Qu’avez-vous pensé des autres acteurs : Simon Abkarian, qui interprète l’avocat Desgrez, et Mathieu Kassovitz qui joue Nicolas / Calembredaine ?

 

"Même si Jean Rochefort sortait du lot dans le film de Borderie, je trouve l’interprétation de Simon Abkarian plus proche de mon livre. Quant au personnage de Nicolas, il était capital de ne pas le rater. C’est un rôle difficile et important : il justifie qu’Angélique trouve la force de survivre et de continuer de se battre malgré tout ce qu’elle a vécu."


La Cour des Miracles sur laquelle règne Nicolas résonne elle aussi de façon très actuelle. Ariel Zeitoun ne cache pas qu’en la filmant, il fait référence aux Indignés et aux sans domicile fixe.

"Et en cela, il rejoint là encore mes préoccupations d’auteure. Il y a une autre dimension qui me plaît énormément dans son film : c’est l’importance qu’il accorde à la religion à travers la profession de foi de Peyrac. C’est un aspect d’Angélique qui a été mis à l’Index au moment de la sortie du livre parce que c’était alors extrêmement subversif. Et, à dire vrai, ça l’est resté. Que dit Peyrac ? Que chacun est libre d’avoir sa propre foi en dehors des cadres fixés. Et Ariel a gardé ces dialogues. Ils sont très importants pour moi."

 

David Kross Angelique---David-Kross.gif


Dans quel état se trouve-t-on en découvrant une adaptation de son œuvre ?
"Moins fébrile que ne l’était Ariel : il était mort de peur à l’idée de mes réactions. J’ai retrouvé l’esprit de mon livre, sa rigueur historique, son ambiance, sa noirceur et sa dureté ; son héroïne. Quand je vois Nora Arnezeder dans sa robe d’or faire la révérence au Roi, je suis bouleversée. C’est magnifique, c’est une merveille !"


Avez-vous le sentiment d’une réhabilitation ?
"Oui. Maintenant, je peux mourir parce que j’ai vu mes deux héros incarnés, qu’ils sont à la fois du 17ème siècle et de notre siècle. Comme je les ai toujours imaginés."

 


Synopsis--copie-1.gif

 

Mon opinion :

 

 

Selon une interview parue dans le dossier de presse, l'auteure, Anne Golon, avait vu certains longs métrages du réalisateur Ariel Zeitoun, et aimé ses choix. Elle ne précise pas lesquels.

 

Dès le départ, l'ensemble de cette nouvelle Angélique est assez confus. Tout ce qui pourrait construire une base solide s'émiette au fil des premières minutes. Nul doute, cependant, quant à la motivation du réalisateur. Ne serait-ce que dans celle de vouloir nous donner une autre vision que celle de cette autre Angélique, multi rediffusée et que nous avons tous vue, au moins une fois.

 

Il fallait oser, pour relever le défi, et creuser pour tenter de créer un nouvel intérêt. La mise en scène reste formelle et se perd dans des détails frisant souvent le grotesque, parfois assortie à des dialogues d'un ridicule confondant. En particulier, la scène qui se voudrait dévoyée, et qui n'a d'autre effet que celui de faire bailler.

 

Les points forts du film, mais à peine mis en valeur, résident dans quelques passages qui peuvent étrangement faire penser à notre époque. Entre autres, toutes ces ombres qui se cachent derrière un certain pouvoir mais qui, de fait, mènent la danse. Secrets d'État, attention, danger !

 

Je retiens aussi, les costumes d'Edith Vesperini et Stéphan Rollot. Certains décors de Patrick Durand, mais également la photographie de Peter Zeitlinger.

 

La très longue scène d'amour, tout au long éclairée de flambeaux, est visuellement assez réussie.

 

Nora Arnezeder, est sensuelle à souhait, très belle également.

Gérard Lanvin, convaincant, en dépit d'une perruque improbable, incarne ici un Joffrey de Peyrac, d'un humanisme trop appuyé. Réellement défiguré et plus âgé que ne l'était Robert Hossein dans les premières versions, il fait preuve, une nouvelle fois, d'une virilité et d'un naturel, incontestables. Il donne son maximum pour sauver ce qui pourrait l'être. Hélas ce n'est pas assez.

 

Trop de longueurs, trop de bruit pour rien. Pas assez de colère. Tout ce qui se voudrait novateur se noie dans des effets lourds et sans intérêt. Le reste, qui tente de nous renvoyer à des images du XVIIème siècle, manque cruellement "d'action, de sentiments, de duels, de poisons et de trahisons" comme Ariel Zeitoun le décrivait en parlant de cette époque qu'il semble affectionner.

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.lexpress.fr

15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 20:00

 

Date de sortie 11 décembre 2013

 

All-is-lost---Affiche.gif


Réalisé par  J. C. Chandor


Avec Robert Redford


Genre Drame, Aventure


Production Américaine

 

All Is Lost est le second long métrage du réalisateur américain J.C. Chandor. En 2011, ce dernier avait écrit et réalisé Margin Call, pour lequel il avait été nommé à l'Oscar du Meilleur scénario original.

 

All Is Lost a été présenté Hors Compétition au Festival de Cannes 2013.

 

Il a également été sélectionné en compétition au Festival du cinéma américain de Deauville, où il a remporté le

- Prix du Jury, ex-aequo avec le film Stand Clear of the Closing Doors.

 

J. C. Chandor ne cache pas qu'il a eu plusieurs influences dans l'écriture de son scénario. La principale réside dans Du Vieil homme et la mer, un court roman d'Ernest Hemingway, racontant la lutte d'un vieux pêcheur contre un marlin.

 

Golden Globes 2014 :

-  Meilleure bande originale Alex Ebert

 

Synopsis

 

Au cours d'un voyage en solitaire à travers l'Océan Indien, un homme découvre à son réveil que la coque de son voilier de 12 mètres a été percée lors d'une collision avec un container flottant à la dérive.

 

Privé de sa radio et de son matériel de navigation, l'homme se laisse prendre dans une violente tempête. Malgré ses réparations, son génie marin et une force physique défiant les années, il y survit de justesse.

 

Avec un simple sextant et quelques cartes marines pour établir sa position, il doit s'en remettre aux courants pour espérer se rapprocher d'une voie de navigation et héler un navire de passage.

 

Mais le soleil implacable, la menace des requins et l'épuisement de ses maigres réserves forcent ce marin forcené à regarder la mort en face.

 

All-is-lost---Robert-Redford.gif

 

À l’image de certains réalisateurs comme Raphaël Nadjari, J. C. Chandor a pris le pari d’écrire un scénario minimaliste. Pour All Is Lost, ce dernier n’excédait pas 30 pages et ne présentait aucun dialogue : "Quand J.C. m’a répondu que c’était le scénario dans sa totalité, ça m’a inquiété et enthousiasmé en même temps. Le premier film que nous avons fait ensemble reposait sur les dialogues. Ici, c’était l’inverse. Je reconnais m’être tout de suite dit, je ne vois vraiment pas comment on va trouver les financements. C’était très original et audacieux", se souvient le producteur Neal Dodson.

 

C’est pendant la présentation de Margin Call à Park City au Festival de Sundance que J. C. Chandor a rencontré Robert Redford. S'il n'avait jamais pensé à lui pour le rôle, le discours donné par l'acteur et dirigeant du festival a fait office de révélation. De son côté, Robert Redford a tout de suite été séduit par l’originalité du projet : "C’était audacieux, singulier, et sans dialogues. J’ai eu la conviction que J. C. Chandor resterait fidèle à son approche (...) C’est assez ironique, après presque 30 ans à la tête de Sundance, aucun des réalisateurs auxquels j’ai  apporté mon soutien ne m’a engagé. Ils ne me proposent jamais de rôle ! J. C. Chandor est le seul !", assure le comédien.

 

All-is-lost---Robert-Redford-copie-1.gifRobert Redford est le seul et unique acteur de All is Lost. Il n'y a donc aucun dialogue, le personnage est seul face à lui-même pendant plus d'une heure quarante. Un vrai défi pour le comédien ! Malgré ses 77 ans, l'acteur a tenu à faire ses cascades tout seul et il n’a pas été épargné. "Bob est allé s’écraser contre le bord du bateau. Nous l’avons ensuite mis sur un radeau de sauvetage que nous avons fait chavirer. Malgré tous ces sévices, il était toujours partant", détaille le producteur Neal Dodson.

 

Faute de disposer d’un gros budget, les équipes techniques ont dû faire preuve d’inventivité pour simuler la tempête qui secoue Robert Redford et son voilier. Pour parvenir à l’effet souhaité, un système de cordes et de poulies a été mis en place : "Il nous suffisait de tirer la proue vers le bas avec un cylindre puis de la laisser remonter, et vice-versa. On a fait la même chose latéralement, et on est arrivé aux effets voulus", s’est félicité le superviseur des effets spéciaux Brendon O’Dell. Alors que l’histoire se situe dans l’Océan Indien, aucune séquence du film n’y a été tournée. L’ensemble des images proviennent du large de Los Angeles dans l’Océan Pacifique, de la mer des Caraïbes à côté de Nassau et dans des bassins artificiels situés au Mexique.

 

All-is-lost---Robert-Redford-copie-2.gifAll Is Lost a été tourné pour la plus grande partie dans les studios Baja, au Mexique. Ces studios ont été construits en 1997, pour le tournage de Titanic, de James Cameron. Pour les besoins du film, trois voiliers identiques ont été nécessaires afin de tourner les scènes en intérieur, en extérieur et pour l’élaboration des effets spéciaux. Ces trois bâtiments ont ensuite subi tous les traitements possibles de la part des équipes du film : "On l’a coulé, ramené à la vie, on lui a fait parcourir des centaines de milles et traverser une tempête, on l’a fait chavirer, on l’a encore coulé. Il était essentiel pour nous de savoir comment ces bateaux fonctionnent et réagissent, comment ils se gouvernent et comment ils coulent, en plus de tous les éléments de navigation nécessaires à notre histoire", s’amuse le réalisateur J. C. Chandor.

 

All-is-lost---Robert-Redford-copie-3.gif

 

Mon opinion

 

 

Le premier long-métrage de J.C. Chandor, Margin Call, était déjà une belle réussite. Ce  deuxième film All is lost confirme un talent, certain.

 

Totalement inculte en matière de voile avec une certaine appréhension du grand large, rien n'était fait pour m'attirer vraiment par le sujet traité. Et puis, le bouche à oreille, divers articles et critiques favorables, ont finalement, eu raison de ma réticence.

 

Peu ou quasiment pas de dialogues. Un petit budget.  Et "fuck", quelle belle surprise !

 

Juste le bruit du vent en rafales et les vagues qui se soulèvent pour mieux tout emporter. Aucun  effet grandiose. La mise en scène est à la limite du documentaire. La photographie signée par Frank G. DeMarco offre quelques images des fonds marins particulièrement belles.

 

La caméra s'attache à un marin solitaire, soumis aux caprices de l'océan. À cet incroyable instinct de survie qui l'obligera d'user de toutes les possibilités offertes pour tenter de gagner quelques heures. Quelques jours, peut-être.

 

Cet homme c'est Robert Redford.

Quarante après Nos plus belles années qui sortira le 18 décembre en version restaurée, il ne cache rien du temps qui a passé sur lui comme chez tout un chacun. Il assure toutefois les cascades et reste présent à l'image du début à la fin du film. Une sacrée performance ! Aucun artifice pour maquiller les marques du temps. Il a son âge et l'affiche plutôt bien.

 

Tout ce que je craignais au début de la séance s'est estompé dès les premières minutes. Je n'ai pas vu le temps passer. Certains passages m'ont fait penser au film de Rodrigo Cortés, Buried.

Un bon moment de cinéma.

 

Sources:

http://www.allocine.fr

13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 17:00

 

Date de sortie 11 décembre 2013

 

100---Cachemire-copie-2.gif


Réalisé par  Valérie Lemercier


Avec Valérie Lemercier, Gilles Lellouche, Marina Foïs,

Nanou Garcia, Brigitte Roüan, Chantal Ladesou, Samatin Pendev

 
Genre  Comédie

 
Production Française

 

Valérie Lemercier a écrit le scénario après avoir lu le fait divers d'une femme américaine qui a renvoyé l'enfant russe - qu'elle venait d'adopter - dans un avion en partance pour Moscou avec un mot expliquant la situation. La réalisatrice raconte : "Oui, celle d’une femme américaine qui a adopté un enfant russe de sept ans, puis qui l’a remis dans l’avion pour Moscou avec une lettre dans la poche parce qu’il ne lui convenait plus. Quand j’ai entendu cette histoire à la radio, il y a deux ans, j’ai mis de côté le scénario que j’étais en train d’écrire et je me suis dit qu’il fallait absolument en faire quelque chose, essayer de transformer cette horreur en comédie, en tout cas en quelque chose de positif. Mais je me suis très vite éloignée du fait divers."

 

100---Cachemire-1.gif

 

Synopsis

 

Aleksandra (Valérie Lemercier) et Cyrille (Gilles Lellouche) forment un couple très chanceux très tendance qui apparemment a tout.

 

Enfin tout, sauf un enfant.

 

Alekseï (Samatin Pendev), petit garçon russe de 7 ans va débarquer dans leur vie...

 

 

La réalisatrice souhaitait que l’histoire se passe dans un monde fondé sur les apparences. La mode n’est pas du tout le sujet du film mais Valérie Lemercier trouvait que ce monde de contrôle, où tout doit être beau, parfait, était un bon terreau pour raconter cette histoire tragique. Valérie Lemercier confie : "De toute façon, je crois que je n’arrive pas à filmer un monde sordide ou triste. Je n’ai pas fait beaucoup de films mais, si je réfléchis bien, tous se passent dans des mondes luxueux et clos, dans lesquels il est difficile de trouver sa place. En fait, je voulais placer l’arrivée de l’enfant dans un ménage le moins adapté possible pour adopter."

 

Mais le vrai sujet du film n’est ni la mode ni l’adoption d’ailleurs, c’est plutôt comment un couple qui se croit tout permis va, grâce à un enfant, redescendre sur terre et se retrouver. Valérie Lemercier voulait aussi dire qu’il faut se débarrasser de pas mal de choses pour réussir enfin à devenir parents.

 

Lui est accroché à sa mère, à sa petite sœur, à sa liberté, fait surveiller sa maison, comme sa galerie, à distance. Elle est attachée à son chien, à son boulot, au volant de sa voiture, à satisfaire son amant.

 

Ils vont tous les deux, parallèlement se débarrasser de toutes leurs béquilles et devenir enfin un couple en mesure d’accueillir un enfant. En fait ils vont découvrir, grâce à Alekseï, non seulement qu’ils s’aiment mais que tout ne s’achète pas.

 

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Gilles Lellouche, Samatin Pendev et Valérie Lemercier

 

Le personnage joué par Valérie Lemercier est incapable de voir cet enfant. Et, par conséquent, le spectateur ne le voit pas beaucoup non plus. D’ailleurs un gros plan sur lui au début du film et il n’y a plus de film. À ce sujet la réalisatrice avoue : "Évidemment que tout le monde, moi compris, on est du côté des enfants. Et, a fortiori de ceux-là, qui ont déjà été chassés de leur vie. En fait, c’est quand Aleksandra commence à regarder Alekseï, qu’on commence à le voir vraiment."

 

La scène à l’aéroport est très drôle mais aussi angoissante : que ces enfants soient adoptés par Aleksandra, un peu à côté de la plaque, ou par ces parents tellement en demande, on se dit que ça ne va pas être facile pour eux !
Valérie Lemercierrépond  : "Oui, c’est horrible pour ces enfants d’avoir des futurs parents qui placent tous leurs espoirs en eux. Ce qui m’amusait c’était de confronter Aleksandra et Cyrille, pour une fois, à la vie normale, ils sont soumis tout à coup aux mêmes règles que les autres parents, doivent attendre, discuter avec eux, commencer à prévoir des sorties de groupe ! En devenant parent, on devient tout à coup, comme tout le monde".

 

Malgré les contraintes de son, de régie, l'équipe du film a tourné dans un appartement réel, petit pour un tournage, avec un sol défoncé, sans eau, avec tout à refaire, "ce charme là, c’est compliqué à reproduire." selon la réalisatrice. et de continuer : Nous avons aussi eu l’opportunité de pouvoir filmer un vrai défilé de Jean- Paul Gaultier parce que rien ne peut faire plus faux que des fausses robes hautes couture. Et, bien sûr, pour le lieu de travail d’Aleksandra, je ne voulais pas inventer un faux magazine genre "Pivoine" c’était important que ça se déroule dans un vrai journal qui existe."

 


Pour le rôle de Cyrille, Valérie Lemercier pensait à Gilles Lellouche, tout le temps.

 

100---Cachemire---Gilles-Lellouche.gifIl avait bouleversé la réalisatrice dans le téléfilm de Jacques Maillot, Un singe sur le dos, où il jouait la descente aux enfers d’un vendeur de voitures qui sombre dans l’alcool. "C’est un acteur solaire, viril, touchant. Il a de l’épaisseur, il est drôle et rassurant. Je voulais qu’Aleksandra, un peu bancale, soit mariée à un type solide comme lui. J’irais même plus loin, ça ne s’explique pas mais Gilles est, pour moi, le mari idéal. D’ailleurs dès qu’il est sorti de la cabine d’essayage avec le tablier du David de Michel Ange, j’ai eu la certitude que c’était lui et personne d’autre." avoue la réaliatrice.

 

Le rôle de Sophie a été aussi écrit pour Marina Foïs. La réalisatrice confie : "Je la trouve toujours étonnante et juste, dans tous les registres. Elle n’a pas hésité à endosser le rôle pourtant ambigu que je lui proposais. Marina on peut tout lui demander, elle comprend au quart de tour la plus petite suggestion, je crois qu’elle comprend mieux que le metteur en scène lui même, ce qu’elle a à jouer, c’est sans doute pour ça que personne n’a pu la chopper en train d’être moyenne dans un film ! En plus, elle n’est jamais sur elle mais au service de l’histoire, elle m’a même éclairée sur certains aspects du film que je n’avais pas vraiment analysé."

 

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Nanou Garcia est la première femme à avoir fait rire Valérie Lemercier sur une scène. Trente ans plus tard, elle se souvient encore par coeur de ses répliques dans un spectacle qu’elle avait coécrit Du cours de théâtre aux César, shame la honte. Elle rajoute : "Nanou est beaucoup trop jeune pour être la mère de Gilles, mais je ne voyais qu’elle, alors avec Catherine Leterrier, La créatrice de costumes, on lui a fait faire une perruque de cheveux gris, ajouté des seins, des lunettes à la Françoise Xenakis et écumé les dépôts vente pour lui dénicher une garde robe très 1990. Elle était partante pour tous les trafics, au risque même qu’on ne la reconnaisse pas."

 

100---Cachemire-copie-3Concernant le choix de Samatin Pendev la réalisatrice confie :
"J’ai eu beaucoup de mal à le trouver parce qu’il n’y a que les parents qui trouvent leurs enfants mignons qui les présentent dans les agences. Je ne voyais que des enfants très mignons, alors que moi je voulais plus que ça : qu’il soit mignon, bouleversant bien sûr mais qu’il puisse aussi être fermé, opaque et même qu’il puisse faire un peu peur. Et puis il n’y a pas tant de petits garçons russes en France, en plus nous n’avions pas l’autorisation, ce qui est logique, de faire tourner un enfant adopté. Alors je me suis tournée vers la Russie où j’ai trouvé un petit prodige de 6 ans, ultra doué, qui faisait du théâtre, très habile.
100---Cachemire-copie-1-copie-1.gifSamatin est arrivé par hasard, il n’avait jamais passé de casting, il m’avait frappé physiquement, il n’était pas Russe mais Bulgare, ce qui, à l’époque, me semblait être un problème et il me semblait moins comédien que le petit Russe. Il est resté longtemps mon choix numéro 2. On est obligés pour la D.D.A.S.S. d’avoir deux enfants pour chaque rôle, en cas de problème. Un soir en rentrant de Moscou où j’étais allée rencontrer le petit acteur russe, Samatin avait travaillé avec une coach dans la journée, on m’a montré la vidéo de sa séance de travail, il avait fait de tels progrès que j’ai eu un gros doute. Quand je l’ai revu, il avait tellement bien compris que je ne voulais pas qu’il soit avenant qu’il m’a fait la gueule pendant tout le rendez vous, à la fin il s’est détendu et m’a dit que si il avait le rôle, son père lui offrait une DS...

 

Un matin, en préparation, alors qu’on était avec des cascadeurs pour voir comment le petit garçon allait escalader la façade de notre immeuble pour la scène de fin, tout à coup ça ne m’a plus du tout émue d’imaginer le petit acteur russe faire ça, lui si doué, si habile, si bon comédien. Alors qu’avec Samatin... Ce jour là, sur ce détail, mon acteur numéro 2 est devenu numéro 1. Et je ne le regrette pas. D’autant que Samatin est arrivé en France à un an et demi, il parle parfaitement le Français, on pouvait communiquer... C’est un enfant génial, très très courageux, un vrai héros."

 

Mon opinion

 

Tout le monde a droit à l'erreur, et ce dernier film n'enlève rien au talent de Valérie Lemercier dont je reste un inconditionnel.

 

Mais entre le petit et le grand écran, l'écart n'est pas négligeable et le travail différent.

 

100 % cachemire sent le montage et re-montage, avéré nécessaire après les premières projections publiques. Valérie Lemercier endosse toutefois toutes les situations et les assume parfaitement tout autant que les toilettes improbables qu'elle porte avec un certain panache. Certes.

 

De l'ensemble pourrait se dégager une certaine tendresse, hélas vite effacée par un humour qui se noie dans des situations souvent grotesques ou trop appuyées. Le film navigue à vue sans jamais trouver son rythme.

 

Nanou Garcia est méconnaissable, mais néanmoins parfaite tout autant que l'excellente et trop rare Brigitte Roüan. Chantal Ladesou arrive à faire sourire. Valérie Lemercier en fait trop pour être vraiment drôle et ne laisse que trop peu de place à Gilles Lellouche pour exister vraiment.

 

Sources :

http://medias.unifrance.org. Propos recueillis par Claire Vasse


5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 19:30

 

Date de sortie 4 décembre 2013

.

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Réalisé par Cédric Klapisch


Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Cécile de France, Kelly Reilly

Margaux Mansart, Flore Bonaventura, Benoît Jacquot


Genre Comédie dramatique


Production Française

 

Casse-tête chinois est le troisième volet de la trilogie entamée avec L'Auberge Espagnole et Les Poupées russes. C'est aussi le onzième long métrage réalisé par Cédric Klapisch, et le septième dans lequel il dirige Romain Duris.

 

Casse-tete-chinois-.gif

 

Synopsis

 

Xavier (Romain Duris) a maintenant 40 ans.

 

On le retrouve avec Wendy (Kelly Reilly), Isabelle (Cécile de France) et Martine (Audrey Tautou).


La vie de Xavier ne s’est pas forcément rangée et tout semble même devenir de plus en plus compliqué. Désormais père de deux enfants, son virus du voyage l’entraîne cette fois à New York, au beau milieu de Chinatown.

 

Dans un joyeux bordel, Xavier cherche sa place en tant que fils, en tant que père… en tant qu’homme en fait !

 

Séparation. Famille recomposée. Homoparentalité. Immigration. Travail clandestin. Mondialisation. La vie de Xavier tient résolument du casse-tête chinois !

 

Cette vie à l’instar de New York et de l’époque actuelle, à défaut d’être cohérente et calme vient en tout cas nourrir sa plume d’écrivain…

 

Casse-tete-chinois---Romain-Duris.gif

 

Après avoir réalisé L’auberge espagnole, Cédric Klapisch n’avait pas du tout en tête de faire une suite. "À l’époque, beaucoup de monde, les acteurs, la production, la distribution voire des spectateurs que je rencontrais dans des débats, me demandaient systématiquement si il allait y avoir une suite. Je trouvais ça même assez étrange qu’on me pose tout le temps cette question. Et puis deux ans après la sortie de L’auberge espagnole j’ai eu l’idée de l’histoire des Poupées russes et je me suis dit qu’au fond j’avais très envie de retravailler avec les mêmes acteurs. J’avais aussi envie de retravailler cette forme de cinéma assez libre que j’avais mise en place dans L’auberge espagnole,. J’ai mis du temps, mais je me suis rendu compte que moi aussi j’avais envie d’une suite. C’est à la fin du tournage des Poupées russes, à Saint-Pétersbourg que j’ai pensé que ce serait bien de continuer, et de faire exister un troisième volet... et j’avais même parlé de l’éventualité de l’appeler Casse- tête chinois. Par contre je savais qu’il faudrait laisser passer beaucoup de temps. Au moins 10 ans, pour que ce projet puisse être intéressant. J’avais cette envie de les voir vieillir, de parler du temps qui passe, du destin, des chemins de vie... L’idée de parcours est importante dans cette trilogie. Je me doutais que l’étape d’après pour les personnages ce serait d’être parents, que ce serait intéressant de traiter ça. Pour cette raison je me disais aussi que ce serait bien d’attendre que les acteurs aient des enfants dans la vraie vie, notamment Romain. Je n’aurais peut-être pas refait ce troisième film s’il n’avait pas eu d’enfants." confie Cédric Klapisch.

 

Casse-tete-chinois.gifLe réalisateur revient sur les raisons qui l’ont poussé à choisir New York pour tourner cette suite : "C’est la ville la plus métissée, la plus mélangée du monde… Tous les continents sont à New York, toutes les races, tous les cultes. Beaucoup plus qu’à Londres, Shanghaï ou Pékin qui sont déjà des villes très cosmopolites. (…) Ces trois films racontent la génération des gens qui ont grandi en parallèle avec la formation de l’Europe et l’idée de la mondialisation. Du coup New York qui est la capitale mondiale des migrateurs était un choix justifié. C’est le côté "Hub" qui est inspirant à New York."

 

Cédric Klapisch revient sur la difficulté de trouver un remplaçant à Jacno, le père de Xavier, décédé en 2009. Benoît Jacquot lui est apparu comme une évidence : "J’avais envie qu’il y ait une cohérence physique mais pas seulement. Deux infos étaient données sur le père de Xavier dans L’Auberge espagnole : il travaille dans la finance et, comme Jacno, il a aussi un côté rock’n’roll. Du coup pour trouver le remplaçant c’était super difficile. Et je ne sais pas pourquoi, mais au moment de la sortie des Adieux à la reine, je me suis dit que Benoît avait un physique qui pourrait marcher à côté de Romain et j’y croyais pour les aspects "finance et rock’n’roll"… Certes il y avait une inconnue sur sa capacité à jouer… et pour cause puisqu’il n’a quasiment jamais fait l’acteur ! Mais finalement je l’ai appelé un jour et je lui ai demandé : "Benoît, tu accepterais ?" Il y a eu un blanc. Et il m’a répondu : "J’accepte si toi tu acceptes de jouer dans mon prochain film." Du coup j’étais emmerdé parce que c’est un drôle de miroir qu’il m’a tendu… Mais je trouvais ça intéressant que le père de Xavier soit joué par un réalisateur, alors du coup j’ai dit oui. (…) Mais j’espère qu’il a oublié… (rires)."

 

Il y a une scène de ballade dans New York avec Xavier et son père, qui est émouvante à plus d’un titre. Parce qu’elle évoque le souvenir de Jacno, qui jouait le père dans L’Auberge espagnole et qui a disparu. Mais aussi parce que le père dans Casse-tête chinois, c’est Benoît Jacquot avec qui l'acteur avait tourné Adolphe.


Romain Duris se souvient : "C’était un moment particulier cette déambulation avec Benoît dans le sud de Manhattan qui venait d’être ravagé par l’ouragan Sandy. Avec Benoît, ça a marché tout de suite, c’était naturel parce que bien écrit. La capacité d’adaptation de Cédric et son équipe a rendu possible des images de New York déserté, ce qui est plutôt rare dans une ville comme celle-ci."

 

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Casse-tete-chinois---Romain-Duris-copie-3.gif.Casse-tete-chinois---Romain-Duris-copie-2.gif

 

L’attente est énorme. On l’a vu lors de la présentation du film en ouverture du Festival d’Angoulême avec les 4000 personnes qui faisaient la queue pour découvrir
Casse-tête chinois.

 

"C’était dingue! Ça a été super fort... Et c’était beau parce que ce n’était pas moi, ni même les acteurs qu’ils voulaient voir : c’était Xavier, Isabelle et Martine ! Il y a maintenant comme une réalité de la fiction. Si j’ai réussi une chose dans ces trois films c’est ça ; d’avoir fabriqué cette réalité : Xavier est devenu un de leurs amis. C’est fort parce qu’on est entré dans la vie des gens. On partage tous ce goût du feuilleton, comme pour cet engouement pour les séries actuelles : "T’as pas vu la saison 5 ???? Je te dis rien faut que tu vois ce que devient machine...". C’est génial d’avoir rendez-vous avec des personnages. Mais cette attente-là pour Casse-tête chinois, je la sépare de moi parce que je n’en suis presque plus responsable. C’est quelque chose qui se passe entre le public et les acteurs, ou plutôt les personnages. C’est pour ça que cette avant-première à Angoulême était très émouvante: pour l’envie des gens de voir la suite. Et avoir ce contact physique avec le public, c’est une des choses les plus émouvantes quand on est réalisateur." confie Cédric Klapisch.

 

Casse-tete-chinois---Cecile-de-France--Romain-Duris--Kell.gif

 

Cécile de France, Romain Duris, Kelly Reilly et Audrey Tautou

 

Il y a une très belle scène dans Casse-tête chinois où les trois femmes de la vie de Xavier sont réunies. Cécile de France reconnait : "C’était extraordinaire de se retrouver. D’autant qu’on a vieilli. C’est drôle de se voir vieillir, c’est assez émouvant. Mais il y avait aussi l’ombre de l’attente des gens qui ont aimé les deux précédents films qui planait. Il fallait être à la hauteur du fantasme. Donc au moment où ça s’est passé, on était concentrés. On savourait, on bossait en souriant et en rigolant, mais on bossait avant tout."

 

Audrey Tautou au sujet du réalisateur confesse : "J’ai toujours du mal à analyser comment un metteur en scène sait diriger un acteur. Mais je trouve en effet que Cédric sait nous mettre en confiance. Il a quelque chose de particulier que j’ai du mal à expliquer... C’est quelqu’un qui sait diriger les acteurs dans son attention, son humanité, sa sensibilité... Il sait très bien ce qu’il veut et en même temps, il est extrêmement à l’écoute: il est capable de dire: "On va faire comme tu penses". Ce n’est pas quelqu’un qui va imposer quoi que ce soit. De ce dialogue et de cet échange naît toujours le meilleur. Mais en même temps, ce que j’aime c’est qu’il sait ce qu’il veut et du coup, ça nous emmène ailleurs. Et cela sur des choses précises, une façon de dire une phrase, de ne pas appuyer un mot, d’être dans un état d’esprit peut-être moins conventionnel que ce que moi j’aurais pu imaginer. Il sait apporter le chaos qu’il peut y avoir dans la vie. En plus c’est quelqu’un de très gentil et de très doux."

 

Cédric Klapisch dit que Casse-tête chinois est le dernier des voyages de Xavier. Si dans dix ans il revient sur sa décision, Kelly Reilly accepterait-elle d’être à nouveau de l’aventure?
"Je dirais oui en un éclair! J’en serai. Mais je crois Cédric quand il dit qu’il ne fera pas une autre suite. Et si jamais il revient sur sa décision, je ne crois pas que ce serait dans dix ans. Je pense que les personnages seront bien plus vieux, qu’ils auront 60 ou 70 ans et nous serons bien heureux si nous sommes toujours en vie. Qui sait !"

 



Mon opinion

 

Suite logique de "L'Auberge Espagnole" et des "Poupées Russes", Cédric Klapisch réussit le difficile pari d'une suite convaincante.  

"Casse-tête chinois" est une comédie sans prétention tout en abordant les sujets de notre actualité tels que l'immigration, la reconnaissance paternelle. L'homosexualité, et l'homoparentalité, aussi.

L'ensemble est épicé des habituelles péripéties et de nombreux chassés-croisés amoureux. De ce mélange, et du joyeux désordre qui se dégage de l'ensemble, reste un moment de cinéma agréable et qui fait du bien.

Les principaux protagonistes des deux précédents films ont normalement vieillis, plutôt bien, reconnaissons-le. Ils ont, ou auront des enfants. J'ai beaucoup aimé la part belle donnée aux gamins et l'image de l'amour parental qui se dégage.

Tourné dans les décors d'un New-York, délaissé par les cinéastes, le réalisateur en profite pour meubler un scénario parfois flemmard et les quelques minutes en trop, par des images inhabituelles et néanmoins belles.

Romain Duris, Audrey Tautou et Kelly Reilly, au mieux de leur forme sont tout à fait convaincants. Cécile de France est étonnante.

 

Sources :
http://www.unifrance.org

http://www.canalplus.fr

http://www.allocine.fr

 

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