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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 20:30

 

Date de sortie 27 novembre 2013

 

The-Immigrant---Affiche-copie-1.gif


Réalisé par James Gray


Avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner,

Dagmara Dominczyk, Jicky Schnee, Yelena Solovey, Angela Sarafyan

 
Genre Drame, Romance


Production Américaine

 

Alors que sa filmographie est toujours ancrée dans son temps, The Immigrant est le premier film du réalisateur James Gray à se situer dans un passé que le metteur en scène n'a pas personnellement connu, plus précisément en 1921.

 

Obsédé par ses origines russes, au coeur de tous ses films précédents, James Gray devait tôt ou tard s'attaquer frontalement à la question de l'immigration en Amérique. Très attaché à ce sujet dans chacun de ses films, c'est la première fois qu'il filme Ellis Island, lieu empreint d'une histoire très forte, puisque le bâtiment a abrité le service d'immigration de New-York jusqu'en 1954.

 

"En 1923, mon grand-père et ma grand-mère sont arrivés aux Etats-Unis en passant par Ellis Island. J’ai entendu, bien sûr, d’innombrables anecdotes sur Ellis Island, et le lieu m’a longtemps obsédé. J’y suis allé pour la première fois en 1988, avant la restauration de l’île. Tout était resté intact, comme figé par le temps. C’était une vision troublante, ces formulaires d’immigration à moitié remplis, répandus par terre… Ellis Island m’est apparue comme un endroit hanté par des fantômes, ceux de toute ma famille. J’ai donc conçu le projet d’un film qui viendrait de cette histoire", raconte le metteur en scène.

 

The-Immigrant---Joaquim-Phoenix-et-Marion-Cotillard.gif

 

Joaquim Phoenix et Marion Cotillard

 

Synopsis

 

1921. Les très catholiques, Ewa Cybulski (Marion Cotillard) et sa sœur Magda (Angela Sarafyan) quittent leur Pologne natale pour la terre promise, New York.

 

Arrivées à Ellis Island, Magda, soupçonnée de tuberculose, est placée en quarantaine

 

Ewa, seule, désemparée, tombe dans les filets de Bruno Weiss (Joaquin Phoenix) un homme au charme vénéneux qui se présente comme directeur de cabaret et propose de l’aider.   

 

Avec la complicité d'un agent de l'immigration en poste à Ellis Island, Bruno Weiss fait libérer Ewa Cybulski. L'héberge chez lui et l'engage dans sa troupe de théâtre. Mais les masques ne tardent pas à tomber. Son cabaret n'est rien d'autre qu'un minable tripot de Manhattan et ses actrices, des prostituées.


Orlando (Jeremy Renner), illusionniste et cousin de Bruno, tente de redonner confiance à Ewa et insiste sur l'espoir de jours meilleurs.

 

Pendant ce temps, Bruno Weiss peut se montrer d'une brutalité sans nom.

 

Rejetée et dénoncée par son oncle, Ewa comprend vite qu'il lui faut accepter le pire si elle veut faire libérer sa sœur et se sauver avec elle pour connaître un jour le véritable rêve américain.

 

Résignée, à la prostitution.

 

Orlando est, comme Bruno avant lui, immédiatement attiré par Ewa.

 

Les deux cousins vont alors se déchirer pour elle...


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Marion Cotillard et Jeremy Renner


Sur les 34 jours de tournage de The Immigrant, deux ont été nécessaires lors du tournage sur Ellis Island dans les véritables locaux historiques. Une opportunité pour le réalisateur James Gray qui raconte : "Elia Kazan a reconstitué Ellis Island pour America, America réalisé en 1963, tout comme Francis Ford Coppola pour Le Parrain 2 réalisé en 1974 mais ils n’avaient pas pu tourner sur place. J’avais donc une chance assez unique et j’ai essayé d’être le plus fidèle possible à la réalité historique."

 

James Gray fait toujours un travail assez particulier avec ses collaborateurs avant le tournage de ses films. Il a montré à son directeur de la photographie, Darius Khondji, plusieurs toiles afin de donner le ton visuel qu'il voulait retranscrire dans son film.

 

C'est ainsi que The Immigrant s'inspire de tableaux George Bellows, célèbre pour ses vues réalistes de New York du début du XXème siècle. Mais aussi de celles de Everett Shinn, qui représentait le monde interlope des théâtres de variétés de Manhattan.


Deux peintres de l’école réaliste américaine de la Ashcan School, ayant vécu à New-York au début du XXème siècle.

 

La scène où Marion Cotillard se confesse, le visage éclairé par un halo de lumière, est un hommage à La Strada selon les propos de Darius Khondji recueillis sur http://www.liberation.fr. Pour lire l'article dans son intégralité, cliquez ICI !

 


 

Autres sources d'inspiration, liées à la dimension religieuse du film, les photos quadrichromes de l'architecte italien Carlo Mollino ainsi que l'œuvre cinémaographique de Robert Bresson, avec son Journal d'un Curé de campagne réalisé en 1951. 

 

Le coscénariste du film, Ric Menello, est décédé le 1er mars 2013 avant la sortie du film. Le réalisateur et coscénariste James Gray se souvient : "Je suis très heureux d’avoir pu montrer The Immigrant à Ric avant sa disparition. Sa mort a été une réelle épreuve pour moi. Il était très important à mes yeux, et j’espère que je l’étais pour lui. (...) Quand le scénario était terminé, sa participation prenait fin. Il ne venait jamais sur le plateau. Bien sûr, il m’arrivait de l’appeler pour lui parler d’un acteur ou d’une scène. Et à la fin, je lui montrai le film fini".

 

James Gray a fait la connaissance de Marion Cotillard au cours d'un dîner, sans avoir vu aucun de ses films auparavant.  Le metteur en scène raconte : "Son visage m'a rappelé celui de Renée Falconetti dans La Passion de Jeanne d'Arc de Carl Théodore Dreyer. Je me suis dit : cette femme n'a pas besoin de parler. Elle est si expressive qu’elle pourrait être une actrice du muet. Bien sûr, j’ai fini par lui donner une tonne de dialogues ! Mais j'ai écrit le film pour elle car il s'agit d'une immigrée et il me semblait qu'elle était capable de transmettre un état d'âme d'une façon non verbale. Je ne pense pas que j'aurais fait le film sans elle. Le grand défi bien sûr, c'était son polonais qui s'avère impeccable. Un jour j'ai demandé à l'actrice qui joue sa tante ce qu'elle pensait du polonais de Marion. Elle m'a dit qu'il était excellent, mais avait une pointe d'accent allemand. J'en ai parlé à Marion qui m'a répondu : "Bien sûr, c'est fait exprès puisque mon personnage vient de Silésie, une région située entre l'Allemagne et la Pologne" C'est vous dire son degré de précision.! Ça m'a bluffé " confie le réalisateur.

 

The-Immigrant---Marion-Coti.gif


Marion Cotillard

 

Mon opinion :

 

De "Little Odessa" à "Two Lovers", James Gray m'a toujours séduit par l'ensemble de ses précédentes réalisations.

 

Pour ce cinquième long métrage, les thèmes de prédilection du réalisateur restent bien présents, à une différence près, il donne ici le premier rôle à une femme.

 

"The Immigrant" est un faux pas malgré une histoire, plus ou moins inspirée par des souvenirs familiaux. En dépit de la perversité du scénario, de la noirceur du propos et de la violence psychologique, l'ensemble est beaucoup trop lisse.

 

La mise en scène, souvent élégante reste exagérément figée voire traditionnelle. Premier barrage pour une émotion qui devrait nous submerger. Là où l'on peut espérer de la colère, de la fureur, aussi, la caméra se perd dans des décors qui n'ont jamais autant mérité une telle dénomination.

 

Les lumières de Darius Khondji s'inspirent des tableaux de deux peintres de l'époque, Everett Shinn et Georges Bellows. Soit. En cela la couleur est assez bien rendue par ces tons jaunes/orangés qui sont toutefois très appuyés avant d'en devenir gênants. Des moments de magie cependant. Pendant le rêve d'Ewa, dans la lumière violente des champs luxuriants de son passé ou encore la scène du confessionnal, la plus belle de tout le film, en ce qui me concerne. Tant au niveau de la lumière que du jeu de Marion Cotillard, aussi.

 

Joaquin Phoenix collabore pour la quatrième fois avec James Gray. Un acteur que j'apprécie. Autrement mieux servi, et bien plus convaincant dans ses précédents rôles, il peine ici à trouver le ton juste dans l'interprétation de son personnage qui oscille en permanence entre le parfait salaud ou l'amoureux fou.

 

Marion Cotillard tient ici le rôle principal, avec l'accent en prime.

Un grand et beau rôle. Enfin !

Elle s'approprie celui-ci avec un certain talent, je le reconnais. Mais faute d'un scénario plus abouti et de dialogues plus crédibles, elle n'arrive pas à émouvoir. La passivité de son personnage finit par l'enfermer dans un bloc de glace, au milieu duquel les émotions restent figées.

 

Seuls les passages avec l'excellent Jeremy Renner lui permettent de faire passer un léger trouble.

 

En fait d'un grand, et beau mélo, "The Immigrant" se laisse regarder sans véritable émotion. Cette multiplication d'images qui veulent forcer l'admiration et trop de situations pour attirer la compassion, m'ont laissé impassible.

 

Ceci étant dit, en sortant de la salle, des spectateurs ne tarissaient pas d'éloges.

 

Donc, du cinéma pour tous les goûts. C'est bien aussi ! 

Sources :

http://www.cinemovies.fr

http://www.lemonde.fr

http://www.allocine.fr

http://evene.lefigaro.fr

http://www.imdb.com

27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 20:40

 

Date de sortie 27 novembre 2013


Avant-l-hiver--Affiche.gif


Réalisé par Philippe Claudel


Avec Daniel Auteuil, Kristin Scott Thomas, Leïla Bekhti,

Richard Berry, Vicky Krieps, Jerome Varanfrain,

 
Genre Drame


Production Française

 

Avant l’hiver signe une nouvelle collaboration entre l’actrice Kristin Scott Thomas et le réalisateur Philippe Claudel. Ce dernier l’avait déjà dirigée dans son premier film Il y a longtemps que je t’aime sorti sur les écrans en mars 2008.  "Encore une fois, je lui donne à jouer un personnage emprisonné dans un malaise, un secret", déclare le réalisateur, en poursuivant : "Par ailleurs, il me plaît de filmer la beauté de Kristin, la beauté de son visage que j’ai toujours trouvée, limpide, énigmatique et douloureuse à la fois." 

 

Avant-l-hiver---Kristin-Scott-Thomas-et-Daniel-Auteuil.gif

 

 Kristin Scott Thomas et Daniel Auteuil

Synopsis

 

Paul Paul (Daniel Auteuil), un brillant neurochrirurgien de soixante ans, et  Lucie (Kristin Scott Thomas) , sa femme qui n'a jamais travaillé, sont mariés depuis près de trente ans. Malgré l'aigreur de plus en plus grande de Lucie, qui se sent inutile, leur couple tient bon.


Le couple est inséparable de Gérard, un psychiatre (Richard Berry).

 

Mais un jour, des bouquets de roses commencent à être livrés anonymement chez eux au moment même où Lou (Leïla Bekhti), une jeune fille de vingt ans, ne cesse de croiser le chemin de Paul.

 

Avant-l-hiver---Leila-Bekhti.gif

 

Leïla Bekhti

 

Alors commencent à tomber les masques : les uns et les autres sont-ils vraiment ce qu’ils prétendent être ?

 

La vie de Paul et Lucie est-elle celle dont ils avaient rêvé ?

 

Qui ment et qui est vrai ?

 

Est-il encore temps, juste avant l’hiver de la vie, d’oser révéler les non-dits et les secrets ? Où sont les monstres et qui sont les anges ?

 

Avant-l-hiver---Kristin-Scott-Thomas-et-Richard-Berry.gif

 

Kristin Scott Thomas et Richard Berry

 

Pour le scénario d’Avant l’hiver, Philippe Claudel s’est posé les questions existentielles que chacun se pose à partir d’un certain âge, comme celle-ci : ne suis-je pas passé à côté de ma vie ? C’est à partir de cette interrogation que l’histoire du long métrage a pu démarrer. Le cinéaste confie : "Je suis moi aussi sans cesse à me demander si j’ai fait les bons choix. En ce sens, le film est un peu autobiographique."

 

Philippe Claudel insiste beaucoup sur le passage des saisons "Jusqu’au titre !" dans son film :

"Il s’agissait d’ausculter un homme – un couple –, avant l’hiver de sa vie, passer d’un automne flamboyant, très solaire, à une baisse progressive de la luminosité. Malgré la grisaille qui a malheureusement accompagné tout le tournage, on ressent, je l’espère, cette espèce d’humidité, de brume et de froid, et ce temps qui passent sur le jardin. La beauté de l’image devait être presque inversement proportionnelle à la turbulence et au chaos des sentiments qui secouent les personnages."


Après avoir partagé l’affiche de la comédie Ma vie est un enfer, réalisé en 1991 par  Josiane Balasko, sans toutefois avoir une scène commune, puis de La Doublure réalisé en 2005 par Francis Veber où ils se sont enfin côtoyés, Daniel Auteuil et Richard Berry se retrouvent en 2013 pour Avant l’Hiver. C’est sur la réalisation de ce dernier long métrage que les comédiens ont véritablement eu l’occasion de faire connaissance. Une fois le tournage du film achevé, ils ont voulu prolonger leur collaboration en formant un duo inédit sur les planches dans la pièce Nos femmes écrite par le réalisateur et scénariste Eric Assous.

 

Daniel Auteuil incarne Paul, un neurochirurgien. Philippe Claudel s’est inspiré de l'un de ses amis qui pratiquait ce métier pour élaborer ce personnage. Le réalisateur se souvient : "Il me parlait de temps en temps de son travail et m’a invité à aller au bloc opératoire pour assister à des opérations. C’est fascinant de, littéralement, voir à l’intérieur de la tête de quelqu’un. Je trouvais symboliquement intéressant de prendre un personnage pratiquant un tel métier et qui, à un moment de sa vie, n’arrive absolument plus à lire dans sa propre tête. Le film est aussi né de cette contradiction."

 

Le personnage de Gérard permettait d’éclairer celui de Lucie : "Je ne voulais pas faire d’elle une femme qui se contente de jardiner, enfermée dans sa propriété", confie Philippe Claudel. "Pourquoi vit-elle ainsi ? Il fallait qu’on la sente taraudée par une sorte de culpabilité. (…) Au milieu de ces deux hommes, on la devine installée dans un inconfortable confort. De la même façon, le personnage de Gérard a choisi d’avaler pas mal de couleuvres pour la garder à portée de regards. C’est l’amoureux transi qui récolte les miettes depuis trente ans. Il trouve ainsi son bonheur, dans une sorte d’humiliation et de souffrance. J’étais très heureux que Richard Berry accepte de le jouer. En peu de scènes, il lui donne une douceur mélancolique, une profondeur que je trouve bouleversante."

 

Avant-l-hiver---Richard-Berry-et-Daniel-Auteuil.gif

 

Richard Berry et Daniel Auteuil

 

Lorsque Paul prend conscience du jeu de Gérard, qui "tourne" autour de sa femme, des conflits sur les courts de tennis s’installent entre les deux hommes. Philippe Claudel explique la situation : "J’aimais le côté pathétique de ces deux hommes qui ne sont plus tout jeunes, qui s’épuisent à courir après la balle et se battent comme des gamins, avec ce filet, entre eux, comme une séparation symbolique. Et j’aimais que le personnage de Gérard laisse gagner Paul : il est prêt à tout pour rester dans le système solaire de cet homme… Et de sa femme."

 

C’est la seconde fois que Daniel Auteuil incarne un médecin à l’écran. La première fois remonte au film d’André Téchiné, le drame Ma saison préférée réalisé en 1993, où le comédien était chargé d’annoncer à celle qui incarnait sa mère, Marthe Villalonga, qu’elle était atteinte d’une tumeur. Pour Avant l’hiver, le comédien était assisté d’un professionnel pour veiller à la crédibilité de ses gestes dans le rôle d'un neurochirurgien.

 

Filmographie de Kristin Scott Thomas ... Cliquez ICI !

 

 

Mon opinion 

 

L'écrivain et réalisateur Philippe Claudel choisit un sujet ambitieux servi par un scénario solide.

 

La vie et ses embûches. Le questionnement aussi, d'un sexagénaire bien établi dans sa vie professionnelle, face à certains ébranlements qui l'obligent à se remettre en question. La réflexion et le doute qui s'installent sur la réussite, ou pas, de sa propre existence.

 

Le décor, un cadre discret et confortable celui d'une maison d'architecte, entourée d'un magnifique parc verdoyant, que l'on vient visiter comme un musée. Celle-ci joue un rôle essentiel au travers des reflets qu'elle renvoie. Une "cage de verre" pour la femme de cet homme pris dans les tourments. Ceux que l'on cache, par peur de tout perdre, au risque de se noyer soi-même dans un silence qui deviendra assourdissant.

 

Petit bémol, tout est calme, désenchanté, transparent comme les baies vitrées de la maison. La violence des sentiments reste trop enfouie pour que le film devienne véritablement captivant. Au moment même où le scénario fait débarquer la police, on peine à y croire. Le regard de l'homme interpellé reste dans le vague. Pas concerné. Perdu, alors que l'on attend une explosion, des protestations, peut-être davantage d'explications, aussi.

 

Sans rester de marbre, il est toutefois difficile de se laisser emporter par ce récit à peine inquiétant. Cette histoire peut néanmoins concerner un grand nombre dans le choix de leur quotidien et le poids que représente la façade derrière laquelle ils choisissent de se cacher pour rentrer dans une soi-disant normalité.

 

Le grand intérêt du film vient du magnifique casting. Daniel Auteuil est absolument impeccable dans ce rôle, spécialement écrit pour lui. À ses côtés, la lumineuse et charismatique Kristin Scott Thomas est parfaite, comme toujours. Leïla Bekhti n'est pas qu'une belle actrice, elle trouve ici un rôle à la hauteur de son talent. Richard Berry, enfin, tout à fait convaincant, voire touchant. 

 

De grands acteurs, pour un film dont le scénario aurait trouvé plus de poids dans les pages d'un roman.

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.allocine.fr

20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 22:00

 

 

Date de sortie 20 novembre 2013

 

Les-Garcons-et-Guillaume--a-table-----Affiche.gif

 

Réalisé par Guillaume Gallienne


Avec Guillaume Gallienne, André Marcon, Françoise Fabian,

Nanou Garcia, Reda Kateb, Diane Kruger, Götz Otto, Brigitte Catillon

 
Genre Comédie


Production Française


 

Razzia à la cérémonie des César 2014

 

- Meilleure adaptation : Guillaume Gallienne

- Meilleur premier film : Guillaume Gallienne

- Meilleur montage : Valérie Deseine

- Meilleur acteur : Guillaume Gallienne

- Meilleur film :  de Guillaume Gallienne

 

Les Garçons et Guillaume, à table ! est l’adaptation cinématographique de la pièce de théâtre éponyme écrite par Guillaume Gallienne.

 

Il s’agit également de sa première réalisation. L’acteur/réalisateur ne se contente pas d’imiter les femmes, il les incarne. Son comportement très efféminé est la raison pour laquelle il est souvent perçu comme un homosexuel.

 

Seulement, Guillaume Gallienne est hétérosexuel, marié et père de famille. Ce film est ce qu’il appelle un "coming out inversé", une manière de se libérer : "On a fini par me coller une étiquette, dans laquelle je me suis drapé voluptueusement pendant longtemps, prenant le risque d'en explorer toutes les nuances. Jusqu'à parvenir enfin à m'en affranchir, à m'en détacher suffisamment pour avoir le recul de me raconter."

 

 

Les Garçons et Guillaume, à table ! a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2013. Le film a été salué par une standing ovation de plus de dix minutes qui a failli lui tirer des larmes.


Guillaume Gallienne a reçu :


- Festival de Cannes 2013 : Prix SACD et Art Cinema Award


- Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013 : Prix Michel d'Ornano

 

L'avis d'un bloggeur Christoblog, cinéphile avisé, était présent à Cannes au moment de la projection. Cliquez ICI pour lire sa réaction, suite à la projection du film.

 

 

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Synopsis


Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans.

 

Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : "Je t’embrasse ma chérie" ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

 

 

Ce film retrace la vie de Guillaume Gallienne et la manière dont ce dernier est devenu acteur, en imitant sa mère : "Quand j’étais enfant, ma mère disait : « Les garçons et Guillaume ». Ce "et" m’a fait croire que pour rester unique aux yeux de cette Maman sans tendresse mais extraordinaire, pour me distinguer de cette masse anonyme qu’étaient les garçons, il ne fallait surtout pas que j’en sois un. J’ai tout fait pour être une fille, donc, et quel meilleur modèle que ma mère ? C'est ainsi que j'ai commencé à jouer, dès que je me suis mis à l'imiter. Peu à peu, j’ai pris la même voix qu’elle, les mêmes gestes, les mêmes expressions. Je ne suis pas devenu efféminé, mais féminin, m'appropriant Maman. Puis tous les personnages féminins qui m’attiraient. C’était ma manière à moi de les aimer, de m'oublier, de me laisser fasciner."

 

Guillaume Gallienne Les-Garcons-et-Guillaume--a-table-----Guillaume-Gallienne.gif

 

Guillaume Gallienne considère son premier film comme une déclaration d’amour aux femmes en général et plus précisément à sa mère. Cette dernière est d’ailleurs l'une des causes principales de cette adaptation, comme le précise le metteur en scène : "Il aurait été frustrant que Les Garçons et Guillaume, à table ! ne vive que sous la forme d'une pièce, alors que je l'ai toujours imaginé comme un film. Il faut pouvoir regarder Maman de près pour comprendre ce qui l'anime. Pour la ressentir encore plus fortement. Et laisser le rire s'immiscer dans l'observation de détails qui étaient invisibles dans sa simple présence sur scène. C'est très beau, au cinéma, cette capacité de pouvoir s'attarder soudain sur la fragilité d'un regard, l'irrésolu d'un geste, l'incongru d'une expression. Ajouter, au rythme précis de la comédie, la richesse des émotions humaines par la grâce des mots, mais aussi des corps, de ce que l'on saisit d'eux. Grâce au cinéma, je vais pouvoir rendre à ma mère la douceur que je ne pouvais pas lui donner au théâtre."

 

Les-Garcons-et-Guillaume--a-table-----Guillaume--copie-1.gif

 

 

- "Amandine et moi, on a décidé de se marier", annonce-t-il in fine à sa mère.

- "Avec qui ?", répond cette dernière, incrédule, dans une réplique finale qui évoque, mais  le célébrissime "Nobody's perfect" du Certains l'aiment chaud, de Billy Wilder.


http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes-2013

 


 

 

 

 

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 Françoise Fabian

 

 

Mon opinion :

 

 

Une comédie ? Pas si sûr. Un drame ? Loin de là.

 

Difficile à cataloguer. Tout ce que vous avez lu en bien, est totalement vrai.

 

Un film à ne pas rater, voire indispensable.

 

Vous allez adorer. Vous allez peut-être détester. Mais rester indifférent, impossible.

 

Un film à ne pas manquer. "Allo Maman bobo" ?

 

Merci Guilllaume Gallienne pour ce moment.

 

Une confession,  peut-être, dans tous les cas un beau moment de cinéma assurément.

 

Drôle, grave et fort. Une réussite totale.

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.canalplus.fr

http://www.allocine.fr

17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 19:40

 

Date de sortie 13 novembre 2013

 

La-Venus-a-la-fourrure---Affiche.gif


Réalisé par Roman Polanski


Avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric

 
Genre Drame


Production Française

 

César 2014

 

- Meilleur réalisateur : Roman Polanski 

 

À l'origine, La Venus en fourrure est un roman écrit en 1870 par l'auteur autrichien Leopold von Sacher-Masoch. Il est le premier ouvrage de la série Love et l'un des fondements de ce qui sera appelé plus tard le masochisme.

 

L'oeuvre originale de Leopold von Sacher-Masoch a beaucoup inspiré les réalisateurs.

En comptant le présent film de Roman Polanski, ce sont cinq longs-métrages qui reprennent les écrits de l'auteur autrichien du XIXème siècle :

 


 

 

La Vénus à la fourrure réalisé par Joe Marzano en 1967.

Venus in Furs" de Jesus Franco réalisé en 1969. 

Seduction : The Cruel Woman  réalisé par Elfi Mikesch et Monika Treut en 1985.

Venus in Furs de Maartje Seyferth et Victor Nieuwenhuijs en 1995.

 

 

Après Carnage, Roman Polanski adapte pour la deuxième fois consécutive une pièce de théâtre : "Je ne me suis pas posé ce genre de questions, c’est le sujet qui m’a porté… Une autre chose aussi : il n’y a que deux personnages. Depuis mon premier film, (Le Couteau dans l’eau réalisé en  1962)  où il y en avait trois, je me disais : « Un jour, je ferai un film où il n’y aura que deux acteurs ! » C’est un vrai défi mais j’ai besoin d’un challenge qui me stimule, d’une difficulté à surmonter… Sinon, je m’ennuie", confie le cinéaste.

 

Roman Polanski a réalisé son tournage dans le théâtre Récamier, fermé depuis 1978. Le décorateur du film, Jean Rabasse, a reconstruit dans les moindres détails cet édifice, de la scène au fauteuil en passant par les coulisses.

 

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Roman Polanski, Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric

 

Synopsis


Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas (Mathieu Amalric) se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates.

 

Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda (Emmanuelle Seigner) surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée.

 

Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser. Non seulement elle s’est procurée des accessoires et des costumes, mais elle comprend parfaitement le personnage, dont elle porte par ailleurs le prénom, et connaît toutes les répliques par cœur.

 

Alors que l’'audition' se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue en obsession…

 

La-Venus-a-la-fourrure---Emmanuelle-Seigner-et-Mathieu-Ama.gif

 

Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric


Il s'agit de la quatrième collaboration entre les époux Roman Polanski et Emmanuelle Seigner. Cette dernière était apparue devant la caméra du réalisateur pour la première fois en 1988 dans Frantic. Quatre ans plus tard, le duo se reformait pour Lunes de Fiel avant une nouvelle collaboration en 2009 avec La Neuvième porte : "Il y a longtemps que nous cherchions à refaire un film ensemble et nous avions un peu de mal à trouver un sujet. En plus, il voulait absolument faire une comédie avec moi, et, une comédie avec un beau personnage féminin, une comédie qui garde la grâce, c’est encore plus difficile à trouver", explique l'actrice.

 

Le tournage du film ne fut pas de tout repos pour Emmanuelle Seigner. En effet, l'actrice a dû jongler avec son emploi du temps pour incarner Vanda puisqu'elle jouait en parallèle au théâtre de l'Odéon, la pièce de Harnold Pinter, Le Retour.

 

Emmanuelle Seigner a eu deux mois pour apprendre les 93 pages de texte de son personnage Vanda : "La seule chose que j’appréhendais vraiment, c’était le texte. Il faut savoir le texte comme une prière pour pouvoir le jouer très librement. Heureusement, j’avais demandé à Anette Hirsch (l’assistante de Luc Bondy) de m’aider et elle me faisait réciter tout le temps ces 93 pages apprises par coeur. À l’Odéon, en tournée, une heure avant de jouer Le Retour, partout et tout le temps."


 

Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric partage l'affiche d'un film en tant qu'acteurs principaux. En 2007, ils tenaient les premiers rôles du film de Julian Schnabel réalisé en 2006, Le scaphandre et le papillon.

 


 

Mon opinion

 

 

Suite logique après Carnage, adaptée de l'œuvre de Yasmina Reza, Roman Polanski met en scène, avec son habituel brio, la Vénus à la fourrure, pièce écrite pour le théâtre par David Ives. Le réalisateur s'amuse pour notre plus grand plaisir.

 

Tout est possible. Au milieu d'un décor en friches et l'anarchie complète des lumières d'un théâtre en pleine répétition, le film offre un magnifique face à face entre une comédienne et un metteur en scène. Pas un temps mort. Tout est juste. Fascination totale par un scénario parfaitement écrit et des dialogues qui vous enflamment crescendo.

 

Les retournements de situation nous laissent en permanence dans le questionnement. On pense tenir la clé. Erreur. Tout redémarre, là où on ne s'y attendait pas.

Qui est qui, et qui mène la danse ?

Les mots frappent fort et sont souvent jubilatoires, en dépit d'une certaine cruauté et de la perversité du texte. Entre domination ou soumission, la claque est totale, surprenante.

 

La bande originale signée par Alexandre Desplat participe à cet envoûtement qui ne m'a pas quitté.

 

Un pas en arrière, deux sur le côté, les deux comédiens sont éblouissants et ne perdent jamais le rythme, malgré le vertige ressenti par la multiplicité du jeu psychologique que l'on découvre progressivement.

 

Mathieu Almaric fait penser à Roman Polanski dans ses jeunes années. Il est étonnant de justesse. Réalisateur paumé et névrosé, qui, par la force des choses deviendra acteur pendant la répétition.

 

Vanda, qui se vante dans les dialogues d'avoir joué Hedda Gabler, est incarnée par Emmanuelle Seigner, qui, elle aussi, a tenu ce rôle en à Paris. Gentil clin d'œil. (Et un souvenir personnel de ce 15 octobre 2003, à la fin de la représentation à Marigny). Emmanuelle Seigner tient ici son meilleur rôle. Son personnage évolue en lui offrant toutes les possibilités de jeu allant de la parfaite idiote d'une vulgarité sympathique à la femme plus sophistiquée. Elle est absolument lumineuse, étonnante et terriblement sexy.


Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

http://www.canalplus.fr

16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 22:45

 

Date de sortie 6 novembre 2013

 

Violette---Affiche.gif


Réalisé par Martin Provost


Avec Emmanuelle Devos et Sandrine Kiberlain,


et aussi Olivier Gourmet, Catherine Hiegel, Nathalie Richard,

Jacques Bonnaffé, Stanley Weber, Olivier Py

 
Genre Biopic, Drame


Production Franco-Belge

 

Alors qu’il était en train de scénariser le film Séraphine, Martin Provost a fait la rencontre de l'écrivain René de Ceccatty. Ce dernier lui a offert une biographie qu’il avait écrite sur Violette Leduc. Le réalisateur, fervent admirateur des femmes visionnaires d’une autre époque, est immédiatement tombé sous le charme de l’écrivain : "Pour moi, Séraphine et Violette sont sœurs. Leurs histoires sont si proches, c’est troublant".

 

Les deux femmes ont en commun d'être nées pauvres. Violette est une bâtarde. Séraphine fut orpheline à l'âge de sept ans. Toutes deux, étaient autodidactes.

 

 

Il a donc proposé à René de Ciccatty de coscénariser ce biopic avec le fidèle Marc Abdelnour.

 

Violette est une artiste qui a eu le courage de traiter, avec des propos forts, des thèmes comme l’amour et la sexualité à une époque où les mœurs étaient différentes d'aujourd'hui. Fille illégitime d’une famille bourgeoise, cette souffrance, qui ne la quittera jamais, fera d’ailleurs l’objet d’un de ses trop rares succès, La Bâtarde sorti en 1964.

 

En 1946, elle retranscrit ses souvenirs d’enfance dans L’Asphyxie, son premier roman, qui lui vaudra la reconnaissance de Simone de Beauvoir, Jean Cocteau ou encore Jean Genet.

 

Les livres de Violette Leduc, L’Affamée, Ravages, Thérèse et Isabelle et La Bâtarde seront réédités à l’occasion de la sortie du film.

 

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Emmanuelle Devos et Sandrine Kiberlain

 

Synopsis

 

Le film commence en pleine guerre. Violette Leduc (Emmanuelle Devos) née bâtarde au début du siècle dernier, vit à la campagne avec un auteur, Maurice Sachs (Olivier Py), qui lui conseille de commencer à écrire. Comme par provocation.

 

Elle rencontre Simone de Beauvoir (Sandrine Kiberlain) dans les années d’après-guerre à St-Germain-des-Prés.

 

Commence une relation intense entre les deux femmes qui va durer toute leur vie, relation basée sur la quête de la liberté par l’écriture pour Violette et la conviction pour Simone d’avoir entre les mains le destin d’un écrivain hors norme.

 

Violette---Emmanuelle-Devos.gif

 

La majeure partie des publications de Violette Leduc s’appuie sur des rencontres ou des éléments importants de sa vie.

C’est le cas pour L’Affamée publié peu de temps après sa rencontre avec Simone de Beauvoir, ou Ravages dont le thème central est son avortement.

 

La bibliographie de l’auteure est ainsi construite selon sa vie.

 

Pour retranscrire cette idée, le cinéaste Martin Provost a décidé de découper Violette en chapitres, à la manière d’un livre.

 


Le réalisateur insiste sur la solitude et la détresse de l'auteure en gommant son côté "pas facile" et sulfureux. Il ponctue sa biographie par les rencontres déterminantes qui ont marqué son existence et le rôle qu'a joué sa mère incarnée par Catherine Hiegel. Il s'attarde sur les relations qu'elle entretenait avec Simone de Beauvoir.

 

Violette s’éloigne des faits et de l’aspect historique des évènements. Il s'agit-là d'une volonté du cinéaste Martin Provost : "J’étais bouleversé par ce qu’il y a de secret en elle, de fragile et de blessé, tandis que le personnage public, surtout célèbre après les années soixante, personnage qui se voulait sulfureux et extravagant, me touchait moins. Il n’était qu’une façade. Je voulais approcher la vraie Violette. Celle qui cherche l’amour et s’enferme dans une grande solitude pour écrire. C’est important de prendre des libertés avec l’histoire parce qu’il s’agit avant tout d’un film, pas d’une biographie."

 

Martin Provost a décidé de faire appel au même chef décorateur, Thierry François, et à la même chef costumière, Madeline Fontaine, avec lesquels il avait déjà collaboré pour  Séraphine, réalisé en 2008, et dont l'histoire se déroule 30 à 50 ans avant Violette.

 

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Le réalisateur avait écrit le rôle de Violette pour Emmanuelle Devos, mais avant de pousser le projet plus loin, il devait s’assurer que l’actrice accepterait de s’enlaidir volontairement en revêtant un faux nez. Ce qu'elle fit. L’actrice décrit cette Violette Leduc comme une personne "attachiante".

 

 À la question, qui était Violette Leduc ? Emmanuelle Devos, avoue :


"Ce n’est pas un personnage auquel on s’attache au premier abord. Elle a beaucoup fait son miel de sa douleur, de sa bâtardise, de son physique… Pourtant, jeune, elle n’était pas laide du tout. De plus, elle a été très aimée et même admirée pour son caractère. Mais elle s’est servie de sa singularité pour être dans une forme de plainte permanente et obtenir la reconnaissance. Toutefois, avant de comprendre la complexité du personnage, il m’a fallu plonger dans son œuvre. Sa correspondance est très intéressante, moins stylisée que ses romans. À l’époque, les auteurs comme Violette Leduc écrivaient tout le temps, leurs romans, mais aussi 14 lettres par jour ! J’ai dû sentir cette nécessité d’écrire que je n’ai jamais connue."

 

L'actrice rajoute : "Elle est connue surtout pour la Bâtarde et Thérèse et Isabelle, qui traitent de l’homosexualité. Je préfère des œuvres comme la Femme au petit renard, où elle parle remarquablement de la solitude. Ou Trésors à prendre, qui est le récit de sa randonnée dans les Cévennes. On y trouve des pages magnifiques, des descriptions d’une grande force d’évocation. Violette Leduc possède une immense sensibilité, elle peut regarder un arbre et en faire un personnage. Quand, au début du livre, elle décrit les passagers de son compartiment, vous voyez tout, vous sentez les odeurs."

 

Propos recueillis sur : http://www.lavie.fr.

 

Violette---Sandrine-Kiberlain.gifViolette Leduc était une écorchée vive qui éprouvait le besoin d’extérioriser ses souffrances. Obsédée par sa laideur et pourtant désirée par les hommes et les femmes : "Une personnalité comme la sienne ne laissait pas intacts ses partenaires. Violette pouvait être dure, car elle se comportait aussi en petite fille capricieuse et en tyran", confie René de Ceccatty.

 

Les carrières d’Emmanuelle Devos et Sandrine Kiberlain ont toutes les deux débuté dans On a volé Charlie Spencer ! réalisé en 1986. Les deux actrices se sont ensuite retrouvées dans Les Patriotes réalisé par Éric Rochant en 1994, puis dans Rue Mandar réalisé par Idit Cébula en 2013.

 

Elles signent avec Violette leur quatrième collaboration !

 

Comme pour Séraphine, Martin Provost souhaitait faire appel à Michael Galasso pour composer la musique de Violette. Malheureusement, ce dernier est décédé en 2009 :

 

"Michael nous avait quittés entre temps. J’étais perdu. J’ai cherché, et j’ai trouvé. Arvo Pärt s’est imposé comme une évidence."


 

Mon opinion

 

 

Ce dernier film de Martin Provost, offre un magnifique, et incroyable face à face, entre deux femmes d'exception. Si le film, diminué de quelques minutes aurait gagné en intérêt, la mise en scène, toute en retenue, reste toutefois une belle réussite, et parfaitement nuancée face au sujet traité.

 

On peut regretter que le scénario relate la seule période, couvrant vingt deux années de la vie de l'auteure, soit entre 1942 et 1964. Il aurait été intéressant d'en découvrir davantage, de cette enfance que l'on sait meurtrie, bien entendu, mais aussi ses ressentis au travers des  découvertes faites dans sa jeunesse avec les écrits de Rimbaud, Gide et Proust, entre autres. Martin Provost définit son travail comme "une analyse profonde d'une artiste hors du commun." C'est très bien ainsi.

 

L'époque d'après-guerre, est particulièrement bien reconstituée, le travail de Thierry François est tout à fait remarquable, et ce, dans les moindres détails sans qu'ils en soient pesants pour autant. Des cendriers "Byrrh", à une affiche de théâtre "La cuisine aux anges" avec Jean Paredes. Qui s'en souvient aujourd'hui ? Les costumes de Madeleine Fontaine sont à l'unisson. Les coiffures d'Aude Fidon particulièrement recherchées et appropriées. La photographie d'Yves Cape participe grandement à cette belle réussite. Tout en étant discrète, la musique d'Arvo Pärt m'a totalement envoûté. 

 

J'aime m'arrêter sur tous ces noms "de l'ombre" qui défilent trop vite au générique de fin quand ils participent à la réussite du film.

 

Trois femmes. Catherine Hiegel, tout à fait convaincante est excellente, une fois encore.  Emmanuelle Devos, est, peut-être trop belle, pour interpréter Violette Leduc. Mais quel talent ! On le savait déjà, certes. Et enfin, Sandrine Kiberlain dans le rôle de Simone de Beauvoir. Elle est exactement "la Simone", ou en tout cas l'image que j'ai d'elle au travers de ce que j'ai pu lire. Au-delà de la troublante ressemblance physique il y a cette aura toute particulière des grandes comédiennes qui savent s'approprier un rôle, pour mieux l'habiter. Absolument magistrale.

 

Avec la recherche, ou simplement le manque du père.

La non reconnaissance.

L'extrême solitude.

De l'aisance à la pauvreté.

La perpétuelle quête d'amour.

 

Violette Leduc, une femme hors du commun qui ne s'est pas cachée de ce qu'elle était. Avec ce magnifique appui de Simone de Beauvoir,  la reconnaissance viendra très tard. Mais quel destin ! Quel courage aussi !

 

Un magnifique portrait de femme(s) sur nos écrans grâce à Martin Provost. Merci pour ce très beau moment de cinéma.

 

 

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.allocine.fr

http://www.lefigaro.fr

http://www.gallimard.fr

http://www.evene.fr

 

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"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

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François Truffaut

 

 

 

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