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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 15:00

 

Date de sortie 2 octobre 2013

 

La-vie-domestique---Affiche.gif


Réalisé par Isabelle Czajka


Avec Emmanuelle Devos, Julie Ferrier, Natacha Régnier,

Laurent Poitrenaux, Michaël Abiteboul, Héléna Noguerra,

Sava Lolov, Grégoire Oestermann,

     Marie-Christine Barrault

 
Genre Drame

 
Production Française

 

Isabelle Czajka s'explique sur son inspiration pour la libre adaptation du roman devenu La Vie domestique :  

 

"Au départ, je voulais faire un film sur une femme d'une quarantaine d'années, qui a un mari, des enfants et qui travaille. Ce qui m'intéressait c'était l'exploration de son quotidien. En ce sens j'ai d'abord pensé écrire une version contemporainede "La promenade au phare" de Virginia Woolf.

 

Mais il se trouve que, totalement par hasard et à la même période, j'aientendu parler de Arlington Park à la radio, un roman signé de Rachel Cusk, écrivain qui se revendique de VirginiaWoolf. Je l'ai acheté, je l'ai lu et j'ai décidé finalement de l'adapter car il recélait tout ce que je recherchais, toutes les problématiques qui me tenaient à coeur. (...) Une envie de décrire les infimes enjeux de la vie domestique et conjugale, postmoderne et occidentale. "Arlington Park" trace le destin de plusieurs femmes, pour, en réalité, dresser le portrait de la femme aujourd'hui en Occident. J'ai donc lu le livre à peu près six ou huit fois, j'ai pris des notes, j'ai découpé le récit en tous petits morceaux, séquences par séquences, puis j'ai pris deux personnages féminins du roman pour en créer un seul, en l'occurrence mon héroïne, Juliette. Et puis j'ai oublié le livre"

 

Afin d’illustrer au mieux le quotidien de ses personnages, la réalisatrice a décidé de les faire évoluer sur un seul et même jour : "Pour moi narrativement, du point de vue domestique, une journée c’était parfait". C’est un parti pris mais également un clin d’œil à Mrs Dalloway, le célèbre roman de Virginia Woolf.

 

La-vie-domestique---Emmanuelle-Devos-et-Laurent-Poitrenaux.jpg

 

 Emmanuelle Devos et Laurent Poitrenaux

 

Synopsis

 

Juliette (Emmanuelle Devos), Betty (Julie Ferrier), Marianne (Natacha Régnier) et Inès (Héléna Noguerra) vivent dans une zone pavillonnaire au milieu d'un parc. Elles ont des enfants à éduquer, des maisons à entretenir, des maris qui rentrent le soir et parfois, un travail à assurer.

 

Juliette n’était pas sûre de vouloir venir habiter dans cette banlieue résidentielle de la région parisienne.

 

Lors d'un de ces dîners qu'on se maudit d'avoir acceptés, Juliette écoute sans broncher son mari, Thomas (Laurent Poitrenaux), proviseur dans un lycée défavorisé, répondre avec entrain aux propos racistes, puis sexistes, de leur hôte, un chef d'entreprise qui rééquipe le lycée en ordinateurs. Elle le lui reproche plus tard, mais Thomas ne voit pas le problème.

 

Le lendemain, Juliette refuse les avances de Thomas, puis s'affaire à la préparation du petit déjeuner, tandis que son mari fait écouter de la musique aux enfants. Thomas se souvient-il que Juliette attend une réponse décisive pour reprendre son travail dans l'édition ?

 

Absorbée par ses tâches quotidiennes, Juliette, conduit les enfants à l'école, retrouve une ancienne copine de classe, Betty qu'elle invite, le soir même, pour un dîner entre voisins, probablement moins insupportable, mais tout aussi inutile que celui de la veille.

 

Marianne, enceinte pour la troisième fois, ose à peine se demander si la vie domestique ne l'a pas insidieusement, doucereusement ligotée.

 

Les femmes ici ont toutes la quarantaine, des enfants à élever, des maisons à entretenir et des maris qui rentrent tard le soir.


Juliette est maintenant certaine de ne pas vouloir devenir comme elles.

Aujourd’hui, elle attend une réponse pour un poste important dans une maison d’édition.


Un poste qui forcément changerait sa vie de tous les jours.

 

 

Le premier film d'Isabelle Czajka, L'année suivante, tournait autour d'une adolescente de 17 ans, perdue et tout en colère rentrée. Le deuxième, D'amour et d'eau fraîche, suivait une jeune diplômée de 23 ans qui tentait vainement d'intégrer le monde du travail.

 

La Vie domestique, dépeint le quotidien d'une mère de famille d'environ 40 ans. La réalisatrice affirme que ce n'est absolument pas intentionnel de sa part, mais il est vrai qu'il y a comme une continuité dans sa filmographie. Une certaine logique.
 

Selon Isabelle Czajka, La Vie domestique est un concept bien précis : "Une fois qu'on a trouvé le titre, beaucoup de choses s'imbriquent autour, prennent un sens plus fort. Il est vrai que la double signification du mot domestique me plaît beaucoup aussi : ce n'est pas la vie amoureuse, ce n'est pas la vie conjugale, ce n'est pas la vie familiale, c'est la vie domestique, c'està-dire comment justement les femmes finalement endossent de façon insidieuse, sournoise, sans qu'on les y oblige forcément, toutes ces petites choses du quotidien, ces choses qui sont à faire. Les femmes deviennent alors leur propre bourreau. Donc La Vie domestique c'est l'état de toutes ces petites choses qui tissent le quotidien et la façon dont elles se distribuent et c'est vrai que les femmes souvent prennent en charge la continuité de la journée. Elles font des taches très disparates, même quand elles travaillent, elles font en sorte que les choses se passent comme si elles ne travaillaient pas. Elles font tout pour que leur travail ne perturbe pas le cours de la journée. Elles préservent non seulement l'unité de la journée mais aussi du mois, de l'année, elles prévoient les vacances, etc. Oui, malgré toute cette diversité de tâches, elles doivent garder une unité de temps, construire la continuité du temps."

 

La-vie-domestique---Emmanuelle-Devos-et-Julie-Ferrier.gif

 

Emmanuelle Devos et Julie Ferrier

 

La réalisatrice voulait porter à l’écran la condition d'une certaine catégorie de femmes actuelles et leur place dans la société d'aujourd'hui : "Je fais partie d’une génération de femmes à qui on a dit que tout était possible en même temps : travailler, avoir une carrière, des enfants etc. que cela ne posait pas de problème, que le monde désormais était prêt et adapté à ce schéma (…) Mais ce n’est pas tout à fait vrai. C’est beaucoup plus compliqué (…) Ce film m’a aidée d’un point de vue personnel à sortir de la vie domestique."

Juliette, le personnage incarné par Emmanuelle Devos est un personnage difficile à incarner car complet. C’est à la fois "une mère de famille, une amie, une amante et une femme cultivée".

 

Il fallait donc trouver une actrice capable de jouer tous ces rôles à la fois : "Emmanuelle est sensuelle, c’est une femme qui "garde » tout, c’est-à-dire qui est capable d’incarner tous ces registres-là", confie la cinéaste.

 

La-vie-domestique---Emmanuelle-Devos-et-Helena-Noguerra.gif

 

 Emmanuelle Devos et Héléna Noguerra

 

 

Mon opinion

Loin de Paris, mais tout près de Pontault-Combault en Seine et Marne, "un jardin c'est mieux pour les enfants" Isabelle Scajka nous invite à partager le quotidien de quatre jeunes femmes esseulées dans un cadre idyllique. Une pâle imitation du décor de Wisteria Lane, ou du Hameau de la Reine à Trianon, façon 21ème siècle.

Derrière la nature généreuse pour se cacher du béton environnant, une alignée de pavillons identiques sert de décor pour une vie qui ne semble pas être celle qui avait été initialement prévue.

Si le scénario s'accorde quelques invraisemblances, il démontre néanmoins avec fraîcheur et une impudence certaine des situations connues de tous.

Un brin d'humour au beau milieu du quotidien et le poids que représente l'habitude quand celle-ci a pris le pas sur les sentiments. L'ensemble est bien vu, malgré quelques passages ressassés depuis longtemps, tels l'enfant retrouvée morte dans l'étang ou encore les dialogues du début du film.

Il n'en reste pas moins une mise en scène efficace et légère à la fois, dans laquelle s'impose, j'ai envie de dire comme souvent, Emmanuelle Devos.

Julie Ferrier est tout à fait étonnante.

Marie-Christine Barrault ne fait qu'une apparition mais envoie quelques vérités que beaucoup préfèreront certainement ne pas entendre.

Tout en demi-teinte, il n'en reste pas moins un portrait au vitriol pour une certaine classe de notre société et celui, hélas, d'une jeunesse malheureuse ou totalement perdue.

 


 

Sources :

http://www.telerama.fr

http://www.unifrance.org

http://www.canalplus.fr

http://www.evene.fr

http://www.allocine.fr

14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 14:00

 

Date de sortie 9 octobre 2013

 

Prisoners - Affiche


Réalisé par Denis Villeneuve


Avec Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis,

Melissa Leo, Maria Bello, Terrence Howard, Paul Dano

Erin Gerasimovich, Kyla Drew Simmons

 
Genre Thriller


Production Américaine

 

Le titre Prisoners se rapporte d'ordinaire au système carcéral, mais pour Denis Villeneuve, il s'agit plutôt d'un état d'esprit.

Il explique : "Chaque personnage du film est, d’une manière ou d’une autre, prisonnier des circonstances, de ses propres démons ou de la peur. Chacun doit faire face à un emprisonnement qui lui est propre, et va devoir se battre pour retrouver la liberté."

 

Quand le réalisateur a reçu le scénario de Prisoners, il a cherché à étoffer l'histoire en commençant par enrichir les personnages : "Bien sûr, il s’agit d’un film noir qui traite d’un sujet difficile, mais il est également profond, et je savais qu’il serait plus facile pour les spectateurs de se mettre à la place des personnages s’ils leur semblaient réalistes."

 

Prisoners---Jake-Gyllenhaal-et-Hugh-Jackman.gif

 

Jake Gyllenhaal et Hugh Jackman

 

Synopsis

 

Dans la banlieue de Boston, Keller Dover (Hugh Jackman) et sa femme Grace (Maria Bello) passent Thanksgiving chez des amis et voisins, Nancy  (Viola Davis) et Franklin Birch (Terrence Howard).

 

À l’heure du café, alors que les parents blaguent au salon, leurs fillettes, âgées de 6 ans, Anna Dover (Erin Gerasimovich) et Joy Birch (Kyla Drew Simmons), ont disparu.

 

L'Inspecteur de police Loki (Jake Gyllenhaal) est prévenu, en plein déjeuneer et prend l'affaire en mains. Les voisins organisent une battue. L'Inspecteur privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller Dover, le père d’Anna.

 

Le suspect numéro 1, un certain Alex Jones (Paul Dano), simple d'esprit à l'allure inquiétante et qui se trouvait sur les lieux dans son vieux camping-car, est rapidement arrêté, interrogé pendant 48 heures et finalement relâché faute d'éléments probants.

 

Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. Il suit Alex Jones et le voit faire preuve d’une grande cruauté envers le chien de Holly Jones (Melissa Leo)  chez qui cet homme attardé loge d'une manière improbable.

 

Convaincu qu'il est le coupable, Keller Doller décide de d'enlever Alex Jones, de le séquestrer et de le torturer jusqu'à ce qu'il parle.

 

De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable…

 

Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent…

 

 

La production rencontra des difficultés dans la constitution de son casting. Mark Wahlberg, fut évoqué pour interpréter le rôle de Keller Dover, il est devenu l’un des quatre producteurs exécutifs. Christian Bale, Michael Fassbender et Leonardo DiCaprio furent également approchés.  

 

Les premières projections destinées aux professionnels ont été très encourageantes pour le public comme au Festival de Toronto où Prisoners a rencontré un accueil très favorable de la presse internationale.

 

Denis Villeneuve a confié les rênes du scénario à Aaron Guzikowski, pour que celui-ci développe la trame et les protagonistes. Le scénariste explique comment il a procédé : "Au départ, mon intention n’était pas d’écrire une histoire aussi sombre. Tout est parti d’une banale impression, celle que l’on ressent lorsqu’on égare quelque chose d’aussi trivial que ses clés de voiture ou son téléphone portable, de cette légère panique qui nous étreint lorsqu’on est persuadé d’avoir laissé quelque chose à un endroit et qu’on ne l’y trouve plus. Mais ça, c’était avant que j’aie des enfants… Une fois père, j’ai à nouveau essayé d’imaginer cette sensation, sauf que cette fois-ci j’ai pensé à mon enfant, et j’ai ressenti quelque chose de complètement différent. Comment l’esprit humain réagit-il face à cela ? Dans quelle mesure est-on transformé ? Peut-on transgresser toutes les limites ?"

 

Prisoners et son casting "poids lourd".

 

Hugh Jackman dans le rôle de la victime vengeresse. Jake Gyllenhaal dans la peau de l'inspecteur de police. Paul Dano qui incarne une fois encore un personnage méprisable.

La multi-primée Américaine Melissa Leo que l'on a pu voir récemment dans The Fighter, Le Majordome et, inoubliable, dans Frozen River. 

 

Le scénario de Prisoners aborde le thème sensible de la disparition d'un enfant du point de vue des familles et d'un point de vue extérieur. Jake Gyllenhaal, qui incarne l’inspecteur en charge du dossier, déclare : "Le film pose des questions très difficiles sur ce que nous serions prêts à faire pour ceux que l’on aime tout en examinant les différentes réactions des habitants d’une petite ville face à un tel événement, notamment celle d’un policier dont certains pensent qu’il fait partie de la solution et d’autres du problème."

 

Pour se glisser dans la peau de Keller Dover, le père protecteur, Hugh Jackman a fait des recherches sur le "survivalisme", un terme qui désigne les activités ou le mode de vie de certains groupes ou individus qui veulent se préparer à une hypothétique catastrophe locale ou plus globale dans le futur, une interruption de la continuité sociétale ou civilisationnelle au niveau local, régional, national ou mondial, voire plus simplement à survivre face aux dangers de la nature.  Son personnage étant un ancien alcoolique, l’acteur s’est également renseigné sur l'alcoolisme, ainsi que sur les effets du manque de sommeil prolongé.


L’acteur Paul Dano incarne dans Prisoners le troublant Alex Jones, rapidement soupçonné d’être le bourreau. Ce personnage énigmatique apparaît à la fois comme le méchant et la victime de l’histoire. Habitué aux rôles décalés, l’interprète ne s'en lasse pas : "Alex est un garçon complexe. (…) il est plutôt mystérieux, ce qui, pour un acteur, offre un vaste champ d’exploration."

 

Jóhann Jóhannsson a été chargé de la composition de la bande-son du film. Sur demande du réalisateur, il a réalisé des morceaux accentuant le parcours émotionnel des personnages. Jóhann Jóhannsson a donc décidé d’associer un orchestre, avec de nombreux bois et instruments à cordes, à deux instruments moins connus : les ondes Martenot, précurseur du synthétiseur, et le cristal Baschet, qui produit des sons à partir des vibrations de cylindres de verre. Le compositeur déclare : "Ce mélange génère une musique délicate, lisse et froide qui souligne la tension du film."

 

Prisoners---Hugh-Jackman.gif

 

Hugh Jackman

 

Mon opinion :

 

 

Prisoners, le dernier long métrage du réalisateur canadien Denis Villeneuve, annoncé comme d'une redoutable efficacité n'en est pas moins d'une épuisante longueur.

 

J'ai immédiatement accroché à la photographie de Roger Deakins qui est magnifique.

 

Quant au film lui-même, les rebondissements à répétition d'un scénario alambiqué à souhait, se multiplient dans une succession de clichés pour un sujet déjà vu et revu. Doit-on se faire justice soit même ? Pour ce faire, le réalisateur oppose des amis réunis dans la même détresse. Un couple de noirs, parfaitement intégré et respectueux de la loi, face à un couple de blancs dont le mari, défend sa famille jusqu'à l'extrême, grâce au port d'armes autorisé. L'action est censée se dérouler dans la triste banlieue de Boston.

 

La réussite de Denis Villeneuve réside essentiellement dans une certaine forme de vice qui donnerait à l'acte vengeur toute sa légitimité. Le tout est filmé au travers de situations, sanglantes et violentes, cruelles pour la plupart et d'une façon globale, exagérément appuyées. Un trop plein de références à la religion, via des citations chrétiennes, ou encore toutes les symboliques fallacieuses du serpent en deviennent lourdes.

 

Sous prétexte de dénonciation, et le couvert d'une prière, le réalisateur filme la torture avec une certaine jouissance. L'intérêt du film pâtit de longueurs excessives et de situations improbables. La fin, offre, malgré tout, quelques belles récompenses. Les coups de sifflet ne donnent pas le coup d'envoi d'un match mais la fin du film. Il était temps.

 

Le duo formé par Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal fonctionne à merveille, entre eux deux, un Paul Dano extraordinaire. Les actrices bien présentes pendant toute la durée du film ne sont pas les mieux servies. Maria Bello est méconnaissable, (bouffie par le chagrin ?). Viola Davis l'accompagne dans la souffrance d'une mère éperdue sans trouver véritablement sa place. Mélissa Leo, enfin, s'en donne à cœur joie dans un rôle de vieille garce. 

 

 

Sources :

http://www.cinemovies.fr

http://www.imdb.com

http://fr.wikipedia.org

http://www.allocine.fr

14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 13:00

 

Date de sortie 25 septembre 2013

 

Mon-ame-par-toi-guerie---Affiche.gif

 

Réalisé par François Dupeyron

 

Avec Grégory Gadebois, Céline Sallette, Jean-Pierre Darroussin,

Philippe Rebbot, Marie Payen, Agathe Dronne,

Nathalie Boutefeu, Stephan Wojtowicz, Anthony Paliotti



D’après le roman Chacun pour soi, Dieu s’en fout

de François Dupeyron, paru aux Editions Léo Scheer en 2009

 

Produit par Paulo BranCo
Filmé par – Yves Angelo
Montage – Dominique Fayssese
Casting – Brigitte Moidon
Costumes – Catherine Bouchard
Son – François MaurelArmelle Mahé
Assistant – Bastien Blum
Direction de production – Thierry Cretagne

 

Synopsis

 

Frédi (Grégory Gadebois) perd sa mère. Il ne veut pas en entendre parler mais il est contraint, forcé de reconnaître que ses mains guérissent…
Il s’interroge. D’où vient ce don ?
Qu’importe, il l’accepte…

 

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 Céline Sallette et Grégory Gadebois

 

Relevé sur Unifrance. Entretien avec  François Dupeyron.

 

 

Jeudi 29 novembre 2012, je retrouve José au Sélect.


Il est  19h30, la nuit est tombée depuis longtemps, c’est l’hiver, il fait froid.
- Ça va?
- Ça va.
- Ça n’a pas l’air.
- Si.
Le sourire de José me réchauffe, je retire ma vieille parka, dix ans que je la traîne. Depuis quelques années, je vois José régulièrement, il est journaliste, passionné de cinéma. Il est surtout devenu un ami.

- Si, ça va mieux. J’ai décidé d’arrêter, et depuis, ça va mieux. Je laisse passer les fêtes, il ne se passera rien pendant les fêtes, et je prends ma retraite. J’aurais pas une grosse retraite, tant pis…  J’arrête et qu’on ne me parle plus jamais de cinéma. Finito ! Terminarés !
- Arrête tes conneries.
- Non, je suis sérieux. J’aime beaucoup le cinéma, mais je n’y laisserai pas ma peau. Je descends dans le sud, je regarderai la mer et ça me fera du bien.
- Tu ne vas pas arrêter comme ça !
- Et pourquoi ?
- Parce que t’as des choses à dire.
- Arrête, tu parles comme un livre. Des choses à dire !... Tu veux que je te dise ? La dernière fois qu’une chaîne publique a mis  de l’argent dans un de mes films, c’est en 2003. Ca va faire dix ans qu’on me refuse tout ! Je viens d’en prendre conscience  cette semaine, les années ont passé, je ne m’en suis pas rendu compte. Dix ans ! C’est pas rien dix ans !... Regarde ta vie, remonte dix ans en arrière et tire un trait, poubelle, tu effaces ! Je ne suis pas resté sans rien faire, j’ai écrit huit, dix scénarios, j’ai eu des avances sur recettes, je les ai perdues. J’ai écrit quatre romans… Et maintenant, je suis sec, ils ont gagné, mais ils n’auront pas ma peau. En dix ans, j’ai réussi à faire deux films, Inguélézi, et Aide-toi le ciel t’aidera, avec l’avance sur recettes et Canal.

 

Mais depuis 2007 chez Canal, c’est niet ! Je suis marqué au rouge. "Dupeyron, on aime beaucoup ce qu’il fait, mais pas ça." C’est le refrain, dès que je l’entends, je crains la suite. Alors, puisqu’on ne veut plus de moi, je me tire. Et personne ne s’en apercevra parce que le monde n’a pas besoin de moi pour tourner, et c’est très bien comme ça.
- Mais ton projet, le type qui a un don ?
- J’ai l’avance, j’ai la région, et puis c’est tout. La 2, la 3, Arte, Canal, ont dit non. Je l’ai réécrit, représenté. Deux fois non. Orange me dit que peut-être si j’ai un distributeur… C’est bidon, je n’y crois pas, et de toute façon tous les distributeurs à qui on l’a présenté ont dit non.

 

Mon-ame-par-toi-guerie---Jean-Pierre-Darroussin-et-Grego.gif

 

Jean-Pierre Darroussin et Grégory Gadebois

 

- Avec Darroussin, Gadebois, Sallette ?


-Oui. Gadebois depuis septembre fait un carton au théâtre. Jean-Pierre est un immense acteur, il faut voir ce qu’il fait au théâtre aujourd’hui. Céline a fait lire le scénario à une jeune productrice – c’est pour te dire qu’elle est motivée – la productrice lui a envoyé le scénario à la gueule, "Qu’est-ce que c’est cette merde ?". Comme ça… "Cette merde !" T’imagines pas ce que je me prends dans la gueule. Tu veux que je te dise mon année ? Celle que je viens de passer ? Toute mon activité professionnelle ?... J’ai eu deux rendez-vous, dans la même semaine, avec deux producteurs, pour deux projets. Le mercredi avec l’un, pour l’histoire du type qui a un don. Il a relu le scénario et il a coché les gros mots. Oui, les gros mots !... Il a tourné les pages et il m’a demandé, "ça, on peut l’enlever ?" Oui… j’ai dit oui à tout. Des gros mots ! Comme si soudain avec l’andropause, je m’étais mis à écrire des gros mots. Je suis devenu incontinent, ça m’échappe… Tu trouves que dans mes films ça parle gras, ordurier, mal à propos ? Le lendemain, j’ai rendez-vous avec l’autre producteur, l’histoire du déserteur, en 14… Rebelote, il a tourné les pages lui aussi. "Ça, on peut l’enlever ?" Oui…
encore les gros mots ! Un type qui boit du matin au soir, au front, en 14 !… Et tout ça parce que tu présentes un scénario à la 2 ou la 3 avec un gros mot qui traîne, oh malheur ! Tu dégages… Ils ont un tel pouvoir que règne une petite terreur. Voilà toute mon année. J’ai enlevé des gros mots. Dix ans qu’on me refuse tout et maintenant les gros mots… J’arrive à 62 ans pour enlever des gros mots ! Alors j’arrête, c’est plus pour moi… Je suis peut-être à côté de la plaque, mais je marche plus. Toutes ces dernières années, j’ai essayé un peu de comprendre, je me suis dit qu’ils avaient peut-être raison, que mes scénarios étaient trop ci, ça. J’ai essayé plusieurs styles, plusieurs genres. Et j’ai compris qu’il n’y a rien à comprendre. J’ai perdu mon temps. Depuis quelques années, la mode est aux fiches de lecture. Je ne sais pas qui lit, des jeunes gens sans doute, pas très bien payés. J’en ai demandé deux, pour deux scénarios, pour voir… Deux fois, j’ai eu droit à " Sujet non traité. " Je n’invente pas, "Sujet non traité". Etait-ce le même lecteur ? Voilà où on en est. Tu ouvres le coffret des Césars, à part trois ou quatre films, tous les autres se ressemblent. Mais le sujet est traité. Merde, le cinéma, c’est pas ça ! C’est même tout le contraire…
- T’as pas le moral, ça va revenir.
- Non… je suis déconnecté, je ne suis plus en phase avec ce petit monde, ces gens, les producteurs à genoux, qui ont peur. On ne fait rien avec la peur, rien que de la merde. Moi, j’ai découvert la vie avec le cinéma, j’ai découvert les hommes, les femmes. J’entrais dans les films… comme j’entre ici pour te rencontrer, on se parle, je suis toi, tu es moi, ça circule… C’est pas cet infantilisme ! Sujet non traité ! Les gros mots ! Les gros mots ! Tu sais ce qui m’est venu en écoutant Forman parler du cinéma tchèque des années soixante ? Eh bien, on y est en plein. Regarde le bonus de Au Feu Les Pompiers, il parle de notre cinéma.

 

 

Tu remplaces le Parti par la Télé, et c’est bon. On est dans un système soviétique, la Télé dit oui, tu fais le film, elle dit non… tu peux aller te coucher, va crever la gueule ouverte. C’est ça qui m’arrive, je suis en train de crever… Parce que j’en crève de ne pas faire de film, et pas que financièrement … J’en crève parce que c’est ça qui me construit. Et ce n’est pas qu’un mot. Si je n’avais pas eu les mots, si je n’avais pas eu la chance d’arriver à écrire, de faire tenir quelques mots ensemble, et plus tard quelques images, je ne serai pas ce que je suis devenu. Si quand tu écris, si quand tu fais un film, c’est pas vital, alors… je crois que ça n’a pas grand intérêt, c’est au mieux décoratif. Le sujet est peut-être traité, mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! J’ai passé plus de vingt ans à essayer de comprendre ce qui se dit dans mes films – ce qui se dit, pas ce que je dis – et j’entrevois un peu. Tu crois dire une chose et c’est autre chose qui se dit. Mais il faut du temps pour s’en apercevoir… Et encore faut-il faire le film. Les films, ce que j’appelle des films, sont tous des autoportraits, des images de soi, ils sont à lire comme des rêves, comme des toiles. Rembrandt n’a fait que des autoportraits, Van Gogh idem, Bacon idem, Cézanne… une pomme de Cézanne, c’est Cézanne. Les tournesols, L’église d’Auvers, la Chambre, c’est Van Gogh, les mêmes coups de pinceau, la même chose qui cherche à se dire toujours, à travers un paysage, une nature morte, un portrait. La chose qui cherche à se dire… moi, je dis autoportrait, on peut utiliser un autre mot.

Regarde Forman, regarde… On est en face de gens qui ne sont pas plus cons que les autres, c’est le système qui les rend idiots, et assassins. Parce qu’au fond, ils ne font que protéger leur petit privilège.…

Il y a deux ans, j’ai fait une note d’intention pour un scénario qu’on proposait à Arte. J’ai eu le malheur de citer Tarkovski pour faire comprendre je ne sais plus trop quoi. Malheur ! le retour a été cinglant, "Non Tarkovski, c’est pas possible." Arte ! la chaîne culturelle – Arte n’a jamais mis un centime dans un de mes films.

 

 


– Ecoute Forman, il parle d’inculture… écoute l’interview de Langlois dans le bonus de l’Atalante, ce doit être dans les années 70. Il emploie le même mot, "des producteurs incultes ". Dieu sait que le cinéma a changé depuis les années 70, et le monde… Et rien n’a changé. Quand je raconte cette histoire des gros mots, ou de sujet non traité, on me dit "c’est pas possible". Si c’est possible, je jure que c’est vrai. Alors, tu vois, c’est sans regrets, la mort dans l’âme oui, mais sans regrets. Je vois des producteurs qui se disent "producteurs indépendants". Ils sont tous dépendant de la télé, et aujourd’hui des distributeurs. Des producteurs, il n’y en a qu’un, la Télé, le Parti. On est dans un système qui porte un nom, un putain de gros mot, "totalitaire", pas creux pas vide, qui fait son sale boulot. On ne serait pas en démocratie, on dirait censure. Je serais le seul à subir ce régime, je fermerais ma gueule, je dirais c’est le destin ou quelque autre connerie, c’est l’âge… Je n’ai jamais fait de télé, je n’ai pas pu. J’ai dit oui deux fois, et je me suis rétracté. La dernière fois, je me réveillais la nuit en sueur en me disant "tu ne peux pas demander à un acteur de dire ça !" Je n’ai pas pu.

C’est con d’être handicapé à ce point. Mais je suis comme ca, je ne peux pas faire ce qui me paraît faux ou vain ou… creux… J’en tomberais malade, alors j’arrête… j’arrête.

- Tu m’attends une minute ?


José s’est levé, je l’ai vu sortir du Sélect, prendre son téléphone, parler… Ça a duré trois minutes, pas plus, tout juste le temps de finir ma bière. Elle était chaude. Il est revenu, il s’est assis.

- Qu’est-ce que tu fais à minuit ?


J’ai haussé les épaules.

- Tu as rendez-vous au Flore avec Paulo.


Paulo, je ne l’avais jamais rencontré. Je suis arrivé au Flore, il était là. Tout de suite, il m’a dit "ça m’intéresse de faire un film avec vous". Il ne n’a pas demandé à lire le scénario ou je ne sais quoi, savoir si j’avais traité le sujet, les gros mots…

- José m’a raconté… Je sais que les télés c’est grillé, mais c’est pas grave. Si vous êtes d’accord, on fera avec ce qu’on aura. Les films pas chers, je sais faire… Paulo est le premier producteur indépendant que je rencontre. Indépendant, il doit l’être depuis ses vingt ans quand il est arrivé clandestin en France. Il a tenu parole.

La suite est sur l’écran, vous allez le voir, ou vous venez de le voir. Vous aimerez, vous n’aimerez pas, c’est normal. Tout va bien. Paulo m’a sauvé la vie. Ce ne sont pas des mots en l’air. J’ai dédié ce film à Michel Naudy. Michel était un très bon ami, il a mis fin à ses jours le 2 décembre, il était journaliste à France 3, au placard depuis dix sept ans… Nous sommes en France en 2012. Dix sept ans de placard ! avec un salaire, mais sans emploi. Pour lui aussi, être journaliste était vital. J’ai aussi dédié ce film à José. J’aurais ajouté Paulo, Yves Angelo…

Je n’ai pas voulu faire un dossier de presse comme on le fait d’habitude, pas pour me répandre, étaler une galère. Il ne s’agit pas de galère. J’ai une faveur à vous demander, vous, les journalistes, la Presse. Aidez-nous ! Entendez ces mots comme un cri. Faites savoir ce contre quoi on doit se battre. Enquêtez, demandez aux autres réalisateurs – pas quand ils sortent un film, la promo les rend idiots – Fouillez, parlez, je n’ose pas dire, indignez-vous, soyez les Médiapart, les empêcheurs de tourner en rond !

Aidez-nous ! On a besoin de vous pour retrouver un minimum de liberté, et de dignité. Prenez le relais pour que ceux qui sont en charge d’un pouvoir, petit ou grand, pour quelques jours ou quelques années, sachent et cessent de faire n’importe quoi.

Je n’ai pas parlé du film, du fameux "sujet", c’est à vous d’en parler, si le film vous a parlé, si le coeur vous en dit. Sinon, oubliez, ne perdez pas votre temps. Moi, je ne saurais que paraphraser, dire en moins bien, en moins plein. Si je savais dire, je ne ferais probablement pas de film. J’ai tout de même dit que c’est un autoportrait…

Merci.

François Dupeyron - Juillet 2013

 

 

 

Mon opinion :

 

Je comprends le coup de gueule de François Dupeyron contre les maisons de production. J'acquiesce.

 

Il n'en reste pas moins vrai que celui-ci peine à trouver les sources indispensables pour rentrer plus à fond dans cette adaptation de l'un de ses romans. Ce film, quelque peu trop long, semble être le reflet de l'état d'esprit du réalisateur, qui souhaite continuer à faire des films sans tomber dans la facilité.  

 

"Mon âme par toi guérie" bourlingue dans tous les sens sans véritablement trouver sa voie. Il n'en reste pas moins attachant.

 

Des vies brisées dans un décor que les laissés pour compte sont obligés de s'approprier, telle une dernière bouée de sauvetage. L'ensemble est oppressant, noir, sans espoir. Un reflet bien réel de notre société, qu'il est indispensable de filmer, aussi. Est-ce là l'une des raisons pour lesquelles le réalisateur s'est heurté aux trop frileux producteurs ?

 

"Mon âme par toi guérie"  n'est pas un film à accumuler des millions d'entrées. Certes. Mais il offre aussi de grands moments.

 

Arrêt obligatoire sur la très belle photographie d'Yves Angelo. Un fidèle du réalisateur.

 

Grégory Gadebois, est prodigieux. On le retrouve tout aussi puissant dans son jeu avec une profonde humanité, comme nous l'avions découvert dans le très beau film d'Alix Delaporte Angèle et Tony. Il trouve ici un vrai et grand premier rôle dans lequel il excelle.

 

J'ai trouvé ses face-à-face avec le formidable Jean-Pierre Daroussin, remarquables et particulièrement émouvants.

 

Céline Sallette n'a pas un rôle des plus abouti, elle n'en n'est pas moins convaincante et touchante.

 

Dans cet univers déchiré le réalisateur impose les points faibles de l'être humain et par dessus tout ce qu'il contient de plus profond. Son âme.

 

 

Sources :

http://www.evene.fr

http://www.unifrance.org

http://www.liberation.fr

http://www.imdb.com


7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 19:30

 

Date de sortie 25 septembre 2013

 

Miele - Affiche


Réalisé par Valeria Golino


Avec Jasmine Trinca, Carlo Cecchi, Libero De Rienzo,

Vinicio Marchioni, Roberto de Francesco, Iaia Forte, Barbara Ronchi,

Massimiliano Iacolucci,


Genre Drame


Coproduction Italienne Française

 

 

Il s’agit du tout premier long-métrage de l'actrice-réalisatrice italienne Valeria Golino. Elle s’était déjà prêtée au jeu de la réalisation avec le court-métrage Armandino e il madre en 2010. Ici, elle ose le sujet sensible de la mort assistée, un thème tout particulièrement délicat dans son pays :

 

"L’euthanasie est un sujet tabou en Italie, bien plus que dans n’importe quel autre pays européen. C’est en grande partie dû à l’influence du Vatican et à notre héritage catholique. Mais j’ai le sentiment que même si le peuple italien est prêt à faire face à ce sujet et à d’autres problèmes éthiques, les hommes politiques eux ne le sont pas."

 

Miele est l’adaptation du roman intitulé Vi perdono signé par Angela del Fabbro. Cependant, il s’est avéré que ce nom n’était qu’un pseudonyme :  

 

"Il y a trois ans, alors que je réalisais mon premier court-métrage, j’ai lu un livre qui m’a bouleversé. Le thème m’a tout de suite attirée (…) Cela m’a interpellée et je me suis dit qu’[Angela del Fabbro] cachait son identité, tout comme le personnage de Miele. Ce qui m’a intriguée encore plus était que le livre a été écrit à la première personne et qu’il était très détaillé. J’ai donc pensé qu’il s’agissait d’une histoire authentique. Ce n’est qu’un an plus tard, alors qu’on avait déjà bien avancé dans le scénario qu’on a appris que l’auteur était Mauro Covacich, un romancier célèbre."

 

Synopsis

 

Irène (Jasmine Trinca) vit seule dans une maison au bord de la mer non loin de Rome.

 

Son père (Massimiliano Iacolucci) et son amant la croient étudiante.

 

En réalité, sous le nom de code Miele, elle aide clandestinement des personnes en phase terminale à mourir dignement en leur administrant un barbiturique puissant.

 

Un jour elle procure une de ces doses mortelles à un nouveau "client", Monsieur Grimaldi (Carlo Cecchi). Elle découvre cependant quʼil est en parfaite santé mais quʼil veut mettre fin à ses jours, ayant perdu goût à la vie.

 

Bien décidée à ne pas être responsable de ce suicide, elle va tout faire pour l’en empêcher.

 


 

Miele - Jasmine Trinca

 

Jasmine Trinca

 

Alors qu’il s’agit de la deuxième fois que Valeria Golino fait appel à Iaia Forte, après son premier court-métrage Armandino e il madre, le choix des autres acteurs a suivi très rapidement : "J’ai fait passer beaucoup d’auditions, mais en réalité, depuis le début, les deux acteurs Jasmine Trinca et Carlo Cecchi qui jouent les rôles principaux n’ont jamais quitté mon esprit ni celui de mes co-auteurs", explique la réalisatrice.

 

Le changement de carrière de Valeria Golino, passant d’actrice à réalisatrice, germait dans son esprit depuis plusieurs années. C’est lors de son passage derrière la caméra, pour son court-métrage de 2010, qu’elle s'est vraiment épanouie : "J’adore le cinéma et la photographie, et après avoir fait autant de films en tant qu’actrice, j’ai appris énormément de choses sans même m’en rendre compte. Je n’avais jamais consciemment pensé à devenir réalisatrice avant que l’on me demande de réaliser un court-métrage il y a trois ans, Armandino e il madre. Pendant le tournage j’ai eu une révélation personnelle : certainement une vocation dont je n’avais même pas conscience avant…".

 

La cinéaste ne renonce tout de même pas à sa carrière face-caméra, puisqu'elle apparaîtra notamment dans une production italienne à la fin de l’année avec Il capitale umano de Paolo Virzi.

 

Le tournage du film a été effectué dans la région de la Basse-Californie au Mexique, en Turquie, mais surtout en Italie, où la réalisatrice recherchait une ville balnéaire pour le personnage principal : "J’ai tout de suite été séduite par une petite maison sur la plage, qui lui correspondait parfaitement. Elle n’était pas particulièrement belle, elle était même assez laide, mais j’ai vraiment plaidé en sa faveur auprès du régisseur d’extérieur, sans savoir vraiment pourquoi. J’ai découvert plus tard que l’auteur du livre, Mauro Covacich, avait écrit cette histoire alors qu’il vivait dans cette même maison !"

 


 

Mon opinion :

 

Pour la réalisation de son premier long-métrage, Valeria Golino s'attaque à un sujet très sensible et douloureux. De plus en plus traité au cinéma et c'est tant mieux, celui-ci apporte un regard différent sur l'accompagnement de fin de vie pour celles et ceux qui choisissent d'en finir dans la dignité.  


Miele est un film intelligent et dur qui ne tombe jamais dans la facilité. Le scénario ne s'alourdit d'aucun détail inutile. Il définit à peine la raison de l'engagement d'Irène, jeune femme par qui la libération attendue doit arriver. Est-ce le seul appât du gain qui la motive ?

On n'en sait pas davantage sur sa vie privée qui semble se résumer à quelques relations sexuelles mal vécues dans des endroits improbables. Il en est de même pour son enfance visiblement brisée dès l'âge de 10 ans.

 

Seuls, restent bien appuyés, les embûches à franchir pour se procurer le produit fatal, nécessitant des allers et retours entre l'Italie et le Mexique. Du coût aussi, puisque cette dernière liberté n'est réservée qu'à une classe privilégiée.

 

Présente de bout en bout, Jasmine Trunca, d'une exceptionnelle justesse dans ce rôle difficile est d'une grande beauté adoubée d'un magnétisme certain. Elle participe grandement à la réussite du film.

 

La photographie est très belle. Parfois trop. Là, encore, se posent des questions. Est-ce pour atténuer la lourdeur du sujet ? Il y a aussi l'obsession des avions bien présente. Doit-on y voir une envie de fuite ou un départ sans retour ?


La seule véritable et grande liberté de l'existence se résume-t-elle à choisir sa mort, quand celle-ci devient inévitable lorsque la vie devient inutile ou trop douloureuse ?

 

Le film ne juge pas mais démontre avec beaucoup de finesse les derniers désirs de chacun devant lesquels s'incline celle par qui la fin arrivera. Pour certains, s'accompagner d'une musique qui semble interminable, pour d'autres regarder une dernière fois par l'extérieur d'une fenêtre, ou encore tenter de se mettre à son avantage quand la maladie vous a défiguré. Autant d'actes de courage ultimes avant de faire le grand saut.  


Miele est là. Elle attend, assume tout jusqu'au moment où ses propres convictions se trouvent ébranlées.

 

Miele est un très beau moment de cinéma qui m'a profondément ému.  

 

 

 

Sources :

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 09:00

 

Date de sortie 25 septembre 2013

.

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Réalisé par Brad Furman


Avec Justin Timberlake, Ben Affleck, Gemma Arterton,  

Anthony Mackie, Sam Palladio, David Costabile


Titre original Runner, Runner

 

Genre Thriller, Policier


Production Américaine

 

Players est construit comme un conte moral, évoquant les risques encourus si l'on cherche à se faire de l'argent facile et si l'on se laisse dépasser par sa propre ambition : des problématiques qui traversent la société actuelle dont les perspectives se limitent à la sur-consommation et à la réussite financière.

 

L'histoire a été développée par Brian Koppelman et David Levien qui s'étaient déjà immergés dans l'univers du jeu avec le film Rounders. La compagnie New Regency qui chapeaute ce projet, a engagé le réalisateur Brad Furman pour prendre les commandes du film. 

 

L'univers des paris en ligne est un mocrocosme foisonnant dont le succès est tout à fait représentatif de l'explosion de l'idéal de démesure et d'immédiateté symptomatique de l'ère actuelle, c'est pourquoi Brad Furman a choisi d'y placer son intrigue. Ces dernières années, les sites de paris en ligne ont accumulé un chiffre d'affaire bien plus élevé que celui de Las Vegas, qui s'élève déjà à plus de 6 milliards de dollars annuels !

 

Players est le troisième long métrage du cinéaste Brad Furman. Auparavant, il a réalisé trois courts métrages, un documentaire avant un premier long métrage The Take, en 2007, inédit en France, et La Défense Lincoln, avec Matthew McConaughey.

 

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                            Justin Timberlake                                          Ben Affleck 

 

Synopsis

 

Richie Furst (Justin Timberlake), étudiant à Princeton, joue au poker en ligne pour payer ses frais de scolarité. Lorsqu'il se retrouve ruiné, persuadé d'avoir été arnaqué, il décide de s'envoler pour le Costa Rica afin de retrouver la trace d'Ivan Block (Ben Affleck), le créateur du site et homme d'affaire qui détient cette société offshore de paris en ligne.

 

Richie Furst est un joueur de talent. Il a mis le doigt sur la nature illégale du business d'Ivan Block. Lorsqu'il le rencontre, il découvre un homme sympathique qui lui offre une vie luxueuse, le prend sous son aile et l'amène à intégrer son business. Il rencontre également la belle Rebecca Shafran (Gemma Arterton),  bras droit d'Ivan Block, une femme mystérieuse très intelligente et passablement fourbe.

 

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Anthony Mackie

 

Sentant grandir le danger et réalisant les ambitions démesurées de son boss, Richie va tenter de renverser la donne en sa faveur. Au milieu de ce jeu de manipulation intervient un quatrième personnage, un agent du FBI, interprété (Anthony Mackie), et qui constitue en quelque sorte le "joker" de la partie : il les manipule à son tour pour arriver à ses fins chosit Richie Furst comme informateur pour prendre le pouvoir sur le jeu.

 

Ivan Block va alors dévoiler son vrai visage...

 

 

Dans le film, le personnage de Justin Timberlake veut toucher du doigt le nouveau rêve américain, inhérent à un monde moderne régi par l'argent, et incarné par le personnage de Ben Affleck. "La vie luxueuse et ostentatoire que mène Ivan Block, patron d’un empire du jeu, représente le nouveau rêve américain. La technologie a donné naissance à un monde dans lequel tout va très vite, ce qui a transformé la définition même du rêve américain. Les jeunes d’aujourd’hui veulent tout obtenir plus rapidement, en particulier lorsqu’il est question d’argent", explique le réalisateur.

 

Runner, Runner - Justin Timberlake-copie-1


Justin Timberlake

 

Justin Timberlake ajoute, à ce propos : "Avant, le rêve américain, c’était devenir riche et célèbre, aujourd’hui c’est devenir riche et célèbre le plus vite possible". Et c'est ce que souhaite Richie Furst dans Players. Malgré les strass et les paillettes, le faste et l'opulence, le monde auquel appartient Ivan Block est un monde de danger et de manipulation : "Sous cette façade de faste et d’argent facile se cache une réalité foncièrement frauduleuse, malhonnête et néfaste", déclare Ben Affleck. Un univers à double tranchant dont Richie Furst prend rapidement conscience.

 

Pour Players, il a fallu recréer un décor entre réalisme et somptuosité. Le plus impressionnant de tous les décors est celui de l'immense propriété du personnage interprété par Ben Affleck. L'acteur commente : "Il s’agit d’un monstrueux bâtiment blanc où règne une ambiance à la Scarface (...). À quoi ressemble la maison d’un type qui gagne autant d’argent ? Eh bien à celle d’un jeune de 18 ans à qui l’on aurait donné 20 millions de dollars en cash : une gigantesque maison dédiée à la fête où circulent des tas de filles en vêtements moulants et où l’alcool coule à flots, un lieu où l’on joue de l’argent et où la nuit est une fête perpétuelle (...)."

 


 

Mon opinion :

 

Le meilleur du film, la toujours très belle Gemma Arterton, mais hélas bien mal servie par ce rôle, essentiellement basé sur sa plastique impeccable.

 

Ben Affleck, tortueux à souhait ne parait pas très à l'aise.

 

Justin Timberlake dans un rôle ambigu navigue a vue, en restant toutefois dans les imites de l'acceptable.

 

Si la presque totalité de l'action se passe essentiellement dans des décors au luxe agressif, le scénario qui l'accompagne, sans aucune inspiration, est resté dans la plume des deux scénaristes Brian Koppelman et David Levien.

 

Déjà vu et revu. "Players" n'étonne pas une seconde et atterrit bien mal.

 

Brad Furman était autrement plus efficace dans "La Défense Lincoln".

 

Encore tout jeune réalisateur, laissons lui toutes ses chances pour faire oublier ce pseudo triller en manque total de suspense. 

 

 

Sources :

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

 

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mais beaucoup s'échinent à la transformer

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François Truffaut

 

 

 

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