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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 19:00

 

Date de sortie 11 septembre 2013

 

Gibraltar---Affiche-copie-3.gif


Réalisé par Julien Leclercq


Avec Gilles Lellouche, Riccardo Scamarcio, Raphaëlle Agogué,

Tahar Rahim, Mélanie Bernier, Philippe Nahon


Genre Thriller


Production Française

 

Gibraltar a été adapté d'après la vie de  Marc Fiévet.

 

L'aviseur ou l'incroyable parcours d'un informateur des douanes en prison pour services rendus, paru en 2003 chez Michel Lafon, est épuisé mais réédité et complété sous le titre Gibraltar. Dans ce témoigne écrit à la prison de Nantes, il revient sur son rôle d'ex-aviseur des douanes infiltrant des organisations internationales de narcotrafiquants, sur son arrestation en 1994 à Halifax par la douane canadienne alors qu'il est en mission, le procès où il doit plaider coupable pour cacher les méthodes françaises, sa condamnation à perpétuité et son extradition vers la France, où il est aujourd’hui en liberté conditionnelle jusqu’en 2013.

 

Gibraltar---Gilles-Lellouche-et-Tahar-Rahim-copie-1.gif


Gilles Lellouche et Tahar Rahim

 

Synopsis

 
En grande difficulté financière Marc Duval (Gilles Lellouche), un français expatrié à Gibraltar, est un père de famille, impulsif et instinctif.

 

Redjani Belimane (Tahar Rahim), agent de la douane française, lui propose de devenir informateur, autrement dit "aviseur ". 

 

De petits trafics en cargaisons troubles, il gagne progressivement la confiance de Claudio Lanfredi (Riccardo Scamarcio), un puissant importateur de cocaïne associé aux cartels Colombiens. Claudio a tout sur le plan de la réussite matérielle, mais il se sent seul en fin de compte. Au-delà du costume Gucci, de la grosse voiture, et des filles faciles, il s'agit d'un type qui a des envies de construction et de vie de famille.  C'est toutefois un criminel, qui n'hésite pas à tuer ses adversaires, mais qui a sa propre éthique, bien à lui. Il respecte cet adage : "en dernier recours, toujours mentir, jamais trahir".

 

Riccardo Scamarcio - Gibraltar


Riccardo Scamarcio

 

De cette immersion en eau profonde dans l’univers des narcotrafiquants Marc Duval court des risques de plus en plus importants. Mais à mesure qu'il gravit les échelons du cartel, il découvre aussi le luxe et l’argent facile... En permanence sur le fil du rasoir, seuls ses mensonges le maintiennent encore en vie.

 

Progressivement, Marc Duval  s'embarque dans une aventure qui procède par strates, où les risques sont de plus en plus élevés : il a d'abord rendez-vous dans une voiture, sur le bord d'un quai, puis, il s'occupe d'un petit deal de shit et, troisième étape, d'un trafic d'une tonne et demi de shit, avant de passer à la cocaïne et de finir par se faire arrêter avec six tonnes de marchandise sur un paquebot en direction du Canada !

Lorsque les douanes anglaises rentrent dans la partie pour arrêter Claudio  Lanfredi, le jeu devient encore plus dangereux et sa famille risque d’en payer le prix.

 

Troisième long-métrage de Julien Leclercq. Il a débuté avec Chrysalis en 2006 puis a réalisé en 2010 L’Assaut. Après L'Assaut, le jeune metteur en scène adapte une histoire inspirée de faits réels pour la seconde fois.

 

C’est à l'origine le producteur Dimitri Rassam qui a proposé l’idée du film Gibraltar à Julien Leclercq, en lui présentant le scénario alors qu'il était en plein tournage de son précédent film L’Assaut. Le réalisateur raconte : "J'ai rencontré son auteur, Abdel Raouf Dafri,, et on a travaillé sur la réécriture pendant un an, tout en menant des repérages à Gibraltar car il fallait qu'on s'imprègne sur place de cet univers très particulier. […] Ce qui m'a plu, c'est ce père de famille qui, d'abord pour des raisons financières, met le pied dans une mécanique qui va le broyer et se retourner contre lui : tout à coup, à cause de lui, sa famille est en danger et il se retrouve pris en étau entre les Douanes françaises et les narcotrafiquants."

 

À la question : Le film se déroule il y a 25 ans. C'était difficile d'orchestrer une reconstitution d'une époque à la fois lointaine et proche de la nôtre ?

 

Le réalisateur avoue : "Sur le papier, ce n'était pas une période glamour. Du coup, on s'est demandé comment établir une charte esthétique, de couleurs, et d'accessoires. Mais ce qui m'a plu dans cette époque, c'est que sur le plan scénaristique, on n'était pas, comme aujourd'hui, dans l'immédiateté permanente : par exemple, on était obligé de prendre le temps de trouver une cabine téléphonique pour passer un coup de fil. Du coup, on pouvait jouer avec les points de rendez-vous, qu'ils soient téléphoniques ou physiques. Dans cette veine, j'adore la séquence où Gilles Lellouche doit quitter la maison du mafieux pour alerter Tahar Rahim en pleine nuit : si elle s'était déroulée de nos jours, on se serait contenté d'un SMS envoyé de la salle de bain."

 


Julien Leclercq précise : "Je voulais réaliser un film à l'aspect sobre et classique, tourné avec de vrais objectifs de Cinémascope, et m'inspirer de l'imagerie du cinéma des années 70, en utilisant des filtres "chocolat". Car j'aimais bien l'idée de m'éloigner des codes traditionnels gris-bleus du film noir et de faire un polar sous tension au soleil. Ma référence absolue était Zodiac de David Fincher et, tout comme ce dernier, je voulais prendre le temps et ne surtout pas surdécouper. On a essayé d'insuffler cette approche dans la déco et le filmage pour donner à l'ensemble un rythme classique, dans la lignée de Pollack et de Pakula".


Marc Fiévet confie au cours d'un entretien : "J’apparais dans le film comme dans une mouise pécuniaire importante. C'est faux. Quand je me fais approcher en 1988 à Gibraltar par des agents afin de les informer et d’infiltrer des réseaux de narcotrafiquants, j’accepte avant tout à cause de mon esprit baroudeur et aventurier, excité à l’idée de travailler pour un service spécial. À mon sens, le film s’inspire de ce que j’ai vécu, plus qu’il ne raconte mon histoire."

Pour lire l'article dans son intégralité, cliquez Ici !

 

Concernant le choix des comédiens, Julien Leclercq  précise :

 

Gibraltar - Affiche-copie-2Riccardo Scamarcio, c'est Romanzo Criminale avant tout ! "Avant de le rencontrer, je ne savais pas ce qu'était une immense star et, quand je l'ai vu à Rome, j'ai compris. On a fait le tour de la ville en voiture, assaillis par des filles qui déboulaient de partout ! C'est un autodidacte qui a appris le français par lui-même et c'est un pur instinctif qui, là-dessus, se rapproche de Tahar. Je ne voulais surtout pas qu'il essaie de parler un français parfait, mais qu'il conserve ses maladresses."

 

Gibraltar---Affiche.gifGilles Lellouche a dit oui le lendemain du mariage du réalisateur ! "Je crois que je l'ai choisi au bon moment de sa vie : il vient de passer la quarantaine et il a acquis une maturité phénoménale au cours des deux dernières années. C'est un type qui a une grande intelligence par rapport à son jeu et à son personnage. Il passait tous les soirs du temps sur e-Bay pour trouver le même blouson de cuir qu'il portait dans les années 80 : c'était, pour lui, le costume du personnage. Il a fini par le dénicher et se le faire expédier d'Asie !" avoue Julien Leclercq. Avant d'ajouter :

 

Gibraltar - Affiche-copie-1

 

"Quant à Tahar Rahim, je suis tombé raide dingue de lui : c'est un mec brillant. Il a une capacité de transformation et une aptitude à entrer dans la peau du personnage qui est hallucinante : il fallait le voir débouler en jeans-baskets, comme il est dans la vie, et le retrouver trois jours plus tard en costard-cravate avec son petit carnet !"

 

 

 

Gibraltar est un personnage à part entière. "Absolument. Ce lieu, si particulier, nous permettait de parler de la déshumanisation qu'implique la lutte antidrogue, par le biais des saisies, et pas seulement par la consommation de stupéfiants. C'est d'ailleurs un combat un peu perdu d'avance et c'était quelque chose d'extrêmement cynique – et passionnant – à confronter au destin de cet homme et de sa famille. Un des films qui nous a inspiré est Traffic de Steven Soderbergh : on avait la volonté de traiter de sujets similaires et de tourner à Gibraltar même. En effet, ce petit îlot coincé entre le Maroc et l'Espagne est une zone de non-droit et sert des intérêts géopolitiques beaucoup plus larges, tout en concentrant la vacuité de la lutte antidrogue. Avec une forme de complicité à tous les étages. In fine, les autorités douanières se livrent une véritable concurrence et se moquent d'éradiquer le trafic : ce qu'elles cherchent, c'est revendiquer politiquement la saisie à des fins de communication." avoue le producteur Dimitri Rassam.

 

Clinton Shorter signe la composition de la musique du film. Il est notamment connu pour avoir œuvré sur la bande-originale du film de District 9, Contrebande et Jappeloup. Julien Leclercq parle de son travail avec lui : "C’est un guitariste de formation et, du coup, on a obtenu les sonorités hispanisantes que je souhaitais, et Clinton a vraiment su mettre en valeur la tension et la pression qu’on ressent dans le film. Ce qui m'intéressait avec la coproduction, c'était de bosser avec un compositeur que je n'aurais pas pu approcher autrement."

 

Mon opinion :

 

Nul doute que Julien Leclercq ait des choses à dires. À dénoncer.

 

Pour son troisième long-métrage il s'inspire librement de la vie de Marc Fiévet. Une histoire que je ne connaissais avant les renseignements pris, là où j'ai pu me documenter, pour me faire une idée. En bref, profiter de la faiblesse d'un homme qui croit en la parole donnée. Rien de révolutionnaire jusque là si celle-ci n'émanait d'agents des douanes donc, des hommes directement liés au gouvernement.

 

Comme il est dit dans les dialogues "pas de vagues en période électorale". Alors au diable promesses et autres récompenses. On passe toutes les preuves au broyeur et la vie continue. Visiblement pas de la même façon pour tous. À côté de ce fait monstrueux, puisque celui-ci a bel et bien existé et doit continuer de perdurer, le film oppose le fameux code d'honneur des mafieux.

 

Plus de finesse dans le propos, aurait peut-être donné une plus grande profondeur au film. Plus d'empathie et d'émotions, aussi.   

 

Le scénario est très bavard et nuit quelque peu à l'action qui entraîne le spectateur de Gibraltar, à Paris. De Tanger à Madrid. Un passage par Lisbonne pour échouer au Canada.

 

La mise en scène, s'attarde sur des gros plans tout à fait réussis. Les images reflètent parfaitement la couleur de ces polars des années 80, c'est exact aussi.

 

Giles Lellouche, dans le rôle du principal protagoniste, trouve enfin un rôle à sa mesure. Il est tout à fait crédible surtout dans les scènes où la peur et le désespoir le plongent au plus profond de ce gouffre dont on ne se relève pas. De toute évidence le réalisateur ne semble intéressé que par sa personne.   

 

Star en Italie, Riccardo Scamarcio n'a plus rien à prouver. Tour à  tour, glacial, doucereux, élégant, méfiant et exigeant, il est excellent et parfaitement juste.

 

Tahar Rahim ne m'a pas convaincu dans un rôle pourtant essentiel.

 

Au final, pas vraiment convaincu ni complètement déçu.

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 19:00

 

 

Date de sortie 7 août 2013

 

Les-Salauds---Affiche.gif


Réalisé par Claire Denis


Avec Vincent Lindon, Chiara Mastroianni, Julie Bataille, Michel Subor,

Alex Descas, Lola Creton, Miossec, Grégoire Colin, Yann Antoine Bizette


Genre Drame

 
Production Française

 

Chiara-Mastroianni--Claire-Denis-et-Vincent-Lindon----Les-S.gif

 

Chiara Mastroianni, Claire Denis et Vincent Lindon

 

Le film de Claire Denis présent au Festival de Cannes 2013,

dans le cadre de la section Un Certain Regard.


 

Synopsis

 

Marco Silvestri (Vincent Lindon), officier de marine marchande sur un supertanker, revient précipitamment à terre lorsque sa sœur Sandra (Julie Bataille), désespérée, lui apprend le suicide de son mari.

 

Celle-ci doit également faire face aux dettes d'une entreprise en faillite et assumer sa fille unique, Justine (Lola Creton) à la dérive.

 


  .

Sandra désigne le coupable, l’homme d’affaires, sans scrupules, Edouard Laporte (Michel Subor).

 

Pour être au plus près de sa cible , Marco loue un appartement dans l’immeuble où Edouard Laporte a installé  Raphaëlle (Chiara Mastroianni), sa maitresse,  et leur fils, Joseph (Yann Antoine Bizette) .

 

Mais Marco n’avait pas prévu les secrets de Sandra, qui brouillent la donne…

 

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Mon opinion :

 

Claire Denis, avoue être "dérangée" et présente son film comme "sombre et maléfique".

 

Son scénario ne manque pas d'idées. Réellement sombres, c'est exact. Maléfique, un peu moins, faute d'une construction solide et plus écrite. La réalisatrice avoue, dans un entretien, avoir écrit dans l'urgence. Sans pouvoir "errer, hésiter, défaire et refaire" précise-t-elle.

 

Dans Les Salauds, c'est donc le spectateur qui erre, qui hésite aussi, entre partir ou rester. Faute de pouvoir défaire ou refaire, il doit se contenter d'un minimum. Injuste et cher payé que le prix d'une place au cinéma pour ces Salauds qui n'offrent pas grand chose. 

 

Les premières images annoncent clairement la couleur et donnent l'impression que la réalisatrice, ne sait pas comment présenter son film. L'ensemble est prétentieux sans trouver les moyens d'arriver à la hauteur des espérances souhaitées. Tout est long, appuyé, et très lourd.

 

En dépit de tous leurs agissements, les salauds restent bien au chaud. Rien de très nouveau à ce niveau là, non plus. Des dialogues, je retiens une phrase dans la bouche du père qui parle de son fils comme sa "dernière semence". Du sordide, en voilà.

 

Les très belles images signées par Agnès Godard permettent de rester accroché à ce de film.

 

Fidèles depuis Nénette et Boni, réalisé en 1996, et dans presque tous les autres films de Claire Denis, la musique des Tindersticks, est trop présente et n'arrive pas à maquiller la maladresse de ce long-métrage.

 

Présent dans la distribution, Éric Dupond-Moretti, est un avocat bien réel connu pour le record de ses acquittements obtenus en France. Nul doute qu'il n'obtienne jamais un palmarès identique au niveau des récompenses cinématographiques.

Chacun à place, et une erreur de plus.

 

Les autres acteurs, présents dans le casting, font ce qu'ils peuvent pour se sauver du naufrage, sans y arriver totalement.

Seule la prestation de Miossec reste la plus vraisemblable.

 

Producteurs ou amis de Claire Denis, laissez lui le temps dont elle a besoin pour faire ce qu'elle sait réaliser, aussi, du "Beau Travail". 

23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 18:59

 

Date de sortie 14 août 2013

 

Michael-Kohlhaas.gif


Réalisé par Arnaud des Pallières


Avec Mads Mikkelsen, Mélusine Mayance, Delphine Chuillot,

Denis Lavant, David Kross, David Bennent, Sergi López,

     Paul Bartel, Amira Casar

 

Genre Drame, Historique


Coproduction Franco-Allemande

 

César 2014.

 

- Meilleure musique originale : Martin Wheeler

- Meilleur son : Jean-Pierre Duret, Jean Mallet, Mélissa Petitjean

 

Michael Kohlhaas est une nouvelle publiée en 1810 de Heinrich Von Kleist, inspirée de l’histoire vraie d’un marchand qui, victime de l’injustice d’un seigneur, mit une province d’Allemagne à feu et à sang pour obtenir réparation.

 

Franz Kafka, dont c’était le livre préféré parmi toute la littérature allemande, disait que la lecture de Michael Kohlhaas avait été pour lui à l’origine de son désir d’écrire !

 

Le film est librement adapté de la nouvelle.

Le réalisateur voulait tourner en Français et n’avait d’autre solution que de franciser l’histoire. Pour conserver le rapport des personnages au protestantisme naissant, les Cévennes se sont imposées car au début du XVIème siècle, catholiques et protestants ont vécu pacifiquement dans cette rude et magnifique région.

.


 

 

Synopsis :


 

L’histoire se déroule au XVIème siècle, à la croisée de deux époques. Dans les campagnes, une petite aristocratie appauvrie dispose encore de prérogatives féodales héritées du Moyen-Age.

 

Le marchand de chevaux Michael Kohlhaas mène une vie raisonnablement prospère et heureuse dans les Cévennes. Père aimant, bon mari, lecteur de la bible dont il tire sa propre morale, homme intègre et négociant honnête, il va être victime de l'injustice d'un jeune seigneur, qui retient deux de ses chevaux en gage avant de les épuiser à la tâche et de prétendre les lui rendre dans un état lamentable.  

 

Michael Kohlhaas refuse de les reprendre. "Je vous ai laissé deux bêtes magnifiques, vous devez me les restituer telles qu'elles étaient. J'irai en justice, seigneur".

 

Devant le mépris arrogant du petit baron, il ira en justice, en vain. Il ira bien au-delà, lèvera une armée, se battra, risquera la mort, la sienne tout d'abord, celle de ses proches et de ses soldats plus ou moins de fortune et ce dans le seul but de faire reconnaître son droit.

 

Il ira jusqu'au bout, non par appât du gain, non par soif de gloire, non par héroïsme, par principe.

 

 

 

Le réalisateur Arnaud des Pallières reconnait : "par rapport à la nouvelle, plusieurs personnages secondaires ont été développés, afin de sortir Michael Kohlhaas d’une trop grande "solitude héroïque". Sa propre fille (Mélusine Mayance), le jeune prédicant (David Kross), le jeune valet Jérémie (Paul Bartel), le convers manchot (Denis Lavant), ont été créés de toutes pièces. Enfin, les dialogues ont été intégralement réécrits, dans une langue volontairement contemporaine."

 

Dans les villes, un nouveau monde se développe, au sein duquel des bourgeois éduqués manquent encore d’un véritable poids politique. Trois principales figures s’affrontent.

 

- Celle, féodale, déjà spectrale, du jeune baron, cause de l’injustice.

 

- Celle du marchand Michael Kohlhaas, futur citoyen de droit, victime d’injustice et capable d’une révolte dont la limite sera l’individualisme.


- Enfin, préfigurant le révolutionnaire, celle du jeune valet Jérémie, porteur des utopies le droit de voir sa plainte examinée par un tribunal.

 

Les Cévennes et le Vercors comme décors du film. Le réalisateur confie : "Le Vercors renvoie à l’histoire de la résistance. Les Cévennes, à une autre forme de résistance, fondamentale dans la nouvelle de Kleist : la Réforme. Michael Kohlhaas est protestant.  Cela veut dire : un homme lisant la Bible dans sa langue, sans clergé médiateur, ayant si bien intégré la loi qu’il prétendra un jour avoir raison contre la société toute entière."

 

Michael-Kohlhaas---Mads-Mikkelsen.gif

 

Mads Mikkelsen

 

Le philosophe allemand du droit, Rudolf von Jhering, pensait que Michael Kohlhaas était un précurseur dans la lutte pour le droit, une sorte de pré-révolutionnaire luttant contre les privilèges.

 

Pour Rdudolf von Jhering, il est injuste d’accuser Michael Kohlhaas d’individualisme, "car lutter pour son propre droit, c’est toujours lutter pour le droit des autres."

 

Pour lui, Michael Kohlhaas est un héros du droit, qui fait don de sa vie pour une idée.

 

 

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Mon opinion :

Un beau film en plein mois d'août.


La magnifique photographie de Jeanne Lapoirie accompagne celui-ci de bout en bout.

 

Arnaud des Pallières signe une mise en scène sans effets spéciaux, voire à l'économie, toute en finesse et sobriété extrême, sans manquer de hardiesse pour autant. Il en va de même pour les décors et les costumes qui ne définissent pas d'une façon appuyée l'époque à laquelle se déroule l'action.

 

Une vague référence à la Reine de Navarre, sœur du roi de France peut nous rapprocher du XVI ème siècle, même si le scénario nous ramène sur bien des points, hélas, à n'importe quelle époque. Injustice et corruption sont au coeur d'un scénario qui aurait mérité de ne pas passer inaperçu au dernier festival de Cannes.


À l'exception du passage "explosif" avec l'excellent Denis Lavant, beaucoup de silences, laissent place aux bruits de la nature, aux galops des chevaux ou aux chocs meurtriers des arquebuses.

 

La violence est omniprésente et la colère comme repliée en elle-même. Pour mieux nous entraîner dans cette aventure, qui nous tient en haleine du début à la fin du film, Arnaud des Pallières s'est entouré d'un casting de choix.

 

Le toujours excellent Bruno Ganz mais également Amira Casar, Sergi López et Roxane Duran dans des rôles dits, secondaires.  

 

Mads Mikkelsen incarne Michael Kohlhaas.

Tour à tour, amoureux fou de sa femme, incarnée par la belle Delphine Chuillot, il se montrera désemparé et particulièrement émouvant à sa disparition. Père attentif avec la délicieuse Mélusine Mayance dans le rôle de sa fille. Homme intègre et pourtant floué dans son bon droit, guerrier et meneurs d'hommes, il se battra jusqu'au bout, par principe et simplement pour faire valoir ce que de droit.

 

Mads Mikkelsen n'en finit plus de surprendre et d'éblouir par son incroyable talent, une  formidable présence, et un charisme tout à fait exceptionnel.

 

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org 

http://www.allocine.fr

23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 18:58

 

Date de sortie 21 août 2013

 

Jeune---Jolie.gif


Réalisé par François Ozon


Avec Marine Vacth, Géraldine Pailhas, Frédéric Pierrot,

Charlotte Rampling, Johan Leysen, Nathalie Richard

 
Genre Drame


Production Française

 

Synopsis :

 

Le portrait d’une jeune fille de 17 ans en 4 saisons et 4 chansons.

En dehors de ses cours au lycée, elle joue avec son corps, séduit et se prostitue.

Mais ce n'est ni la misère, ni l'argent qui la motivent...

 

François Ozon avait repéré Marine Vacth dans Ma part du gâteau de Cédric Klapisch. Lors du casting pour Jeune & Jolie, il a tout de suite vu qu'elle était différente des autres. Selon le réalisateur, le fait que la comédienne ait dépassé l’âge de l’adolescence permet d'apporter une certaine maturité et distance au personnage d'Isabelle. Si sa beauté est frappante, ce n’est pas la seule raison pour laquelle elle a été choisie : "Dès que je l’ai rencontrée, j’ai vu une extrême fragilité et en même temps, une puissance. Et surtout une photogénie qui n’était pas seulement une photogénie de mannequin. J’ai retrouvé avec elle ce que j’avais ressenti en filmant le grain de peau et le visage de Charlotte Rampling pour Sous le sable : il se passe quelque chose derrière leur apparence", raconte le cinéaste.

 

 

Si François Ozon n'a pas voulu réaliser un film sur la prostitution, il a quand même effectué plusieurs recherches afin de mieux connaître le sujet :  

 

"Les choses ont changé depuis ma propre adolescence, notamment les moyens de communication, très actifs dans la découverte de la sexualité : portables, internet…

 

À mon époque, c’était le minitel !

 

Je me suis donc renseigné, j’ai rencontré des policiers de la brigade des mineurs, d’autres spécialisés sur les nouvelles prostitutions et le psychanalyste Serge Hefez, habitué à rencontrer des adolescents en mal-être. J’avais besoin de cette matière-là pour confirmer mes hypothèses et nourrir le film. Mais après, il a fallu m’en éloigner, et introduire des enjeux de fiction."

 

François Ozon a choisi Françoise Hardy pour illuster son film décomposé en quatre saisons. C’est la troisième fois qu'il utilise le répertoire de la chanteuse pour ses films. Dans Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, on pouvait entendre "Traüme" et dans 8 femmes Message Personnel.  

 

"Ce que j’aime particulièrement dans ses chansons c’est qu’elle retranscrit l’essence de l’amour adolescent : un amour malheureux, de désillusion, romantique… Je trouvais intéressant de synchroniser cette vision iconique sur un portrait plus cru de cette adolescente", explique le réalisateur.

 

 

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Mon opinion :

 

Le titre du film dit vrai.

 

Pour le reste, le scénario tient en une phrase comme le synopsis le résume parfaitement. "Le portrait d’une jeune fille de 17 ans en 4 saisons et 4 chansons". François Ozon s'est fait plaisir à réaliser un film dont chacun connait la véracité du propos. Pourquoi pas ?

 

D'une façon délibérée il suit et filme sous tous les angles la très jolie Marine Vacth qui m'a rappelé, dans certaines images, Charlotte Rampling dans sa jeunesse. Il en oublie l'essentiel. Réaliser un film. Celui-ci m'a profondément ennuyé par ces images récurrentes, aussi belles soient-elles.

 

Aucune explication n'est donnée quant aux agissements de la jeune protagoniste. C'est dommage. On reste dans le flou intégral. Déception d'une initiation rapide et mal vécue aux plaisirs de l'amour ? Révolte d'adolescente en mal d'identité ?  Refus d'une existence trop dorée ? Dans ce dernier cas Luis Buñuel l'avait déjà réalisé avec brio dans son "Belle de Jour", c'est vrai que la belle Séverine était mariée dans ce film. Alors pourquoi ?  

 

Le rôle de la mère, tenue par Géraldine Pailhas, aurait permis à cette dernière de déployer plus de conviction avec un scénario plus approfondi. Il y avait là, matière à donner plus de consistance à une histoire en mal d'intérêt.

 

Quatrième collaboration entre François Ozon et Charlotte Rampling, j'ai eu mal pour elle.

 


Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.allocine.fr

21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 23:00

Date de sortie 22 mai 2013

 

Only God Forgives - Affiche


Réalisé par Nicolas Winding Refn


Avec Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Vithaya Pansringarm,

Tom Burke, Yayaying Rhatha Phongam, Byron Gibson, Gordon Brown

Joe Cummings, Sahajak Boonthanakit, Charlie Ruedpokanon

 
Genre Thriller, Drame


Production Française, Danoise

 

Présenté en compétition au Festival de Cannes 2013, Only God Forgives avait déjà fait l'événement lors de la précédente édition du Festival, via la projection de quelques minutes du film qui n'ont pas manqué de soulever l'enthousiasme des heureux privilégiés.

 

Synopsis

 

À Bangkok, Julian (Ryan Gosling), qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue.

 

Only God Forgives - Ryan Gosling Ryan Gosling


Sa mère Crystal (Kristin Scott Thomas), chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy (Tom Burke) : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée.

 

Only-God-Forgives---Kristin-Scott-Thomas.gif

 

 Kristin Scott Thomas

 

Ivre de rage et de vengeance, Crystal exige de Julian la tête des meurtriers.


Julian devra alors affronter Chang (Vithaya Pansringarm), un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics …

 

Vithaya Pansringarm Only God Forgives - Vithaya Pansringarm

 

Only God Forgives est le neuvième long métrage de Nicolas Winding Refn, le huitième qu'il écrit lui-même.Après :

 

 

Seule exception pour  Drive. Le scénario était écrit par Hossein Amini d'après le roman de  James Sallis.
  
Only God Forgives est le deuxième film d'affilée dans lequel Nicolas Winding Refn dirige Ryan Gosling. Mais ces retrouvailles ont failli ne pas avoir lieu si tôt, car le rôle principal était d'abord dévolu à Luke Evans, qui a dû jeter l'éponge.

 

"J’ai eu de la chance, Ryan Gosling a accepté le rôle quand Luke Evans s’est désisté. Il a préféré tourner dans le Hobbit de Peter Jackson." avoue le réalisateur. Il ajoute : "L’agent de Luke Evans nous a sans doute rendu un fier service."

 

Luke Evans a donc été remplacé par le héros de Drive, et le personnage, anglais à la base, est devenu américain.


Selon un reportage de Bruno Icherl, paru le 28 mars 2012 next.liberation.fr   :Only God Forgives - Ryan Gosling-copie-1  Nicolas Winding Refn est du genre changeant. Il ne prend pas de notes, ne fait jamais de plan, ni de story-board. Souvent, il tranche directement sur le plateau, le jour même où la scène est tournée. "Je déteste l’idée que le film soit terminé avant même le début du tournage", sourit-il. "J’ai passé des nuits entières à repérer des lieux à Bangkok. En particulier à Chinatown, où l’essentiel du film se déroule. Nous avons vu des dizaines de night-clubs, tous plus kitsch les uns que les autres, les murs recouverts de lambris sculptés, de velours épais, de fleurs en plastiques aux couleurs gueulardes, des statues érotiques ou classiques, dorées comme des Bouddhas… Ça donne des tas d’idées de mises en scène. C’est comme les néons dans les rues, qui forment des perspectives étranges. On ne s’en rend compte qu’une fois sur place. Ensuite je me décide, et toujours à l’instinct."

 

Si Nicolas Winding Refn peut s’offrir le luxe de suivre ses intuitions, c’est aussi parce qu’il est l’un des rares cinéastes à tourner tous ses films de manière chronologique. Une aberration ? Pas forcément. "Je ne connais personne d’autre qui fonctionne comme cela, mais la méthode fait vivre le film de manière plutôt intense, dit Johnny Andersen, producteur exécutif. Toute l’équipe voit le film se construire peu à peu. Il devient une image mentale commune. Et, techniquement, ce n’est pas si compliqué à mettre en place. Et puis Nicolas sait s’adapter. Demain, nous devions tourner une scène de combat dans un club de boxe thaï, mais l’un des acteurs s’est blessé et nous avons été obligés de la repousser. Finalement, nous tournons la scène qui suit immédiatement le combat."

 

La clé de voûte de ce dispositif, c’est le budget. Modeste, presque anachronique pour un type qui vient d’empocher un prix de la mise en scène à Cannes pour Drivee, film qui, argument auquel toute l’industrie du cinéma est toujours sensible, a dépassé tous les espoirs au box-office sur chaque continent. "Nous avons conclu un deal avec Gaumont et, pour la distribution, Wild Bunch, détaille Nicolas Winding Refn. En substance, nous faisons deux films pour le prix d’un seul. Le budget de Only God Forgives est de 3,5 millions de dollars, soit 2,5 millions d’euros On dépassera peut-être un peu, mais vraiment de pas grand-chose."

Pour lire le reportage dans son intégralité ... Cliquez ICI !

 

La brutalité et la sauvagerie semblent être les marques de fabrique du film. Cela a été rendu possible en raison de l’absence d'un studio de production pour surveiller les moindres faits et gestes du réalisateur.
 
Only God Forgives - Ryan Gosling

 

Pour se préparer à son rôle, Ryan Gosling a passé plusieurs mois à s'entraîner aux arts martiaux en Thaïlande. L'acteur a également confié que Only God Forgives est beaucoup plus extrême que  Drive.

 

 

Ryan Gosling enchaîne depuis quelques temps les tournages à une vitesse grand V et souhaiterait prendreOnly Got Forgives - Ryan Gosling un peu de recul après Only God Forgives. Cette annonce a suscité une avalanche de "non" aussi bien des fans que des artistes. Damon Lindelof, le producteur de la série Lost, a posté un tweet disant : "La nouvelle bande-annonce avec Ryan Gosling me donne envie de le secouer et de lui hurler ‘Pourquoi prends-tu une retraite ?'".

 

Rien n'est définitif puisque l'acteur s'apprête à réaliser How to Catch a Monster, un conte de fée moderne dans lequel il dirigera Eva Mendes, sa partenaire à la ville et dans le récent The Place Beyond the Pines.

 

Selon le réalisateur Tom Burke est un mélange de Christopher Walken et de Joaquin Phenix. "Il est anglais et il est très, très bon, comme tous les Anglais. Ça devient presque un problème, on ne trouve plus de comédiens américains durs à cuire. A part Ryan, évidemment, mais il est canadien." commente  Nicolas Winding Refn. 


Only God Forgives est le troisième film dans lequel Nicolas Winding Refn dirige Gordon Brown, après Bronson et Le guerrier silencieux, Valhalla Rising. 
 

Après Drive, Nicolas Winding Refn et le compositeur Cliff Martinez s'associent à nouveau pour Only God Forgives. Premier batteur du groupe Red Hot Chilli Peppers et spécialiste des bandes-originales, Cliff Martinez a rendu la BO de Drive culte.

 

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Toute la filmographie de Kristin Scott Thomas, Cliquez ICI !

 
Après le succès de Drive des dessinateurs et des designers fans ont créé des posters du long métrage. Le plus connu est celui de l'illustrateur Tyler Stout qui, lui, a été engagé officiellement pour créer la pochette du vinyle.

 

Nicolas Winding Refn a alors demandé à certains de ces artistes de créer l'affiche de Only God Forgives.

 

 

 

 

  

 

Sources :

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

 

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"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

en travaux forcés !"

 
François Truffaut

 

 

 

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