Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 07:57

 

Date de reprise le 19 octobre 2016

 

Version restaurée.

 

Lumière 2016

 

Séance de clôture du festival Lumière

Dimanche 16 octobre à 15h à la Halle Tony Garnier

 

en présence en présence de Catherine Deneuve, de Régis Wargnier

et des invités du festival.

Le Prix Lumière a été créé par Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier afin de célébrer à Lyon une personnalité du septième art, à l’endroit même où le Cinématographe a été inventé par Louis et Auguste Lumière et où ils ont tourné leur premier film, Sortie d’Usine, en 1895. Parce qu’il faut savoir exprimer notre gratitude envers les artistes qui habitent nos vies, le Prix Lumière est une distinction qui repose sur le temps, la reconnaissance et l’admiration.

 

C’est la comédienne française Catherine Deneuve qui recevra le 8ème Prix Lumière.

 

Lors du Festival Lumière qui s'est tenu à Lyon et dans sa Métropole du samedi 8 au dimanche 16 octobre 2016.

 

"C’est une déesse du cinéma"

dit d’elle Martin Scorsese qui reçut le Prix Lumière en 2015.

 

Le Prix Lumière est attribué à Catherine Deneuve pour ce qu’elle est, ce qu’elle fait, ce qu’elle dit, ce qu’elle joue, ce qu’elle chante et ce qu’elle enchante depuis toujours et pour toujours.

Première femme en sept éditions à être ainsi récompensée, elle s'est vue remettre le trophée par Roman Polanski devant un public de cinéphiles et une belle brochette de personnalités parmi lesquelles sa fille Chiara Mastroianni, Quentin Tarantino, Jerry Schatzberg et Bertrand Tavernier .

 

Toute la cérémonie et les hommages, cliquez ici.

 

 

Indochine---Affiche.jpg

 

Réalisé par Régis Wargnier


Avec Catherine Deneuve, Vincent Perez, Linh Dan Pham,

Jean Yanne, Dominique Blanc, Henri Marteau, Carlo Brandt,

Gérard Lartigau, Hubert Saint-Macary, Eric Nguyen,

    Thi Hoe Tranh Huu Trieu,


Genre Drame, Historique, Romance


Coproduction Franco Vietnamienne

 

Date de sortie 15 avril 1992

 


 Indochine

a remporté de nombreuses récompenses à travers le monde parmi lesquelles

 

- Golden Globe du Meilleur film étranger en 1993.

 

- Oscar du Meilleur film étranger en 1993.

 

César 1993.

- Meilleure actrice Catherine Deneuve

- Meilleur second rôle féminin Dominique Blanc

- Meilleure photographie François Catonné

- Meilleurs décors Jacques Bufnoir

- Meilleur son Dominique Hennequin, Guillaume Sciama

 

 

Catherine Deneuve - Indochine

 

 

 

Synopsis

 

Indochine des années trente.

 

Eliane Devries (Catherine Deneuve) est née en Indochine. Elle n'a jamais vu la France. Son père  , Emille (Henri Marteau) , veuf depuis des années, a obtenu la concession des grandes étendues de  terres rouges sur lesquelles il a planté l'hévéa brasiliensis, l'arbre à caoutchouc.


Rigoureuse, Eliane a organisé sa vie. Il y a la plantation, le sang blanchâtre que les coolies tirent des arbres - le latex. Il y a son père. Il y a le pouvoir, et l'absence de passion.

 

Eliane, depuis longtemps, a appris à vivre sans amour.

 

 

 

Linh Dan Pham et Catherine Deneuve

 

 

Il y a aussi et surtout Camille (Linh Dan Pham), sa fille adoptive, princesse d'Annam dont les parents ont péri dans un accident. Eliane et Camille sont complices et inséparables. Camille est promise à l'un de ses cousins, Tanh (Eric Nguyen), le fils de Mme Minh Tam (Thi Hoe Tranh Huu Trieu), femme d'affaires et amie d'Eliane.

 

Leur existence est bouleversée par la rencontre d'un jeune officier de marine, Jean Baptiste Le Guen (Vincent Perez), qui vient de débarquer à Saïgon. Eliane puis Camille tombent amoureuses.

Jean Baptiste Le Guen sauvera Camille d'une mort tragique.

Au moment où sur fond de nationalisme ambiant, sont perpétrés les premiers attentats contre les Français...

Un homme veille sur Eliane, comme il veille sur l'Indochine : Guy Asselin (Jean Yanne), le directeur de la Sureté. On est en 1930, et le monde avance. Le Parti Communiste vietnamien vient d'être fondé, déjà les révolutionnaires s'attaquent aux mandarins, ces fonctionnaires impériaux qui soutiennent le pouvoir des colons. Asselin est le seul à pressentir que l'Indochine, un jour, se débarrassera de la France. Il sait que ce jour est proche.

Si Eliane se détache de Jean-Baptiste, Camille l'aime toujours, même si maintenant mariée contre son gré à son cousin Tanh.

Elle fuit le monde des colons, traverse tout son pays vers le nord, mesurant les malheurs de son peuple opprimé par le système colonial, et rejoint le camp de l'île du Dragon, dans la baie d'Halong, où Jean-Baptiste a été muté.

Le destin des amants bascule quand elle tue un militaire et doit passer à la clandestinité.

Il choisit de déserter pour la suivre...

 

Indochine a entièrement été tourné en décors réels : dans la province de Ninh-Binh, au sud-ouest d'Hanoi. Puis sur l'île de Hang Dinh, dans la baie d'Along.

Indochine - Baie d'Along

 

Toujours dans les environs de Ha­noi, Régis Wargnier trouva la pagode, miraculeusement pré­servée de la guerre, dans laquelle Eliane prie, et c'est dans des mines de charbon à ciel ouvert que l'entrée du bagne de Poulo Condor fut reconsti­tuée. Pour la première fois, une équi­pe de cinéma put même filmer au coeur du Palais impérial... En revanche, c'est en Malaisie que l'équipe a aménagé la proprié­té d'Eliane : les forêts d'hévéas sont identiques à celles que l'on trouvait en Indochine dans les années 1930.

 

Indochine est co-scénarisé et co-dialoguisé

par  Erik Orsenna, Alain Le Henry, Louis Gardel et Catherine Cohen

 

Il ne faut surtout pas voir dans Indochine un regard nostalgique sur le monde colonial. Ainsi, la scène d'interrogatoire violent d'un nationaliste à la Sûreté, avec Jean Yanne, s'inspire d'Indochine SOS d'Andrée Viollis, l'un des premiers livres anticolonialistes écrits sur le sujet dans les années 1930.

 

Andrée Viollis, née Françoise-Caroline Claudius Jacquet de La Verryère le 9 décembre 1870 à Les Mées, décédée le 10 août 1950 à Paris, était une journaliste et écrivaine française. Figure marquante du journalisme d'information et du grand reportage, ardente militante des plus grandes causes humaines, comme l'antifascisme ou le féminisme, elle a été plusieurs fois primée et s’est vue attribuer la Légion d’honneur. Grand reporter, elle ne cesse de parcourir le monde d’URSS en Afghanistan, en passant par les Indes, le Japon et la Chine. À partir de la prise du pouvoir par Hitler, elle se rapprochera du Parti communiste et entrera en 1938 au quotidien communiste Ce soir.


Quand elle arrive en Indochine, en septembre 1931, dans la délégation qui accompagne le ministre des colonies Paul Reynaud, le pays est touché par la famine qui sévit depuis deux ans. Andrée Viollis profita de sa situation de journaliste "accréditée" pour découvrir l’envers du décor, en rencontrant des officiels mais aussi des opposants. À travers eux, elle découvrira la réalité de l’oppression coloniale : les famines, les conditions de travail épouvantables dans les plantations, la répression brutale des manifestations, les prisons où s’entassent les militants anticolonialistes, la corruption du pouvoir colonial et les humiliations quotidiennes de la population…
Lors de sa première édition, en 1935, le livre d’Andrée Viollis avait fait scandale. Plus de 75 ans après, il a le mérite de rappeler ce que voulait dire colonialisme.

Régis Wargnier au sujet d'Indochine dans une interview parue dans Première en 1993.

 

"C'était le premier jour de tournage, et je n'étais pas à prendre avec des pincettes… Nous avons commencé par la scène finale, celle des retrouvailles avec sa fille adoptive, au bagne. Pour elle aussi, c'était très difficile. Elle devait imaginer, dans sa tête, tout le parcours du film pas encore tourné, découvrir une équipe. Catherine court dans cette scène. Elle s'est littéralement jetée dans le film. Elle voulait s'impressionner elle-même, m'impressionner et impressionner les autres. C'était vraiment beau."

 

Indochine - Catherine Deneuve

 

Un autre jour de tournage :

 

"Décimée par la fatigue, l'équipe entière s'affalait dans les fauteuils du décor. Rien n'allait… Catherine arrive dans un costume qui ne me convenait pas. Puis on discute sur une réplique. Jean Yanne avait du mal à jouer sur le ton de la tendresse. Catherine faisait des suggestions. Climat tendu… Mes plombs ont sauté, et j'ai dit : "On va tourner, après tout, faites ce que vous voulez…"

Catherine a dit alors : "Je ne tourne pas dans ces conditions".

Je me suis dit : "Oh la la ! C'est la fin du bonheur, j'ai tout gâché…"

C'est là que Catherine a demandé à toute l'équipe de sortir et m'a dit : "Régis, prenons notre temps. Je ne vous connais pas, mais au fond, je vous connais, on travaille ensemble depuis plusieurs semaines, on s'entend bien, on fait de belles choses, j'en suis très contente. Mais là, qu'est-ce qui ne va pas ? Il faut qu'on en parle". Je lui ai répondu : "Catherine, cette scène, je l'ai écrite, je l'ai rêvée, et je n'en retrouve pas le goût". Elle : "On va travailler dans ce sens. Voulez-vous qu'on change les dialogues ? Jean va s'y mettre aussi". Puis elle a dit à l'équipe : "Vous pouvez revenir", et tout le monde a pensé : "Quelle classe !" Elle a su désamorcer une crise parce qu'elle avait, plus que moi, l'expérience d'un tournage. Plus d'humanité aussi."

 

Catherine Deneuve  dans une interview parue dans Studio Magazine en 1997.

 

"C'était une belle année ! Je ne veux pas jouer les anciens combattants et raconter mon Viêt-nam mais Indochine était vraiment une belle aventure..."

 

Indochine - Catherine Deneuve-copie-1L'envie pour Régis Wargnier de travailler avec Catherine Deneuve remonte au développement de son premier film, La Femme de ma vie. Ce dernier avait écrit le scénario en pensant à l'actrice, mais celle-ci avait finalement renoncé à jouer dans ce long métrage.

Tous deux sont ensuite restés en contact jusqu'au tournage d'Indochine

 

Dans un numéro de Première paru en 1993, Régis Wargnier déclare au sujet de Catherine Deneuve : "Au début du film, elle est apparue comme un mythe mais, très vite, elle a cassé cette image. Les jours où elle ne devait pas tourner, elle venait avec son petit appareil photo. Avant même de dire bonjour, clic-clac !

 

 

 

 

 

Et le lendemain, chacun avait un tirage de la photo. A Hanoï, elle avait sa boutique. Elle y achetait des t-shirts sur lesquels elle faisait imprimer "Indochine" et elle en offrait à tout le monde. Personne ne la connaît sous ce jour."

 

C'est Catherine Deneuve qui a suggéré de faire dessiner ses robes par Gabriella Pescucci, une couturière italienne qu'elle avait rencontré en 1977 sur le plateau de  Coup de foudre de Robert Enrico. Des problèmes de production avaient définitivement interrompu le tournage mais Catherine Deneuve n'a pas oublié celle à qui elle avait promis : "nous retravaillerons ensemble".

 

Catherine Deneuve - Indochine

 

Le tournage d'Indochine a permis à l'actrice, Linh Dan Phan, adolescente française d'origine vietnamienne, de partir à la découverte de son pays natal et de ses origines. 

 

Filmographie de Catherine Deneuve ... Cliquez ICI !

 

Sources :

http://www.imdb

http://television.telerama.fr

http://fr.wikipedia.org

http://toutsurdeneuve.free.fr

http://www.newzitiv.com

http://www.allocine.fr

2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 13:03

 

 

Date de reprise le 3 août 2016

 

Version restaurée

 

All-that-Heaven-Allows---Affiche.jpg


Réalisé par Douglas Sirk


Avec Jane Wyman, Rock Hudson, Agnes Moorehead,

Conrad Nagel, Virginia Grey, Gloria Talbott,

William Reynolds II, Charles Drake


Genre Comédie dramatique


Titre original All that Heaven Allows

 

Production Américaine - 1955

 

Il aura fallu les éloges d’un Godard, Martin Scorsese ou d’un Fassbinder pour faire taire les esprits trop littéraires qui ne voyaient en Douglas Sirk que l’équivalent cinématographique des romans à l’eau de rose. Fassbinder avouera que son film Tous les autres s'appellent Ali était un remake du chef-d'oeuvre de Douglas Sirk.

 

Tout-ce-que-le-ciel-permet.jpg

 

 Rock Hudson et Jane Wyman

 

Tout ce que le ciel permet fut un succès public et critique relatif, le qualifiant pour certaines de "film tout juste bon pour les femmes pleurnichardes". Le temps faisant heureusement son oeuvre, Tout ce que le ciel permet est aujourd'hui unanimement considéré comme l'un des plus beaux films du maître. Il fut d'ailleurs élu en 1995 pour rejoindre la prestigieuse collection de films dressées par la Bibliothèque du Congrès Américain.

 

Tout-ce-que-le-ciel-permet---Affiche-copie-1.jpgAujourd’hui l’époque des railleries est belle et bien révolue et le cinéaste est cité comme influence par tous les réalisateurs en vogue, de Pedro Almodovar à Quentin Tarantino en passant par François Ozon… Comme aimait à le rappeler Douglas Sirk, la distance entre le roman de gare et le grand Art est mince. All That Heaven Allows en est le plus bel exemple. L’intrigue est simple comme une chanson de Claude François : il est pauvre, elle est riche, il est jeune, elle est plus âgée, et malgré tout, ils s’aiment… Pourtant, loin de crouler sous la guimauve qu’impose un tel sujet, le spectateur se voit terrassé par cette histoire qui possède la force des grandes tragédies.

 

Douglas Sirk n'est pas ce cynique cultivé qui aborderait un matériau jugé impur avec la distance amusée de l'esthète. Il instrumentalise simplement les codes du mélodrame pour créer un langage cinématographique unique, prêt à rendre au plus près la vérité du cœur.

 

Selon Douglas Sirk : "Le succès américain provient du fait que le film est fondé sur une philosophie typiquement américaine, celle d'Emerson et de ces disciples où la nature tient une grande place… Le thème du retour à la nature a sans douté été inspiré par Rousseau. Son influence n'a gagné l'Amérique qu'assez tard parce qu'à l'époque où il écrivait les problèmes qu'il abordait ne se posaient pas encore aux américains qui n'avaient encore que des contrées sauvages et pas encore construit des villes. Ce désir de retour à une vie primitive et simple était à mon avis parfaitement incarné par cet homme qui s'occupait de faire pousser des arbres, vivait dans un jardin et méprisait l'argent et la haute bourgeoisie. Or ça c'est tout le rêve américain."

 

 

Tout-ce-que-le-ciel-permet---Affiche.jpgSynopsis

 

Veuve d'âge mûr, Carey Scott (Jane Wyman) mène une vie terne et sans histoire dans une petite localité de Nouvelle-Angleterre, se consacrant au bonheur de ses deux enfants Ned (William Reynolds II) et Kay (Gloria Talbott) qui viennent d'entrer à l'Université. Souhaitant qu'elle ne termine pas ses jours en solitaire, ses enfants et son amie et confidente, Sara Warren (Agnes Moorehead), la poussent dans les bras de Harvey (Conrad Nagel), quinquagénaire aisé auprès de qui elle trouverait la tendresse et la sécurité.

 

Carey rêve encore d'un grand amour. C'est dans cette disposition d'esprit qu'elle rencontre Ron Kirby (Rock Hudson), le séduisant pépiniériste, de quinze ans plus jeune qu'elle, engagé par ses soins pour s'occuper de son jardin. Ron Kirby ne tarde pas à partager sa passion et ils deviennent amants. Le jeune homme l'emmène dans sa demeure, un vieux moulin situé au milieu des bois où il vit loin du monde, des préjugés et des conventions.

 

 

La liaison de Carey est rejetée par son entourage : non seulement à cause de leur différence d'âge mais aussi parce que Ron Kirby est d'un niveau social bien inférieur. Pour ne pas déplaire à ses enfants, Carey rompt avec Ron et recommence à fréquenter Harvey. Peu après, Kay se marie et Ned, mobilisé, part pour l'étranger. Souffrant de la solitude, Carey apprend que Ron a été victime d'un grave accident.

 

Tout-ce-que-le-ciel-permet-copie-1.jpg

 

Découvrant que son sacrifice n'a pas empêché l'ingratitude de ses enfants, elle part le soigner et, à sa guérison, décide de braver l'hypocrisie qui l'entoure en l'épousant.

 

Douglas Sirk démontre que l'ironie et l'émotion peuvent aller de pair dans la scène extraordinaire où arrive sur une table à roulettes le cadeau du fils à sa mère, un poste de télévision, ainsi commenté par le vendeur : "Tout ce que vous avez à faire, c'est de tourner le bouton et vous aurez toute la compagnie que vous pouvez désirer, là sur l'écran : le drame, la comédie, la parade de la vie sont à la pointe de vos doigts".

 

Tout ce que le ciel permet - Rock HudsonCe qui frappe, à la vision de All That Heaven Allows, c'est la fondamentale vérité du rôle tenue par Jane Wyman. Contrairement aux films hollywoodiens de l'époque, la femme n'est ici ni l'incarnation d'un modèle fantasmatique, car ce rôle revient à Rock Hudson, représentation parfaite du beau mâle américain des fifties, ni un substitut d'homme mais comme une femme à part entière. Avec ses doutes, ses désirs, ses angoisses. La mise en scène de Douglas Sirk adopte entièrement ce point de vue féministe, et c'est cette brûlante passion, ce feu intérieur qui semble déborder sur l’image, irradiant chaque geste, chaque objet, chaque visage...

 

All That Heaven Allows c'est aussi cette lumière qui révèle tout, qui brûle les yeux, et décharne le mélodrame jusqu’à le laisser nu, dans ce plus simple et rutilant apparat. La superbe photo de Russell Metty, indissociable des plus grands films de Douglas Sirk, éclabousse l’écran de ses couleurs primaires et semble retrouver la pureté originelle du monde. Jamais la neige n’a semblé aussi immaculée au cinéma que dans All That Heaven Allows, ni les feuilles d’automne aussi dorées…

 

Tout-ce-que-le-ciel-permet---Rock-Hudson-et-Jane-Wyman-.jpg Rock Hudson et Jane Wyman

 

C'est à une véritable scénographie de l'intérieur que nous convie ici Douglas Sirk. Et si les décors de Russell A. Gausman et Julia Heron tiennent une grande importance dans All That Heaven Allows, le cinéaste n’en est pas pour autant un cinéaste décoratif. La grande idée du film est la suivante : comme suggère le jeune jardinier à Cary l'obstacle à leur amour ne vient peut être pas tant du monde extérieur que de Kary elle-même ! Si tous ses reflets dans les miroirs, signatures visuelles récurrentes dans le cinéma de Douglas Sirk, renvoient à Kary une image forgée par les conventions sociales, il lui faudra alors briser cette image afin de s'en libérer. Et c'est seulement à ce moment que le miracle final pourra enfin avoir lieu...

 

Tout ce que le ciel permet 1.Tout ce que le ciel permet-copie-2

 

Le cinéma de Douglas Sirk  s’embarrasse peu de psychologie, et les sentiments qui habitent et les uns et les autres sont immuables, figés tel une maladie incurable. Il faut alors se battre, briser les barrières sociales et morales afin de vivre pleinement, au plus près de son âme. Et ce retour aux sources, ce chemin vers le cœur ne peut s’accomplir que dans la révélation de la beauté du monde. Et de la nature…

 

Cette philosophie de l’écrivain américain Henry David Thoreau, et de son livre Walden, ou la vie dans les bois, une oeuvre que le père de Douglas Sirk lui aurait offert à l'âge de 14 ans, modifiant à jamais sa vision des choses.

 

Tout-ce-que-le-ciel-permet---Jane-Wyman-et-Virginia-Grey.jpg

 

Jane Wyman et Virginia Grey

 

Certains, sans doute trop cyniques pour se laisser emporter dans ces maelström d’émotions, ont voulu voir dans les films de Douglas Sirk une forme d’ironie, allant même jusqu’à les qualifier de comédies ! Or ce qui frappe à la vision de All That Heaven Allows, c’est justement cette absence de condescendance vis-à-vis du genre abordé. Douglas Sirk ne subvertit pas le mélo, il le pousse dans ses derniers retranchements afin de le sublimer. Tout est ici exacerbé : l’amour que partagent les deux personnages est aussi simple que fulgurant, et la mesquinerie de ceux qui tentent d’empêcher cet amour semble relever d’un complot universel et machiavélique…

 

 

Les deux héros du film, Jane Wyman et Rock Hudson, n'en sont pas à leur première collaboration. En effet, les deux acteurs, un an auparavant, étaient déjà dirigés par Douglas Sirk dans la comédie dramatique Le Secret magnifique, gros succès en salle. Les studios Universal souhaitaient par conséquent le réitérer avec Tout ce que le ciel permet. Ils donnèrent ainsi à Douglas Sirk un budget confortable et une relative liberté. "On me permettait au moins de travailler sur les textes", explique Douglas Sirk. "Il fallait que je suive les règles, que j'évite les expérimentations, que je fasse des happy-end mais la Universal n'est jamais intervenue ni sur le travail à la caméra ni sur mon montage".

 

Tout-ce-que-le-ciel-permet---Rock-Hudson-et-Jane-Wyman.jpg

 

Si Jane Wyman fut enchantée de retravailler avec Rock Hudson, elle s'interrogeait en même temps sur sa carrière au cinéma : récemment divorcée de Ronald Reagan, elle estimait à ce moment là que son avenir d'actrice se jouerait plutôt dans les soap opera, à la télévision. Après Tout ce que le ciel permet, elle ne jouera plus que dans cinq films. En revanche, sa carrière à la TV fut florissante. Elle fut notamment l'une des égéries de la série culte Falcon Crest.

Quant à Rock Hudson, il était à l'époque du film l'une des idoles d'Hollywood. Mais parce qu'il menait une vie que beaucoup jugeaient scandaleuse, le studio Universal, anxieux de son comportement, le rappelait constamment à l'ordre tout en entretenant savamment la figure de l'acteur avec d'intenses campagnes de publicité.
     
Un an après Le Secret magnifique, Rock Hudson signe ici sa deuxième collaboration avec le réalisateur. Dirigé à de nombreuses reprises par le maître du mélodrame américain, Rock Hudson est, encore aujourd'hui, considéré comme l'un de ses acteurs fétiches.

  

Cours de cinéma Tout ce que le ciel permet ... par forum des images

 

Sources :

http://www.dvdclassik.com

http://www.cineclubdecaen.com

http://www.allocine.fr

http://www.imdb.fr

9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 20:00

 

Un clic sur l'affiche pour lire l'article de chacun des films ci-dessous !

 

Le Maître absolu du Mélo flamboyant !

 

  Douglas Sirk.

 

Taza, Son of Cochise - Affiche.Le secret magnifique - Affiche.Tout ce que le ciel permet - Affiche.Written on the wind - Affiche

.Les Amants de Salzbourg - Affiche 3.La Ronde de l'aube - Affiche-copie-1.Le temps d'aimer et le temps de mourir - Affiche-copie-2.mirage-de-la-vie-affiche 145402 10449

 

 

 

 

Entre 1930 et 1950

 

 

Grand-Hotel.gif.Quai-des-brumes---Affiche.jpg.Gone with the Wind-copie-1.Mr. Smith au sénat - Affiche.La Valse dans l'ombre - Affiche-copie-1.Casablanca - Affiche-copie-1.le-ciel-peut-attendre-affiche 7748 8706.Le roman de Mildred Pierce - Affiche 1.Ambre-.jpg.1279629845_19466890_jpg-r_160_214-b_1_cfd7e1-.jpg.In-a-Lonely-Place-Poster.jpg.C'étaient des hommes - Affiche.Une place au soleil - Affiche 1Casque d'or - Affiche.

 

 

 

Entre 1951 et 1960

 

 

Spécial Bette Davis entre 1951 et 1962

 

.Eve - Affiche.Milliardaire-pour-un-jour---Affiche.jpg.Qu'est-il arrivé à Baby Jane - Affiche.

 

 

 

Tant-qu-il-y-aura-des-hommes---Affiche.jpg.Un si doux visage - Affiche.La Colline de l'adieu - Affiche 1.Stella - Affiche 2.La nuit du chasseur-copie-1.Le grand chantage - Affiche.1é hommes en colère - Affiche.Comme un torrent - Affiche.Tirez sur le pianiste-copie-5.Les désaxés - Affiche.

 

Entre 1961 et 1970

 

 

Breakfast at Tiffany's.Le Procès - Affiche.Du silence et des ombres - Affiche.1301846406_affiche_5.jpg.Le Mépris 0.Le Docteur Jivago - Affiche.Affiche.The-Cincinatti-Kid.jpg.The Swimmer - Affiche 2.

 

..Who's Afraid of Virginia Woolf - Affiche ............. Deux grands films de Mike Nichols............Le Lauréat - Affiche.

 

.Reflets-dans-un-oeil-d-or---Affiche-2.jpg.Macadam Cowboy - Affiche 2.Love - Affiche.Le Clan des irréductibles - Affiche 1.

 

Entre 1971 et 1980

 

 

 .Délivrance - Affiche.Affiche 1.La nuit américaine - Affiche.Gatsby le Magnifique - Affiche.Parfum de femme - Affiche.The Way we were - Affiche 1.Taxi Driver - Affiche.Vol au-dessus d'un nid de coucou Affiche 2. Le dernier métro - Affiche 1

 

Entre 1981 et 1990

 

 

Hotel des Amériques - Affiche.Affiche.Le bon plaisir - Affiche.Affiche La valse des pantins.Le sixième jour - Affiche.Le festin de Babette - Affiche.L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux - Affche 2

 

Entre 1991 et 2000

 

 

L-egendes-d-Automne-Affiche-.jpg.Indochine - Affiche.Les Evadés - Affiches.La haine - Affiche.Il faut sauver le Soldat ryan - Affiche.L'éternité est un jour - Affiche.Les Enfants du marais - Affiche

 

  Entre 2001 et 2009

 

 

.Monster's Ball.Loin du Paradis.Son frère - Affiche.L'équipier - Affiche.21-Grammes---Affiche-1.jpg.Mar Adentro - Affiche.Tu marcheras sur l'eau - Affiche .Une femme Coréenne - Affiche.Volver - Affiche.Danse avec lui - Affiche.Après lui - Affiche.19020071.jpg.The Reader - Affiche 1.Welcome - Affiche   

 

. .

22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 14:00


Danse-avec-lui---Affiche.jpg


Réalisé par Valérie Guignabodet


Avec Mathilde Seigner, Sami Frey, Jean-François Pignon
Anthony Delon, Anny Duperey, Elodie Navarre, Gilles Gaston-Dreyfus


Genre Drame


Production Française

 

Date de sortie cinéma : 21 février 2007

 

Danse-avec-lui---Mathilde-Seigner---Sami-Frey.jpg

 

Mathilde Seigner et Sami Frey

 

Synopsis

 

Un concours d'obstacles, un cheval, une cavalière. Elle monte à cheval comme on monte ici, en sautant des barres, des murs, des haies ; pas de refus, pas de dérobade. Elle vit comme on vit ici, en avalant les obstacles les uns derrière les autres, toujours plus vite, toujours plus haut.

Jusqu'au point de rupture, la chute et la mort de son cheval, la trahison et la mort de son mari, qui la laissent terrorisée et exsangue, incapable de comprendre et de se relever, incapable de remonter à cheval, d'aimer à nouveau, de vivre.

Une carrière sans obstacle, une écurie vide, un vieux cheval blanc, un vieil homme.

Il n'a jamais sauté une barre, un mur, une haie, jamais fait de parcours, jamais gagné de compétition, et pourtant il fait danser les chevaux comme personne, dans la douceur et l'harmonie, dans une compréhension mutuelle, une intelligence équestre délicate et profonde mais qu'il n'a jamais réussi à mettre au service de sa vie. Avec lui, elle va transcender sa peur et se remettre en selle, découvrir un autre rapport aux chevaux, aux hommes, réapprendre à vivre, autrement… Avec elle, il va découvrir le besoin de transmettre, le plaisir de donner, le bonheur d'aimer…

 

Danse avec lui,

 

Danse-avec-lui---Sami-Frey.jpg Sami Frey

 

Le maître écuyer (Sami Frey) à Alexandra (Mathilde Seigner).


On ne renonce jamais aux chevaux vous savez ...

 

Ça fait dix mille ans que les humains tentent de dresser les chevaux. Dix mille ans qu’on tombe, dix mille ans qu’on se relève, qu’on invente les voitures, qu’on invente les avions, et pourtant on continue à monter à cheval ...

 

 Mathilde Seigner Danse-avec-lui---Mathilde-Seigner-.jpg


Alexandra (Mathilde Seigner) au maître écuyer (Sami Frey)


 Vous savez donner aux chevaux, mais vous ne savez pas donner aux hommes.  

 

Valérie Guignabodet a deux passions dans la vie, les chevaux et le cinéma. Elle possède deux chevaux et les monte entre cinq et dix fois par semaine. C'est donc tout naturellement qu'elle a fini par réunir ses deux centres d'intérêt. Cependant, elle confie : "je n'avais pas envie de faire un film sur les chevaux mais plutôt sur ce qu'ils nous enseignent. Car on croit dresser les chevaux mais, dans le fond, c'est nous-même que nous transformons... J'ai vécu à peu près le même parcours personnel et équestre que le personnage joué par Mathilde."

Danse-avec-lui---Mathilde-Seigner.jpgLe projet de ce film a commencé avant le tournage de Mariages ! réalisé en 2003 dans lequel ja jeune réalisatrice mettait en scène Mathile Seigner pour une première fois. La réalisatrice pensait déjà à l'actrice  pour le premier rôle, et cette dernière était partante pour le faire. Mais quand Valérie Guignabodet a commencé l'écriture, l'actrice s'est retirée du projet car elle voulait arrêter de tourner pendant un long moment. La cinéaste a alors continué d'écrire, mais sans penser à une actrice précise. Une fois le scénario achevé, Mathilde Seigner demanda à lire le scénario et accepta une heure après.

Le directeur équestre du film, Bernard Sachsé, est aussi dresseur dans la vie. A trente ans, il fait une chute grave pour une cascade durant le tournage d'un film et se retrouve en fauteuil roulant. Malgré les avis pessimistes des médecins, il se bat et deux ans plus tard, il participe aux Jeux Olympiques Handisports dans l'équipe de France de dressage. Selon la réalisatrice, qui a bénéficié de son savoir équestre, "Il a développé une communication intime avec le cheval par le souffle et l'énergie interne, et il a une compréhension des équilibres physiques et psychiques absolument exceptionnelle. Sous l'impulsion de Bernard, j'ai commencé à lire les manuels d'équitation anciens, du 18ème ou 19ème siècle, et j'ai été stupéfaite d'y trouver de véritables leçons de philosophie. L'équitation, c'est le rapport à l'autre, un autre très différent de nous : libre, fort, terrorisant et terrorisé..."

 

Danse-avec-lui---Mathilde-Seigner-copie-1.jpg


Mathilde Seigner s'est entraînée trois fois par semaine pendant six mois avec Bernard Sachsé pour qu'elle assure un maximum de scènes équestres dans le film. Elle confie ses impressions à propos de sa méthode de travail : "Il a vraiment un enseignement qui n'est pas banal. Sa manière d'aborder l'art équestre est un véritable parcours initiatique qui vous apaise et vous rend plus serein."
 
La réalisatrice décrit Alexandra, le personnage joué par Mathilde Seigner, de la manière suivante : "D'Alexandra, j'ai voulu faire une femme d'aujourd'hui atteinte de blessures finalement assez courantes : la déception et la trahison amoureuse. Comme beaucoup de gens, elle a la douleur polie : elle se sait un peu responsable, peut-être a-t-elle imposé à son mari des obstacles trop hauts ? Elle cache ses blessures, ne se sent pas le droit de se plaindre, ne veut pas inquiéter. Sous une apparence parfaitement lisse, elle flotte dans la vie, n'a plus d'accroche, de racine."

 

Danse-avec-lui---Mathilde-Seigner-copie-2.jpg


Mathilde Seigner explique ce qui lui a plu dans ce scénario : "Ce qui me plaisait dans cette histoire, c'est la rencontre entre ces deux êtres. Lui est passé à côté de sa vie. Il n'a aimé que les chevaux et pense qu'il est trop tard pour recommencer. Elle est encore jeune et pour elle tout serait encore possible si elle n'était pas paralysée par la peur. C'est un film qui parle de reconstruction et j'aimais cette idée que l'on puisse guérir de certains problèmes à travers les chevaux, même s'ils ne sont qu'un vecteur."

A propos de son partenaire à l'écran, Sami Frey, Mathilde Seigner ne tarit pas d'éloges : "Sami est un faux cérébral. En fait, c'est quelqu'un de très intuitif. Moi, je suis très indisciplinée et le silence me donne le trac. Pour lui, c'est l'inverse. Alors, quand les scènes étaient sur lui, je respectais son silence. J'étais très intimidée lorsque nous avons commencé à tourner. Il est mystérieux, envoûtant, magnétique... J'ai même l'impression que mon jeu a été un peu différent, comme s'il m'avait donné un peu de mystère... J'ai été totalement séduite et troublée par Sami. D'ailleurs, qui ne l'est pas !"

 

  Danse avec lui - S. Frey, J.P. Pignon et Mathilde Seigner

 

Sami Frey, Jean-François Pignon et Mathilde Seigner

 

Valérie Guignabodet explique comment le rôle de Miguel a fini par être interprété par le dresseur Jean-François Pignon : "J'étais en casting pour le rôle de Miguel et, dans mon envie d'authenticité, je cherchais donc un acteur capable d'avoir l'air crédible face à un cheval en furie... Difficile, comme vous pouvez l'imaginer (...) Ne trouvant pas de chevaux qu'il nous convenait parmi ceux dressés à l'attaque, nous avons fini par acheter des chevaux au dressage classique et nous avons cherché quelqu'un capable de leur apprendre le reste : charger, se cabrer, faire semblant de se battre avec l'homme. Aucun professionnel du cinéma n'a accepté de s'y coller, tous pensaient que le délai était trop court : nous étions à moins de six mois du tournage. C'est là que nous avons pensé à Jean-François Pignon.

 

Danse-avec-lui.jpg

 

En le voyant, j'ai eu un choc : c'était lui, le Miguel que je cherchais. Il est tombé des nues quand je lui ai proposé le rôle. Nous avons fait des essais que lui-même a qualifiés de désastreux... Mais je sentais en lui une présence, un regard, et surtout une intelligence capable de trouver très vite les moyens de s'adapter. Alors que personne n'y croyait, Philippe Godeau, le producteur, m'a dit "Si tu le sens, tu fonces !" et nous avons foncé..."

 

 

 

 

 

Sources :

http://www.cinemovies.fr

http://www.critikat.com

http://www.ergor.org

http://www.allocine.fr

http://fr.wikipedia.org

14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 23:00

 

Il faut sauver le soldat Ryan - Affiche

 

Réalisé par Steven Spielberg


Avec Tom Hanks, Tom Sizemore, Edward Burns,

Giovanni Ribisi, Vin Diesel, Matt Damon, Adam Goldberg,

Barry Pepper, Paul Giamatti, Jeremy Davies, Ted Danson, Harve Presnell


Titre original Saving Private Ryan


Genre Guerre, Drame


Production Américaine


Date de sortie 30 septembre 1998

 


Golden Globe Award 1999

- Meilleur film

- Meilleur réalisateur Steven Spielberg

 

 Oscars 1999
- Meilleur réalisateur Steven Spielberg

- Meilleure photographie  Janusz Kaminski
- Meilleur son Gary Rydstrom, Gary Summers, Andy Nelson, Ron Judkins

- Meilleur montage Michael Kahn
- Meilleur mixage Gary Rydstrom et Richard Hymns

 

 


Lorsque Steven Spielberg aborde Il faut sauver le soldat Ryan, le film de guerre est depuis plus de deux décennies essentiellement monopolisé par le conflit vietnamien. Plus que l'épopée guerrière, des films aussi divers que Voyage au bout de l'enfer, Apocalypse Now ou plus récemment Né un quatre juillet s'attachent davantage à cerner les implications humaines de ces conflits. Le tempérament de Steven Spielberg le pousse donc à ressusciter en partie cet art du spectacle que le genre avait enterré, sans pour autant tirer un trait sur ce nouvel héritage. Même s'il lorgne plus du côté des grands classiques comme Le Jour le plus long, le réalisateur revisite le débarquement avec le réalisme extrême des films de l'après-Platoon.

 

Il-faut-sauver-le-soldat-Ryan---Tom-Hanks--Matt-Damon-et-Ed.jpg

 

Tom Hanks, Matt Damon et Edward Burns

 

Le film est inspiré par une histoire vraie. Celle des Frères Niland.

 

Le film Saving Private Ryan s'inspire donc de ce fait réel mais le transforme.


Par ailleurs, la lettre d'Abraham Lincoln à Madame Bixby, lue par le général George C. Marshall vers le début du film, et qui sert de justification à l'envoi d'un commando de G.I.s pour retrouver
James Francis Ryan, est authentique.

 

Synopsis

 

6 juin 1944 : jour historique du débarquement allié en Normandie et début de la libération de l'Europe de l’Ouest du joug de l'Allemagne nazie.
Plage d'Omaha Beach, secteur Dog Green, au matin. Les bombardements aériens et navals alliés ont été inefficaces et la vague d'assaut américaine va devoir affronter des défenses allemandes quasi intactes.


Il-faut-sauver-le-Soldat-Ryan---Tom-Hanks.jpgLe capitaine John H. Miller (Tom Hanks), commandant une compagnie de rangers américains tentant de débarquer sur la plage. Après de durs combats, lui et ses hommes parviennent à créer une brèche dans les fortifications ennemies. Peu après avoir remporté la bataille, le capitaine
John H. Miller se voit confier une nouvelle mission, celle-ci provenant directement de l'État-Major allié. Durant le débarquement, trois hommes dénommés Ryan, appartenant tous à la même fratrie de quatre frères, sont morts au combat : l'un sur la plage d'Omaha Beach, un autre sur Utah Beach. Le troisième est mort en Nouvelle-Guinée, durant les campagnes du Pacifique. Les 3 lettres annonçant la mort de ses fils vont parvenir à leur mère en même temps.

 

Il-faut-sauver-le-Docteur-Ryan---Matt-Damon.jpgLe dernier frère, le soldat James Francis Ryan (Matt Damon), fait partie de la 101e division aéroportée américaine, parachutée sur le Cotentin, en plein territoire ennemi, et dont on est sans nouvelles.


Informé de ces évènements, le chef de l'État-major des États-Unis, le général Georges C Marshall (Harve Presnell), basé à Washington, décide de monter une expédition de sauvetage. La mission du capitaine Miller et de son unité est de retrouver Ryan, et, s'il est encore vivant, de le ramener sain et sauf pour le faire rapatrier chez lui. Cette expédition de secours part alors à sa recherche à travers le bocage normand, au gré des combats contre les troupes allemandes qui tentent de résister à l'avancée alliée.

 

Au fil de leur quête, après avoir perdu successivement plusieurs hommes de leur unité durant l'accomplissement de leur mission, certaines questions se posent à Miller et ses hommes, qui deviennent amers et désillusionnés.  

 

Faut-il risquer la vie de huit hommes pour en sauver un seul ?

 

Ce n'est que plus tard, par hasard, que John H. Miller trouve James Francis Ryan. Ce dernier est chargé de surveiller un pont très important sur le Merderet. Le capitaine lui annonce qu'il a perdu ses trois frères et qu'il doit rentrer chez lui, mais Ryan ne veut pas abandonner ses amis qui ont défendu ce pont autant que lui. Pourquoi mériterait-il plus qu'un autre de rentrer au pays ? John H. Miller décide alors de rester un peu avec James Francis Ryan et d'attendre les renforts américains. Mais il sait que les Allemands attaqueront avant l'arrivée de ces renforts. Alors, il décide de fortifier la ville en vue de l'attaque ennemie.

 

Il-faut-sauver-le-Soldat-Ryan---Tom-Hanks-et-Matt-Damon.jpg

 

Tom Hanks et Matt Damon

 

Les Allemands attaquent ! La bataille fait rage entre un régiment S.S. avec des unités blindés et le petit groupe d'américains. Finalement, au dernier moment, alors que les hommes de Miller battent en retraite et que les allemand franchissent le pont avec leur tanks, des avions alliés font fuir les assaillants. Sur les huit hommes partis à la recherche de Ryan, seuls deux parviendront à s'en tirer.

 

James Francis de son côté, est rapatrié chez lui, aux États-Unis, en Iowa. Il essayera de vivre du mieux qu'il pourra pour honorer le sacrifice de ces hommes qui sont morts pour le sauver.

 

Il-faut-sauver-le-Soldat-Ryan---Edward-Burns--Giovanni-Ribi.jpg

 

Edward Burns, Giovanni Ribisi, Tom Sizemore, Adam Goldberg et Barry Pepper

 

Ce n'est pas la première fois que Steven Spielberg prend la guerre comme toile de fond. Elle est déjà le sujet, tourné en dérision, de 1941, mais aussi de L'Empire du soleil et bien sûr de toute la série des Indiana Jones, depuis Les Aventuriers de l'Arche perdue.

Elle est surtout au centre de son oeuvre la plus grave et la plus personnelle, La Liste de Schindler. Pour Il faut sauver le soldat Ryan, le réalisateur prend le parti de l'ultra réalisme, notamment dans les scènes de combat du début.

 

Comment comprendre la guerre quand on ne l'a pas vécue ? Que peut-on ressentir quand on se trouve soi-même au coeur de la bataille ? C'est ce que propose de faire découvrir Steven Spielberg à ses spectateurs en une longue séance d'ouverture filmant le débarquement allié en Normandie à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. On assiste à une reconstitution historique d'une rare intensité. Caméra tremblée, nauséeuse, au plus près des visages blêmes et des corps démembrés, couleurs passées, tirant vers le sépia, bruit continu des mitraillettes. La guerre sans fard romantique, dans toute son horreur.

 

Les soldats américains descendent des barges militaires pour rejoindre la plage tandis que les soldats allemands résistent du haut des bunkers. C'est là que le talent de  Steven Spielberg se met en oeuvre. Pas d'américanisme triomphant façon  sauveur de la liberté, pas de fausse gloriole ni de violons émouvants. Au contraire, le réalisateur nous montre l'anarchie du combat. La caméra plongée au coeur des tirs, instable, ne sait plus où donner de l'objectif. Pas de plan large, mais des détails glanés par l'oeil d'un participant que la situation dépasse. Le son donne ici à la scène un relief tout particulier pour le spectateur cerné par les balles qui sifflent à ses oreilles. Entre le bruit des détonations, les surdités momentanées provoquées par la déflagration d'une grenade tombée trop près, les corps qui coulent, on prend conscience avec plus d'acuité que jamais de la frustration, de l'angoisse que peut provoquer la peur de mourir.

 

Alors la guerre, ce ne serait pas une question de courage, mais une question de survie ? Le souffle coupé par la violence de la scène, on remercie le cinéaste de nous l'avoir fait si bien comprendre.

 

Il-faut-sauver-le-Soldat-Ryan---Jeremy-Davies.jpg Jeremy Davies

 

La longue introduction des scènes sur le débarquement à Omaha Beach, très réaliste, voire choquante par sa brutalité crue, constitue l'un des points forts du film, en exposant le contexte humain du sacrifice, de la souffrance et de la solidarité des hommes au combat.

 

La séquence finale, qui reprend la séquence d’ouverture du film, est celle où on voit un vieux vétéran de cette guerre, avec ses enfants et ses petits-enfants, au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer, dans le Calvados. Face à la tombe du capitaine John H. Miller, James Ryan demande à sa femme de lui confirmer qu’il a vécu une vie digne et qu’il est un homme bien. Ainsi, le sacrifice de John H. Miller et des autres n'aura pas été fait en vain. Ryan, alors rassuré, salue avec gravité et respect la tombe du capitaine John H. Miller, tombé au champ d'honneur pour le sauver.


Ce film est le meilleur jamais encore réalisé sur le débarquement d'Omaha Beach. Les jeux de caméras, qui ont été utilisées sur l'épaule, donnent un effet de présence dans l'action très novateur. Le son est un élément fondamental du film. Pour aller jusqu'à la perfection, les sons des balles rentrant dans la chair ont été pris par des spécialistes qui tiraient à balles réelles sur des carcasses de vaches. Les équipements portés par les acteurs de Il faut sauver le soldat Ryan sont autentiques. Le réalisateur Steven Spielberg voulait que ses comédiens ressentent le poid des armes, des sacs de combat et des rangers d'époque pour que leurs mouvements soient les plus fidèles possible à ceux des soldats de 1944.

Découvert chez Ron Howard, avec qui il a tourné à plusieurs reprises, ainsi qu'avec Joe Dante et Robert Zemeckis, Tom Hanks se devait tout naturellement de travailler un jour avec celui qui avait lancé et le plus souvent produit les films de ces metteurs en scène.

 

Il-faut-sauver-le-Soldat-Ryan---Tom-Hanks-et-Steven-Spielbe.jpg


Tom Hanks et Steven Spielberg


Fort de leur fructueuse collaboration, Steven Spielberg et Tom Hanks se sont retrouvés pour un projet qui rassemble les éléments les plus significatifs d' Il faut sauver le soldat Ryan, mais sous une forme légèrement différente. En l'occurrence, une série tournée avec les moyens du cinéma, sous l'égide de HBO. Avec Band of Brothers, Steven Spielberg et Tom Hanks poursuivent, cette fois en tant que producteurs exécutifs, l'exploration de la dimension humaine de la Seconde Guerre mondiale, qu'ils avaient amorcée dans le film, à travers l'évocation du quotidien bourbeux d'un régiment de paras yankees. Si l'on ne retrouve aucun des personnages de Il faut sauver le soldat Ryan, les partis pris de mise en scène du film de Steven Spielberg ont été dans l'ensemble conservés.


Il-faut-sauner-la-Soldat-Ryan---Vin-Diesel.jpgL'acteur Vin Diesel, il a été contacté par Steven Spielberg qui lui a écrit spécialement le rôle du soldat Adrian Caparzo, lançant par la même occasion la carrière de la nouvelle icône du film d'action.

 

Steven Spielberg souhaitait filmer la majeure partie des scènes extérieures en Normandie mais a dû y renoncer suite au refus de la part des autorités locales, seule la séquence dans le cimetière américain de Colleville-sur-Mer y a été tournée. L'essentiel du film a été tourné en Irlande.


 
La bande originale du film Il faut sauver le soldat Ryan est signée par le muti-récompensé John Williams, compositeur attitré de Steven Spielberg.
 

Le tournage a débuté le 27 juin 1997.

Pour la séquence du débarquement, 2000 armes ont été utilisées. Il a été relevé certains détails dans la mise en scène ne correspondant pas à la réalisté des faits. Il apparait notamment que la mer, après le débarquement, n'était pas rouge de sang mais noire à cause des obus allemands qui s'enfonçaient dans la vase et la faisait remonter à la surface. Le lieu trouvé pour tourner la scène, en Irlande, ne ressemble pas aux plages du débarquement de Normandie. Le débarquement dans le film semble très court comparé à ce que les soldats américains ont enduré le 6 juin 1944 au matin. Certaines unités sont restées plus de 5 heures sans pouvoir avancer d'un pouce.

Pour que les effets d'impact de balles soient le plus réaliste possible le superviseur des effets sonores a tiré des milliers de cartouches sur de vraies carcasses de boeufs.

 


 

 

 

Sources :

http://www.cinematheque.fr

http://www.dday-overlord.com

http://fr.wikipedia.org

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

 

Welcome

 

"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

en travaux forcés !"

 
François Truffaut

 

 

 

Recherche

Quelques coups de cœur 

 

 

Pour lire l'article consacré au film,

un clic sur l'affiche.

Bonne visite !

En 2016.

 

Lrs InnocentesEl Clan

 

 

 

 

 

 

TempêteLes Délices de Tokyo (An)

 

....

 

 

 

Rosalie BlumNo land's song

 

 

 

 

 

 

La saison des femmes (Parched)Julieta

 

 

 

 

 

Chala, une enfance cubaine (Conducta)Red Amnesia

 

 

 

 

 

 

Toni ErdmannTruman

 

 

 

 

 

 

Le fils de Jean

Divines

.....

 

 

 

 

 

 

Frantz

 

 

 

 

 

 

Juste la fin du mondeAquarius

 

 

 

 

 

 

 

Une vie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2015.

 

..Mon Fils - Eran Riklis..Gente de Bien.La Maison au toit rouge.La Tête Haute.Une Femme Iranienne "Aynehaye Rooberoo". Facing Mirrors.Une seconde mère "Que Horas Ela Volta ?".Mustang.La Belle saison.Aferim !.La dernière leçon.Ni le ciel ni la terre.Les chansons que mes frères m'ont apprises.Fatima...Mia Madre

 

 

 Mes dernières critiques ... Cliquez ICI !

Depuis 2010. Films vus et commentés.

- En 2010 - Cliquez ICI

- En 2011 - Cliquez ICI

- En 2012 - Cliquez ICI

- En 2013 - Cliquez ICI

- En 2014 - Cliquez ICI

- En 2015 - Cliquez ICI

- En 2016 - Cliquez ICI

 

 

Voir et revoir..........................................Voir et revoir.........................................Voir et revoir....................

 

Pandora "Pandora and the Flying Dutchman".Umberto D.La chevauchée des Bannis.Loin du Paradis.Une journée particulière.Le procès de Viviane Amsalem "Gett".Tout ce que le ciel permet.

 

 

Luchon. Reine des Pyrénées. Cliqez ICI.