Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
Date de sortie 23 janvier 2013

Réalisé par Pablo Berger
Avec Maribel Verdú, Daniel Gimenez-Cacho, Ángela Molina,
Pere Ponce, Macarena García, Sofía Oria, Josep Maria Pou
Genre Drame
Production Espagnole
Blancanieves est le deuxième long métrage de Pablo Berger. Le réalisateur déclare à ce propos : "Si ton premier film marche bien, affronter le second est toujours très difficile, parce que tout le monde te regarde au microscope. J'avais mes doutes et mes peurs." Il rajoute : "J'ai toujours aimé déconcerter. J'ai toujours fait le contraire de ce qu'on attendait de moi. Après avoir remporté le Festival d'Alcalá avec mon premier court métrage, Mama, au lieu de rester pour tourner mon premier long métrage, je suis parti aux États-Unis et, après neuf ans à New York, il aurait été normal que je tourne mon premier long métrage là-bas. Et bien non, je reviens en Espagne et je tourne Torremolinos 73, un film dont tout le monde pensait qu'il serait une espagnolade type Alfredo Landa, alors qu'ils se sont retrouvés avec un Torremolinos hivernal, sans Suédoises et sordide. Après un premier film à succès, il aurait été normal de penser à quelque chose dans la même ligne. Et bien non, je me suis entêté à faire cette folie."
"Au début du XXème siècle, les Français sont fascinés par l'Espagne : Carmen de Jacques Feyder, avec Raquel Meyer; El Dorado; l'actrice Musidora vient en Espagne tourner son film, Sol y sombra... Il y a une attirance vers ce qui est espagnol, pour son côté le plus exotique. C'est pour cela que c'est curieux que, juste un siècle plus tard, quelqu'un du nord comme moi, si loin du sud et si près de la France, ressente la même attirance pour l'Andalousie typique, les toreros, les danseuses de flamenco... Oui, Blancanieves est une espagnolade, mais, toute distance gardée, Goya, Zuloaga, Julio Romero de Torres... sont aussi des espagnolades" déclare Pablo Berger.
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Blancanieves est...
Une expérience sensorielle
Le spectateur doit ressentir plutôt que voir, et se laisser porter par une histoire racontée uniquement en images et en musique.
Un voyage dans le temps
Le film est une reconstitution minutieuse de l’Espagne des années 20.
Les costumes, les coiffures, les voitures...
Aucun détail n’a été ignoré.
Un conte de fée en images
Le film résonne à l’enfant présent en nous. Le public va découvrir une histoire pleine de fantastique, de drame, d’horreur et d’humour noir. Il était une fois...
Une pure émotion
Un regard peut décrire l’intensité d’une action incroyable. Comme le disait
Norma Desmond dans Boulevard du Crépuscule:
"Nous n’avions pas besoin de dialogues. Nous avions des visages."
Macarena García et Ángela Molina
Un hommage au cinéma
À la fin des années 1920, le langage cinématographique était abouti et de nombreux chefs-d’œuvre créés. Blancanieves n’est pas une copie mais une réinterprétation des films de cette époque pour le public d’aujourd’hui.
Une comédie musicale
La musique extraordinaire d’Alfonso de Vilallonga du générique de début aux crédits de fin intensifie les émotions et les sentiments les plus profonds des protagonistes.
La musique est leur voix.
Un mélodrame gothique
Le film est une réflexion sur l’amour comme une histoire de la douleur et un filtre démystifiant pour faire face aux aléas de la vie. Aimez, et vous vivrez.
Le personnage de conte de fée le plus populaire
Il suffit de prononcer le nom de Blanche-Neige et tout le monde imagine une jolie jeune femme, une belle-mère marâtre et sept nains fascinants.
Notre version a tout cela, et bien plus encore.
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Blancanieves a remporté plus de trente récompenses
toutes catégories confondues. Dont :
- Prix spécial du jury au Festival de Saint-Sébastien 2012.
- Cine Latino Award au Festival international du film de Palm Springs 2013
27ème cérémonie des Goya triomphe de Blancanieves avec 10 trophées.
- Meilleur film
- Meilleur scénario original Pablo Berger
- Meilleure photographie Kiko de la Rica
- Meilleur direction artistique pour le français Alain Bainée
- Meilleure actrice à Maribel Verdú
- Meilleur espoir féminin Macarena García,
- Meilleurs costumes pour Paco Delgado
- Meilleur maquillage et/ou coiffureSylvie Imbert et Fermín Galán
- Meilleure musique de film Alfonso de Vilallonga
- Meilleure chanson originale Pablo Berger et Chicuelo
pour la chanson "No te puedo encontrar"
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Maribel Verdú
Synopsis
Sud de l’Espagne, dans les années 20.
Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de "Blancanieves".
C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…
Ángela Molina
C’est en 2004, après avoir fait le tour des festivals pour présenter Torremolinos 73, son premier long métrage, que Pablo Berger a entamé l'écriture du scénario de Blancanieves. Il a commencé par écrire trois histoires, puis les a fait lire à sa femme, Yuko. Ensemble, ils ont sélectionné l’histoire de cette jeune fille rencontrant une troupe de nains toreros.
Tous les projets du réalisateur doivent passer le test avec Yuko, sa femme. Yuko est la seule personne à qui Pablo Berger laisse lire un scénario avant même les producteurs. C'est sa collaboratrice la plus proche. Il a besoin qu'elle soit impliquée, parce qu'il est vraiment obsédé par ses films et si Yuko n'en faisait pas partie, il déclare : "nous ne pourrions pas vivre ensemble". Elle travaille comme productrice associée et, comme elle est photographe de profession, elle fait la photo de plateau des films de Pablo Berger.
"Quand j'ai eu fini les trois traitements, j'ai demandé à Yuko de les lire et de me dire avec lequel de ces projets elle souhaiterait passer les prochaines années de sa vie. Parce que tous deux nous savions qu'on en aurait pour plusieurs années. Nous n'aurions jamais pensé que cela allait être huit, mais nous savions que ce serait plusieurs. Mon coeur penchait pour Blancanieves. et Yuko a choisi Blancanieves." reconnait Pablo Berger.
L'idée de faire un film muet vient de la projection du film Les Rapaces d'Erich von Stroheim à San Sebastián. Mais il y a eu un tournant évident quand Pablo Berger a découvert, au début des années quatre-vingt-dix, le livre España oculta, de Cristina García Rodero, et qu'il a été fasciné par trois ou quatre photos de nains toreros. Il y avait une telle dignité dans ces photos et elles racontaient tant d'histoires... "Ce qu'il y a d'émouvant dans ce livre c'est que c'est aussi un voyage dans le temps, ce sont des photos des années soixante-dix qui ont l'air de sortir des années vingt. Le germe du film était déjà là : nains toreros, années vingt, marâtre, ferme, muet" ajoute le réalisateur.
Pablo Berger a privilégié le Super 16 pour garder le grain à l’image, qui est effacé par les caméras plus modernes. Le réalisateur a fait appel à un grand directeur de la photographie Kiko de la Rica.

Le scénario de Blancanieves est un "conte des contes". Ainsi, le père de Carmencita, joué par Sofía Oria, lui raconte l’histoire du Petit Chaperon Rouge. Cendrillon est présente par la façon dont la marâtre fait travailler la petite. Le coq Pepe est le lapin blanc d'Alice, celui qui l'emmène de l'autre côté. Le personnage de Don Carlos, sous les traits de Josep Maria Pou, n’est pas sans rappeler Stromboli, celui qui tyrannise Pinocchio.
"J'ai tout mis dans un shaker et cela a donné mon Blancanieves. Un cinéaste rassemble toutes ses obsessions, puis il les ordonne. Tu ne travailles pas avec un schéma scientifique, ni avec un plan, mais plutôt comme avec un puzzle, les pièces s'emboîtant les unes avec les autres." avoue le réalisateur.
Par son thème, le film pourrait plus ressembler au cinéma expressionniste allemand mais, en réalité, il est très français, très Marcel L'Herbier, El Dorado, surtout. "Je créais un mélange de toutes mes idoles du cinéma muet : un langage cinématographique qui, au niveau du montage, serait Abel Gance; au niveau des risques et des inventions, Murnau; au niveau de l'interprétation Dreyer et Víctor Sjöström, chez qui l'émotion est à fleur de peau; à L'Herbier j'ai emprunté sa façon de concevoir les espaces, comment il se sert de la caméra, comment il réinterprète l'Espagne. Mais il y a aussi des films muets espagnols qui sont très bien. La Aldea Maldita, de Florián Rey, est un grand film au langage très avancé et qui a eu une influence importante sur Blancanieves. Un autre indiscutable : Benito Perojo, avec La Bodega. Et pas seulement le cinéma muet, Buñuel aussi par exemple. Il y a quelque chose de Viridiana, de Las Hurdes. La scène des photos avec le torero mort est totalement "buñuelienne"." rajoute Pablo Berger.
Le parallèle entre Blancanieves et The Artist de Michel Hazanavicius est inévitable. Les deux films sont tournés en noir et blanc et sont muets. Mais la comparaison ne s’arrête pas là, car la bande originale des deux films a été enregistrée en Belgique, par le même orchestre.
Macarena García
C’est le Français Jérôme Vidal qui assure la production de Blancanieves. On lui doit également la découverte d’un autre artiste espagnol, Javier Bardem, avec Los lunes al sol réalisé par Fernando León de Aranoa.
Alfonso de Vilallonga assure la bande originale de Blancanieves. Comme le film est muet, son travail s’est révélé de longue haleine pour couvrir la totalité du long métrage. Chaque morceau devait appuyer l’action et les émotions des personnages.
Maribel Verdú et Daniel Gimenez-Cacho ont déjà joué ensemble en 2007 dans La Zona, propriété privée, un drame mexicain de Rodrigo Pla.
Sources :
http://blancaniev.es
http://www.unifrance.org
http://www.imdb.com
http://www.allocine.fr