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Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard

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La Bocca del Lupo

Date de sortie cinéma : 23 juin 2010


 
Réalisé par Pietro Marcello

Avec Mary Monaco, Vincenzo Motta, 

Long-métrage italien . Genre : Documentaire

Vincenzo Motta. Bellissima Films

 
Synopsis :

Enzo a passé la moitié de sa vie derrière les barreaux d’une prison. Multirécidiviste, le gangster Sicilien y a pourtant trouvé l’amour, et une forme de salut, grâce à la poésie. C’est son portrait que dessine Pietro Marcello, restitué par bribes, comme autant de morceaux d’une vie brisée, et celui de cette population marginale des quartiers Génois de Croce Bianca, Via Prè, Sottoripa, dédale de ruelles coupe-gorge.
C’est aussi le récit d’une histoire d’amour hors du commun, nourrie de la longue attente d’un paradis simple où l’on peut enfin vivre ses moments perdus.

 

Vincenzo Motta. Bellissima Films
 
 La Bocca del lupo  est, étonnamment, un film de commande, passée par une association religieuse. Quelle est-elle ?

C'est la Fondation San Marcellino, des jésuites, mais avant tout des gens sérieux, qui depuis l'après-guerre assistent à Gênes les plus besogneux et les indigents avec environ six cents volontaires au service des structures éparpillées dans la ville. San Marcellino a vu et apprécié mon film précédent Il Passaggio della linea (Le Passage de la ligne), entièrement tourné dans des trains de nuits fréquentés par les pauvres et les immigrés, un voyage élégiaque du nord au sud à travers l'Italie.
Ils m'ont donc offert un petit budget, environ 20 000 euros et des appartements pour moi et mon équipe dans le coeur de la vieille ville, pour que je puisse raconter par le film non pas tant l'activité de la Fondation que le monde à qui elle s'adresse. J'ai eu une totale liberté d'action.
Documentariste indépendant depuis 2004,  
Pietro Marcello Pietro Marcello. Bellissima Films

vient d'obtenir avec La Bocca del lupo, en mars, le Grand Prix du Cinéma du réel, la plus grande manifestation consacrée au genre en France.
 
L'histoire de ces deux parias de l'infra-monde génois a aussi une dimension politique. Comment, à cet égard, a été reçu le film en Italie.
A-t-il été montré à la télévision ? Vos commanditaires l'ont-ils vu ?

La Bocca del lupo a été un vrai miracle dans l'histoire du cinéma indépendant italien. Les jésuites de San Marcellino l'ont vu et apprécié. La production du film a coûté 100 000 euros et grâce aux nombreux prix reçus et à l'attention portée par la presse, mes producteurs, IndigoFilm et l'Avventurosa, et le distributeur Bim, ont décidé de porter le film dans les salles - avec environ vingt copies, certaines villes s'étant ajoutées au fur à mesure que le film trouvait son public. Un fait rare, sinon unique pour un film si petit, pauvre en moyens et plutôt inclassable. Le film a été acheté par la RAI mais n'a pas été encore vu à la télévision.



Pour le réalisateur, le choix de la ville est empreint d'une nostalgie intime qui offre au film cette atmosphère si particulière. Alors qu'il n'en est pas issu (il a grandi à Naples), la cité génoise a pourtant toujours fait partie de son histoire : "Je me souviens des récits de mon père, marin pendant de nombreuses années, qui embarquait sur le ponte dei Mille ; durant toute sa jeunesse Gênes a incarné pour lui la ville idéale. Il me parlait toujours de sa beauté, de sa vieille ville très animée, du ciel et de ses couleurs.


J’ai connu une autre Gênes, une ville du nord qui regarde le sud, serrée entre la mer et la montagne, la campagne et les ports, la désindustrialisation et la modernité tertiaire. Sa population est son histoire, les ombres des lieux disparus et les échos des mémoires perdues sont les restes visibles du passé. Aujourd’hui cette ville n’offre plus de départs pour les Amériques, ni du travail comme par le passé. Et puis, il y a eu les événements survenus en 2001, lorsque le chef lieu de la Ligurie a été le théâtre de violences et de répressions qui ont changé la vie politique de notre pays...", évoque-t-il.



Tournage

Pour mener à bien son projet, le réalisateur a dû s'imprégner de la ville et construire une intimité nouvelle avec son environnement. Il explique comment le tournage s'est déroulé, non sans difficulté : "J’ai habité dans un petit appartement qui donnait sur piazza Del Campo, dans les locaux utilisés pour accueillir les assistés de la Fondation. Durant les premiers temps, mon champ d’action était d’observer le paysage humain par la fenêtre de ma chambre, rues Croce Bianca, Prè et Sottoripa. Quelquefois, avec le reste de la petite équipe nous allions à la recherche, du levant au couchant, d’un paysage, d’un visage, d’une petite crique sur la mer. Au début cela a été très difficile. Je me suis senti dépaysé dans ce contexte très différent de celui auquel j’étais habitué à Naples, une ville où, malgré sa violence, le tissu social est encore présent. Parfois, j’ai haï la piazza del Campo, notamment parce que très souvent la nuit, j’ai été obligé de jeter de l’eau par la fenêtre à cause des innombrables échauffourées entre drogués et dealers et aussi parce que je n’arrivais pas à me faire à l’idée que personne ne se plaigne de l’absence de volonté de créer une communauté."

Vincenzo Motta. Bellissima Films

Naissance d'un personnage

Au début de ses repérages, Pietro Marcello n'a pas encore d'histoire et cherche un sujet dont il puisse véritablement s'imprégner. Décisive, sa rencontre avec Enzo, personnage central du film, s'est néanmoins faite par hasard : "C’est arrivé devant la boulangerie d’un vieux monsieur de la région des Pouilles. C’est ici que j’ai vu Enzo pour la première fois et j’ai tout de suite compris que son visage exprimait le cinéma que je souhaitais faire. J’ai toujours pensé qu’on ne juge pas un acteur par ses capacités techniques, mais surtout par l’histoire que son visage raconte. Enzo n’est pas un acteur, mais il aurait pu l’être. Il m’a tout de suite montré les marques des coups qu’il avait reçus, les balles qui sont restées dans ses jambes et qui proviennent de sa dernière rixe avec deux policiers." Fasciné quasiment immédiatement, ce qu'il apprend par la suite le conforte dans ses impressions : "Le boulanger m’a parlé de ce quinquagénaire sicilien, connu aussi comme “Enzo le Roc” et “Enzo Moustache”, survivant d’un sous-prolétariat aujourd’hui disparu, qui a grandi depuis l’âge de deux ans dans la rue Prè, et qui était le fils d’un personnage de la vieille Gênes, le vendeur de rue Pippo (“ briquets, cigarettes, gadgets, grenades ! ”)", s'amuse-t-il.


Le "Miracle" de La Bocca del lupo ... Cliquez ICI !

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Montage et hommage


Ce film documentaire est construit en grande partie sur un fond d'images d'archives, ce qui donne au monteur un travail différent de celui de la fiction. Et le réalisateur ne s'y trompe pas : "Récupérées chez les particuliers, les fondations, les industries, les cinéphiles, ces archives sont les restes d’une archéologie culturelle et sociale de la ville maritime la plus importante d’Italie. Les images les plus anciennes remontent au début du 20ème siècle, les plus récentes au début des années 90; elles s’insèrent autant dans la narration de l’histoire d’Enzo que dans le récit de l’histoire de la ville. Un grand hommage doit à ce titre être fait à la jeune monteuse Sara Fgaier, car c’est elle qui a réalisé les recherches et a donné au film cet aspect. La vocation et la forme du film se sont précisées petit à petit. Nous ne sommes pas partis d’un scénario mais nous avons évolué dans la construction du récit en salle de montage, jour après jour", explique t-il.


 
Bellissima Films


Pour visualiser la bande-annonce ... Cliqez ICI !
Sources :
http://www.lemonde.fr
http://www.allocine.fr
http://www.lesinrocks.com
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A
It is really an annoying thinking in my mind that I should became a writer and make stories like above
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P
PandaranolUn article très intéressant, merci.
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P
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S
SeotonsIl y a un simple niveau importantes dedans vie, clips vidéo, salle de cinéma et en conséquence série !
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Z
je viens de le voir et j'ai beaucoup aimé
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S
SeotonsMerci pour ce post :)
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E
Il me tarde d'être à votre place. De la tente au coin du feu - les meilleures vacances, et puis le travail de leurs - repos que dans le
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