Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
Réalisé par Billy Wilder
Avec Marilyn Monroe, Tony Curtis, Jack Lemmon,
George Raft , Joe E. Brown, Pat O'Brien, George E. Stone
Nehemiah Persoff , Joan Shawlee
Genre Comédie, Thriller, Romance, Musical
Titre original Some Like It Hot
Production Américaine
Date de sortie 9 septembre 1959

Golden Globes 1960
Meilleure comédie
Meilleur acteur dans une comédie pour Jack Lemmon.
Meilleure actrice dans une comédie pour Marilyn Monroe.
Oscar 1960
Meilleurs costumes pour un film en noir et blanc remporté par Orry-Kelly
Tony Curtis et Jack Lemmon 
Synopsis
À Chicago, pendant la Prohibition en 1929, sur les indications de Charlie Cure-dent (George E. Stone), la police fait une descente dans le cabaret clandestin de Spats Colombo que dissimule la façade d'une maison funéraire.
Le saxophoniste Joe (Tony Curtis) et son ami contrebassiste Jerry (Jack Lemmon) s'enfuient par les toits. Alors qu'ils empruntent la voiture de l'amie de Joe dans un parking pour se rendre à un concert à Urbana, ils sont témoins du meurtre de Charlie Cure-dent par la bande de Spats Colombo (George Raft). Poursuivis par ce dernier, les deux amis profitent de ce qu'un orchestre de femmes recherche une contrebasse et un saxo et se travestissent pour être engagés, Joe devenant Joséphine et Jerry, Daphnée.
Dans le train qui mène l'orchestre en Floride, ils rencontrent la chanteuse, et joueuse d'ukulélé, Sugar (Marilyn Monroe), qui, lasse des saxophonistes volages, rêve d'épouser un millionnaire. Devenus les "amies" de la jeune femme, ils recueillent ses confidences, en particulier sur sa déception des hommes. Déguisé en héritier de la Shell, Joe courtise Sugar tandis que Jerry/Daphnée subit les assauts d'Osgood Fielding III (Joe E. Brown), un vieux millionnaire persécuté par sa mère. Joe/Shell Jr. invite Sugar sur le yacht où Osgood attendait Jerry, tandis que celui-ci emmène le vieux millionnaire danser. Rentrées à l'hôtel, les deux "musiciennes" retrouvent la bande de Colombo qui participe à une convention de gangsters. Cachés sous une table, ils assistent à un nouveau règlement de comptes et, après une course-poursuite, rejoignent Osgood qui s'était fiancé à Jerry/Daphnée. Sugar, à qui Joe avoue la vérité, finit par les rejoindre. Or, pas plus qu'elle n'est désolée que Joe ne soit pas un millionnaire, Osgood ne sera gêné dans ses projets de mariage avec Jerry/Daphnée :

Jerry/Daphnée : We can't get married at all
Osgood : Why not ?
Jerry/Daphnée : Well, in the first place, I'm not a natural blonde !.
Osgood : Doesn't matter...
Jerry/Daphnée : I smoke. I smoke all the time.
Osgood : I don't care.
Jerry/Daphnée : I have a terrible past. For three years now,
I've been living with a saxophone player.
Osgood : I forgive you.
Jerry/Daphnée : I can never have children.
Osgood : We can adopt some
Jerry/Daphnée : You don't understand, Osgood, I'm a man !.
Osgood : Well.. nobody's perfect !

Marilyn Monroe avait déjà joué dans un film de Billy Wilder, Sept ans de reflexion réalisé en 1955. Marilyn Monroe voulait que le film soit en couleur, mais Billy Wilder réussit à la convaincre de tourner en noir et blanc, des tests ayant révélé que le maquillage porté par Tony Curtis et Jack Lemmon rendait leur visage légèrement verdâtre.
La présence de Marilyn Monroe joue un rôle important dans l'attrait de Certains l'aiment chaud, elle aurait constitué toutefois, un véritable casse-tête lors du tournage : elle n'arrivait à retenir ses répliques qu'avec beaucoup de difficultés. Dans certains cas, il lui fallut jusqu'à 59 prises ! Billy Wilder se résigna donc à employer les grands moyens : selon les cas, il ecrivit la réplique sur une ardoise tenue hors du champs de la caméra, où sur un papier collé à un endroit discret du décor...
À ce sujet, Jack Lemmon aurait même confié : "Je me réveille en nage au beau milieu de la nuit, après avoir rêvé qu'on en est à la cinquante-cinquième prise, que Marilyn vient enfin de passer sa réplique et que j'ai bafouillé"
Un autre élément remarquable du film tout autant que la prestation de Marilyn Monroe, est le couple de travestis malgré eux que forment Tony Curtis et Jack Lemmon, lâchés au milieu d'un orchestre de "vraies" femmes. À cet égard, la scène du train, qui donne lieu à cette party dans la couchette de Jerry, où les corps de femmes s'emmêlent jusqu'à encombrer l'écran,
donne l'impression voulue d'un poulailler qu'un renard aurait envahi. Jerry et Joe, en mâles américains classiques, ne rêvent que de collectionner des femmes. D'ailleurs le saxophoniste Joe n'a aucune raison d'être différent de ces nombreux musiciens qu'a rencontrés Sugar, qui tous se comportèrent en salauds avec elle. Mais, mis en condition, par le hasard, pour réaliser leur fantasme, car plongés dans un monde de femmes, ils se révèlent perdus. Le scénario de I.A.L. Diamond atteste ici de son sens du comique de situation. Mais l'humour se double d'une critique en règle de l'hypocrisie des relations entre hommes et femmes dans la société américaine, avec l'envers de mensonges et d'intérêts qu'elles comportent. Billy Wilder prolonge donc ici la veine grinçante de ses films précédents, en particulier Double Indemnity réalisé en 1944 Sunset Boulevard en 1950, deux films plutôt policiers, et Sept Ans de réflexion en 1955.
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Certains l’aiment chaud est devenu un classique hollywoodien ayant traversé près de cinquante années sans prendre une seule ride, c’est avant tout grâce à son mode de narration et son esthétique. En effet, Billy Wilder a construit son scénario selon les recettes miracles hollywoodiennes: il fait baigner son film dans l’idée de sexe et y ajoute accessoirement une petite pointe de danger de mort, le tout traité sur le ton de la comédie. L’idée est mise en place dès le début de la campagne de promotion du film. En plus du jeu de mot du titre, Some like it hot, qui préfigure non seulement un film enflammé au niveau du rythme, mais également sexuellement, la bande-annonce clame fièrement: "You’ve never laughed so much at sex … or a picture about it.".
Tout le film joue la transgression de la censure quant au sexe par des biais dérivés. Le titre peut, dans cette optique, être compris dans deux sens : soit faire référence au "hot jazz", jazz endiablé ou "hot sex". De plus, Billy Wilder parsème son film de petits détails propres à la narration classique hollywoodienne, comme par exemple le fait de laisser aux spectateurs la possibilité de formuler des hypothèses sur la suite de celui-ci. Puisque Joe est saxo tenor, Sugar va-t-elle tomber amoureuse de lui? L’intérêt de tout ceci étant de savoir comment Billy Wilder va rendre ces hypothèses possibles. Sans être totalement prévisibles, les rebondissements sont amenés aux spectateurs de façon subtile, afin qu’ils se laissent prendre au jeu de la découverte. Du grand art. À tout ceci, il ajoute des références succulentes aux films de gangsters des années trente : de la parodie du massacre de la Saint-Valentin d’Al Capone. Ou encore une allusion pour cinéphiles s'est glissée dans Certains l'aiment chaud au moment ou George Raft se moque d'un gangster qui joue avec une pièce de monnaie, prétendant qu'il l'imite. Il s'agit d'une référence au personnage qu'il incarne dans Scarface réalisé par Howard Hawks en 1932. Tout en passant par le nom de Little Bonaparte, ersatz du célèbre Little Caesar interprété en 1931 par Edward G. Robinson.
L'avant-première ne laissa pas préjuger du succès futur du film. La femme du réalisateur, Audrey Wilder, confia ainsi à ce sujet : "L'avant-première fut un désastre. Cela se passait dans un petit cinéma et personne n'a ri, sauf quelques amis. [...] En fait le public ne savait pas trop comment réagir, s'il pouvait rire ou pas". Cette première impression fut toutefois vite dissipée : "La projection suivante a eu lieu à Westwood devant un public plus averti et ils rirent tellement qu'on n'entendait plus le dialogue". Conséquence inattendue, la scène où Jack Lemmon annonce qu'il est fiancé fut tournée à nouveau, à un rythme plus lent, afin de remédier à cette situation !
Pour s'assurer de la qualité du maquillage de ces deux comédiens, Billy Wilder demanda à Jack Lemmon et Tony Curtis d'aller, travestis en femmes, se repoudrer dans les toilettes du studio. Personne de la gent féminine ne les remarqua.
La distribution finale ne correspond guère aux choix originaux du réalisateur, Billy Wilder : celui-ci aurait souhaité Frank Sinatra dans le rôle de Daphné, et Mitzi Gaynor à la place de Marilyn Monroe.
Some Like It Hot a été adapté en comédie musicale sous le titre Sugar, musique de Jule Styne, lyrics de Bob Merrill, livret de Peter Stone, chorégraphie et mise en scène de Gower Champion créée le 9 avril 1972 au Majestic Theatre de Broadway.
Sources :
http://www.allocine.fr
http://www.imdb.com
http://www2.cndp.fr/TICE
http://fr.wikipedia.org