Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
Réalisé par Federico Fellini
Avec Anthony Quinn, Giulietta Masina, Richard Basehart,
Aldo Silvani, Marcella Rovere, Livia Venturini, Gustavo Giorgi
Yami Kamadeva, Mario Passante,Anna Primula
Genre Drame
Production Italienne 1954
La Strada .... Film multirécompensé !
Entre autres ...
- Lion d'argent à la Biennale de Venise en 1954
- Ruban d'argent de la meilleure réalisation en 1955
- Bodil du meilleur film européen en 1956
- NYFCC Award du meilleur film étranger en 1956
Giulietta Masina et Anthony Quinn
Gelsomina (Giulietta Masina), est une femme enfant naive et généreuse. Elle est la sensibilité incarnée, qui ne semble avoir aucune limite : pour les êtres humains, pour les animaux, pour les paysages et pour l'art. Cette sensibilité qui l'ouvre au monde, l'expose aussi, sans défense, à ses tourments.
Giulietta Masina
Gelsomina a été vendue par sa mère à un hercule de foire brutal et obtus, Zampano (Anthony Quinn), qui accomplit un numéro de briseur de chaines sur les places publiques. D'une lourdeur bestiale, et coupable de meurtre.
Anthony Quinn
À bord d'un étrange équipage, une moto à trois roues aménagée en roulotte, le couple sillonne les routes d'Italie, menant la rude et triste vie des forains. Zampano ne cesse de rudoyer sa compagne et de la tromper sans vergogne. Elle s'efforce pourtant de lui complaire avec une touchante obstination.
Surgit un autre saltimbanque, un violoniste-poète-philosophe-farceur : Il Matto "Le Fou"(Richard Basehart). Le Fou est un personnage angélique, aérien, cet équilibriste reconnaît en Gelsomina une âme sœur.
Richard Basehart
Plus maître qu'elle du langage et de la pensée, il est conscient d'être exposé à la mort, qui le prendra pourtant par surprise : le Fou restera ainsi l'image de l'innocence. Il agace à plaisir le pauvre Zampano et raconte à Gelsomina de très belles et très édifiantes histoires sous forme de paraboles. Exaspéré, Zampano finit un jour par le tuer.
Le temps passe...
Gelsomina, prostrée, ne peut se consoler de la mort du "Fou".
Giulietta Masina
Zampano l'abandonne sur la route. Des années plus tard, il apprend qu'elle est morte. Alors, pour la première fois de sa vie, il pleure.
Zampano est défini négativement. Mais c'est sur lui que Federico Fellini fait reposer le principal enjeu de La Strada : le triomphe final de la bonté, le retour à la sensibilité, peut-être à l'innocence.
Anthony Quinn
Film vivement attaqué par la critique de gauche, en Italie, pour avoir perverti et trahit le néoréalisme.
Il n'est pas douteux qu'Il matto "Le fou", sorte d'archange volant sur une corde raide, développe une parabole chrétienne, quand il explique à Gelsomina: "si je savais à quoi sert ce caillou, je serai le bon Dieu qui sait tout : quand tu nais ; quand tu meurs aussi. Ce caillou sert sûrement à quelque chose. S'il est inutile tout le reste est inutile, même les étoiles. Et toi aussi, tu sers à quelque chose avec ta tête d'artichaut".
Mais ce thème est loin d'être le principal dans un film complexe.
Il était d'abord une critique de la condition féminine, de la femme objet aussi passive qu'un caillou, tout juste créée pour faire l'amour et la cuisine
La Strada se caractérise par son appartenance au courant néoréaliste, à savoir un attachement aux petites gens, humbles ou marginaux.
On retrouve cette inspiration dans d'autres films de Federico Fellini, en particulier à ses débuts : Les Feux du music-hall en 1950, Courrier du coeur en 1952 L'Amour à la ville en 1953 ou encore Les Vitelloni en 1953.
La Strada possède toutes les caractéristiques du mélodrame, musique, effets, personnages pathétiques ou monstrueux, mais il est bien plus qu'un simple mélodrame. Le personnage de Gelsominela, par le regard qu'il jette sur la vie, est porteur d'une telle force d'amour, d'une telle capacité à transformer une existence médiocre en apothéose qu'on se dit que derrière toute vie, même absurde, pourrait bien se cacher un sens, un absolu. Ce film, profondément spiritualiste, appartient pleinement au néoréalisme, mais il résonne déjà de cette musique inimitable, celle d'un cirque infiniment nostalgique qui deviendra, avec La Dolce Vita, le leitmotiv de l'un des plus grands créateurs d'univers du monde.
Un sacrifice avec la mort de Gelsomina. la mort de Gelsomina n'est pas montrée et disparaît dans une ellipse du récit.
Giulietta Masina
Un meurtre, celui du Fou, marquée par un sentiment de fatalité non pas spiritualiste, mais matérialiste : le Fou comprenand que l'heure de sa mort est arrivée en voyant que sa montre a été cassée dans sa lutte avec Zampano.
Une profanation avec le vol au couvent. Dramatisé par les effets visuels et sonores qui suggèrent l'orage, cette partie du film devient une scène spectaculaire, à la frontière du cinéma d'effroi.
Une rédemption, celle de Zampano. La scène où celui-ci apprend cette mort en renforce le caractère fantomatique : une jeune femme raconte ce que furent les derniers jours de Gelsomina, en suspendant des draps qui deviennent à la fois comme des écrans sur lesquels Zampano peut projeter les images de ce qui lui est révélé, et comme un labyrinthe où la vérité se perd. Cette scène dont la logique est affaire de regard, est purement cinématographique
Anthony Quinn
Cette scène dont la logique est affaire de regard, est purement cinématographiqueau dernier plan, La Strada semble un chemin de croix pavé de significations religieuses.
Federico Fellini montre l'errance finale de Zampano comme celle d'un ivrogne désespéré, et la mer a dans cette scène une valeur sentimentale et romanesque avant tout. Elle évoque Gelsomina, qui l'aimait. C'est donc au plus près de ses personnages que se tient Federico Fellini, au cœur d'une condition humaine dont ils ne peuvent nommer ce qui la transcende : Federico Fellini n'exclut pas que ce soit l'amour chrétien, mais, ce qui est presque révolutionnaire dans l'Italie de 1955, il filme la rudesse, la maladresse et la vérité de l'amour tout court.
Ce qui fait de La Strada un film plus humaniste que chrétien.
Giulietta Masina, Anthony Quinn et Richard Basehart
Depuis son premier long métrage Le Cheik blanc en 1952, Federico Fellini confie la musique de ses films à Nino Rota. Le compositeur travaille ainsi sur quinze films du réalisateur.
La musique de Nino Rota est devenue un classique, faisant un peu plus de ce film une réussite de l'art populaire. Leur collaboration est interrompue par la mort de Nino Rota en 1979.
C'est avec ce film que Federico Fellini s'est fait connaître en France, alors qu'aucun distributeur n'en voulait au début, le jugeant comme une oeuvre trop originale.
Le succès fut bien au rendez-vous, mettant en particulier d'accord le public et la critique. Giulietta Masina fut même qualifiée de "Charlot féminin"
Sources :
http://www.allocine.fr
http://www.cineclubdecaen.com
http://nezumi.dumousseau.free.fr
http://cheerfulcynicism.blogspot.fr
ttp://labruttin.blogspot.fr
http://www.dvdbeaver.com