Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
Réalisé par Pierre Etaix
Avec Pierre Étaix, Annie Fratellini, Nicole Calfan,
Alain Janey, Ketty France, Louis Maiss, Jacqueline Rouillard,
Billy Bourbon, Micha Bayard, Claude Massot.
Genre Comédie, Romance
Production Française
Date de sortie cinéma : 1969
Pierre Étaix et Annie Fratellini
Synopsis
Pierre (Pierre Étaix) est marié avec Florence (Annie Fratellini). Tout va bien dans son couple et son travail. Directeur dans l'usine de son beau-père il passe ses journées à signer des chèques et ses soirées à regarder la télé ou chez ses beaux-parents.
Les années passent, monotones, et quand arrive une nouvelle et jeune secrétaire, il en tombe amoureux, et se met a rêver ...

Nicole Calfan
L'apprentissage de Pierre Étaix avec Jacques Tati de la construction comique, proprement cinématographique, le conduit assez naturellement à la réalisation de son premier court métrage Rupture, qu’il co-signe avec Jean-Claude Carrière. Au lendemain du tournage du film, Pierre Étaix présente à son producteur l'idée du son deuxième court métrage :
Heureux anniversaire, en 1961 également co-signé avec Jean-Claude Carrière.
Le film obtient, entre autres, l'oscar du meilleur court métrage en 1963.
Pendant plus de vingt ans, et à la suite d'imbroglios juridiques peu compréhensibles du grand public, Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière, ami et collaborateur de toujours du cinéaste, se sont vus interdire l'exploitation des cinq films qu'ils ont coécrits au cinéma, à savoir
Le Soupirant
Réalisé en 1963
Avec Pierre Étaix, Laurence Lignères, Claude Massot, Denise Péronne
Yoyo
Réalisé en 1965
Avec Pierre Étaix, Claudine Auger, Philippe Dionnet, Philippe Castelli,
Tant qu'on a la santé
Réalisé en 1966
Avec Pierre Étaix, Denise Peronne, Roger Trapp
Le Grand amour
Annie Fratellini et Pierre Étaix
et Pays de cocagne
Réalisé en 1971
Avec Pierre Étaix, Maurice Biraud
Pays de cocagne est mal reçu par la critique qui ne lui pardonne pas son triste constat de l'épanouissement de la société de consommation, au lendemain de mai 68. Dès lors, il entame une longue traversée du désert cinématographique
Héros d'une proscription d'une rare ampleur pour un cinéaste en France, la ténacité du combat de Pierre Étaix a alors été secondée par une intervention salutaire du Festival de Cannes en 2007 : son film-référence, Yoyo, avait alors été projeté, "illégalement", dans le cadre de Cannes Classics permettant de rouvrir un débat quelque peu oublié. En 2010, le Festival de Cannes est à nouveau l'occasion d'offrir une nouvelle médiatisation au cinéaste, désormais maître de l'exploitation de ses films, par une rétrospective dans laquelle la version remastérisée du Grand amour sert de figure de proue au lancement de la nouvelle vie qui attend l'intégralité des films de Pierre Etaix, restaurés et en salles à partir du 7 juillet 2010.
Pierre Étaix, en tant que rare héritier du slapstick du burlesque américain, a pris comme point de départ de son projet une pièce de Feydeau, qui selon lui "a fait dans le théâtre une chose propre au slapstick : il a bati toutes ses pièces avec des effets de gags. Ce fut le seul (...) Feydeau a glorifié la comédie boulevardiere et le slapstick." S'il reconnaît volontiers que son sujet de base est "bateau : un homme de 40 ans rencontre une femme de 20 ans", le cinéaste explique qu'il s'agit là de l'essence même de son projet, sous l'égide du maître Alfred Hitchcock qu'il prend en référence: "L'idée c'était de prendre le sujet le plus bateau et de le traiter en slapstick...Pour Le Grand Amour j'ai donc voulu prendre un sujet de vaudeville mais traité de manière radicalement contraire", explique-t-il.
Pierre Étaix
Lorsqu'enfin le film ressort sur grand écran 40 ans après sa réalisation, Pierre Étaix ne cache pas son impatience et, aussi tendu qu'au premier jour, il annonce : "Je ne me pose qu'une question, est-ce que le public va s'amuser ? Est-ce que ce que j'ai aimé faire et ce qui m'a fait rire, va plaire ?". A l'heure de sa médiatisation nouvelle, notamment grâce au Festival de Cannes 2010, il rappelle d'où vient sa vocation pour le cinéma, et pourquoi cette passion est toujours aussi vive : "Je n'ai fait ce métier que pour ça, pour avoir une relation particulière au public, pour émouvoir les spectateurs (...) Cannes, c'est une image qui glorifie les films de manière éphémère. Et la gloire, les médailles, je m'en fous ! La seule récompense, c'est le rire du public. Si, à l'issue de la projection, les gens viennent me voir avec le sourire, là, je serai heureux."
Pierre Étaix est l'un des rares réalisateurs qui a "survécu" à la révolution Nouvelle Vague alors qu'il en a été contemporain, son cinéma s'en rapprochant parfois formellement. S'il ne s'en est jamais revendiqué, bien au contraire, l'intéressé l'explique ainsi : "Je n'ai jamais vu un film de la nouvelle vague à part A bout de souffle , que je n'ai jamais vraiment compris. Vous savez, ce qui m'intéressait, c'était le dernier Hitchcock , le nouveau Fellini. Certainement pas les gens qui faisaient partie d'un mouvement en marge. J'ai toujours eu horreur des choses qui s'affichent en marge." Et de rappeler sa motivation première, difficilement assimilable aux vertus prônés par les "révolutionnaires" d'alors : "J'ai jamais eu d'autres ambitions que de faire rire. Rien d'autre. Ceci dit, c'est bien suffisant. C'est déjà une telle folie. Prétendre faire rire ses semblables c'est complètement fou, non ?".
Alors qu'il a passé quarante années pris dans des imbroglios juridiques où les projets n'ont fait que s'annuler malgré un engagement jamais démenti, le cinéaste ne fait pas partie de ces gens aigris et a tiré de ses mésaventures une grande sagesse : "Les gens dans la rue m'arrêtent et me demandent ce que j'ai fait... Que voulez-vous que je leur réponde ? J'ai fait tant de choses : de la comédie clownesque, du dessin, du cinéma, de la musique.... Et puis je ne veux pas être une légende. (...) Etre une légende, c'est être l'image de quelque chose et ne pas être la personne qui a fait ces choses. (...) Je ne suis pas passéiste. Ce qui m'intéresse, c'est demain." Et de conclure d'un ton résolument optimiste : "Là, par exemple, j'ai un projet de film comique en image 3D, avec un sujet qui se prêterait complètement au format." On ne le change pas Pierre Étaix...
Sources :
http://www.allocine.fr
http://www.cinemovies.fr
http://fr.wikipedia.org