Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
Date de sortie 11 septembre 2013

Réalisé par Lee Daniels
Le long métrage raconte l'histoire vraie de Eugene Allen, majordome de la Maison Blanche qui servit sous les mandats de huit présidents, décédé en 2010 à l'âge de 90 ans.
Dans la peau de ce personnage incroyable, rebaptisé dans le film Cecil Gaines, on retrouve l'immense acteur Forest Whitaker, détenteur d'un Oscar pour Le Dernier roi d'Ecosse.
Autour de lui, un casting quatre étoiles composé entre autres de :
Oprah Winfrey, Alan Rickman, Alex Pettyfer, Cuba Gooding Jr.,
Jane Fonda, David Oyelowo, John Cusack, Melissa Leo
Liev Schreiber, Terrence Howard, James Marsden, Vanessa Redgrave
Robin Williams, Lenny Kravitz, Nelsan Ellis
Titre original Lee Daniels' The Butler
Genre Biopic
Production Américaine
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Grand défenseur de la cause inhérente à la communauté afro-americaine à travers ses films, le réalisateur Lee Daniels a particulièrement tenu à faire partie du projet, poussé par la productrice Laura Ziskin qui succomba d'un cancer pendant la production du film en juin 2011. C'est Pamela Oas Williams qui a repris le projet pour lui permettre de voir le jour.
Lee Daniels confesse : "Ce film permet de réfléchir à ce que la communauté noire a vécu, au cours des 50 dernières années, afin que des gens comme moi puissent obtenir le droit de vote. Cela transcende la division entre Noirs et Blancs, et j'y tenais, car au-delà du mouvement des droits civiques, le film parle des rapports entre un père et son fils. Le Majordome transcende le conflit entre communautés et dépasse même la seule histoire américaine : c'est un récit universel."
Synopsis
Thomas Westfall, un jeune propriétaire terrien (Alex Pettyfer) viole une de ses esclaves noires avant d’abattre le mari qui faisait mine de protester… Énervé qu’une esclave lui ait résisté, et mécontent qu’un noir puisse penser lui faire une réflexion. Mais très sûr de son (bon) droit… La déclaration d’intention est nette, précise, sans bavure.
"ce pays ne nous appartient pas, on ne fait qu’y travailler".
confesse le père au jeune héros du film.
Àgé de 15 ans le jeune Cecil Gaines (Aml Ameen), en quête d'un avenir meilleur, fuit, en 1926, le Sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste. Tout en devenant un homme, il acquiert les compétences inestimables qui lui permettent d’atteindre une fonction très convoitée : majordome de la Maison-Blanche.
C'est là que Cecil (Forest Whitaker) devient, durant sept présidences, un témoin privilégié de son temps et des tractations qui ont lieu au sein du Bureau Ovale.
"Tu n'entends rien, tu ne vois rien, tu ne fais que servir",
lui ordonne le maître d'hôtel lors de son premier jour de travail à la Maison Blanche
À la maison, sa femme, Gloria (Oprah Winfrey), élève leurs deux fils. Louis (David Oyelowo) et Charlie, incarné par (Isaac White) à l'âge de 10 ans et (Elijah Kelley) dans son adolescence. La famille jouit d'une existence confortable grâce au poste de Cecil. Pourtant, son engagement suscite des tensions dans son couple : Gloria s'éloigne de lui et les disputes avec l'un de ses fils, particulièrement anticonformiste, sont incessantes.
À travers le regard de Cecil Gaines, le film retrace l'évolution de la vie politique américaine et des relations entre communautés.
De l'assassinat du président Kennedy (James Marsden) et celle de Martin Luther King (Nelsan Ellis) au mouvement des "Black Panthers", de la guerre du Vietnam au scandale du Watergate, Cecil Gaines vit ces événements de l'intérieur, mais aussi en père de famille…
C'est à partir d'entretiens réalisés par le journaliste Will Haygood du Washington Post que le scénariste Danny Strong a écrit l'histoire du Majordome. À l'approche de l'élection de Barack Obama à la présidence, Will Haygood avait recherché un Afro-Américain ayant travaillé à la Maison Blanche pour témoigner de la période des mouvements du droit civique aux États-Unis.
Le Majordome tranche radicalement avec le reste de la filmographie de Lee Daniels. Pour le réalisateur, il était important de s'attacher à la véracité historique de la période traitée dans le film : "Je me suis rendu compte assez tôt que mon regard sur le monde n'est pas le même que celui de la plupart des gens. Il n'y a aucune scène à caractère sexuel, très peu d'injures ou de propos grossiers, et encore moins de violence, alors que nous traitons d'une période historique extrêmement violente. En tant que cinéaste, je devais donc faire preuve de retenue, et j'en suis très fier", explique alors Lee Daniels.
Magnifique Jane Fonda dans le rôle de Nancy Reagan !
Le Majordome est la traduction littérale du titre original "The Butler". Cependant, aux États-Unis, le film a été contraint de changer de titre pour Lee Daniels' The Butler après des différents avec Warner Bros. qui a engagé des poursuites judiciaires contre The Weinstein Company. La cause ? Un court-métrage muet de 1916 appartenant aux studios Warner s'appelle déjà "The Butler" et la compagnie craignait la confusion dans l'esprit des spectateurs. Ciné Obs vous en dit plus en cliqaunt ici !
Dans les coulisses de la Maison blanche, du majordome au président
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Mon opinion :
Des abus pratiqués dans les plantations des champs de coton à l'élection de Barack Obama, vu dans le film comme une victoire enfin acquise, le chemin est long. Le film l'est tout autant. Peut-être un peu trop.
C'est dans la propre vie de ce majordome, qui fut au service des présidents des États Unis, d'Eisenhower à Ronald Reagan, que l'œuvre prend son envol nous entraînant avec brillance dans les "coulisses" de la Maison Blanche et de ses locataires successifs. L'idée est originale et permet quelques beaux moments de cinéma.
Toutefois le scénario a du mal à trouver la bonne voie et reste très démonstratif. Il s'emballe parfois, pour ralentir brusquement et redémarrer à la recherche de la bonne direction. De toute évidence il cherche à éviter les pièges et surtout le plus grand, tomber complètement dans une sombre démagogie. L'ensemble est malgré tout trop appuyé et insiste lourdement sur les années de lutte qui furent nécessaires à la population noire pour l'obtention des droits civiques. Rien de condamnable non plus à rappeler ce que fut (ce qui est encore aujourd’hui) la vie de ces femmes et de ces hommes pour une totale reconnaissance.
La plus grande réussite de ce film réside dans un casting sans aucune faille.
Du bref passage de Vanessa Redgrave à celui de Jane Fonda, l'ensemble des acteurs présents sont tous remarquables.
Femme aux engagements multiples, à la fois admirée, crainte et influente, Oprah Winfrey offre ici une magnifique interprétation de la drôlerie à l'émotion pure.
Forest Whitaker est dans Le Majordome ce qu'il a toujours été. Un grand et remarquable acteur.
Le film tombe dans les clous pour les oscars. Certes. Les passionnés de cinéma y trouveront une certaine image de l'histoire au travers d'un exceptionnel jeu d'acteurs convaincants.
Sources :
http://www.premiere.fr
http://www.imdb.com
http://cinema.nouvelobs.com
http://www.allocine.fr