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Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard

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Même la pluie "También la lluvia"

.
Date de sortie cinéma : 5 janvier 2011


Réalisé par Icíar Bollaín

Avec Luis Tosar, Gael García Bernal, Juan Carlos Aduviri,
Karra Elejalde, Carlos Santos, Raul Arevalo

Titre original : También la lluvia
 
Long-métrage français, mexicain, espagnol.
Genre Drame, Historique
 
 
.
Gael García Bernal
Synopsis :

Sebastian, jeune réalisateur passionné et son producteur arrivent dans le décor somptueux des montagnes boliviennes pour entamer le tournage d'un film. Les budgets de production sont serrés et Costa, le producteur, se félicite de pouvoir employer des comédiens et des figurants locaux à moindre coût. Mais bientôt le tournage est interrompu par la révolte menée par l'un des principaux figurants contre le pouvoir en place qui souhaite privatiser l'accès à l'eau courante. Costa et Sebastian se trouvent malgré eux emportés dans cette lutte pour la survie d'un peuple démuni. Ils devront choisir entre soutenir la cause de la population et la poursuite de leur propre entreprise sur laquelle ils ont tout misé. Ce combat pour la justice va bouleverser leur existence.

  
Luis Tosar et Gael García Bernal

Luis Tosar 

qui interprète Costa, le producteur et bras droit de Sebastian dans le film, a déjà travaillé pour Icíar Bollaín puisqu'il détenait le rôle d'Antonio

dans Ne dis rien   Il y campait un personnage violent, maltraitant sa femme. Son interprétation lui a valu le Goya du Meilleur acteur en 2004.

Le film s'inspire des événements qui ont débuté en 1999 à Cochabamba, une des principales villes de l'Altiplano bolivien, et qui ont opposé le peuple au candidat Aguas de Turani à qui fut concédée l'eau de la ville. En Avril 2000, éclate une véritable guerre de l'eau: des barricades quadrillent la ville, le président bolivien déclare l’état d’urgence, un jeune homme tombe sous les balles des forces de l’ordre. Au terme des protestations, la rue obtient gain de cause : le service d’eau de la ville, privatisé quelques mois plus tôt, repasse dans le domaine public et l’augmentation de tarif est annulée. La légende de la guerre de l’eau de Cochabamba est née. Oscar Olivera en a été l’un des leaders.
 
Icíar Bollaín    success story :

Même la pluie est le cinquième long-métrage de la réalisatrice: elle s'est déjà illustrée avec quatre films encensés par la critique et maintes fois récompensés: elle débute la réalisation avec
Hola estas sola ?  Réalisé en 1995,
Avec Candela Peña, Álex Angulo, Elena Irureta, Daniel Guzmán
et poursuit avec Flores de otro mundo     
Avec Chete Lera, Jose Sancho, Lissete Mejia
 
 sélectionné en 1999 au Festival de Cannes ce deuxième film obtient le Grand Prix de la Semaine Internationale de la Critique.

Elle est remarquée pour son film choc traitant de la violence conjugale,

 Ne dis rien en 2004.
Avec Laia Marull, Luis Tosar, Candela Pena
Le succès est immédiat en Espagne, le pays le plus touché par cette forme de violence.
Il obtient une multitude de récompenses aux Goyas.

De même pour son quatrième long-métrage, Mataharis  Haut et Court en 2007
Avec Najwa Nimri, Tristán Ulloa, María Vázquez
film dans lequel trois femmes, détectives privés à Madrid, mènent leur chemin sans ambages jusqu'au jour où vie professionnelle et vie personnelle vont se mêler.
 
Même la pluie est construit à partir de plusieurs niveaux narratifs :
Sebastian et Costa sont en train de tourner un film d'époque dans une ville de Bolivie, le long-métrage propose donc de filmer le tournage d’un film d’époque.



Parallèlement les conflits sociaux qui éclatent donnent au film une autre dimension, plus documentaire, qu'Icíar Bollaín enregistre avec sa caméra. Les trois niveaux narratifs se répondent ainsi sans cesse :"Maintenir la tension et faire progresser le récit à travers les trois histoires en maintenant l’intérêt du spectateur était un challenge" rapporte la réalisatrice. 
 
Luttes ancestrales, luttes contemporaines: résonances

La construction en abyme permet à la réalisatrice de mettre en écho l'histoire relatée dans le film d'époque (que sont en train de tourner Sebastian et Costa) avec les événements qui ont lieu en temps réel dans la ville dans laquelle ils tournent. Au départ, les premières versions du scénario imaginées par Paul Laverty se déroulaient entièrement au XVe et XVIe siècles. Elles relataient les voyages de Colomb et ses premières années au « Nouveau Monde ». Par la suite, il lui a semblé plus intéressant de mettre en parallèle l'histoire d'époque et l'histoire actuelle. Une nouvelle version a ainsi vu le jour mettant en parallèle l’exploitation et la résistance des Indiens au XVIe siècle et la situation, aujourd’hui, en Amérique Latine. 


 
"Même la pluie est, de loin, le film le plus compliqué que j’ai réalisé"
a confié la réalisatrice, ajoutant  
"Plus qu’une aventure, un défi pour chacune des personnes engagées dans ce projet. Comment manger un éléphant ? Morceau par morceau. Comment faire un film avec autant de figurants, de personnages, d’action ? Plan par plan."
 



La direction d'acteurs a été minutieuse et a requis beaucoup de patience de la part de toute l'équipe puisque la réalisatrice avait le choix de diriger chaque figurant, qui, pour certains, étaient des amateurs. Du jamais vu!

L'ombre de Ken Loach :

La réalisatrice interprétait Maite dans le film de Ken Loach sorti en 1995 
 
Land and Freedom elle a d'ailleurs consacré un livre au réalisateur qu'elle admire, Ken Loach, un observador solidario  publié en novembre 1996 par El País Aguilar.

Quant au scénariste Paul Laverty, il se trouve qu'il est plus que lié au réalisateur britannique

puisqu'il lui a écrit neuf scénarios  parmi lesquels
Carla's song en 1995 
My Name is Joe en 1998 

Le Vent se lève en 2005    Palme d'Or en 2006

ou encore It's a Free World en 2007 Diaphana Films

Paul Laverty est très préoccupé par les questions sociales.
Son engagement en Amérique Latine l'a amené à travailler pour une organisation humanitaire au Nicaragua. 


Gael García Bernal, Luis Tosar

Mon opinion :

Icíar Bollaín nous offre avec son dernier film un très beau moment de cinéma. L'histoire belle, forte et émouvante arrive à captiver malgré quelques lourdeurs. Si la mise en scène ne semble pas toujours trouver la bonne voie, il n'en reste pas moins des regards et des visages magnifiquement film's qui resteront dans ma mémoire.

Gael Garcia Bernal et  Luis Tosar, à la tête d'un cast remarquable, devraient remporter bien des suffrages.

Mais Après tout, la perfection n'existe pas. Même la pluie  prouve que le temps qui passe ne change rien, il y aura donc des heureux, déautres qui seront déçus.

A chacun son avis. Toujours est-il que, si le mien vous intéresse, un seul mot.

Allez-y !

 

Pour visionner la bande-anonce ... Cliquez ICI !


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A
Je ne l'ai pas vu passer dans les cinémas proches de chez moi, hélas ! Mais je prends note.
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