Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
Synopsis :
À Saint Louis, une jeune fille fait tout pour échapper à sa vie morose, et aux conseils de sa mère.




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Ultime réalisation de Paul Newman.
On peut affirmer sans trop de doute qu'il s'agit sûrement ici de la meilleure transposition cinématographique de cette oeuvre. Celle-ci se démarque des autres, souvent exubérantes par sa délicatesse déchirante et sa mélancolie d'une rare élégance.
Synopsis :
Le premier plan s'impose ainsi en une merveille de raffinement et de virtuosité. Accompagné par un majestueux travelling, le personnage joué par John Malkovich se dirige vers la maison de son adolescence désormais en ruine. Il s'introduit dans l'appartement qu'il occupait avec sa mère étouffante et sa jeune soeur timide. Une fois à l'intérieur, il racontera en flashback la période de sa vie où il s'échappa justement du domicile familial pour enfin prendre son indépendance.
Le film prend donc la forme d'un huis-clos qui ne souffre jamais de son origine théâtrale, évitant à chaque instant le figé et le statique. Paul Newman et son chef opérateur Michael Ballhaus ont en fait chorégraphié un film où la valse des sentiments prend vie avec un savant jeu sur l'espace et la lumière. Ce travail très poussé ne manqua d'ailleurs pas de faire naître des tensions entre les deux hommes tant chacun se sentait investi et possédé par le matériel de base. Cette confrontation n'est heureusement jamais visible, laissant place à une sensibilité toujours en harmonie avec les états d'âme des personnages.
Si le découpage en acte est clairement perceptible, le film est surtout scindé en deux parties distinctes. La première est la longue présentation des trois protagonistes, de leurs relations, des problèmes existants entre eux avec leurs illusions, leurs espoirs et ce qui à l'inverse les relie, les prive de liberté et de confiance en soi. La deuxième partie, la plus belle, est une très longue scène où la famille reçoit un ami du fils pour le présenter à la soeur toujours célibataire car handicapée à cause d'un problème aux jambes.
Sans aller jusqu'à dire que la longue exposition manque de coeur, on peut trouver qu'elle fait un peu pâle figure par rapport à ce qui va suivre. Le personnage de la mère est peut-être un peu trop marqué : elle apparaît à la fois trop possessive et autoritaire, voire castratrice. En restant prisonnière de son passé, elle annihile autant que possible la personnalité de ses enfants et les empêche de s'émanciper.
Autant dire que cette présence maternelle est forcément agaçante et il faut rendre hommage à Joanne Woodward (l'épouse de Newman dans la ville) d'avoir livré un rôle tel que celui-ci en lui apportant suffisamment de profondeur pour la rendre touchante malgré tout.

La direction d'acteur est ainsi une merveille de justesse alors qu'avec une adaptation de Tennesse Williams il serait facile de tomber dans l'exagération, la surenchère et le cabotinage pour appuyer l'univers tortur' de l'auteur. Contrairement à certains films outranciers, comme Boom ou La Nuit de l'iguane, La M'nagerie de verre impressionne par son plongeon dans l'ntimit' de ses personnages, presque avec voyeurisme sans que cela s'accompagne d'un quelconque malaise.
C'est particulièrement éclatant donc dans cette seconde moitié où la caméra, la lumière et les couleurs vibrent et tremblent à chaque frémissement de Karen Allen. Même si certaines métaphores semblent un peu trop filées (le parallèle avec la licorne est un peu trop appuyé), on ne peut être que subjugue par le lyrisme subtil de la mise en scène de Newman. La photographie, en devenant de plus en plus artificielle, fait naître ce que les émotions ont de plus vrai et de plus authentique.
L'obscurité se fait alors presque totale, mais elle permet aux âmes de se révéler dans un échange déchirant où le personnage de Karen Allen passe, malgré elle, littéralement au premier plan. Les couleurs en harmonie avec cette idée déploient une palette d'une douceur infinie où les gammes chromatiques primaires indiquent les changements de rapport entre les 2 personnages : la gêne, la confession, la tendresse, l'amour, la frustration, le respect
Par Anthony Plu
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