Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
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14 juin 2014.
Depuis longtemps je cherchais l'occasion de glisser entre les pages de mon cinéma un hommage au HÉROS de ma vie. Celui à qui je dois tant.
Paul. Mon grand-père maternel.
Pour lui, cette page avec tout mon amour et ma gratitude.
Si c'est de cette commune du Comminges que je lui rends hommage, il n'en serait pas étonné. La campagne n'est pas celle des Landes dans laquelle il a vécu. Certes.
Elle n'en est pas moins belle et riche.
Riche par sa végétation et ses contrastes lumineux. Mais aussi par ses habitants qui gardent un sens profond de l'accueil. Généreuse aussi. Pour tout ce qu'elle donne à celles et ceux qui savent apprécier tous les bienfaits et la beauté de la nature.
Vue de Marsoulas. Le 14 juin 2014
Paul, mon grand-père, n'était pas homme à se lamenter. Dès ma plus tendre enfance, il a été le premier à me parler de tolérance, de respect de l'autre. Du respect dû aux animaux, à la nature aussi.
Il ne parlait jamais de ses faits et gestes pendant la première guerre mondiale. Pas une fois je ne l'ai vu arborer ses médailles. Le souvenir des tranchées restait trop douloureux, tout autant que la perte de ses frères et de nombreux amis du village. Toutefois, il ne manquait, jamais les commémorations du 11 novembre, et clamait haut et fort son admiration pour le Maréchal Foch. Plus tard pour le Général de Gaulle.
Seules, ses jambes paralysées par quantité d'éclats d'obus reçus pendant la campagne de Verdun, témoignaient d'un passé douloureux.
Mon grand-père a été de ses hommes qui ont eu à souffrir de deux guerres mondiales. La deuxième ne l'a pas épargné non plus quand les troupes allemandes ont franchi la ligne de démarcation. Ses blessures très handicapantes me poussaient à un questionnement permanent qui n'a jamais reçu de réponses satisfaisantes pour ma curiosité d'enfant.
Pudeur extrême de ceux qui ont connu l'horreur profonde et que les mots seuls ne peuvent pas traduire. "Passons à autre chose" me disait-il.
C'est dans ses moments là qu'il m'emmenait au beau milieu de ses champs en se déplaçant très difficilement et avec comme seul appui, des béquilles en bois. Enfant que j'étais, je n'avais pas la force nécessaire pour l'aider. Juste de l'amour à lui donner.
C'est Marthe, une de ses voisines, qui a été la première à m'apprendre les actes de résistance dans lesquels il s'était engagé pendant la seconde guerre mondiale.
C'est donc de Marsoulas que je lui rends hommage.
Marsoulas - 14 juin 2014
Marsoulas est une commune française située située dans le Comminges, à quelques 30 kilomètres de Saint-Gaudens.
Sa surface de 2.40 km ² et abrite aujourd'hui une population de 137 habitants.
Ce petit village est limitrophe avec le département de l'Ariège.
Si dans la mémoire collective et la littérature historique, le massacre d'Oradour-sur-Glane, avec ses 642 victimes, occupe une place prépondérante, il ne peut occulter l'importance et la sauvagerie d'assassinats collectifs comme ceux commis, en une journée, à Marsoulas.
Le destin de Marsoulas, dans le Comminges a basculé le même jour que celui d'Oradour-sur-Glane.
Le 10 juin 1944, 11 enfants, 6 femmes et 10 hommes, furent massacrés par des SS de la division Das Reich basée à Venerque. Soit un tiers de la population.
Comme Caen, Brest ou Lyon, Marsoulas a reçu la médaille de la Résistance et la Croix de Guerre.
Pour cette commémoration, devant les façades des maisons dans lesquelles furent perpétrés les massacres de simples affichettes et quelques fleurs sont là pour rappeler la cruauté des évènements.
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Marsoulas ne sera pas le seul village massacré dans la Région Midi Pyrénées. La division Das Reich, laisse le long de son chemin des ruines et des massacres qui ont marqué bien d'autres endroits : Rimont, Betchat, Salies-du Salat, Calmont, Gabaudet, Mazères, Saint-Martory, Boulogne sur Gesse, Bagnères de Bigorre, Meilhan, Villaudric, Miremont, Fronton, Le Born, Villemur-sur-Tarn, Castelmaurou, Figeac…
Un si long traumatisme.
À l'horreur de cette journée, ont succédé 20 années de deuil.
"Jusque dans les années soixante,
il n'y a plus eu de fête locale, de mariages, de naissances.
On ne se retrouvait qu'à la Toussaint autour du mémorial bâti dès 1946".
À Marsoulas, il a fallu réapprendre à vivre.
La cérémonie du souvenir du 70éme anniversaire, le Samedi 14 juin 2014, à Marsoulas verra pour la première fois l'accueil dans la commune de deux ministres.
Kader Arif, secrétaire d'État chargé des anciens combattants et de la mémoire.
Et Carole Delga, secrétaire d'État au commerce et à l'artisanat, élue du Comminges et qui vient tous les ans à Marsoulas.
Kader Arif et Carole Delga
Crédit photo copyright Zoé Gauthier pour ladepeche.fr
Propos de la cérémonie tiré d'un article de Jean-Christophe Thomas
recueillis sur http://www.ladepeche.fr
Marsoulas, village martyr, commémore ce jour le massacre d'un tiers de ses habitants.
C'était Le 19 juin 1944.
Les Marsoulasiens assemblés ont su marquer cette journée avec une remarquable dignité et une émotion palpable.
Les Commingeois étaient nombreux. Parmi eux, des représentants, élus ou anonymes venaient aussi des quatre coins de la France pour cette commémoration toute particulière.
Les élus se mélangeaient volontiers à la foule rassemblée.
Des applaudissements chaleureux ont marqué l'arrivée de Carole Delga visiblement très émue. Ils n'ont pas été moindres après le remarquable discours de Kader Arif.
Sources
http://midi-pyrenees.france3.fr