Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
Date de sortie cinéma : 3 novembre 2010
.
Réalisé par Bertrand Tavernier
Avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Gaspard Ulliel,
Grégoire Leprince-Ringuet, Raphaël Personnaz Anatole de Bodinat,
Eric Rulliat, Samuel Theis
Long-métrage français . Genre : Historique , Drame , Romance
.
Mélanie Thierry
Synopsis :
1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage…
Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, Duc de Guise. Elle est contrainte par son père d’épouser le Prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny.
Elle tente en vain d’y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l’enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le Duc d’Anjou, futur Henri III.
D'après Madame de La Fayette
Avec La Princesse de Montpensier, Bertrand Tavernier (épaulé par le fidèle Jean Cosmos et François-Olivier Rousseau) porte à l'écran la nouvelle éponyme de
Madame de La Fayette.
Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette (ou Lafayette), plus connue sous le nom de Madame de Lafayette, est une femme de lettres française.
Elle est née le 18 mars 1634 à Paris, et y est morte le 25 mai 1693.
Ce court récit, publié anonymement en 1662, marque l'entrée de la nouvelle française dans la modernité.
.
Lambert Wilson, Mélanie Thierry
Tavernier et le film d'époque
Bertrand Tavernier est un familier des films d'époque. Ainsi, Que la fête commence est situé en 1719, Le Juge et l'Assassin en 1893, La Fille de d'Artagnan en 1654, et La Princesse de Montpensier en 1562.
Certains de ces films l'avaient déjà conduit à travailler avec des chevaux, expérience qu'il a renouvelée ici, confiant le dressage et les cours d'équitation à l'égide d'un spécialiste mondial, Mario Luraschi.

Si la forme contient incontestablement tous les ingrédients du film d'époque classique, l'enjeu de fond est autre: "Je voulais être aussi contemporain et naturel dans ce que je racontais que je l’avais été par rapport au monde de mes précédents personnages", explique le cinéaste. "Je ne voulais pas reconstituer une époque mais capter son âme." Une position qui influe évidemment sur le travail des décors et des costumes : "Nous avons privilégié la peau et les yeux des comédiens, la texture des magnifiques costumes de Caroline de Vivaise, capté les sentiments à travers la lumière."
Une autre raison décisive à la réalisation de ce film était l'envie du réalisateur de tourner avec cette nouvelle génération d'acteurs français, avec lesquels il n'avait jamais travaillé. Une expérience qui se révèle hautement concluante: "Dirigés ? Je les ai admirés. Je les ai regardés. Ils m’ont inspiré, porté, fait vibrer. J’ai essayé de créer autour d’eux un espace où ils se sentent à l’aise, de les rendre contemporains de l’époque. Je suis sans cesse allé d’éblouissement en éblouissement", s'enflamme-t-il.
Au centre du récit, le personnage de Marie est réellement la figure pivot de l'histoire. C'est par un caractère fort et indépendant qu'elle s'impose comme le moteur des intrigues et des actions. A son propos, Mélanie Thierry s'exprime: "Marie n’est pas du genre à suivre le troupeau et elle aime pouvoir affirmer ses idées et ses opinions. Elle a aussi besoin d’avoir accès à la culture et de se sentir exister !" Complexe est la jeune femme qui "est déchirée entre, d’un côté, une droiture raisonnée qui la pousse à être une bonne épouse et, de l’autre, le désir et la sensualité auprès de son amant. (...) En réalité, elle n’est pas du tout consciente de sa beauté et de son pouvoir de séduction. Elle n’est jamais dans le calcul", conclut l'actrice.
.
Bertrand Tavernier, Mélanie Thierry
Direction d'acteurs
Bertrand Tavernier, réalisateur d'expérience, est connu pour sa direction d'acteurs. Ce n'est pas Gaspard Ulliel, interprète du duc de Guise, qui prétendra le contraire: "Au départ, comme il s’agit d’un film d’époque dont la langue est très sophistiquée, j’étais tenté d’adopter un ton légèrement ironique dans la manière de m’exprimer. Mais Bertrand m’a expliqué qu’il fallait jouer Guise comme un homme extrêmement sincère et entier, qui n’est jamais dans le second degré, à l’inverse du duc d’Anjou."
.
Gaspard Ulliel
Louis Garrel devait à l'origine interpréter le Duc d'Anjou, Raphaël Personnaz n'ayant alors qu'un rôle secondaire. Le premier ayant dû quitter le projet, l’assistante du réalisateur suggère de faire quelques prises avec le second, qui séduit immédiatement Bertrand Tavernier.
Pour Raphaël Personnaz, l'appropriation du rôle passait par une documentation fournie sur les mœurs de l'époque: "Je suis allé au musée d’Orléans, où l’on trouve de nombreuses représentations de l’époque et du duc d’Anjou, et j’ai lu une biographie de Henri III. C’est ainsi que j’ai glané pas mal d’informations sur les rapports complexes entre le duc et sa mère, Catherine de Médicis, ou sur les déplacements de la Cour dans toute la France qui mobilisaient près de 10 000 personnes ! C’était essentiel pour mieux me représenter cette période", confie-t-il.
.
Raphaël Personnaz
Le tournage du film a débuté par les séquences de combats. Une entame certes difficile mais qui a, au final, aidé les acteurs pour l'interprétation de leurs personnages. Lambert Wilson raconte: "Ce qui était formidable dans l’approche du jeu avec Bertrand, c’est qu’on a commencé par le corps puisqu’on a démarré par les combats et les scènes à cheval. Cela m’a donné une colonne vertébrale avant même de réfléchir à la psychologie du personnage qui, souvent, peut s’avérer un piège pour les acteurs. Du coup, j’ai pu trouver l’identité du personnage à travers la façon de me battre et de manier l’épée."
.
Lambert Wilson
Composition musicale
Avec Philippe Sarde aux commandes de la bande-originale, le réalisateur ne se lançait pas dans l'inconnu. De leur collaboration passée avec L.627 et La Fille de d'Artagnan, une évidente complicité a permis une coordination de choix : "Nous souhaitions que l’orchestration et les harmonies de la musique soient très modernes, en utilisant beaucoup de percussions".
Bertrand Tavernier revient sur la méthode de travail du compositeur : "Il a réagi très vite, en analysant le film au deuxième jour des rushes [et] il m’a appelé en disant qu’il fallait articuler, scénariser la musique du film autour des personnages de Mélanie Thierry et de Lambert Wilson, de l’évolution de leurs rapports."
Pour visualiser la bande-annonce ... Cliquez ICI !
Sources :
http://www.allocine.fr
http://fr.wikipedia.org
http://www.cinemovies.fr