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Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard

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Shame

Shame---Affiche-1.jpg 


Réalisé par Steve McQueen (II)

 


Avec Michael Fassbender, Carey Mulligan, James Badge Dale,

Hannah Ware, Amy Hargreaves, Nicole Beharie,

Elizabeth Masucci, Lucy Walters, Briana Marin


Genre Drame


Production  Britannique


Date de sortie cinéma 7 décembre 2011

 

Pour sa première mondiale, Shame fut projeté, en compétition officielle, lors de la 68ème édition du festival du film de Venise.

 

Shame---Michael-Fassbender.jpg

 

Michael Fassbender y remporta le prix du meilleur acteur pour sa prestation. Sa performance est effectivement exceptionnelle et suit la même trajectoire que le film, en ce sens qu’elle monte en puissance et traduit de manière stupéfiante la spirale sans fin du désarroi de ce personnage acculé par sa maladie.

 

Michael Fassbender se mettant physiquement à nu, on pouvait déjà voir en cela une forme de performance, mais c’est bien davantage dans son visage que la force de son jeu se déploie : regard, mâchoire et nuque. Car même quand il est filmé de dos, point de vue que le réalisateur a souvent choisi, on a le sentiment de lire sur son visage. Au-delà de la force de l’interprétation, c’est l’alchimie exceptionnelle qui se joue entre le cinéaste Steve McQueen et son acteur qui nous permet d’être totalement happé dans la tragédie de Brandon.

 

Synopsis

 

Le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle, celle de Brandon (Michael Fassbender), trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup.

 

Quand sa sœur Sissy (Carey Mulligan) arrive sans prévenir à New York et s'installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie.


Les choses se compliquent car si Brandon parvient à faire avec sa situation, l’arrivée de Sissy, le ramène forcément à la dimension émotionnelle de sa vie, que d’ordinaire il balaye totalement.

 

Sa sœur est le symbole de sa tragédie et c’est pourquoi il adopte une attitude très agressive envers elle. C’est d’ailleurs au moment où sa sœur réapparaît dans sa vie qu’il tente une relation "normale" avec une collègue de bureau, Marianne (Nicole Beharie).

 

Le sexe étant omniprésent pour Brandon, sa sœur ne fait pas exception à cette règle et on devine qu’il se bat férocement pour réprimer un possible désir. En même temps, même s’il renie le lien du sang, on devine son profond attachement à cette personne et c’est donc l’illustration ultime de la problématique de sa vie.

 

 

Shame---Michael-Fassbender-copie-1.jpg

 

Michael Fassbender

 

« Nous avons été ébahis par Shame et par sa puissance cinématographique. La longue scène de jouissance de Fassbender évoque les plans de fin des Nuits de Cabiria de Federico Fellini. Voilà la collaboration d’un acteur à la présence inouïe et d’un cinéaste très présent, qui l’accompagne. Shame est un voyage hors du commun. » a déclaré Darren Aronofsky - Président du Jury de la Mostra de Venise.

 

« Pourquoi New York ? C’est la ville du présent, frénétique, excitante, qui bouillonne 24 heures sur 24. La ville qui ne dort jamais. L’environnement idéal pour le personnage de Brandon. C’est la ville où tout est accessible, où tout est excessif. » précise Steve McQueen
  

Caméra d'Or à Cannes, Prix Gucci à Venise, Meilleur réalisateur aux BAFTA ... Un peu plus de deux ans après avoir envoyé critique et public au tapis avec le choc Hunger, Steve McQueen et Michael Fassbender, dont la collaboration intense et bouleversante avait fait naître naturellement des espérances, se retrouvent avec Shame.

 

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Michael Fassbender, James Badge Dale et Elizabeth Masucci

 

Michael Fassbender au sujet de son personnage « J’aime bien Brandon, vraiment. Il n’est pas mauvais. C’est quelqu’un qui vit aujourd’hui, avec les pièges de la vie d’aujourd’hui. Bien sûr, cela vous change, cela vous influence. Mais c’est un personnage qui nous est très proche, dans lequel nous pouvons tous nous voir. » 

 

Shame---Michael-Fassbender-et-Nicole-Beharie.jpg

 

Michael Fassbender et Nicole Beharie

 

« Hunger montrait un homme privé de toute liberté. Shame est le portrait d’un homme qui les a toutes... Shame est tout autant un film politique, simplement il n’est pas lié à un contexte historique particulier. C’est un film politique parce qu’il montre comment aujourd’hui la sexualité a évolué, notamment par le biais d’Internet et des nouvelles technologies. Il montre comment nos comportements et nos relations s’en trouvent modifiés. » précise Steve McQueen.

 

La première partie du film vise à faire un état des lieux de la situation, du quotidien, de Brandon. Puis entre en scène Sissy, sa sœur, interprétée par Carey Mulligan.  Brandon ne peut se lier émotionnellement, sentimentalement à personne. 

 

C’est le point de bascule du film, car si le personnage semble vouloir remédier à son problème pour aller vers sa collègue, son échec, le remet encore davantage sur l’atoroute du sexe et nous découvrons alors la réalité de ce besoin impérieux de chair.

 

Cela n’a rien de sexy et rien de choquant non plus, c’est simplement d’une tristesse confondante, jusqu’à la douleur que l’on peut lire sur le visage de Brandon dans la scène la plus illustrative de sa maladie.

 

Le sexe est plus que triste, c’est un désespoir.

 

 

Shame---Carey-Mulligan.jpg

 

Carey Mulligan

 

 

La fin du film livrera en toute sobriété la clé de la condition de Brandon, et celle de sa sœur qui s’exprime d’une autre manière. Sans que cela ne soit développé, et c’est très bien ainsi, on comprend sans surprise que le mal trouve racine dans l‘enfance.

 

Cela nous ramène ainsi à la magnifique scène où Sissy chante dans un club et que Brandon verse une larme en l’écoutant. La scène est sublime, le lieu envoûtant, la voix de Carey Mulligan fait frissonner de la tête aux pieds.

 

La voix fragile de Carey Mulligan, estt envoûtante, à l'image du film.

Elle reprend ici le célèbre New York New York

 

« Cette chanson, pour moi, c’est quelque chose de très, très triste. C’est un blues. Franck Sinatra et Liza Minnelli la chantent avec une énergie vitale, avec beaucoup de rythme. … Le jour où Carey Mulligan l’a enregistrée était un jour pas comme les autres. C’était fabuleux... » raconte le réalisateur.

 

Chaque scène est utile et franchement fascinante, l’habillage sonore est simplement parfait. Parfois deux musiques différentes se superposent, et il y a très souvent, en arrière plan, le souffle de Brandon, et même le bruit de la masturbation.

 

New York qui est le meilleur décor de la terrible solitude du personnage, est paradoxalement magnifique, tout comme ce Brandon est lui aussi paradoxalement magnifique.

 

 

 

 

 

Sources :

http://www.cinemovies.fr

http://www.allocine.fr

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M
Salut Alain, j'ai trop hâte pour Shame. J'ai vu également Les Adoptés comme toi puisque j'ai vu ton excellente note. Un super coup de coeur !
Répondre
A
<br /> <br /> Je pense que Mélanie Laurent n'a pas fini de nous étonner ! Quant à Shame j'ai également très envie de le voir mais  je vais devoir faire des kilomètres. Pas annoncé par ici. Donc<br /> destination la côte ou Toulouse. Selon la couleur du ciel ...<br /> <br /> <br /> <br />
D
Bonjour Alain, j'ai hâte de voir Shame, vivement mercredi prochain surtout si c'est même choc qu'Hunger dont on ne sortait pas indemne. Bon début de semaine.
Répondre
A
<br /> <br /> Bonsoir Dasola, à la fin de Hunger j’étais un peu out. Un vrai choc. Je vais tout faire pour voir Shame, quitte à avaler des kilomètres. Bonne semaine à toi et bon courage car, si je me souviens<br /> bien tu n’es pas loin du Forum des Halles et compte tenu de ce que j’en ai « vu » dernièrement, ou plutôt entendu le vacarme dû aux travaux, bonjour l’ambiance !<br /> <br /> <br /> <br />