Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard

Réalisé par Paul Thomas Anderson
Avec Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams,
Jesse Plemons, Amy Ferguson, Ariel Felix, W. Earl Brown,
Katie Boland, Ambyr Childers, Rami Malek, Laura Dern
Genre Drame
Production Américaine
Entre autres récompenses ... pour The Master :
Date de sortie en salles 9 janvier 2013
Mostra de Venise 2012
Lion d'Argent - Prix de la mise en scène pour Paul Thomas Anderson
Coupe Volpi Meilleure interprétation masculine ex-aequo
Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix
Selon diverses déclarations, le palmarès de la Mostra largement contesté fut le fruit de calculs un brin surprenants : le jury présidé par Michael Mann aurait dans un premier temps décerné le Lion d’or au film de Paul Thomas Anderson. Mais comme l’a précisé Michael Mann, au The Hollywood Reporter, on ne pouvait coupler cette récompense avec un Prix d’interprétation, en vertu d'une règle de non-cumul, les jurés auraient finalement choisi de "rétrograder" The Master, afin de pouvoir récompenser ses acteurs.
Los Angeles Film Critics Association Awards - LAFCA 2012
Prix du meilleur réalisateur Paul Thomas Anderson
Prix du meilleur acteur Joaquin Phoenix
Prix de la meilleure actrice dans un second rôle Amy Adams
Prix du meilleur chef décorateur David Crank et Jack Fisk
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The Master a été classé meilleur film 2012 par Sight and sound,
la célèbre revue du British Film Institute.
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The Master, le sixième film de Paul Thomas Anderson, raconte une histoire bouleversante d'humanité qui se déroule dans cette atmosphère d'aspiration spirituelle, au tout début des années 50.
Synopsis
Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Incapable de retrouver ses repères dans la vie quotidienne, il découvre par hasard un tout jeune mouvement appelé la Cause
Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd "le Maître", un homme, intelligent et charismatique meneur d’un mouvement la Cause, il tombe sous le charme de cet homme et devient son bras droit, son lieutenant.
Alors que la foi envers cette nouvelle religion commence à gagner de nombreux adeptes, Freddie, de son côté, remet en question le système auquel il a adhéré et plus encore l'influence de son mentor.
Cependant, même si la Cause s'intéresse à la maîtrise des émotions humaines, la camaraderie entre Freddie et Dodd va se transformer en un combat intime et féroce, une lutte sans merci entre deux volontés.
De la fascination à l'affrontement, on croise toutes les émotions.
Philip Seymour Hoffman
Fidèle à sa légende, Paul Thomas Anderson, unanimement considéré comme l'un des cinéastes les plus intéressants du cinéma contemporain, revient avec un sujet aussi fort que ses personnages. La fin de la Seconde Guerre mondiale a vu l'émergence d'une Amérique égarée et agitée. C'était une époque de croissance nationale et de grandes aspirations comme le pays n'en avait jamais connu dans toute son Histoire, mais c'était aussi un temps de déracinement et d'inquiétude latente. Le choc des contrastes a engendré une culture avide de recherche et de questionnement qui se prolonge jusqu'à notre XXIe siècle. Les jeunes hommes revenant chez eux après l'incompréhensible noirceur de la guerre ont forgé un nouveau monde scintillant de consommation et d'optimisme. Et cependant, beaucoup aspiraient à autre chose, attendaient davantage de la vie, cherchaient quelque chose qui les dépasse, quelque chose qui les protège de l'anxiété, de la confusion et de la sauvagerie du monde moderne.
Paul Thomas Anderson cite comme influences pour The Master aussi bien les romans de John Steinbeck que les histoires qu'a pu lui raconter l'acteur Jason Robards, soldat lors de la guerre du Pacifique.
Dès l'écriture du scénario, Paul Thomas Anderson désirait faire tourner Joaquin Phoenix, désir qui ne date pas d'hier : "Cela fait 12 ans que je lui demande de jouer dans mes films mais il a toujours eu une raison de refuser. Je suis simplement reconnaissant qu'il ait accepté cette fois-ci", explique le réalisateur.
Pour entrer dans la peau de Freddie Quell, Joaquin Phoenix a dû perdre 15 kilos : "Il s'agissait moins de perdre du poids que d'utiliser la maigreur pour modifier ma façon de bouger, de me tenir, de ressentir". Cette idée lui est venue après la découverte du documentaire On the Bowery réalisé en 1956 sur des alcooliques de cette époque : "J'ai été frappé par la grande maigreur et la fragilité de ces hommes pollués, cassés, en mauvaise santé", explique-t-il.
The Master marque le retour de Joaquin Phoenix dans la peau d'un personnage après avoir joué son propre rôle dans le film I'm Still Here - The Lost Year of Joaquin Phoenix réalisé par Casey Affleck en 2010, et annoncé en 2008 qu'il arrêtait sa carrière d'acteur.
"L’Eglise de scientologie" a vu trop de ressemblances entre The Master et la naissance de leur mouvement. Ils ont donc tenté de contre-attaquer : des personnes soupçonnées d'appartenir au mouvement religieux auraient ainsi passé des appels anonymes et inondé de mails la Weinstein Company, qui distribue le film aux États-Unis.
Si de nombreux critiques ont cru voir un rapport entre l'histoire de The Master et celle de Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie, ce n'est pas le cas de Paul Thomas Anderson : "(...) je n'ai pas pensé à la scientologie. J'ai eu une approche très psychologique, pas du tout sociologique. Je ne pense pas décrire un phénomène américain. Cela pourrait se passer n'importe où", explique-t-il.
Autrefois acteur pour Paul Thomas Anderson, Tom Cruise serait sorti très mécontent d'une projection de The Master. L'un des prosélytes les plus constants de la scientologie aurait quelques "problèmes" avec certaines scènes du film, lequel évoque, tout en prétendant ne pas le faire mais en le faisant quand même, la Scientologie et son fondateur Ron Hubbard, dont est inspiré le personnage campé par Philip Seymour Hoffman, un habitué du réalisateur, qui avait, déjà, torturé Tom Cruise interprétant Ethan Hunt dans Mission: Impossible III.
Amy Adams et Joaquin Phoenix
The Master a été tourné à 85% en 70 mm, un format qui n'est plus utilisé dans le milieu cinématographique. Ce format magnifique a été utilisé principalement durant la période allant de 1955 à 1969, pour des films tels que 2001 : l'odyssée de l'espace réalisé en 1968 par Stanley Kubrick, le magnifique Ben-Hur de William Wyler, My Fair Lady réalisé en 1964 par George Cukor, ou encore Lawrence d'Arabie réalisé par David Lean. Au départ, Paul Thomas Anderson ne pensait pas tourner dans ce format mais après différents tests, il a été convaincu : "Ce format donne une image d’une netteté fantastique (...) les objets semblaient anciens sans avoir l’air d’être surannés ou de faire partie d’une reconstitution d’un style particulier", explique-t-il.
Pour recréer au mieux les États-Unis des années 40 et 50, le chef décorateur Jack Fisk et Paul Thomas Anderson ont dû partir en repérages un an avant le tournage. The Master débute en juin 2011 à Vallejo et Sacramento en Californie. Il se déroule également dans d'autres villes de Californie : à Oakland, Berkeley, Crockett et Los Angeles. Certaines scènes ont été tournée à Oahu dans l'archipel d'Hawaï
Le personnage interprété par Philip Seymour Hoffman possède un bateau qui a appartenu au président américain Franklin Delano Roosevelt entre 1936 et 1945. Il a ensuite été vendu à Elvis Presley.
Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix
C'est la deuxième fois que le musicien Jonny Greenwood compose la bande-originale d'un film de Paul Thomas Anderson après celle de There Will Be Blood en 2007. Jonnny Greenwood s'est inspiré du travail d'un musicien des années 50, Otto Luening, pionnier de la musique électronique : "Une partie de la musique du film a été enregistrée grâce à une technologie similaire, en jouant avec la vitesse des bandes, le sens de défilement et d’improbables techniques de micro", explique le compositeur.
Initialement pressenti pour le rôle finalement échu à Joaquin Phoenix, Jeremy Renner n'a pu ajuster son calendrier pour cause du tournage de Jason Bourne : l'héritage. Mais il n’est pas le seul à avoir fait faux bond à Paul Thomas Anderson, puisque Robert Elswit, son habituel chef opérateur, était lui aussi déjà engagé sur le film de Tony Gilroy.
The Master marque la cinquième collaboration entre Paul Thomas Anderson et l'acteur Philip Seymour Hoffman après Hard Eight en 1996, Boogie Nights en 1997, Magnolia en 1999 et Punch-drunk love - Ivre d'amour en 2002.
Amy Adams et Philip Seymour Hoffman
C'est la troisième fois après La Guerre selon Charlie Wilson en 2007 et Doute en 2008 que Philip Seymour Hoffman et Amy Adams ont tourné ensemble dans un film.
Sources :
http://www.cinemovies.fr
http://www.imdb.com
http://www.allocine.fr