Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
Date de sortie 17 septembre 2014

Réalisé par Anton Corbijn
Avec Philip Seymour Hoffman, Rachel McAdams, Grigoriy Dobrygin,
Willem Dafoe, Robin Wright, Nina Hoss, Daniel Brühl, Homayoun Ershadi
Titre original A Most Wanted Man
Genre Espionnage, Thriller
Production Américaine, Britannique, Allemande
Un Homme très recherché est l'adaptation du thriller homonyme du Britannique John Le Carré. Titré en version originale A Most Wanted Man, ce roman a été publié en Grande-Bretagne et aux États-Unis en octobre 2008. L'auteur s'est rendu sur les lieux du tournage pour conseiller et encourager l'équipe, sans pour autant imposer son avis quant au travail d'adaptation.
Durant les années 1950 et 1960, David John Moore Cornwell a travaillé pour le MI-5 et le MI6 et a commencé à écrire des romans sous le pseudonyme de John Le Carré.
Simon Cornwell, l'un des producteurs d'Un Homme très recherché, n'est autre que le fils du romancier britannique John Le Carré.
Un Homme très recherché est l'un des films posthumes de Philip Seymour Hoffman, décédé le 2 février 2014, soit peu de temps après sa présentation à Sundance.
Philip Seymour Hoffman
Synopsis
Plus de dix ans après les attentats du 11 Septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center.
Lorsque Issa Kharpov (Grigoriy Dobrygin), immigré d’origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands dirigés par Günther Bachmann (Philip Seymour Hoffman) sont en alerte, tout autant que les services secrets américains.
Une course contre la montre s’engage alors pour identifier cet homme très recherché : s’agit-il d’une victime ou d’un extrémiste aux intentions destructrices ?
Rachel McAdams et Grigoriy Dobrygin
La première partie d'Un Homme très recherché a été tournée à Hambourg en septembre 2012 durant trente-huit jours. C'est dans cette même ville que se situe l'intrigue du roman publié par John Le Carré. L'auteur connait d'ailleurs bien cette ville puisqu'il y fut un temps consul et agent au début des années 1960. Pour le reste du film, deux jours de tournage à Berlin ont été nécessaires.
Le scénario est signé par Andrew Bovell. Le directeur de la photographie, Benoît Delhomme, et Herbert Grönemeyer, en tant que compositeur complètent une belle distribution.
Robin Wright et Philip Seymour Hoffman
Pour adapter le livre de la meilleure manière possible, le réalisateur tenait à filmer en automne, une idée qui fut approuvée par Philip Seymour Hoffman : "Je voulais que le film soit empreint de teintes automnales, et évoque la couleur des feuilles des arbres qui roussissent. Philip, lui, voulait qu’on tourne à la fin de l’été. Du coup, je lui ai dit d’insister sur ce point auprès des producteurs !", plaisante Anton Corbijn.
C'est en lisant le scénario d'Un homme très recherché que la compagne d'Anton Corbijn évoqua le nom de Philip Seymour Hoffman pour incarner le héros principal, Günther Bachmann.
Pour Anton Corbijn, se fut une évidence : "Quand j’ai visionné les premiers montages du film avec Phil, je n’arrivais pas à croire que l’homme à mes côtés dans la salle de projection était le même que je voyais à l’écran. Il s’était totalement approprié le personnage. Et quels que soient ses problèmes personnels, sa prestation n’en a jamais pâti", se souvient le réalisateur.
Les actrices Carey Mulligan et Jessica Chastain ont un temps été pressenties pour camper le rôle féminin principal d'Annabel Richter, finalement distribué à Rachel McAdams, qui, pour l'occasion, prit des cours d'allemand pour travailler son accent.
Grigoriy Dobrygin et Willem Dafoe
Pour le rôle d'Issa Karpov, Anton Corbijn cherchait un acteur peu connu et idéalement originaire d'Europe de l'Est. "Lorsque Grigoriy Dobrygin est arrivé pour son audition, le magnétisme et l’intensité de son regard nous ont sauté aux yeux. Nous étions tous scotchés", se souvient la productrice Gail Egan.
Extrait d'entretien du réalisateur recueilli par Sorin Etienne
pour http://www.lefigaro.fr/cinema
Sur le tournage, votre relation avec Philip Seymour Hoffman n'a pas toujours été idyllique…
Philip était un homme torturé. Il trouvait qu'il n'était jamais assez bon. Quand on a filmé à Berlin, je suis tombé sur George Clooney, qui tournait dans la même ville. Il m'a demandé si je n'avais pas eu trop d'engueulades avec Philip sur le plateau (George Clooney a dirigé Philip Seymour Hoffman dans Les Marches du pouvoir, NDLR). Si George lui-même avait eu des frictions avec Philip, je me sentais un peu moins débutant… Philip pouvait être difficile mais toujours au bénéfice du rôle, pas pour me faire enrager. Il a eu le temps de voir le film et il en était très fier. Nous avions prévu de tourner un autre long-métrage…
Hambourg est l'autre personnage central du film…
Comme dans mon travail de photographe, j'aime filmer des lieux réels plutôt que de m'enfermer dans un studio. Le fait que l'histoire se situe à Hambourg comptait beaucoup pour moi. J'y ai réalisé mon premier clip pour le groupe Palais Schaumburg en 1983 et j'y suis retourné plusieurs fois depuis, notamment pour faire des photos de Depeche Mode.
J'aime beaucoup les villes portuaires, comme Rotterdam. Hambourg est un territoire presque vierge au cinéma, on ne peut pas y projeter des émotions anciennes, contrairement à Paris, par exemple, qui a déjà servi de décor à de nombreux films. Le seul film tourné à Hambourg est L'Ami américain de Wim Wenders, avec Dennis Hopper. J'ai eu l'occasion d'en parler avec Wim Wenders et il est lui-même surpris que les cinéastes ne s'inspirent pas plus de Hambourg.
Mon opinion
Une excellente adaptation d'un roman de John Le Carré. Ancien responsable de la sécurité intérieure du Royaume-Uni et du contre-espionnage, il est aisé de deviner d'où vient son inspiration. Si tirée d'une certaine vérité, c'est déjà redoutable. Imaginer qu'elle ne représente que la partie visible de l'iceberg fait froid dans le dos.
Comme dans l'œuvre littéraire l'action se passe à Hambourg. La ville, bien connue du réalisateur, n'est pas filmée sous son meilleur angle. Ce parti pris présente le grand mérite d'augmenter la pression, la noirceur et l'angoisse tout en s'appuyant sur un certain réalisme.
Pour un thriller, les dialogues passionnants prennent le pas sur l'action en tenant le spectateur en haleine de bout en bout. Minutieux, et soignés ils dénoncent un jeu de manipulation cruel, et terrifiant.
La mise en scène est efficace. Avec un autre grand plus, une extraordinaire distribution.
Le jeune acteur russe, Grigoriy Dobrygin est exceptionnel. Son talent et son magnétisme devraient être pour lui un vrai "passeport". Robin Wright, belle et excellente, nous le savions déjà. Rachel McAdams juste et touchante. Willem Dafoe, Nina Hoss et Daniel Brühl complètent un casting impeccable à la tête duquel Philip Seymour Hoffman offre une prestation d'une incroyable force.
"J'ai toujours vu Günther Bachmann comme une âme perdue, concentrée sur son travail. Il boit, il fume mais il est le contraire de James Bond. Les vrais espions ne sont pas comme l'agent 007. Günther est intelligent, cultivé, mais sa manière de chercher des informations n'a rien de divertissante". A déclaré Anton Corbijn dans un entretien.
Un grand rôle pour Philip Seymour Hoffman qui restera dans les mémoires comme un immense acteur.
Sources :
http://www.allocine.fr
http://www.imdb.com