
Réalisé par Abdellatif Kechiche
Avec Yahima Torrès, Olivier Gourmet, Jonathan Pienaar,
Jean-Christophe Bouvet, Elina Löwensohn, Eric Moreau,
Olivier Loustau, Andre Jacobs, Diana Stewart.
Long-métrage français .
Genre : Drame, Historique
Date de sortie cinéma : 27 octobre 2010

Olivier Gourmet et Yahima Torres
Synopsis :
Paris, 1817, enceinte de l'Académie Royale de Médecine. « Je n'ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes ». Face au moulage du corps de Saartjie Baartman, l'anatomiste Georges Cuvier est catégorique. Un parterre de distingués collègues applaudit la démonstration. Sept ans plus tôt, Saartjie, quittait l'Afrique du Sud avec son maître, Caezar, et livrait son corps en pâture au public londonien des foires aux monstres. Femme libre et entravée, elle était l'icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d'une ascension dorée...

Après d'infructueux castings à la recherche de l'interprète idéale de
Saartjie Baartman
de son vrai nom Sawtche,
surnommée la Vénus Hottentote, elle serait née aux alentours de 1789
(L'année de la Déclaration des Droits de l'Homme)
dans l'actuelle Afrique du Sud originaire du peuple Khoïkhoï (Khoïsan) qui sont les plus anciens habitants de la région sud de l'Afrique.
Elle meurt à Paris le 29 décembre 1815.
Son histoire, souvent prise pour exemple, est révélatrice de la manière dont les Européens considéraient à l'époque ceux qu'ils désignaient comme appartenant à des « races inférieures1 ». Elle symbolise également la nouvelle attitude revendicative des peuples autochtones quant à la restitution des biens culturels et symboliques ainsi que des restes humains qui figurent dans les musées du monde entier.
Victor Hugo y fait allusion dans Les Misérables en 1862
« Paris est bon enfant. Il accepte royalement tout ; il n'est pas difficile en fait de Vénus ; sa callipyge est hottentote ; pourvu qu'il rie, il amnistie ; la laideur l'égaye, la difformité le désopile, le vice le distrait [...] » ;
Abdellatif Kechiche s'est rappelé la rencontre d'une femme dans la rue, trois ans plus tôt. Il se souvient : "Yahima, je l’ai vue pour la première fois en 2005 (...). J’avais été saisi par sa présence et des traits qui m’ont fait immédiatement penser à Saartjie."
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Yahima Torres
Il prend alors la décision de la recontacter pour lui faire passer des essais et se montre convaincu par la légèreté avec laquelle Yahima prend la vie : "J'ai compris que je pourrai la pousser loin dans l’émotion sans qu’elle en soit meurtrie."
Sur un thème aussi pénible, il y a parfois un décalage émotionnel entre un scénario et un tournage. Ecrire "il la frappe" est une chose mais le tourner en est une autre. Voir un personnage souffrir, notamment lors des scènes dans les salons libertins n'a apparemment laissé personne indemne et pleinement serein. Il y avait donc un réel défi pour le réalisateur à montrer "humainement" une vérité insoutenable. Il précise ses intentions : " Je me suis laissé guider autant par la préparation en amont que par ce qui jaillit de l’instant. C’est l’acteur, son émotion, sa violence et son rythme qui vous donnent la sensation que c’est dans telle direction qu’il faut aller… Comme sur mes films précédents, j’ai essayé de faire en sorte que le plateau soit un lieu de création et non pas d’exécution."
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André Jacobs et Yahima Torres
Parmi les nombreuses humiliations que Saartjie a subies au cours de sa vie, celles à but prétendument scientifique n'étaient pas les moins avilissantes. Le moulage de sa tête, destiné à poursuivre des "études" post-mortem en est une preuve. Un avantage à cette situation s'est révélé cependant, celui d'avoir permis à Abdellatif Kechiche de faire la "rencontre" de ce visage. Un moment qui l'a profondément ému. "J’ai été saisi d’émotion par son visage. Il parle d’elle mieux que personne. (...) Elle inspire le détachement, l’abnégation la plus totale, et l’intelligence. Elle doit en savoir sur la nature humaine…" confesse-t-il, avant de conclure. "En rencontrant son image, j’ai éprouvé le devoir de raconter son histoire."
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Yahima Torres
Pour son premier rôle cinéma, l'actrice d'origine cubaine Yahima Torres s'est confrontée à une interprétation complexe et physique. Elle confie que les scènes de danse, essentielles à la narration, ont été les plus intenses à préparer : "En amont, j’ai pris des cours de chant, de danse africaine même si j’avais acquis de bonnes bases à Cuba ! (...) Même pendant le tournage, j’ai continué à m’entraîner pour être en phase avec l’énergie déployée par Saartjie.(...). Pour résister et la faire exister."
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Sources :
http://www.allocine.fr
http://www.cinemovies.fr
http://fr.wikipedia.org