Shirin Neshat
née le 26 mars 1957 à Qazvin en Iran est avant tout une photographe et artiste vidéaste.
Depuis plus de 10 ans, elle réalise des installations vidéo sur des sujets très différents comme les rapports entre hommes et femmes, le dogmatisme religieux ou l'autodétermination culturelle.
Shirin Neshat est devenue célèbre à travers le monde grâce à ses portraits de femmes recouverts de calligraphies farsi, notamment dans la série Women of Allah (1994-1997), puis avec sa vidéo Turbulent en 1998 qui lui permit d’acquérir la reconnaissance de la scène artistique internationale lorsqu’elle reçut le Lion d’Or à la 48ème Biennale de Venise en 1999.
Produit par la galerie Jérôme de Noirmont elle avait rencontré un grand succès critique et public après son avant-première mondiale à l'Institut d'art de Chicago en mai 1999.
Ses oeuvres ont été exposées notamment à Paris, New York, Athènes, Londres, Amsterdam, Berlin, et Montréal.
Son travail est boycotté par le régime iranien.
est son premier long métrage en tant que réalisatrice et n'échappera pas à la censure dans son pays.
A l'origine, Women Without Men
est l'adaptation d'un livre éponyme
Écrit par Shahrnush Parsipur, 
Née à Téhéran en 1946, fait ses études en sociologie à l’université de Téhéran et écrit des nouvelles dès l’âge de 16 ans. Elle publie son premier roman, Le chien et le long hiver, à l’age de 28 ans et la même année démissionne de son poste de productrice au sein de la Télévision Nationale Iranienne pour protester contre la torture et l’exécution de deux journalistes et écrivains par la police secrète du Shah. Après avoir passé quelques mois dans les prisons du régime, elle quitte l’Iran pour la France où elle étudie la philosophie chinoise et écrit, en 1977, son deuxième roman, Aventures simples de l’esprit d’un arbre.
Elle retourne en Iran après la révolution et en raison d’un simple malentendu se trouve de nouveau en prison, cette fois pour quatre ans … Plus tard elle publie ses mémoires de prison, en partie reprises dans l’ouvrage de Chahla Chafiq sur la prison politique en Iran. A peine sortie de la prison, elle publie son troisième roman, Toubâ et le sens de la nuit, qui connaît un grand succès et qui est traduit en allemand, en italien et en anglais. Ensuite, elle publie son quatrième roman, Femmes sans hommes, qui lui apporte une notoriété plus importante, des ennuis avec les autorités, et l’interdiction totale de ses ouvrages en Iran. Ce livre est aussi traduit en plusieurs langues et maintenant grâce à Christophe Balaÿ est disponible en traduction française.
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Pegah Ferydoni
Shahrnush Parsipur est une romancière que Shirin Neshat admire beaucoup. Cela fait longtemps que la réalisatrice voulait adapter Shahrnush Parsipur à l'écran: "Son imagination et le style surréaliste de son travail me fascinent et se prêtent par ailleurs parfaitement à la forme très visuelle, que je voulais pour mon film". Quant au livre Women Without Men, il est pour Shirin Neshat à la croisée de plusieurs thématiques: la réalité sociopolitique, le dogmatisme religieux, les événements historiques et les émotions humaines. La cinéaste est donc allée rendre visite à Shahrnush Parsipur en Caroline du Nord et des liens étroits se sont aussitôt créés. Le travail d'adaptation s'est ainsi effectué en toute symbiose.
Le film se déroule en 1953.
Durant cette année-là, l'Armée Britannique et la CIA orchestrent un coup d'État en Iran. Leur objectif est de faire chuter le Premier Ministre de l'époque, le Docteur Mohammad Mossadegh ainsi que son gouvernement élu par les voies démocratiques, et de garder le contrôle sur l'exportation du pétrole. Après cette opération militaire, le Shah, allié des forces occidentales, a la mainmise sur l'ensemble du pays. Il transforme l'Iran en un régime dictatorial. Il va même jusqu'à créer une police secrète, la Savak, pour empêcher toute forme de contestation. Le Shah sera lui-même renversé durant la Révolution Islamique de 1979. Le gouvernement de Mossadegh, qui a duré seulement le temps d'un été, a été le premier mais aussi le dernier à être élu de manière démocratique.

Lorsqu'on lui évoque l'histoire de son pays et les révoltes de 1953, Shirin Neshat décrit l'impact que cela a eu sur sa famille: "Il était (...) devenu presque tabou de parler ouvertement du coup d'Etat et je me souviens difficilement avoir entendu ma propre famille débattre du sujet, ou même raconter ce qu'il s'était passé. J'ai appris après coup que plusieurs de mes amis et de mes relations proches étaient sympathisants du Docteur Mossadegh et ex-communistes, mais qu'ils n'osaient pas en parler".
Shirin Neshat affirme que l'utilisation de couleurs saturées permet de contextualiser l'époque à laquelle se déroule le film, à savoir dans les années cinquante. L'exploitation de telles couleurs se ressent sur différents d'éléments du décor: le verger, proche du pictural, ou encore les ruelles de Téhéran, où la couleur est beaucoup plus discrète, comme sur des images d'archive.
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Pegah Ferydoni
Le voile, objet complexe
Shirin Neshat explique que le tchador, ou voile, suscite de vraies polémiques alors que dans les années 50, les femmes iraniennes choisissaient de le porter en toute liberté: "Certains le considèrent comme quelque chose d'exotique, d'autres y voient un symbole de répression, d'autres encore comme un symbole de libération. (...) Beaucoup de femmes le portent dans la vie publique sans que cela ne soit particulièrement chargé de sens politique".
Le jardin est omniprésent dans la littérature perse et islamique. Il a toute son importance dans la culture iranienne, associé à l'idée d'exil, d'indépendance et de liberté. Dans Women Without Men, "le jardin est considéré comme un endroit de refuge, comme un oasis où l'on se sent en sécurité", explique Shirin Neshat.
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Mina Azarian
Pour le casting de Women Without Men, la production ne pouvait faire jouer des acteurs iraniens vivant en Iran. Il a fallu recruter des comédiens qui habitent exclusivement en Europe.