Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. Jean Luc Godard
Réalisé par Kim Chapiron
Avec Adam Butcher, Shane Kippel, Mateo Morales,
Lawrence Bayne, Alexander Conti, Tim Turnell, Dewshane Williams,
Shawn Doucette, Slim Twig, Trent McMullen
Long-métrage américain . Genre : Drame , Thriller
Prix du Meilleur nouveau réalisateur du film narratif
au Festival du film de TriBeCa à New York.
Synopsis :
Davis, 16 ans, trafic de stupéfiants.
Angel, 15 ans, vol de voiture avec violence.
Butch, 17 ans, agression sur un officier de probation.
Une même sentence : la prison pour délinquants juvéniles d'Enola Vale.
Arrivés au centre de détention, ils devront choisir leur camp, victime ou bourreau.
Dans Dog Pound, les seconds rôles de jeunes prisonniers sont principalement interprétés par des acteurs non professionnels, qui ont été recrutés par Kim Chapiron dans des gangs de rue.
Le metteur en scène tenait absolument à ce que la majorité des détenus que l'on voit à l'écran soient réellement issus de milieux délinquants, afin d'accentuer l'aspect authentique du film.
Au sujet de Taylor Poulin, prêtant ses traits à une brute épaisse martyrisant ses co-détenus, il s'agit en fait d'un jeune voyou rencontré dans une prison proche du lieu de tournage, dans laquelle Kim Chapiron s'était rendu pour y animer des ateliers théâtre.
Comme beaucoup d'autres réalisateurs de films carcéraux, Kim Chapiron a effectué un vaste travail documentaire sur les prisons américaines. Pendant un an, le réalisateur s'est rendu dans différents établissements pénitenciers pour mineurs, en prenant un maximum de notes, les enregistrements sonores et vidéos étant interdits. Sur place, il a pu constater que les gardiens sont loin d'être des brutes épaisses, et qu'ils éprouvent même une certaine empathie pour ces jeunes détenus. De même, les différentes administrations carcérales, fières de leurs établissements, ont très bien accueilli Kim Chapiron. On est donc bien loin des stéréotypes inhérents aux films de prison, faisant la part belle aux surveillants sadiques et aux directeurs tyranniques.
Lors de sa première visite en prison, Kim Chapiron se remémore la manière plutôt amicale avec laquelle il a été accueilli par des membres de l'administration carcérale et des détenus :

"Je n’oublierai jamais ma première visite en prison. Le gardien chef nous ouvre la grille, trois détenus nous attendent. L’un d’eux s’était écrit "Fuck the world" sur le bras avec une punaise. Sa blessure suintait encore. La grille se referme et à ma grande surprise, le gardien n’entre pas. Mon imagination se met en marche, je me vois kidnappé par les détenus avec une lame de rasoir ! Il n’en fut rien. Les trois jeunes ravis de recevoir de la visite nous ont baladés dans le centre, nous présentant à tout le monde", raconte-t-il.
Imprévus ...
Pendant le tournage, Adam Butcher
est allé en garde à vue à deux reprises, ce qui était plutôt ennuyeux, l'acteur se trouvant dans la quasi totalité des scènes du film ...
De même, pendant la répétition de la scène de la balafre dans le réfectoire, un comédien a réellement blessé son partenaire avec un couvert en plastique : "Nous avons vécu ce tournage avec la sensation constante d’être à la limite de la catastrophe... Ce n’était pas évident de se concentrer sur le jeu avec tout ce qui interférait autour. Chaque soir, avec mon assistant, nous préparions le programme du lendemain en nous demandant quel serait le drame de la journée. Par exemple, lorsqu'on a répété la scène de la balafre dans le réfectoire, eh bien le comédien a réellement balafré l’autre avec un couvert en plastique ! On l’a soigné et il a fallu retoucher l’image en postprod. C’était le drame de la journée", se remémore Kim Chapiron.
Pour les besoins du film, un centre de détention a été créé, baptisé "Enola". Il s'agit d'un terme indien signifiant "vallée de la solitude", en référence aux indiens d'Amérique dont on ne parle pas assez dans les films, selon Kim Chapiron :

"C’est un décor inspiré de plusieurs prisons que j’ai visitées. Nous avons construit le réfectoire, le gymnase, les dortoirs et les couloirs sur deux sites, deux églises, une baptiste désaffectée et l’autre encore en activité. La rencontre de ces lieux et de ces décors produisait une drôle d’énergie", nous explique-t-il.
Après le succès d'Un prophète, réalisé par Jacques Audiard en 2009
Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif, Hichem Yacoubi,
voici un autre film ayant pour thème principal l'univers carcéral.
Mais contrairement aux films de prison les plus célèbres, l'intrigue de Dog Pound se situe dans un pénitencier pour mineurs, et non dans une prison pour adultes.
D'autres films eurent pour cadre spatial ce type d'établissement, tels:
Bad Boys Réalisé par Rick Rosenthal
Avec Sean Penn, Reni Santoni, Jim Moody, Eric Gurry
Scum d'Alan Clarke en 1979
Avec Ray Winstone, Mick Ford, Julian Firth
ou le classique Code criminel Réalisé par Howard Hawks en 1931
Avec Walter Huston, Phillips Holmes, Constance Cummings
Dog Pound, ou La Fourrière au Québec, est un film dramatique canadien écrit et réalisé par Kim Chapiron sur le scénario co-écrit par Jérémie Delon.
