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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 14:00

 

Umberto D 

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Réalisé par Vittorio De Sica

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Avec Carlo Battisti, Maria-Pia Casilio, Lina Gennari,

Ileana Simova, Elena Rea, Memmo Carotenuto
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Production Italienne

 

Genre  Drame
 

Année de production : 1952

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Synopsis :

 

Dans les années 1950 en Italie, un professeur à la retraite, Umberto Domenico Ferrari (Carlo Battisti), ne parvient plus à subsister. Sa pension de fonctionnaire, il a été enseignant toute sa vie, est misérable.

 

Umberto D

 

 

 

Avec d'autres retraités aussi démunis que lui, il participe à une manifestation de protestation aussitôt dispersée par la police.

 

 

 

 

 

 

 

Umberto D. (cette lettre unique symbolise l'anonymat du personnage) habite, avec son chien Flike, une chambre meublée que lui loue une propriétaire aisée mais intraitable (Lina Gennari). Pour cela, il doit se démunir petit à petit de tout ce qui lui tient à cœur. Il se lie d'amitié avec la jeune bonne à tout faire de la maison (Maria-Pia Casilio), paysanne égarée dans la grande ville, enceinte d'un militaire dont elle ignore l'identité.

 

Umberto D

Accompagné de son chien, le vieillard passe ses journées à rassembler un peu d'argent pour payer les mois de loyer de retard que lui réclame sa logeuse... Malgré ses efforts, il ne parvient toujours pas à rembourser ses dettes. Il se prétend alors malade, et parvient à dormir gratuitement à l'hôpital.

 

 

 

 

De retour dans sa chambre, il s'aperçoit qu'elle est en train d'être transformée en salon et que son chien est absent. Il part à sa recherche et le retrouve dans un chenil proche. Umberto demande alors à ses connaissances de lui prêter de l'argent, mais toutes feignent d'être pressées. Ces refus obligent le vieil homme à envisager quelque chose de terrible pour lui, la mendicité. Mais un sursaut de respect humain l'empêche d'accepter l'aumône.

 

Ses anciens amis, indifférents à sa détresse parce que préoccupés de leurs propres problèmes, ne lui sont d'aucun secours.


Sans maudire, toujours correct et digne, Umberto D. finit par se résoudre au suicide. Debout entre les rails du chemin de fer, il attend le passage du train. Mais son chien Flike épouvanté, lui échappe des mains et, par là-même, lui sauve la vie.

Dans un jardin public, des enfants jouent insouciants et apparemment heureux. Umberto essaie, lui aussi de jouer avec son chien, devenu méfiant.

   
Une longue restauration

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Très abîmé, le négatif du film a fait l'objet d'une longue et très minutieuse restauration par la société italienne Mediaset, déjà à l'origine de la restauration du Jardin des Finzi-Contini du même réalisateur. Après plus d'une année de travail, le film, présenté dans une nouvelle copie, a été projeté à Milan, Rome et New York, en 1999.

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Quatrième collaboration

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Umberto D. marque la quatrième collaboration entre le réalisateur Vittorio De Sica et son scénariste Cesare Zavattini, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Le duo avaient notamment travaillé ensemble sur Le Voleur de bicyclette, Sciuscia et Miracle a Milan, d'immense succès critiques et publiques.

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Tous les acteurs du film, y compris Carlo Battisti qui joue le rôle-titre, sont non professionnels.

 

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Un échec sans appel


Umberto D. a été un échec sans appel au box-office italien, bien que le film ait récolté d'élogieuses critiques dans le monde, ainsi que des récompenses, dont celle du Meilleur film de l'année, décerné par l'influent New York Film Critics Circle.

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L'une des raisons de son échec fut la violente campagne menée contre lui, et jusqu'à sa sortie, par le politicien et journaliste Giulio Andreotti, dans le quotidien Libertà, l'organe officiel du Parti Démocrate Italien, alors au pouvoir en place.

 

En 1949, Andreotti a été l’auteur d’une loi concernant l’industrie du divertissement, permettant de ralentir la pénétration du cinéma américain, tout en atténuant l’expression du néoréalisme en Italie. La loi Andreotti a établi des limites aux importations de films, des quotas sur les écrans, et a permis d’octroyer des prêts aux sociétés de production italiennes. Cependant, pour recevoir un prêt, un comité dépendant du gouvernement devait approuver le scénario, favorisant ainsi les films apolitiques, tandis que des licences d’exportation étaient refusés aux films susceptibles de donner une mauvaise image de l’Italie.

 

Cette loi a ainsi créé une censure en amont de la production en Italie.

 

Le film Umberto D, de Vittorio de Sica, qui dépeint la vie solitaire d’un retraité, était considéré comme un film dangereux par le comité à cause d’une scène d’ouverture montrant des policiers briser une manifestation de retraités, et de la scène finale montrant la tentative de suicide avortée d’Umberto.

 

Dans une lettre publique à Vittorio de Sica, Andreotti a fustigé le réalisateur pour son "misérable service rendu à la patrie".

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Les propos dénigrants d'Andreotti trouvèrent également écho au sein du tout puissant Parti Communiste Italien, tandis que le film se retrouvait privé de tout soutien financier du gouvernement.

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La fin du néo-réalisme


Vittorio De Sica avait délibérement choisi de réaliser les scènes d'intérieur en studio, rompant de fait avec la "charte" du néo-réalisme. En cela, Umberto D. marque la fin de la période néo-réaliste du cinéma italien, ouverte sept ans plus tôt avec Rome ville ouverte de Roberto Rosselini.

 

La production cinématographique italienne qui suivit Umberto D., évoluant au sein d'atmosphères beaucoup plus légères, avec des moeurs plus relâchées et des conditions de vie bien meilleures, valu à ce nouveau genre d'être qualifié de "néo-réalisme rose".

 

 

 

Pour visualiser un extrait du film ... Cliquez ICI !

 

Sources :

http://www.allocine.fr

http://fr.wikipedia.org

http://www.imdb.com

http://www.cineclubdecaen.com

 

Umbert D

Mon opinion

 

Quelques années après le remarquable Voleur de bicyclette, Vittorio de Sica et son scénariste Cesare Zavattini, choisissent pour ce film de mettre en lumière le destin d'un homme honnête seul et retraité, qui garde et impose comme seul trésor sa très grande dignité.

 

Cet homme, Humberto Domenico Ferrari, deviendra tout simplement Humberto D, comme pour appuyer, davantage encore, sur son immense solitude. Celle dont on ne se relève pas. Celle qui pousse à l'extrême. Isolement total d'un homme perdu dans un monde déshumanisé, orgueilleux et immoral.

 

Dès les premières images on ressent douloureusement le mépris auquel des retraités se trouvent obligés de faire face. Ils ne demandent rien de plus, que le droit de vivre dans la dignité. Étrange reflet que nous pouvons constater dans notre actualité.

 

Obligé de brader ses souvenirs pour tenter de subvenir à ses maigres besoins, mais en priorité à ceux de son chien, Flike, la triste vie Umberto D ne trouvera aucun appui chez les humains, à l'exception d'une jeune bonne à tout faire, toute aussi perdue que lui dans ce monde égoïste.

 

Un film noir et désespéré.

 

Un monde ou le paraître étouffe les plus démunis. Un environnement hostile et immoral dans lequel a dignité ne trouve plus sa place dans le regard de l'autre.

 

Le réalisateur a dédicacé ce film magnifique et bouleversant à son père.

 

Umberto D, un chef d'œuvre poignant de Vittorio de Sica. La simple histoire d'un homme seul qui trouvera un semblant de salut grâce à son chien, Flike.

Published by Alain - dans Mon univers
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commentaires

Edmée De Xhavée 08/08/2015 14:19

Moi non plus je n'en avais jamais entendu parler, de ce film, mais ce n'est pas étonnant... Giulio Andreotti, rien de moins, comme ennemi... A voir certainement!!!

roijoyeux 07/08/2015 14:34

C'est la première fois que j'entends parler de ce film mais cela donne envie de le voir et changer le monde car malheureusement le monde est très cruel envers les plus faibles et fragiles d'entre nous

armelle 07/08/2015 10:31

Comme vous avez raison de reparler de ce film poignant, comme vous le dites si bien, de ce chef-d'oeuvre de sensibilité bouleversante qu'est "Umberto D." de Vittorio de Sica. Peut-être mon préféré de ce metteur en scène tellement humain et plein de tendresse. Et qui est toujours d'actualité. Le petit chien ressemblait un peu à celui de "The Artist", le célèbre Uggy.

Mitch 02/08/2015 18:02

Salut Alain, un vrai plaisir de revoir ces films remarquables. Tu me donnes des envies. Merci

charlus80 02/08/2015 03:46

Il fut une époque où le cinéma italien a probablement été le plus beau cinéma du monde, V. de Sica un de ses maitres et Umberto D. un de ses chefs d'oeuvre. Merci de le rappeler. Encore une fois bravo

Chris 01/08/2015 21:08

Chef d'œuvre absolu. J'aimerais beaucoup le revoir. Ce serait bien que nous puissions avoir plus régulièrement des rétrospectives de grands films. À bientôt Alain

Jacqueline Magne 01/08/2015 15:37

Je l'ai vu deux fois, un film bouleversant et magnifique de bout en bout. C'est vrai que l'on retrouve aujourd'hui encore ce mépris envers les plus défavorisés. Je voudrais tellement que cette indifférence s'évanouisse et donne à chacun le droit de vivre d'une façon correcte. Je reste optimiste, tu le sais. Mais ça devient de plus en plus difficile. Je t'embrasse cher Alain. Merci pour cette belle page.

 

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