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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 00:00

 

Le Brigand bien aimé - Affiche

 

Réalisé par Henry King


Avec Tyrone Power, Henry Fonda, Nancy Kelly,

Randolph Scott, Henry Hull, Slim Summerville,Donald Meek

J. Edward Bromberg, Brian Donlevy, John Carradine,


Titre original The True Story of Jesse James


Genre Western


Production Américaine - 1939

 

Si 1939 fut une année faste pour le cinéma hollywoodien, elle a été primordiale pour le western. En effet, c’est à partir de cette date que le western va acquérir ses lettres de noblesse et enfin être considéré comme un genre majeur capable d’accoucher d’œuvres importantes, et plus seulement comme un cinéma de pur "entertainment". L’intelligentsia et les journalistes allaient désormais devoir le prendre en compte et au sérieux. 

 

Le Brigand bien aimé - Tyrone Power et Nancy KellyLe Brigand bien-aimé fait partie de l'un des premiers films réalisés en Technicolor et obtint un succès considérable aussi bien public que critique. C’est aussi à partir de ce film que l’Ouest s’est paré d’une certaine joliesse, d’un certain glamour. D’un coup, les héros étaient plus beaux, plus charismatiques, mieux habillés, mieux coiffés, mieux rasés, les femmes étaient douces et charmantes, les villes moins sales, les établissements plus rutilants, les rues moins boueuses, les paysages bien mieux mis en valeur…

 

Version très romancée de l'existence hors la loi de Jesse James, Le Brigand bien-aimé fait partie avec La Chevauchée Fantastique de John Ford des films qui sortirent le western de la série B auquel il était cantonné jusqu'à lors dans le cinéma hollywoodien.

 

Il s'agit également du premier western parlant qui donne une dimension universelle à Jesse James.  Henry King a d'ailleurs fait de ce dernier un personnage aristocratique, humain et représentatif de l'Amérique profonde.

 

Le-Brigand-bien-aime-copie-1.jpgJesse James est montré comme un fermier plongé dans l’engrenage du banditisme après son légitime soulèvement contre la Compagnie des Chemins de fer de Saint-Louis. C’est que d’un point de vue politique, ce film est le vecteur d’une idée fondamentalement américaine, celle de la destruction d’un paradis individuel par les grandes organisations, destruction qui entraîne ici fin du foyer familial et déliquescence morale.

 

 

Tyrone Power dans le rôle titre nous gratifie d’une de ses plus belles prestations. Ses transformations physiques comme les variations de sa barbe rendent poignantes son évolution de paisible fermier à celui de bandit en cavale. Ses scènes avec Nancy Kelly qui joue la malheureuse épouse de Jesse James sont directes et émouvantes grâce notamment à la caméra d’Henry King qui utilise avec parcimonie mais judicieusement les gros plans.

 

Enfin, la galerie de seconds rôles bien dessinés, d’Henry Fonda en grand frère à Randolph Scott en shérif intègre, permet de faire exister tout un contexte familial et social autour du couple central.


Un des acteurs les plus populaires des années 30 et 40, Tyrone Power, s'est associé onze fois avec le réalisateur Henry King.

Le-brigand-bien-aime---Tyrone-Power--Nancy-Kelly---Henry-F.jpg

 

Tyrone Power, Nancy Kelly et Henry Fonda


Synopsis

 

Après la Guerre de Sécession, alors que la voie ferrée se déploie à travers les États-Unis, des agents de la compagnie de chemin de fer Midland tentent d’exproprier les fermiers pour des sommes dérisoires afin de faire passer le train à l’emplacement de leurs terres. Une âpre lutte vient de commencer entre les propriétaires ferroviaires et les ranchers qui voient d'un très mauvais œil le passage du "cheval de fer" sur leurs terres fertiles ...

 

Le-brigand-bien-aime-copie-1.jpg

 

Des agents de chemins de fer véreux font ainsi le tour des fermes afin d'exproprier par l'escroquerie ou la force de modeste fermiers illétrés. Les moments de cruauté révoltante s'enchaînent donc jusqu'au moment où ils arrivent au domaine tenu par les frères James et leur mère qui vont leur offrir un tout autre répondant lors d'une scène jubilatoire.


Exerçant sur eux un vil chantage ils les empêchent d’aller demander conseil à des hommes de loi, ils ne leurs font pas de cadeaux. Barshee (Brian Donlevy), l'émissaire de la compagnie, tue par inadvertance la mère de Frank et Jesse après que ces derniers aient catégoriquement refusé de céder à leur pression.

 

Jesse-james---Tyrone-Power-1.jpg Tyrone Power

 

Les frères James, Frank (Henry Fonda) et Jesse (Tyrone Power), vont désormais n’avoir de cesse que de venger ces morts et expulsions inutiles. Après avoir tué le représentant de la Compagnie des Chemins de Fer, venu exproprier sa famille, Jesse James s'enfuit dans les collines et monte une bande qui rançonne et attaque les trains de voyageurs...

 

Il laisse en ville une fiancée, Zee, nièce du Major Rufus Cobb (Henry Hull), le propriétaire du journal local qui le soutient avec tous les ranchers menacés d'expulsion.

 

La bande des frères James s'attaque aux trains et rançonne les passagers, procurant ainsi de l'argent aux expropriés. McCoy (Donald Meek), le directeur de la compagnie, promet à Jesse une peine minimum s'il se livre. Le loyal shérif Will Wright (Randolph Scott) transmet cette offre à Jesse, qui l'accepte. Après avoir épousé Zee, il se rend à la prison... et tombe dans le piège tendu par McCoy.

 

Il va être jugé et pendu. Mais Frank réussit à le faire s'évader.

 

Désormais, les frères James sont d'impitoyables hors-la-loi qui attaquent et pillent les banques. L'amnistie est promise à quiconque tuera Jesse. Un de ses complices, Bob Ford (John Carradine), avertit le détective Runyan (J. Edward Bromberg) du coup préparé contre la banque de Northfield. Les deux frères échappent cependant au traquenard.

 

Zee (Nancy Kelly), devenue l’épouse de Jesse, n’en peut plus de cette vie passée à se cacher et à fuir;  elle part s’installer dans le Missouri avec son nouveau-né…


Le shérif  Will Wright est pourvu d'une grande noblesse d'esprit. Amoureux de Zee, il fera en sorte en rencontrant le hors-la-loi de faire semblant de ne pas le reconnaître et lui octroie une chance de s’échapper alors qu’il aurait pu en profiter pour éliminer son rival en amour. Il l’aidera à chaque fois qu’il le pourra, allant jusqu’à prendre soin de Zee sans arrière-pensées, à partir du moment où, devenue Mme James, elle aura décidé d’abandonner cette vie aventureuse après avoir accouché d’un petit garçon.

 

Jesse-James---Randolph-Scott--Nancy-kelly-et-Tyrone-Power.jpg


Randolph Scott, Nancy Kelly et Tyrone Power

 

Blessé, Jesse retourne chez lui au 1318 Lafayette, St. Joseph dans le Missouri. Il décide de fuir en Californie avec Zee et son fils. Bob Ford survient et abat Jesse alors qu'il décrochait un tableau sur lequel on petit lire : “God bless our home”.


Le film se termine sur la scène tragique des obsèques de Jesse. Elle vient quelque peu atténuer l’apologie qui était faite jusque là du hors-la-loi, par un discours du journaliste qui rappelle les circonstances atténuantes qui l’ont fait prendre ce mauvais chemin tout en mettant en avant que tout cela ne pouvait excuser le fait qu’il soit devenu un dangereux assassin.

 

Mais un criminel néanmoins bien plus noble que l’homme qui lui a tiré dans le dos et qui ne mérite pas le moindre respect, à tel point que l’on refuse de citer son nom sur la tombe du brigand bien-aimé.

 

Le-Brigand-bien-aime---Henry-Fonda-et-Tyrone-Power.jpg


Après le Billy le Kid magnifié par King Vidor en 1930 c’est au tour des frères James d’être mis sur un piédestal par Hollywood. Henry King, chantre de l’Amérique rurale, n’a cependant pas voulu les montrer "bigger than life" mais au contraire leur donner une dimension universelle en les rendant humains et familiers, très représentatifs de cette Amérique des petites gens que le cinéaste appréciait tant. Ici il s’agit des paysans sudistes spoliés après la Guerre de Sécession, victimes du progrès et de l’affairisme galopant représentés par des agents de la compagnie de chemin de fer Midland.

Enfant, le futur scénariste Nunnally Johnson s’était passionné pour Jesse James et ses exploits qu’il voyait se répéter dans des pièces de théâtre. La mort du bandit abattu par Bob Ford lui tirant dans le dos l’avait fortement et durablement marqué. Depuis plusieurs années, il cherchait à persuader Darryl F. Zanuck de l’utilité de faire un film sur l’histoire des frères James. Si les financiers de la Fox n’y croyaient guère, Darryl F. Zanuck fit, lui, une entière confiance au scénariste et le laissa travailler sur son projet. Plusieurs scripts furent écrits avant que Nunnally Johnson ne signe une version définitive dans le courant de l’année 1938.

 

Tyrone-Power-et-Henry-Fonda-sur-le-tournage-de-Jesse-James-.png(*) Darryl Zanuck choisit Tyrone Power, Henry King choisit Henry Fonda; la sortie du film assura la notoriété des deux acteurs. Ces derniers nous délivrent tous les deux une belle interprétation. Il en va de même pour la charmante Nancy Kelly et les autres comédiens, tous très bons mais privés de ce petit quelque chose qui aurait fait que l’empathie soit renforcée. La faute incombe surtout à Nunnally Johnson qui a écrit de beaux personnages, mais tous  un peu lisses malgré la volonté d’aller plus loin que d’habitude dans la psychologie. Car si on a beaucoup parlé de western psychologique à propos du Brigand bien aimé, à posteriori l’appellation se révèle un peu exagérée : Jesse James - Tyrone Power et Henry Fondales faits et l’histoire prennent quand même vite le pas sur la psychologie, l’ambivalence de Jesse James étant rapidement évacuée après une très belle séquence de confrontation entre les deux frères. Son côté mythique et légendaire vient rapidement prendre le dessus, et le spectateur garde de lui au final, plus que l’image d’un homme tourmenté, celle d’un homme généreux, noble et fier, qui personnifie, à travers ses hold-up des trains et des banques, le triomphe des asservis sur le modernisme et la finance. Un discours certes un peu passéiste mais tellement sincère, et délivré à travers une histoire d’une belle sensibilité à laquelle le cinéaste semble croire tellement fort.(*)

 

 

(*) Tyrone Power et Henry Fonda pendant le tournage.


On peut regretter que Nunnally Johnson ne s’attarde pas assez sur l’environnement et le quotidien de ses principaux protagonistes. Même si la peinture qui en est faite ici s’avère chaleureuse et vivante.


Le tournage s'est déroulé à Pineville, une ville du Missouri. Le choix s'est porté sur cette dernière, car il était facile de la reconstituer dans son aspect des années 1880. Les techniciens ont recouvert les rues pavées d'une épaisse couche de poussière, et la population locale a participé à la figuration du film.

 

Jesse-James---Sets.jpg


Sur un ton calme et serein, Henry King nous livre la chronique sobre d'une page d'histoire de l'Amérique, toutefois romancée et très éloignée de la réalité que ce soit par invention ou par omission, Henry King et son scénariste ayant par exemple passé sous silence le fait que Jesse ait fait partie de la bande de Quantrill durant la Guerre de Sécession, à savoir un Le brigand bien aimé 1groupe de francs-tireurs extrêmement violents et meurtriers. On remarquera une mise en scène pleine de retenue mais qui sait se faire virtuose quant il le faut.

 

Il suffit pour s’en rendre compte d’admirer quelques fabuleux travellings et de se régaler devant des scènes d’action superbement montées et réalisées, comme celle de l'attaque du train voyant Tyrone Power avancer sur les wagons, la caméra nous dévoilant en dessous les passagers éclairées derrière les fenêtres, autant de plans plastiquement magnifiques, les deux poursuites à cheval d’un dynamisme et d’une efficacité remarquables, ou encore le clou du film que représente l’attaque ratée de la banque de Northfield avec l’arrivée en ville des bandits vêtus de cache-poussières blancs ou cette image des chevaux passant à travers la vitre pour échapper aux poursuivants.

 

Le respect et la grande tendresse du cinéaste pour ses personnages, son talent de conteur et son brio lors des séquences mouvementées font de The True Story of Jesse James un des premiers westerns classiques importants de l’histoire du cinéma, plastiquement superbe, à défaut d’être aussi intense et lyrique qu’espéré.

 

Le-brigand-bien-aime.jpg

.

Nicholas Ray a réalisé une nouvelle version du Brigand bien-aimé en 1955. Dans ce dernier, il nous présente le personnage de Jesse James, comme un héros tourmenté et plus faible que dans la version orginale. Nicholas Ray voulait au départ construire son film en s'imprégnant de la nostalgie d'un célèbre chanson sur les frères bandits. Il souhaitait également rythmer son récit avec les couplets de cette chanson. Malheureusement les producteurs recherchaient une approche historique du personnage de Jesse James, et provoquèrent ainsi la colère du cinéaste qui n'a pas participé au montage et à la fin du film.

 

 
Nicholas Ray a réalisé une nouvelle version du Brigand bien-aimé en 1955. Dans ce dernier, il nous présente le personnage de Jesse James, comme un héros tourmenté et plus faible que dans la version orginale. Nicholas Ray voulait au départ construire son film en s'imprégnant de la nostalgie d'un célèbre chanson sur les frères bandits. Il souhaitait également rythmer son récit avec les couplets de cette chanson. Malheureusement les producteurs recherchaient une approche historique du personnage de Jesse James, et provoquèrent ainsi la colère du cinéaste qui n'a pas participé au montage et à la fin du film.

 

Pour lire l'article sur le film de Nicholas Ray, Cliquez ICI !

 

Il faut signaler qu'au présent The True Story of Jesse James une suite sera tournée deux ans plus tard par Fritz Lang, Le Retour de Frank James, avec de nouveau Henry Fonda et Gene Tierney. Dernièrement Brad Pitt a lui-même tenu le rôle du brigand bien-aimé dans un film d’Andrew Dominik L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Quant à Samuel Fuller, pour son premier film, il prendra pour héros le fameux assassin de Jesse James, Bob Ford, dans J’ai tué Jesse James.

 

Sources :

http://www.cineclubdecaen.com

http://forum.westernmovies.fr - metek

http://www.imdb.com

http://www.dvdclassik.com - Erick Maurel

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Historiques et Biopics
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commentaires

Michel Zorba 20/10/2012 21:03


j'avais adoré ce film et le reverrai avec plaisir. je me demande ce qu'ils foutent les décideurs à la télé, oublier les bons films et nous balancer des trucs à la noix, ceci étant dit, c'est le
meilleur moyen de ne plus avoir envie de rester devant leurs programmes minables

 

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